Photo Bad Bear, Shoshone, Longue Marche de 2013, près de Fallon


Par Brenda Norrell
Censored News
31 janvier 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Le Département de la Défense [=ministère] détient des milliers de dépouilles d’Autochtones, dont quatre à la base de Fallon, sur le site de bombardement de la Marine. Des Autochtones d’Hawaï luttent pour qu’on leur rende leurs ancêtres, tandis que de nouvelles informations dénoncent les pilleurs de tombes et les restes d’Autochtones détenus dans des bases militaires.

La Défense a les restes de quatre Autochtones pris sur le territoire de la Base Aéronautique de la Marine, à Fallon, dans le Nevada. C’est la base militaire qui doit être agrandie par le Congrès et le Président Biden qui ont approuvé la loi de dépenses de la Défense pour 2023.

C’est l’expansion que le journaliste Paiute Myron Dewey essayait d’arrêter lorsqu’il est mort. Le jour avant son décès, Myron Dewey avait filmé en direct sur le champ de tir, pour prévenir de la continuation du génocide, par les Navy Seals [Opérations Spéciales de la Marine] qui bombardent sur une terre sacrée. En même temps, la délégation au Congrès du Nevada poussait à l’expansion.

Dewey – qui était sur le champ de tir la veille de sa mort dans un accident sur une piste isolée près de Yomba – décrivait la destruction du sacré par l’extraction minière et le champ de tir, mettant en garde contre l’expansion du terrain militaire et du projet de mine de lithium sur le site d’un massacre de Paiutes à Thacker Pass.

« Je suis un survivant d’un génocide de masse dans tous les Etats-Unis. »

« Le Nevada est devenu une poubelle pour les militaires » dit Ruth Danner de Winnemucca, dans le Nevada. La réaction de Ruth Danner à propos du champ de tirs figure dans les plus de 1900 pages de la Déclaration Finale d’Impact Environnemental, avec une opposition considérable à l’expansion.

Ian Zabarte, qui représente les Shoshone de l’Ouest, dit que le champ de tirs (bombardements) empiète sur une terre qui n’appartient pas aux Etats-Unis et viole le Traité de Ruby Valley.

Les dirigeants Paiutes s’opposent aussi à l’expansion, qui a été approuvée en décembre 2022 par le gouvernement des Etats-Unis. Avant, la Nation Paiute-Shoshone de Fallon avait passé des années dans les tribunaux et avait combattu le Musée d’Etat du Nevada et le BLM [Bureau de Gestion du Territoire] pour demander le retour des dépouilles de leurs ancêtres et les objets qui leur appartenaient, trouvés à Spirit Cave, et datant de 10 000 ans.

Des leucémies infantiles dans la région de Fallon avaient suscité des inquiétudes à propos de fuites de carburant de jets, en 2003. L’enquête de la santé publique avait révélé que du napalm y était brûlé.

« Pourquoi la Défense détient-elle tant de restes humains de peuples Autochtones ? »

Le Département de la Défense des Etats-Unis détient des milliers de restes d’Autochtones, entre autres 1605 dépouilles d’Autochtones Hawaïens du Comté de Honolulu à Hawaï, résultant de pillages de tombes, de chasseurs de récompenses, de collections de musées, d’expériences racistes et de développement de ressources que les Hawaïens Autochtones n’ont jamais approuvé.

Cette question conduit à la lutte que les Autochtones Hawaïens mènent pour qu’on rende leurs parents. Des notes du Registre Fédéral indiquent les noms de pilleurs de tombes, et de ceux qui ont pillé les tombes au nom de la science.

Les notes du Registre Fédéral donnent les noms d’individus, comme le propriétaire d’une plantation de cane à sure à Hawaï, qui avait été marchand pendant la ruée vers l’or génocidaire en Californie. Il y a une longue liste de pilleurs de tombes du Nouveau-Mexique, qui volaient pour des musées. La nouvelle base de données de ProPublica révèle que de certaines terres qui sont maintenant des bases militaires, des ancêtres Autochtones ont été volés, dans l’état de Washington, du Nevada et en Caroline du Nord.

La Défense a aussi 548 restes d’Autochtones pris dans le Comté de Venture, en Californie.

