Par Indigenous Action Media
25 mai 2023
Traduction Christine Prat

Raymond Mattia, de la Nation Tohono O’odham, a été exécuté par des agents de la patrouille des frontières US le 18 mai dernier, chez lui. Il a reçu 38 coups de feu.

Un rassemblement pacifique, pour soutenir toutes les victimes d’actions violentes non contrôlées de la Patrouille des Frontières et d’autres administrations, se tiendra à la Station de la Patrouille des Frontière de Why, Arizona, et à Tucson, ce samedi, 27 mai 2023, de 10h à midi.

Pour plus d’informations, voir la traduction de l’article de Censored News.

***

Déclaration de la famille de Mattia Raymond :

Nous avons essayé de trouver la force d’écrire cette déclaration. Cette tragédie cause tant de chagrin à cause de la façon dont c’est arrivé. Les droits de Raymond ont été violés par les autorités auxquelles nous faisons confiance pour protéger notre Nation. Des membres de la famille, présents près de la scène de crime, ont été témoins d’actions inappropriées et non professionnelles de la part des services. Des proches sont restés dans l’angoisse, ne sachant pas dans quel état était Raymond jusqu’à ce qu’on leur dise, des heures plus tard, qu’il était décédé. Raymond est resté devant sa maison pendant sept heures avant qu’un légiste arrive de Tucson.

À nos yeux et dans nos cœurs, nous pensons que Raymond a été confronté à une force excessive et mortelle qui a pris sa vie. Il était père, frère, oncle, ami et engagé pour la communauté. Raymond luttait toujours pour ce qui était bien et il continuera de lutter, même après sa mort. Ce n’est pas un incident isolé, ça devrait faire prendre conscience de l’oppression sous laquelle notre peuple vit.

Nous tenons à remercier ceux d’entre vous, si nombreux, pour vos condoléances et votre soutien. Un ‘GoFundMe’ sera bientôt disponible pour financer les frais de justice.

Pour soutenir, contacter : justiceforraymattia@gmail.com

Ali Jegk ne figure sur aucune carte. Ça se trouve juste à côté de la frontière, à l’ouest de la Nation Tohono O’odham, près de Menagers Dam:

La Patrouille des Frontières des Etats-Unis massacre un Dirigeant de Cérémonies Traditionnel en tirant 38 fois dans l’entrée de sa maison

Mise à jour du 22 mai 2023, par Brenda Norrell

Au cours de mes visites à Ali Jegk, comme journaliste, il y a dix ans, j’ai interviewé Raymond Mattia, qui a été tué par la Patrouille des Frontières U.S., la nuit de jeudi dernier. Raymond m’avait dit qu’il avait des preuves que les agents de la Patrouille des Frontières dans la région travaillaient avec les cartels et étaient impliqués dans le trafic de drogue. Mattia avait des preuves sur une vidéo qui a disparu après qu’il l’ait rapporté officiellement. La maison de Mattia est tout près de la frontière.
Brenda Norrell, Censored News

La répression à la frontière ne touche pas seulement les migrants et les demandeurs d’asyle, mais aussi les Autochtones du côté US de la frontière, en particulier les Tohono O’odham.
Christine Prat

Par Brenda Norrell
Censored News
20 mai 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

ALI JEGK, Nation Tohono O’odham – Des agents de la Patrouille des Frontières ont tué Raymond Mattia, un dirigeant de cérémonies traditionnel Tohono O’odham en tirant 38 fois sur lui, alors qu’il se tenait à l’entrée de sa maison, jeudi soir.

Ofelia Rivas, amie de la famille depuis longtemps, dit « Raymond était un citoyen qui respectait la loi, il n’était pas agressif, il n’était pas violent. »

« C’était un artiste, un célébrateur de cérémonies, un chasseur traditionnel, un chanteur traditionnel. Il était si bon pour sa famille et en prenait soin de toutes les façons qu’il pouvait. »

Ofelia, comme les autres membres de la communauté, est en colère.

« J’ai été confrontée à l’agressivité de la Patrouille des Frontière et à sa conduite non contrôlée, ici sur la terre Tohono O’odham, sans aucun respect de la terre ni des gens » dit Ofelia à KVOA News.

Mattia était un père, un frère, un ami, un célébrateur de cérémonies et un membre élu du conseil de communauté de Ali Jegk, située près du Barrage Menagers, dans la partie ouest de la Nation Tohono O’odham, en Arizona.

La Nation Tohono O’odham a publié une déclaration aujourd’hui.

« Le Service de Police Tohono O’odham (TOPD) et le FBI enquêtent sur un agent impliqué dans la fusillade qui a eu lieu dans la communauté du Barrage Menagers, de la Nation Tohono O’odham, la nuit de jeudi 18 mai 2023. Raymond Mattia, membre de la Nation, a perdu la vie dans l’incident. Nos cœurs se tournent vers sa famille et tous ceux qui sont touchés dans ce moment difficile, » dit le Président Ned Norris.

« Durant l’enquête, la Nation espère toute la considération pour les faits rapportés de l’incident, et une réaction appropriée et rapide des services de sécurité publique concernés. L’enquête étant en cours, nous nous abstiendrons de faire plus de commentaires pour le moment. »

Nos condoléances à la famille et aux amis de Mattia, Brenda Norrell, Censored News, et Christine Prat, CSIA-Nitassinan.

Indigenous Action Media
8 mai 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Indigenous Action a récemment soutenu @abolition.yumacounty (sur Instagram), à la frontière « US-Mexique ». C’est une équipe de radicaux et queer qui fournissent de l’aide essentielle aux Autochtones et autres demandeurs d’asyle qui sont retenus sans rien d’autre que ce qu’ils ont emmené au cours de leur marche de milliers de kilomètres. Ils offrent aussi un soutien confidentiel aux problèmes de grossesse. S’il vous plait, $$$outenez-les. Venmo : @ycabolition, Cash App : @YumaCountyAbolition.

Alors que le ‘Titre 42’ expire le 11 mai, (c’est une politique xénophobe qui donnait au gouvernement le pouvoir d’expulser rapidement tout migrant, sans lui donner une chance de présenter son cas pour avoir passé la frontière illégalement, même comme demandeur d’asyle), Biden n’a même pas essayé d’entreprendre la réforme de l’immigration qu’il avait promise pendant sa campagne, « Je peux à peine imaginer ce que c’est de voir quelqu’un de votre famille expulsé. Pour moi, il s’agit surtout de la famille. Du début à la fin. Cela n’arrivera pas sous mon gouvernement. L’idée qu’on ne peut même pas demander l’asyle sur le sol Américain ! Quand cela s’est-il produit ? Trump. C’est mal. »

Cette politique relève tout à fait du pouvoir de Biden, et pourtant, IL NE L’A PAS FAIT. Il a eu 2 ans pour préparer l’expiration du ‘Titre 42’ et pour introduire une nouvelle politique dont il prétendait « qu’elle offrirait l’espoir et la sécurité aux réfugiés. »

Ce qu’on voit maintenant à la frontière, c’est la haine. Les refuges et centres de détention sont pleins ou presque. Des centaines de personnes sont refoulées tous les jours. Rien que le mois dernier, un incendie dans un centre de détention a tué 40 personnes.

En 2022, plus de 890 migrants sont morts en traversant la frontière, et ce sont seulement les décès qui ont été recensés. Pour un point de vue plus large, depuis 2021, 13480 cas de meurtre, torture, kidnapping, viol et autres attaques violentes contre des migrants ont été rapportés, et des demandeurs d’asyle bloqués ou expulsés vers le Mexique selon le ‘Titre 42’. C’est maintenant qu’il faut prendre position contre la xénophobie. Soyons libres de circuler et d’exprimer notre rage partout où nous voulons !

Le 11 mai, des Autochtones et des soutiens ont bloqué le chantier de la mine de lithium controversée pour la deuxième fois. Aux dernières nouvelles, ils tenaient toujours. Mais la lutte n’est pas finie : Lithium Americas attaque deux non-Indiens, afin de détourner l’attention du fait que la mine doit détruire le site d’un massacre de Paiutes.
Article écrit par Paul Cienfuegos, Directeur de Community Rights US.
Vous trouverez ci-dessous deux introductions, celle de Censored News, et celle de Max Wilbert, de Protect Thacker Pass.
N’allez pas penser que ça ne vous concerne pas parce que ça se passe loin, dans un coin perdu du Nevada. Il y a des projets de mines de ce genre partout. Paul Cienfuegos écrit qu’il y a des projets dans toutes les Amériques. Mais il y en a aussi en France : dans l’Allier – avec usine d’acide sulfurique à Montluçon, et en Alsace, sous la plus grande nappe phréatique d’Europe.

Christine Prat

Par Paul Cienfuegos, Protect Thacker Pass
Publié également par Censored News
Et Max Wilbert, de Protect Thacker Pass
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

NOUVEAU CAMP À THACKER PASS : OX SAM CAMP AT PEEHEE MU’HUH

Censored News
15 mai 2023

Les défenseurs du Site d’un Massacre de Paiutes se préparent à recevoir une injonction restrictive. Lithium Americas, du Canada, vise deux non-Indiens, afin de détourner l’attention du fait que des descendants Paiutes d’un survivant du massacre y conduisent une cérémonie et le blocage de la route.

Ox Sam Camp a fait savoir ce lundi en fin de journée, que Lithium Nevada est en train de déposer une requête pour un ordre temporaire de protection contre le harcèlement sur le chantier, contre Max Wilbert et Paul Cienfuegos, auprès de la Cour de Justice du Comté de Humboldt, Nevada.

« Le bureau du sheriff a été en communication constante avec les dirigeants de Lithium Nevada Corporation (en coulisses), tandis qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour ne pas nous arrêter, bien que nous soyons un problème de taille pour leurs opérations quotidiennes. Ce qu’ils veulent, plus que tout, c’est faire passer cela pour une poignée d’écolos fanatiques blancs venus d’autres états, afin de pouvoir ridiculiser le camp dans leurs communiqués de presse. Mais la réalité, c’est que le camp est composé à 90% d’Autochtones, pour la plupart locaux, et CE SONT EUX qui le dirigent. »

Vendredi soir, ils ont appris que Max Wilbert (cofondateur de Protect Thacker Pass) et Cienfuegos étaient les seuls cités dans l’injonction restrictive temporaire, que la compagnie a mise devant un juge pendant le weekend.

« Dès que ce sera approuvé, ils essaieront de nous arrêter, Max et moi. Je suis venu préparé à risquer l’arrestation, donc tout va bien » dit Paul Cienfuegos.

« Tout ça pour soutenir la tentative désespérée de la compagnie de lier une direction blanche à l’histoire de ce camp, alors qu’en réalité, nous n’avons ni l’un ni l’autre bloqué le passage d’un employé ou d’un véhicule de la compagnie. »

Le camp se trouve actuellement au-dessus de la construction d’un courant d’eau par la compagnie. Un Tipi est en place, d’autres arrivent. Et des tentes arrivent chaque jour sur le terrain loué par le Bureau de Gestion du Territoire à la compagnie. Ou, plus précisément, sur le terrain « au-delà de la frontière du traité, étant donné que le gouvernement des Etats-Unis n’a pas de traités sur place. La seule prétention est la conquête par laquelle cette terre a été prise aux communautés locales Paiutes et Shoshones. Donc, ils ont plus de droits à être sur ce terrain que n’importe qui ou n’importe quelle corporation.

UN NOUVEAU CAMP DE PRIÈRE S’ÉRIGE À THACKER PASS

Par Max Wilbert

Ox Sam Newe Momokonee Nokotum : Camp de Femmes Autochtones
Ce qui suit est un texte écrit par Paul Cienfuegos. Je le partage, avec quelques petites corrections, pour vous tenir au courant des derniers évènement à Thacker Pass. Vous trouverez plus d’information sur le site oxsam.org.
Merci de nous lire.

Max Wilbert

Paul Cienfuegos
15 mai 2023

Jeudi dernier, le 11 mai, le nouveau camp de prière et d’action, d’importance internationale, sur le modèle de Standing Rock, à Thacker Pass, Nevada (Pee’hee Mu’huh en Paiute signifie « lune pourrie » à cause du massacre d’ancêtres Paiutes en 1865) a été lancé pour essayer de bloquer la construction de ce qui devrait devenir la plus grande mine de lithium à ciel ouvert du monde, une « solution d’énergie verte » contre les carburants fossiles, fausse et écologiquement dévastatrice. Je suis fier d’avoir joué un petit rôle dans ce camp tout juste établi, auquel, il y a seulement quelques jours, a été donné le nom approprié par les Anciennes Paiutes Shoshones qui en ont la charge : Ox Sam Newe Momokonee Nokutum. Ox Sam était l’un des rares survivants du massacre de dizaines d’Autochtones à Thacker Pass, en 1865. Et Newe Momokonee Nokutum se traduit par Camp de Femmes Autochtones et est ouvert à TOUS – Autochtones et non-Autochtones, femmes et hommes. (Prononciation de ce joli nom : New’-weh Moe-moe-koht’-nee Noh-kuh’-duhn).

Nous ne pouvons tout simplement pas nous sortir de l’urgence climatique. Et si vous ne me croyez pas, je vous invite à lire Bright Green Lies de Derrick Jensen, plein des données incontestables dont nous avons tous besoin pour arrêter de nous mentir sur le nirvana à venir des batteries électriques. Une vraie solution c’est une transition rapide vers un état stable ou une économie croissance 0 (qui est franchement impossible en régime capitaliste qui exige une croissance constante), suivie rapidement par une réduction planifiée soigneusement, massive et rapide de l’économie. Il n’y a vraiment plus d’autre option si nous voulons vraiment voir survivre les diverses espèces qui florissent sur Notre Mère la Terre.

Et quand les Gens continuent d’autoriser les multinationales à exercer leurs soi-disant « Droits Constitutionnels » – de propriété, de libre expression, d’accès aux tribunaux, etc., qui n’ont jamais été approuvés par le public dans l’histoire de notre nation – nos options sont limitées, quand Nous essayons d’arrêter ces outrages contre la terre, l’eau et les gens.

Parce que les grandes compagnies ont réellement plus de « droits » protégés par la constitution que Nous. Alors, nous devons nous attaquer à cette crise sur de nombreux fronts. (Si vous voulez en apprendre plus sur cet aspect de la crise à laquelle notre société fait face, lisez mon nouveau livre (How Dare We ? Des Pratiques Courageuses pour Regagner Notre Pouvoir de Citoyens).

Si nous pouvons arrêter la mine de Thacker Pass cette année, nous avons une chance de combattre pour arrêter les autres (dizaines?) de mines de lithium en projet dans les Amériques.

Pendant les tous premiers jours du nouveau camp, j’ai joué un rôle de soutien très important : en faisant la liaison entre les chauffeurs qui essayaient d’atteindre la mine (ouvriers, livreurs, et parfois de simples membres du public circulant sur cette route rurale) et les grand-mères en charge du camp. Je n’ai pas tenu de position dirigeante. Je n’ai pas parlé pour le camp. J’ai simplement transmis les informations entre les chauffeurs et les grand-mères, qui décidaient de qui passait et qui ne passait pas. Voilà ce qu’était mon rôle de Liaison, à l’entrée de la route, sur la vidéo ci-dessous. L’homme est l’un des superviseurs de la sécurité de la mine…

1ère partie:

2ème partie:

Ça a été pour moi effrayant et intimidant, mais ça a été aussi une expérience émouvante et puissante, et nous avons déjà arrêté des dizaines de véhicules, notre bannière flottant haut, portée par des participants au camp se tenant en travers de la route, et toujours avec les Anciens Autochtones en prière devant la bannière.

Rencontre avec trois leaders extraordinaires :

Le bureau du sheriff a été pendant des jours en communication constante avec les dirigeants de Lithium Nevada Corporation (en coulisses), faisant tout son possible pour n’arrêter aucun d’entre nous, bien que nous ayons provoqué bien du tracas pour leurs opérations quotidiennes. Ce qu’ils veulent, plus que tout, c’est de faire croire que c’est dirigé par une poignée de blancs, n’habitant pas l’état, et écolos fanatiques, afin de pouvoir se moquer du camp dans leurs communiqués de presse. Mais en réalité, le camp compte 90% d’Autochtones, la plupart locaux, et ILS sont les leaders.

Vendredi soir, nous avons découvert que Max Wilbert (cofondateur de Protect Thacker Pass) et moi-même étions les seuls nommés dans un Ordre de Restriction Temporaire (TRO), que la compagnie a présenté à un juge ce weekend. Et dès qu’il sera approuvé, ils essaieront de nous charger, Max et moi. Je suis venu prêt à risquer d’être arrêté, donc, tout va bien.

Veuillez, s’il vous plait, noter que Lithium Nevada a déposé une demande d’Ordre Temporaire pour la Protection Contre le Harcèlement sur le Lieu de Travail contre Max Wilbert et Paul Cienfuegos en fin d’après-midi, au tribunal du Comté de Humboldt, Nevada.

Tout ceci pour promouvoir la tentative désespérée de la compagnie, de relier une direction blanche à l’histoire de ce camp, alors qu’en réalité, aucun de nous deux ne s’est mis en travers de la route d’aucun employé ni de véhicule de la compagnie. Le camp se trouve actuellement au-dessus de la construction d’un courant d’eau par la compagnie. Un Tipi est en place, d’autres arrivent. Et des tentes arrivent chaque jour sur le terrain loué par le Bureau de Gestion du Territoire à la compagnie. Ou, plus précisément, sur le terrain « au-delà de la frontière du traité, étant donné que le gouvernement des Etats-Unis n’a pas de traités sur place. La seule prétention est la conquête par laquelle cette terre a été prise aux communautés locales Paiutes et Shoshones. Donc, ils ont plus de droits à être sur ce terrain que n’importe qui ou n’importe quelle corporation.


© Photo Bhie-Cie Zahn-Nahtzu

Et c’est là que VOUS intervenez ! Et quand je dis vous, je veux dire VOUS, la personne qui lit ces lignes maintenant ! S’il vous plait, partagez ces informations sur vos réseaux sociaux.

Standing Rock a débuté quand des Autochtones locaux ont pris position contre un oléoduc. D’autres Autochtones sont venus les soutenir. Puis, des mouvements écologistes non-Autochtones et des mouvements pour la justice sociale s’en sont aperçus et ont commencé à venir en masse. C’est là que les grands médias ont commencé à en parler. Et un camp de masse historique et conduit par des Autochtones était né, ce qui a secoué la conscience de la nation. Nous pouvons le faire aussi – ici, à Thacker Pass, Nevada.

Nous avons besoin de tout le monde MAINTENANT. Cette semaine. Nous avons besoin de gens. Nous avons besoin de fournitures. Nous avons besoin de soutien de médias. Nous avons besoin de fonds. Le petit groupe qui tient ce camp ne peut tout simplement pas se maintenir à moins que VOUS et des gens que VOUS connaissez soient prêts à faire QUELQUE CHOSE pour nous soutenir CETTE SEMAINE.

Je vous remercie du fond de mon cœur pour avoir lu ceci. Ce n’est PAS une campagne de plus pour un problème particulier. Le succès ou l’échec de ce mouvement pourrait avoir un impact historique sur la survie future de l’extraordinaire diversité de créatures vivant ici, sur beau et mystérieux globe que nous appelons chez-nous, qui flotte dans le noir infini de l’espace.

© 2023 Max Wilbert
PO Box 11262, Eugene, OR 97440

Par Brenda Norrell
Censored News
19 avril 2023
Traduction Christine Prat

NEW YORK – La membre du Conseil Paiute-Shoshone de Duck Valley Addie Parker s’est exprimée aujourd’hui au Forum Permanent des Nations Unis sur les Problèmes Autochtones, où elle a décrit les effets désastreux pour son peuple, de l’extraction de lithium et du panache d’hydrocarbures, dans le nord du Nevada. A. Parker dit qu’il y a énormément d’extractivisme là-bas, depuis 150 ans.

La « nouvelle ruée vers l’or vert » pour des batteries au lithium a amenée l’extraction dévastatrice de lithium et le « colonialisme vert. » Actuellement, il y a 70 demandes de permis pour extraire du lithium, rien que dans le Nevada. La solution soi-disant « verte » crée en fait un cauchemar environnemental, entre autres comment se débarrasser des batteries.

Parker dit qu’il doit y avoir une approche fondée sur des droits et souligna que les lois du Nevada sur l’extractivisme sont archaïques. La Nation Paiute Shoshone de Duck Valley s’oppose à de nouvelles mines et à la nouvelle loi du Nevada sur l’augmentation des revenus de l’extraction minière.

Depuis la signature du Traité de Ruby Valley en 1863, il n’y a eu aucun mécanisme permettant aux tribus d’avoir leur part de bénéfices de l’extraction minière. Les compagnies minières sont des multinationales, et pour la plupart du Canada. Elles n’ont pas à indemniser les gens.

« Ça viole nos droits Autochtones, » dit A. Parker, en énumérant les violations de la loi internationale, entre autres le consentement libre, préalable et informé comme l’exige la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.

L’ordre du Président Biden de consulter les tribus a également été violé.

« Nous ne pouvons même pas obtenir de l’argent pour construire une nouvelle école, » dit A. Parker, en expliquant que des enfants sont forcés d’aller à l’école sur un site empoisonné.

Taux de cancers élevé à Duck Valley

Plus de 100 membres des Tribus Shoshone-Paiute de la Nation de Duck Valley, à la frontière entre le Nevada et l’Idaho, sont décédés du cancer au fil des années. C’est un nombre élevé pour une tribu d’environ 3000 personnes, selon un reportage du Las Vegas Review-Journal. Ils avaient UNE chose en commun : ils étaient tous allés à la même école dans la réserve.

« L’École Combinée Owyhee, où les membres de la tribu ont été scolarisés depuis des générations, est adjacente à des panaches d’hydrocarbures situés sous la ville, dit de Président Brian Mason. Il pense que l’école, où l’eau potable a été contaminée par les hydrocarbures, est à la racine du problème. »


Par Brenda Norrell
Censored News
3 avril 2023
Traduction Christine Prat

 

CHURCH ROCK, Nouveau-Mexique – Une firme canadienne a fait des forages de test pour de nouvelles mines d’uranium à Church Rock, en décembre [2022]. C’est le site de la plus grande fuite radioactive des Etats-Unis, qui continue d’empoisonner la région étant donné que la radioactivité dans le lit du Rio Puerco coule vers l’ouest.

NuFuels, une branche de Laramide Resources de Toronto, dit avoir forer sept trous pour les nouveaux projets de mines d’uranium in-situ. Le site est à la frontière des communautés de la Nation Navajo de Church Rock et Crownpoint, au Nouveau-Mexique, à environ 16 km au nord-est de Gallup, N.M. NuFuels a commencé à forer en décembre et effectue maintenant une évaluation économique des mines projetées, dit Laramide.

« Ce projet est autorisé pour une usine de traitement 1,36 millions de kilos de yellowcake, » écrit Mining online à propos du site de Crownpoint. Il ajoute que Laramide a l’intention de forer pour de l’oxide d’uranium à Church Rock.
Dans une déclaration choquante, la Secrétaire à l’Intérieur Deb Haaland a annoncé à Farmington, Nouveau-Mexique, que l’industrie de la bombe atomique conduirait à la transition vers une économie verte dans la région de Four Corner. Le Laboratoire National de Los Alamos, responsable pour les tests et l’entretien de l’arsenal nucléaire dans le nord du Nouveau-Mexique, dirigera la Réaction Rapide des Etats-Unis, une soi-disant transition énergétique dans la région de Four Corner [région la plus polluée des Etats-Unis].

Immédiatement après la déclaration, le gouvernement de la Nation Navajo a annoncé la construction d’un nouveau système de voies ferrées pour des chargements lourds, de la région de Church Rock à celle de Shiprock, au Nouveau-Mexique. Le chemin de fer passerait par Red Valley et la région de Cove, où les Diné furent envoyés à la mort pour extraire de l’uranium sans vêtements de protection, pendant la Guerre Froide. Dans les années 1990, chaque famille Diné de la région avait des membres atteints de cancer.

Les décès par cancer chez les Diné ont continué pendant des décennies, chez les mineurs et leurs familles qui consommaient de la nourriture couverte de poussière radioactive et la viande de bestiaux contaminés, lavaient à la main les vêtements des mineurs, et construisaient leurs maisons avec des pierres radioactives. Les Etats-Unis connaissaient les dangers de la radioactivité mais ne l’ont jamais dit aux mineurs Diné.

Aujourd’hui, il y a toujours des déchets radioactifs des mines d’uranium éparpillés dans la Nation Navajo. Les Etats-Unis n’ont pas cessé de tromper le public avec des promesses de décontamination.

À Toronto, Laramide a annoncé viser la région Navajo et les terres d’Aborigènes d’Australie pour de nouvelles mines d’uranium.

Marc Henderson, Président de Laramide Resources, dit que le forage à Church Rock et Crownpoint avait commencé en décembre.

« Pendant toute la durée de la récession du marché de l’uranium, nous avons maintenu et rehaussé notre base d’actifs, ainsi que l’essentiel de notre capacité technique et cette stratégie a payé, nous permettant maintenant de faire repartir nos plans de développement pour plusieurs des Actifs U.S. de la compagnie » dit Henderson.

La nouvelle exploitation d’uranium de Laramide concerne aussi des Aborigènes en Australie. Laramide a terminé deux programmes de forage du Projet Westmoreland, à Queensland, Australie, et on attend les résultats d’essais pour les deux, dit-il.

« Nous avons aussi achevé un ILUA (accord d’utilisation de territoire Autochtone) et un accord annexe avec la Corporation Gangalidda et Garawa Aborigène avec Titre Autochtone, pour le projet d’uranium de Westmoreland.

Laramide dit avoir passé un contrat avec la Corporation SLR International, à Denver, Colorado, pour compléter une évaluation préliminaire du Projet d’Uranium de Laramide à Crownpoint/Church Rock, au Nouveau-Mexique.

La fuite de Church Rock s’est produite le 16 juillet 1979, lorsque la digue du bassin de déchets de l’usine de traitement d’uranium de United Nuclear Corporation’s tailings à Church Rock s’est rompue. L’accident est toujours la plus grande fuite de matériau radioactif de l’histoire des Etats-Unis, la quantité de radioactivité libérée étant plus importante qu’au cours de l’accident de Three Mile Island, trois mois plus tôt.

Aujourd’hui, les déchets radioactifs de la fuite de Church Rock continuent de couler dans le Rio Puerco vers Flagstaff, en Arizona.

 

UNE PRIÈRE CONTRE LA DESTRUCTION DE LA TERRE

Une action directe conduite par des Autochtones, a bloqué la construction à la mine de lithium de Thacker Pass
Par Max Wilbert
30 avril 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Mardi [25-4-2023], j’ai participé à une action directe non-violente, conduite par des Autochtones et fondée sur la prière à Peehee Mu’huh, Thacker Pass.

Après avoir tout essayé – de poursuites en justice à des pressions sur le Bureau de Gestion du Territoire et à supplier la première Secrétaire de l’Intérieur Autochtone jamais nommée, Deb Haaland, de venir écouter leurs inquiétudes – des Paiutes ont été forcés de s’engager dans l’action directe.

Commençant à l’aube, nous sommes entrés sur le site de la mine de lithium de Thacker Pass, avons passé un point de contrôle et des stocks d’équipements, et bloqué les engins lourds avec nos corps. Cette action n’a arrêté la construction que pour une journée. Mais c’est un début susciter une résistance plus large à la mine de lithium de Thacker Pass.

Je ne l’avais pas prévu, mais j’ai fini par monter sur une excavatrice pendant l’action. Personne n’a appelé la police, et comme nous croyons que Lithium Nevada ne veut pas en faire une scène, j’ai décidé d’en faire un maximum.

L’action a été couverte par Last Real Indians (faites savoir à Matt Remle de LRI, que j’ai connu étant enfant qui a grandi à Seattle) :

(©article et photos Max Wilbert)

LA CONSTRUCTION D’UNE MINE DE LITHIUM À THACKER PASS, NEVADA, BLOQUÉE PAR UNE ACTION DIRECTE

Par Ken Cosentino
26 avril 2023

Mardi 25 avril, un groupe de protestataires a dérangé avec succès le projet de mine de lithium à Thacker Pass dans le Nevada. Parmi les membres du groupe, il y avait Dean Barlese, un Ancien de la Réserve Paiute-Shoshone de Pyramid Lake, qui nous a dit « Nous devons résister pour nos ancêtres, ils ont donné leurs vies, ils ont répandu leur sang en combattant pour de territoire. »

Si vous cherchez « Thacker Pass » sur Wikipédia, vous vous apercevrez qu’il n’y a pas d’article pour ce site d’héritage culturel important. Il y a cependant, une page fort bien tenue pour la « Mine de Lithium de Thacker Pass. » Il semble évident que les narrations autour de Thacker Pass sont dominées et contrôlées par des forces clandestines ; qui ont enterré l’importance culturelle de ce site géographique encore plus profondément que les os brisés de ceux qui y ont été massacrés.

Heureusement, un groupe d’activistes connu sous le nom de Protect Thacker Pass ont consciencieusement fait la chronique de leur opposition à l’opération de mine de lithium.

Selon leur site, « Thacker Pass est un trait physique du Comté de Humboldt, dans le Nevada, faisant partie de McDermott Caldera, à environ 95 km au nord-ouest de Winnemucca. Ça a été formé il y a plus de 16 millions d’années, c’est un territoire non cédé appartenant à des Paiutes et des Shoshones, et c’est une terre publique du Bureau de Gestion du Territoire (BLM). Le nom Paiute traditionnel de Thacker Pass est PeeHee Mu’huh, ce qui veut dire ‘lune pourrie’. Maintenant, c’est également le site projeté pour une énorme mine de lithium, qui détruirait la zone et le précieux habitat des créatures qui y vivent. »

Dorece Sam, membre de la Tribu Paiute-Shoshone de Fort McDermitt, a publié la déclaration suivante : « Hier, nous et nos alliés avons effectué une prière Paiute et Shoshone pacifique à PeeHee Mu’huh. Nous avons prié de la même façon que nos ancêtres dont les esprits et les restes sont à PeeHee Mu’huh. En tant que membre de la Tribu de Fort McDermitt et femme traditionnelle Paiute, je résiste avec, et soutiens, nos tribus parentes, comme la Tribu Paiute de Burns, la Colonie Indienne de Reno-Sparks, et la Tribu Paiute de Summit Lake, qui combattent cette mine destructrice à nos côtés. Malheureusement, le Conseil Tribal de Fort McDermitt NE REPRESENTE PAS les intérêts de la communauté de Fort McDermitt et son appartenance Tribale sur cette question. »

À propos de la dernière phrase de la déclaration de Sam, Lithium Americas Corp. a publié la réaction suivante, après les évènements d’hier : « Nous avons entendu dire qu’une poignée de manifestants étaient présent aujourd’hui sur le site du projet. Lithium Americas a toujours cherché à communiquer de façon constructive avec ses voisins sur des solutions de bon sens qui apportent un succès partagé, et nous sommes heureux d’avoir le soutien de la Tribu Shoshone et Paiute de Fort McDermitt toute proche. »

Quiconque a fait attention à l’extraction de lithium dans la forêt Amazonienne connait la destruction que ce genre d’opérations entraine sur le terrain, et en conséquence sur les populations Autochtones.

Selon la Colonie Indienne de Reno-Sparks, le projet de mine de lithium à Thacker Pass « a été autorisé sans aucune consultation des tribus Autochtones. En fait, la plupart des tribus de la région – y compris nous – ne savaient rien du projet de mine jusqu’à ce que la Déclaration Finale d’Impact Environnemental soit publiée et le Compte-rendu de Décision signé, le 15 janvier 2021. »

Au plus fort de la pandémie de COVID, alors que les réserves du Nevada étaient encore confinées, le Bureau de Gestion du Territoire a « accéléré » le processus de permis, délivrant un permis pour le projet en moins d’un an.

Thacker Pass, qui se trouve dans le cratère d’un super volcan éteint (le McDermitt Caldera), est spirituellement important pour les tribus Autochtones du Nevada, entre autres : les Paiutes du Nord, les Shoshones, les Paiutes du Sud et les Washoe.

La mine est un projet de Lithium Nevada, LLC ; une branche entièrement propriété de Lithium Americas Corp, une compagnie canadienne dont le principal actionnaire est la plus grande compagnie de lithium du monde, l’entreprise chinoise Ganfeng Lithium. »

Bucky Harjo (Paiute – Shoshone) dit « En tant que parent, j’en viens quelques fois aux larmes quand j’entend nos enfants jouer et rire toute la journée ; avec le mode de vie de nos nations, nous apprenons et nos enfants apprennent, mais pour nos grands-parents et nos arrière-grands-parents, il y a eu beaucoup de souffrance… et maintenant, nous voyons à nouveau cette souffrance, quand les multinationales minières empiètent à nouveau sur notre souveraineté, nos traditions, nos droits selon les traités et nos droits religieux. Ce moment sacré du matin a été un remède puissant et ces voix devraient toujours être entendues et non réduites au silence, ça fait partie de ce que nous devons protéger, l’harmonie à Thacker Pass, PeeHee Mu’Huh. »

Thacker Pass a été le lieu de deux massacres. Il y a beaucoup de documentation sur le deuxième, qui s’est produit pendant la Guerre du Serpent, le 12 septembre 1865, lorsque des soldats du gouvernement ont massacré [au moins] 31 hommes, femmes et enfants de la tribu Paiute. Des fragments d’os et d’autres reliques sont dispersés dans la zone prévue pour la mine, selon l’avocat de Protect Thacker Pass Will Falk.
D’après la Colonie Indienne de Reno-Sparks, le premier massacre, « qui a donné le nom Paiute de PeeHee Mu’huh (‘lune pourrie’), était un conflit intertribal, avec une autre tribu de l’ouest. » Ça avait été commis par les Indiens de Pit River du nord de la Californie et de l’Oregon.

Le BLM a, comme par hasard, ignoré ce qui est mentionné ci-dessus et qui dit que les sites éligibles pour entrer au Registre National de Lieux Historiques sont dans les limites de la zone d’extraction du lithium.
La Colonie Indienne de Reno-Sparks a été rejointe dans son opposition par la Tribu Paiute de Burns, le Congrès National des Indiens Américains, le Conseil intertribal du Nevada, la Tribu Paiute de Pyramid Lake, la Tribu Paiute de Summit Lake, un rancher local nommé Ed Bartell, Protect Thacker Pass et « un groupe communautaire composé essentiellement de membres de la Tribu Paiute-Shoshone de Fort McDermitt et de Gens de Red Mountain (Atsa Koodakuh wyh Nuwu). »

Lithium Americas Corp. est sous contrat pour vendre le lithium de Thacker Pass à General Motors pour leurs véhicules électriques. Tandis que les politiciens et les grandes compagnies affirment que les véhicules électriques sont un moyen sûr pour ralentir le changement climatique, l’évidence prouve le contraire. L’extraction de lithium pour des batteries est aussi destructrice pour l’environnement que l’extraction de charbon. Thacker Pass se trouve au-dessus de ce qui pourrait être le plus grand gisement de lithium de Turtle Island, et des milliardaires avides se lèchent les babines à l’idée de pouvoir extraire du lithium de Thacker Pass dès 2026.

Max Wilbert, de Protect Thacker Pass, dit : « Passer une montagne sacrée au bulldozer n’est pas ‘vert’. C’est une grave erreur de sacrifier la biodiversité et des sites culturels par cupidité et pour des voitures de luxe. »

Traduction française d’un texte d’Indigenous Action Media
D’abord publié en avril 2021
Republié le 22 avril 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Ce système ne tombera pas en cendres de lui-même.

La ritualisation du ‘Jour de la Terre’ commercial, et, plus logiquement, les tendances actuelles de pur laver plus vert des compagnies, échouent toutes à réagir significativement en s’attaquant à la destruction environnementale et à la catastrophe climatique imminente auxquelles nous faisons face actuellement.

Le Jour de la Terre commercial est devenu un moyen de nous apaiser et nous distraire des actes de violence perpétrés chaque jour contre Notre Mère la Terre et nos communautés humaines et non-humaines.

Les mêmes corporations qui ravagent Notre Mère la Terre et exploitent ses enfants, essaient de nous vendre des styles de vie personnels lavés plus verts, comme choix de solutions « durables ».

Les corporations à-but-non-lucratif et les politiciens néo-libéraux perpétuent et défendent le système capitaliste destructeur, dans des tentatives de construire une économie « verte » avec de nouveaux arrangements verts et même « rouges ».

Nous ne souhaitons pas que l’État capitaliste, raciste, hétéro-patriarcal, colonial et policier soit « vert », notre intention est d’abolir son existence même.

Nos vies dépendent de la santé et du bien-être de notre Mère la Terre et de tous ses enfants. Nos tactiques seront de plus en plus désespérées à mesure que l’air que nous respirons sera de moins en moins pur, que l’eau que nous buvons sera de moins en moins potable, que le sol où nous plantons sera plus pollué.

La défense des sites sacrés et des terres Autochtones sont les lignes de front sur lesquelles nous luttons pour notre existence. Si nous désirons exister, nous devons continuer à défendre le sacré et libérer Notre Mère la Terre. Défendre le sacré signifie riposter pour protéger Notre Mère la Terre, c’est-à-dire son existence même.

Le réchauffement climatique est une conséquence de la guerre du colonisateur contre notre Mère la Terre.

Pour arrêter complètement ces mines, ces centrales électriques, ces barrages et ces oléoducs, nous devons aussi arrêter la machine politique et les systèmes qui les engendrent.

Nous ne pouvons pas faire durer des modes de vie non-durables.
Le Capitalisme est l’ennemi de Notre Mère la Terre.

Vous êtes la prière de vos ancêtres pour la libération de notre mère la Terre.

Il y a de l’argent sale derrière la transition verte

Par Max Wilbert
22 avril 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Je m’appelle Max Wilbert, co-auteur de Bright Green Lies, fondateur de Protéger Thacker Pass, et organisateur d’une communauté bio-centrée. J’utilise ce site pour partager des stratégies et explorer des domaines comme la durabilité, l’effondrement, l’empire, la résistance, l’activisme, le greenwashing [laver plus vert] et la justice. Merci de me lire.

Un criminel qui glisse quelques billets à un officier de police et repart libre. Un homme d’affaires qui achète un politicien avec une valise d’argent liquide. Nous concevons souvent la corruption dans ces termes évidents, et comme quelque chose qui se produit dans les pays pauvres, ailleurs.

Mais la corruption se présente souvent différemment.

Aux Etats-Unis, où je vis, la corruption est courante. Elle est aussi presque légale.

En fait, l’argent sale est devenu partie intégrante du tissus politique de notre nation. Ça a été normalisé, institutionalisé et même régulé. Et pourtant, les effets de cette corruption sont aussi insidieux et destructifs que les pots-de-vin les plus voyants.

La corruption est quelque chose de pourri dans notre système politique, et elle s’étend.

Cet article concerne la corruption américaine, mais l’histoire sera racontée en examinant une compagnie minière canadienne appelée Lithium Americas, qui travaille aux Etats-Unis par l’intermédiaire d’une succursale entièrement possédée par les Etats-Unis, Lithium Nevada Corporation.

Depuis deux ans et demi, je lutte contre Lithium Nevada pour l’empêcher de détruire Thacker Pass – un site crucial de biodiversité et un site sacré pour des Autochtones, site connu comme Peehee Mu’Huh dans la langue Paiute, qui se trouve dans le nord du Nevada, juste à côté de la frontière avec l’Oregon. Lithium Nevada, comme vous l’avez probablement deviné, veut transformer ce lieu en une mine de lithium à ciel ouvert.

C’est un lieu spécial. Thacker Pass abrite le tétra des armoises [sorte de sauge] en voie de disparition, l’antilope d’Amérique [seule et dernière représentante des antilocapridés], le cerf mulet et des aigles royaux. C’est un corridor de migration et un refuge climatique. C’est le bassin hydrologique des communautés locales et le site de deux massacres de Paiutes, dont celui du 12 septembre 1865, au cours duquel des soldats de l’Armée Américaine ont tué entre 30 et 50 hommes, femmes, enfants et vieillards, dans une attaque surprise à l’aube. Il a été reconnu par le Gouvernement Fédéral comme « District Culturel Traditionnel », un paysage d’une importance exceptionnelle pour l’histoire des Autochtones et leur identité culturelle.

Et en ce moment même, pendant que vous lisez ceci, c’est en train d’être détruit par une compagnie corrompue et un gouvernement corrompu. Des bulldozers roulent dessus, et des buissons de plusieurs siècles, des vestiges de milliers d’années et les vies de précieuses créatures du désert sont écrasés sous le métal.

Comment est-ce possible ? Comment, dans une démocratie où les gens ont le droit de protester, de se faire entendre, de commenter, de faire des pétitions, d’engager des poursuites en justice, comment est-il possible de voir un tel déni de justice ? Et, plus largement, comment est-il possible que notre système de gouvernement soit incapable de faire quelque chose face à la catastrophe écologique à laquelle nous sommes confrontés : la 6ème extinction de masse de la vie sur Terre ?

Une partie de la réponse est la corruption, que nous pouvons diviser en cinq catégories : le lobbying, la rédaction des lois, la politique de la « porte tournante », les contributions aux frais de campagnes, et la corruption de la communauté. Examinons-les l’une après l’autre, en utilisant Lithium Americas et Thacker Pass comme exemple.

Le lobbying : Comment les Grandes Compagnies y Gagnent un Accès Disproportionné Aux Élus

Le lobbying est fondé sur un principe simple : les officiels du gouvernement devraient écouter leurs électeurs.

Transparency International définit le lobbying comme « Toute activité entreprise pour influencer un gouvernement ou la politique et les décisions d’une institution en faveur d’une cause ou d’un résultat spécifique. »

« Même lorsqu’elles sont autorisées par la loi, » disent-ils, « ces actions peuvent devenir perturbatrices [nuisibles à la démocratie et la justice] si des niveaux d’influence hors de proportion existent – de la part de compagnies, d’associations, d’organisations et d’individus. »

Le lobbying d’aujourd’hui n’est pas la simple pratique de gens s’adressant à leurs élus. En fait, c’est une industrie à 3,73 milliards de dollars, étroitement régulée, dominée par des initiés et les plus grandes compagnies, mûrie par la corruption de la « porte tournante » et soutenue par au moins 3 ou 4 milliards de dollars de « lobbying de l’ombre » qui n’est ni régulé ni révélé au public de quelque manière que ce soit.

La régulation du lobbying est essentielle pour son propre fonctionnement en tant que méthode de corruption. Comme dit Ben Price, Directeur Organisationnel National au Fonds de Défense Juridique Environnementale de la Communauté, « la régulation n’est pas vraiment un moyen de réduire la corruption, mais plutôt, les règles légalisent la corruption en en définissant les limites au-delà desquelles elle ne serait plus permise. »

« Ce faisant, » ajoute-t-il, « le principal effet des règles est de protéger les dessous-de-table de la responsabilité légale en légalisant assez pour servir les buts des influenceurs législatifs des grandes compagnies. »

Comme la publicité, les grandes compagnies utilisent le lobbying parce que ça marche.

Des études ont montré que dépenser plus d’argent en lobbying et contributions aux campagnes électorales résultaient en des réductions immédiates d’impôts fédéraux, d’impôts d’état et en plus de contrats fédéraux. Une analyse, étudiant seulement les 200 compagnies les plus « actives politiquement », a découvert qu’elles avaient dépensé 58 milliards de dollars en lobbying auprès du gouvernement fédéral et en « contributions aux campagnes » entre 2007 et 2012, mais avaient reçu 4400 milliards en subventions fédérales, contrats, et autre soutien pendant la même période. C’est un retour sur investissement de 7580%.

Une autre étude a découvert un retour encore plus grand : « en moyenne, pour chaque dollar dépensé pour influencer la politique, les compagnies les plus actives politiquement ont reçu 760 dollars du gouvernement » – un profit de 76000%.

Les Grandes Compagnies Écrivent Nos Lois

Les grandes compagnies utilisent des lobbyistes parce que leur richesse leur permet d’avoir un accès disproportionné au gouvernement, ce qui signifie qu’ils peuvent établir des relations avec des politiciens et leurs équipes, influencer la politique, échanger des idées et même écrire la législation. Ils peuvent aussi corrompre des juges, comme le récent scandale autour de Clarence Thomas l’a montré. Mais ça va plus loin. Comme le note un rapport de la NPR [Radio Publique Nationale], « Il semble évident que les lobbyistes influencent la législation. Mais il est peut-être moins évident qu’ils écrivent souvent les lois – même mot à mot. »

Nos lois sont écrites par les grandes compagnies.

Ce n’est pas seulement un problème fédéral. Une enquête de USA Today de 2012 révéla que plus de 10 000 propositions de lois introduites dans les 50 états sur une période de 8 ans avaient été « presqu’entièrement copiées de textes écrits par des intérêts spéciaux. » Le rapport dit aussi que leur enquête avait détecté ces textes en utilisant des techniques automatisées, et que « le nombre réel est probablement bien plus élevé. »

Nos politiciens écrivent rarement des lois. En fait, les grandes entreprises et les lobbyistes écrivent des lois ; le Congrès vend les lois au public ; puis les lobbyistes paient leurs membres du Congrès en contributions à leurs campagnes, aux Comités d’Action Politique [Super PAC] et aux possibilités d’emplois dans la politique de la « porte tournante. »

La « Porte Tournante »

Un autre moyen de corruption devenu endémique dans le gouvernement de Etats-Unis est ce qu’on appelle la « porte tournante. »

La porte tournante fait référence à une pratique courante chez les employés des grandes compagnies, qui quittent leur emploi pour travailler au gouvernement, et vice versa. Il est tout à fait courant pour des employés du gouvernement et des élus de quitter ou terminer leurs mandats et d’obtenir immédiatement des emplois dans les industries qu’ils sont supposés réguler.

Pourquoi, demandez-vous ? L’Argent. Comme le dit un titre de presse « quand un membre du Congrès devient lobbyiste, il a, en moyenne, 1452% d’augmentation.

À l’occasion, on trouvera des histoires de lobbyistes que se sont fourvoyés dans la corruption pure et simple – Jack Abramoff, par exemple – mais ces histoires sont rares, pas parce que la corruption n’est pas courante, mais parce qu’il faut vraiment violer une loi en tant que compagnie : elle a écrit les lois. Et elle l’a fait délibérément pour rendre sa corruption et son influence sur les campagnes électorales légales.

Dès 2016, environ la moitié des Sénateurs et un tiers des Représentants sont devenus lobbyistes pour toucher leurs chèques. C’est aussi courant chez les Démocrates que chez les Républicains.

Les Activités de Lobby de Lithium Nevada Corp. (au moins celles que nous connaissons)

Lithium Nevada a dépensé au moins 310 000 dollars en lobbying depuis 2016, par l’intermédiaire d’une compagnie de lobby appelée Harbinger Strategies.

Harbinger est « une firme de premier plan pour le gouvernement fédéral et les affaires politiques » qui a été fondée par, et employé des ex aides au Congrès et opérateurs politiques Républicains de haut niveau. Ils sont parmi les principaux lobbyistes à Washington D.C.et ont gagné au total 10,9 millions de dollars en 2021, d’une liste de clients parmi lesquels se trouvaient l’industrie aérienne, les grandes banques et firmes d’investissements, des compagnies minières, de biotechnologie, le complexe militaro-industriel, Facebook, des services d’électricité, General Electric, et l’industrie du pétrole et du gaz.

« Nous utilisons notre expérience d’anciens membres éminents des équipes des Principaux Dirigeants au Congrès et de l’Exécutif pour placer nos clients à la table où les décisions sont prises, » écrivent-ils sur leur site. Ils ajoutent : « [Harbinger est] fondé sur la conviction que chaque client mérite un partenaire expert des questions législatives » – un « modèle de boutique » – qu’ils utilisent pour une raison simple : ça donne des résultats. »

Dans l’état du Nevada, Lithium Nevada Corporation a loué au moins 4 lobbyistes depuis 2017, de deux firmes : Argentum Partners, une firme de communications pour tous services stratégiques… avec une équipe de lobbyistes avides, énergiques et expérimentés, » et Ferrato Corporation, « une firme bipartisane pour tous services d’affaires publiques. »

En particulier, parmi les lobbyistes d’Argentum pour Lithium Nevada, on trouve Mike Draper, qui « était à la tête des relations et des affaires publiques pour la planification, l’autorisation, la construction et l’ouverture du Gazoduc Ruby, le plus grand gazoduc d’Amérique du Nord. » Des Tribus et des écologistes se sont farouchement battus contre le gazoduc Ruby en 2009 et 2010.

Contributions aux Campagnes Électorales

Une autre technique de légalisation de la corruption sont les « contributions aux campagnes », également nommées dons aux politiciens candidats.

Beaucoup de pays dans le monde ont mis des limites strictes à la somme d’argent que les gens peuvent donner aux candidats, ou ont même des campagnes politiques financées par le gouvernement, ce qui supprime presqu’entièrement l’influence de l’argent. Les Etats-Unis ne font pas partie de ces pays.

Les élus aux Etats-Unis ont désespérément besoin d’argent. Le Sénateur moyen doit trouver 14 000 dollars par jour, juste pour rester en place – et cela dès qu’il a été élu une fois. C’est aussi vrai pour les Démocrates que pour les Républicains, raison pour laquelle les grandes compagnies, directement ou par l’intermédiaire de leurs lobbyistes ou employés, misent généralement sur les deux en donnant aux deux partis politiques.

Par exemple, Jonathan Evans, PDG de Lithium Americas Corporation, a donné au moins 10 250 dollars aux candidats entre 2021 et 2022, parmi lesquels Catherine Cortez Mastow (Sénatrice Démocrate du Nevada) et Mark Amodei (Gouverneur Républicain du Nevada). George Ireland, Président de Lithium Americas, a donné au moins 19800 dollars à des candidats depuis 2011, dont 500 dollars pour la campagne de Trump et 6600 à John Hickenlooper. Les données de OpenSecret.org montrent que 7 autres employés, membres du Conseil d’Administration et parties associées ont donné au moins 10819 dollars de plus aux candidats entre 2018 et 2022.

Ces montants ne comprennent pas les contributions BEAUCOUP plus importantes, données par des employés et des membres de la famille de Harbinger Strategies, qui ont donné 392 842 dollars aux candidats pour la seule élection de 2020.

Beaucoup de ces gens donnent un montant équivalent à la limite légale, ce qui implique que si la limite était plus haute, ils donneraient plus – et peut-être essaieraient de trouver des moyens pour contourner les limites des contributions par l’intermédiaire des « Super PACs » et d’autres techniques d’argent caché.

Souvenez-vous que moins d’1,5% des Américains ont donné plus de 200 dollars aux candidats ou aux partis au cours de n’importe quelle année. C’est le domaine des riches.

Les Dessous de Table

L’argent de Lithium Americas est bien employé.

Dans ce qui semble être une contrepartie pour leur lobbying et leurs contributions aux campagnes, Lithium Americas Corporation a obtenu 8 637 357 dollars en réductions d’impôts de l’état du Nevada, entre autres un abattement partiel de taxes sur les ventes de 5 millions, un abattement de l’impôt sur la propriété de 3,3 millions et environ 225000 dollars d’abattements sur la taxe sur la masse salariale. Cet argent n’est plus disponible pour les écoles, la santé, les services sociaux, l’assistance aux petites entreprises, les programmes environnementaux, etc.

Par le Gouvernement Fédéral, Lithium Nevada a reçu un prêt du “Programme de Prêt pour la Fabrication de Véhicules à la Technologie Avancée » (ATVM) du Département de l’Energie, qui couvrira probablement « jusqu’à 75% des coûts de construction à Thacker Pass.

Ce programme de prêts offre des conditions extrêmement favorables équivalant à une subvention de 3 milliards de dollars US.

Selon une estimation très prudente, pour des dons de, disons, 400 000 dollars en lobbying et contributions des employés aux campagnes électorales, Lithium Americas peut espérer un retour sur investissement de 2100 % – et cela sans même considérer l’énorme valeur financière du prêt ATVM.

Corruption au niveau local

La corruption politique va souvent de pair avec la corruption au niveau local.

Le projet de Lithium Americas de détruire Thacker Pass a créé une sérieuse opposition dans la communauté de fermiers et ranchers des zones rurales les plus proches de Thacker Pass, parmi les habitants de la ville proche de Winnemucca, de la part de groupes écologistes préoccupés par les effets sur la vie sauvage, les plantes, l’air et l’eau, et parmi les Tribus Autochtones inquiètes pour leurs sites sacrés et culturellement importants, leurs animaux et leurs plantes médicinales.

La réaction était prévisible. Dans son livre Unearthing Justice : How to Protect Your Community From The Mining Industry, la militante anti-extractivisme Joan Kuyek décrit les mythes incessamment répétés par Lithium Americas et presque toutes les compagnies minières :

  • « La mine créera des centaines d’emplois et enrichira les gouvernements. »
  • « La mine peut enrichir les membres de la communauté et résoudre leurs problèmes sociaux et économiques. »
  • « Les techniques modernes assureront que la mine n’endommagera pas l’eau, l’air ou la vie sauvage. »

Quand ces mythes se révèlent faux, ils recourent à la corruption légalisée. À Thacker Pass, ça prend la forme d’un paiement par Lithium Americas d’une nouvelle école pour la communauté de Orovada, et la signature d’un accord avec un Membre d’un Conseil Tribal local pour la construction d’un centre culturel. Un membre de la tribu, mon amie Shelley Harjo, a répondu : « La promesse de quelques bâtiments et d’un centre culturel ne peuvent l’emporter sur la responsabilité que nous avons envers les ancêtres d’avant nous, ni nos obligations envers ceux encore à naître après nous. » Un autre dirigeant Tribal de la région dit des compagnies minières « Ils profitent de notre pauvreté. »

Cette pauvreté donne un puissant moyen de pression aux compagnies minières. Dans la communauté de Fort McDermitt, les rumeurs de corruption sont courantes.

L’Implication de Lithium America dans des Violations des Droits Humains Outremer

Lithium Americas a des relations d’affaires et personnelles qui recoupent celles de la compagnie Ganfeng Lithium (la plus grande compagnie de lithium au monde), propriété de l’Etat Chinois. En fait, Ganfeng et Lithium Americas sont copropriétaires d’une compagnie minière de lithium en Argentine, appelée Minera Exar.

Le projet minier de Minera Exar est situé dans les Andes, dans le « triangle du lithium », une région aride près des frontières du Chili et de la Bolivie. Au cours des années depuis lesquelles Minera Exar a des activités dans la région, elle a – comme d’autres compagnies d’extraction de lithium dans la même zone – été critiquée pour de graves violations des droits humains et de l’environnement.

Le Washington Post, en enquêtant sur ces violations, écrivit :

« Les compagnies minières ont extrait depuis des années des milliards de dollars de lithium de la région d’Atacama… Mais les Atacama pauvres n’ont pas vu beaucoup de ces richesses… une compagnie de lithium, une entreprise commune Canadienne-Chilienne appelée Minera Exar, a passé des accords avec six communautés aborigènes pour ouvrir une nouvelle mine. L’opération devrait rapporter environ 250 millions par ans en ventes, tandis que chaque communauté recevra un paiement annuel – de 9000 à 60000 dollars – pour des droits étendus sur la surface et l’eau.

L’article ajoute :

« Yolanda Cruz, une dirigeante du village en Argentine, dit qu’elle avait signé [les accords de bénéfices de la communauté avec Minera Exar], mais que maintenant, elle le regrette. À l’époque, elle appréciait la possibilité de créer des emplois pour son village. Mais maintenant, elle s’inquiète, ‘nous allons nous retrouver sans rien’, dit-elle. ‘Le fait est que les compagnies nous mentent – c’est la réalité. Et parfois nous nous contentons de ne rien dire’ dit-elle. ‘Nous ne disons rien mais nous serons ceux qui en pâtirons quand le temps aura passé.’ »

Pendant ce temps, Ganfeng Lithium a annoncé récemment des projets de mines pour les métaux de batteries dans la région de Xinjiang, en Chine, où le Gouvernement Chinois détient et emprisonnent des Ouïghours et d’autres Musulmans pour des travaux forcés et de l’endoctrinement dans des camps.

Gaspillage de Fonds Gouvernementaux

On nous dit que le principal objectif de l’extraction de lithium à Thacker Pass est de réduire l’émission de gaz à effets de serre. C’est un mensonge de plus, un nouveau type de laver plus vert pour les grandes compagnies, qui devient de plus en plus commun. En fait, de nombreuses analyses montrent qu’en réalité, les réductions d’émissions par le passage aux véhicules électriques sont mineures.

La production d’un seul véhicule électrique produit des émissions de gaz à effets de serre – en moyenne 9 tonnes. Cette moyenne s’élève à mesure que la taille des véhicules électriques augmente fortement. Plus ont produit de véhicules électriques, plus il y a d’émissions de gaz à effets de serre. Ainsi, alors que les véhicules électriques réduisent les émissions, comparés aux véhicules à essence, les plus gros véhicules électriques ne les réduisent pas beaucoup. Une analyse du Centre Interdisciplinaire Pour la Justice Environnementale dit que l’électrification des véhicules aux Etats-Unis ne réduira les émissions au niveau national que de 6%.

De plus, la production de lithium à Thacker Pass exigera 700 000 tonnes par an de produits du raffinement du pétrole – du souffre, peut-être largement fourni par les Sables Bitumineux d’Alberta. Tandis que Thacker Pass reçoit des milliards en subventions du gouvernement, les émissions de carbone continuent à augmenter.

Le militant écologiste Paul Hawken, autre exemple, ne met pas les véhicules électriques dans ses 10 meilleures solutions pour le climat. En fait, c’est la 24ème de sa liste, avec dix fois moins d’effet que de réduire le gaspillage alimentaire, près de six fois moins d’effet que l’élimination de l’utilisation de réfrigérants, qui sont de puissants gaz à effets de serre, et derrière des solutions comme la restauration des forêts tropicales (environ 5 fois plus efficace que les véhicules électriques) et la protection des tourbières (plus de 2 fois plus efficace).

La corruption et le gaspillage vont la main dans la main. Les données montrent clairement que si notre but est de réduire les émissions de gaz à effets de serre, donner des subventions pour la mine de lithium de Thacker Pass n’est pas un bon usage des fonds gouvernementaux. C’est du gaspillage.

Si on veut vraiment donner des fonds gouvernementaux pour arrêter efficacement le réchauffement climatique, donner de l’argent aux industries minières est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

Plutôt, commencez par les droits des femmes, l’éducation des filles, et rendez disponibles la contraception et le planning familial. Commencez par des initiatives de relocalisation économique. Commencez par isoler les logements convenablement, ce qui pourrait avoir le plus grand effet immédiat sur l’impact du carbone. Commencez par des initiatives de réduction de la demande.

Cessez de gaspiller l’argent des contribuables en subventions pour des entreprises de destruction de la Terre, et commencez par des actions qui comptent vraiment.

La Banalité du Mal

La corruption de Lithium Americas me rappelle ce que la philosophe politique Hannah Arendt appelait « La Banalité du Mal. » À propos d’Eichmann, un officier Nazi qui fut l’un des principaux organisateurs de l’Holocauste, Arendt explique qu’Eichmann ne ressentait pas la culpabilité ; en fait, il n’avait jamais pensé que ce qu’il faisait pouvait être mal : « Il faisait son ‘devoir’… ; il n’obéissait pas seulement aux ordres, il obéissait aussi à la ‘loi’. »

[…]

Lithium Americas n’extermine pas les gens, ce n’est même pas la « pire » des compagnies minières. Ils peuvent même avoir agi entièrement dans les limites de la loi. Et pourtant, ils sont complices d’un génocide culturel, de la destruction écologique pour des gains personnels, et, ce qui pourrait être un crime encore plus grand contre le futur : faire passer pour verte et positive leur destruction, créant ainsi plus d’incitations financières et politiques pour d’avantage de cette folie.

Ils croient que ce qu’ils font est bien et ils « suivent les règles. »

Et Maintenant ?

La corruption à Thacker Pass n’est pas unique. Le lobbying, les contributions aux campagnes électorales, le ‘laver plus vert’, et les pots-de-vin à la communauté sont courants aux Etats-Unis et dans la plupart des pays du monde. Je crois qu’il est vraisemblable qu’il y ait encore plus de corruption dont nous ne savons rien. Peut-être qu’il y a vraiment des échanges de valises pleines de billets. Nous ne pouvons que faire des conjectures. Et, cet article n’a même pas commencé à parler de la complicité du gouvernement dans la violation des lois, la corruption et les violations éthiques à Thacker Pass – une histoire, par certains aspects, encore plus sordide.

Tout cela explique en partie pourquoi les analyses universitaires des Etats-Unis tendent à montrer la « domination de l’élite économique » plutôt qu’une vraie démocratie électorale ou du pluralisme. Les riches dirigent notre pays (et le reste du monde). Notre gouvernement est corrompu, les multinationales sont omniprésentes, et notre monde est détruit.

Pour beaucoup, la situation dans laquelle nous nous trouvons est paralysante. Que pouvons-nous faire face à cela ?

Quand j’ai commencé à protéger Thacker Pass et établi un camp de protestation sur le site où la mine doit être creusée, en plein hiver 2021, je n’avais pas d’illusions. Je savais que les tribunaux n’allaient pas nous sauver. Rappelez-vous, les lois ont été écrites par les grandes entreprises. Je savais que les commentaires publics ne marcheraient pas ; les règles sont écrites pour favoriser les intérêts des grandes entreprises. Je savais que le gouvernement ne serait d’aucune aide, vu que les politiciens sont pour la plupart achetés et payés. Je savais même que les façons standard de protester ne seraient probablement pas efficaces, vu les tactiques de répression et les stratégies de diviser-pour-régner qui ont été depuis des siècles celles des grandes entreprises et des colonisateurs.

En tant que société, nous nous trouvons au cœur de la 6ème extinction de masse, d’une catastrophe climatique et apparemment, d’un dépassement terminal. Et, comme mouvement écologiste, malgré notre action courageuse et inspirée, nous avons été insuffisants.

C’est pourquoi, depuis des années, j’appelle à une révolution écologique – une transformation fondamentale de la société – et m’organise pour faire qu’elle se produise.

Que vous pensiez que c’est nécessaire ou non, nous sommes tous d’accord sur le fait que ce que nous faisons ne marche pas. Je n’ai pas toutes les réponses. Mais je sais qu’il est temps d’aller plus loin.

Par Haul NO!
Également publié par Indigenous Action
22 avril 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

La controverse à propos de cette mine dure depuis des décennies. Pour plus de précisions, voir l’article de 2011. Obama avait prononcé un moratoire de 20 ans, immédiatement levé quand Trump est arrivé au pouvoir. Biden, ex-vice Président d’Obama, n’a rien fait pour le rétablir. Ch. P.

Des travaux à l’explosif, souterrains et en surface, ont commencé à la Mine Pinyon Plain / ex-Canyon, à seulement quelques kilomètres du Grand Canyon.

Des travailleurs sont prêts à commencer l’extraction d’uranium de la mine. Selon le Service des Forêts, les ouvriers font exploser la roche tous les jours, mais le minerai n’est pas encore déplacé.

Quand Energy Fuels commencera à transporter le minerai radioactif, ils ont l’intention d’en transporter 30 tonnes par jour à travers le Nord de l’Arizona, jusqu’à l’usine de traitement de la compagnie, 480 km plus loin.

Le Grand Canyon, le site sacré de Red Butte, l’eau si précieuse et les communautés habitant le long du trajet sont en danger !

Comme toutes les options légales ont échoué, nous avons besoin de toute votre aide pour organiser des actions et empêcher cette catastrophe nucléaire d’empoisonner nos communautés de façon irréversible

Allez sur notre chaine télégramme pour participer à des actions et du soutien : https://t.me/haulno
Pour plus d’informations et faire des dons pour la défense en justice : www.haulno.com


Trajet de transport de la Mine Pinyon Plain/Canyon, des Faits :
• Distance totale 480 kilomètres.
• 12 camions avec la capacité de transporter jusqu’à 30 tonnes par jour de minerai hautement radioactif.
• Les chargements seulement couverts d’une mince toile cirée, comme seule protection de l’uranium et de la contamination de l’environnement.
• Le trajet projeté traversera des zones très peuplées, comme Valle, Williams et Flagstaff ; et des zones rurales de la Réserve Navajo, passant entre autres par Cameron, Tuba City et Kayenta ; près de la Réserve Hopi, et arrivera finalement à l’usine de traitement d’Energy Fuel White Mesa, à seulement 4,8 kilomètres de la communauté Ute de Ute Mountain, à White Mesa, en Utah.

#haulno #pasdetransportduranium #stoppinyonplainmine #bloquerlaminepinyonplain
#nonukes #pasdenucleaire
#dontnukethegrandcanyon #nepasnucleariserlegrandcanyon

Commentaire de la vidéo par Klee Benally. La traduction est dans le texte ci-dessus.