La Défense détient aussi des restes de Pueblos. Dans le Comté de Sandoval, au Nouveau-Mexique, où vivent 12 des 19 Pueblos, les restes de 233 ancêtres ont été mis à disposition pour être rendus.

Cependant, la Défense détient toujours 1800 restes d’Autochtones pris dans tous les Etats-Unis, qui ne sont pas disponibles pour être rendus, comme l’exige la Loi sur la Protection et le Rapatriement des Tombes Autochtones.

Bien que la Défense ait mis des centaines de restes, pris dans l’état de Washington, l’Oregon et l’Oklahoma – à la disposition des Nations Indiennes pour les rendre, des restes d’ancêtres dans le sud-ouest, de la Floride au Texas et sur la côte est, ne sont pas disponibles pour être rendus.

Les bases militaires ont déplacé des ancêtres

Au camp des Marines Camp Lejeune en Caroline du Nord, 214 restes d’Autochtones ont été saisis et non rendus. À la Station Aéronavale de Whidbey Island et au Détachement de Port Hadlock dans le nord-ouest de l’état de Washington, des ancêtres Autochtones ont été déplacés. Quinze dépouilles de Whidbey et six de Port Hadlock sont disponibles pour être rendues.

Nettoyage ethnique et génocide dans le Comté de Shasta

Dans le nord de la Californie, la Défense a pris sept dépouilles dans le Comté de Shasta et ne les rend pas. En tout, la Défense a pris les restes de 700 ancêtres Autochtones en Californie.

Au cours d’une marche commémorant le génocide, le nettoyage ethnique et les marches forcées des gens de Pit River dans le Comté de Shasta, Danita Quinn dit : « Quelques fois, les esprits sont pris au piège ou ‘coincés’ dans des lieux, pour ainsi dire. Tenir ces cérémonies aide à les renvoyer à un endroit de paix. » Voir un article de Kelda Britton sur l’histoire des Autochtones de Shasta.

Les Autochtones Hawaïens luttent pour le retour de leurs ancêtres

Des décennies après que des scientifiques racistes aient pillé leurs tombes, des milliers de cadavres d’Autochtones Hawaïens sont toujours dans des bunkers militaires, selon le San Francisco Gate.

Beaucoup de restes d’ancêtres ont été déterrés intentionnellement par des anthropologues blancs.

Les restes d’ancêtres ont été « envoyés au Bishop Museum, où des scientifiques qui considéraient Hawaï comme un ‘laboratoire racial’ les ont étudiés pour promouvoir des pseudo-sciences, comme l’eugénisme, la prétendue ‘science’ de créer des humains ‘parfaits’ »

« Pendant des décennies, le Bishop Museum, toujours un musée d’histoire culturelle éminent, était collectionneur de iwi kupuna, beaucoup d’entre eux provenant de la Péninsule Mokapu, aujourd’hui connue comme la Base des Marines à Hawaï. Le directeur du musée a même offert des récompenses pour les restes d’Autochtones Hawaïens, faisant du pillage de tombes une course au trésor. »

« En tout, les iwi, ou leurs squelettes, de 3000 bébés, adolescents et adultes ont été volés de Mokapu et donnés au Bishop Museum de 1915 à 1993. La plupart du temps, le musée a prêté la collection à des anthropologues pour être étudiés, il y avait parmi eux des eugénistes et autres ‘scientifiques’ des races » écrit Christine Hitt dans le San Francisco Gate.

Liste de toutes les institutions qui possèdent des restes humains Autochtones en fin de l’article de Censored News



Par Brenda Norrell
Censored News
29 janvier 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Des musées détiennent des milliers de dépouilles d’Apaches. Il y a vingt ans, alors qu’il campait sur le Mont Graham, le membre du Conseil des Apaches San Carlos, Raleigh Thompson, décrivit comment la Société Crâne et Os de l’Université de Yale avait pillé la tombe de Geronimo à Fort Sill, en Oklahoma.

Maintenant, une nouvelle base de données révèle que des ancêtres Apaches – Apaches San Carlos, Apaches Mescalero, Apaches de Fort Sill et Tribu Apache d’Oklahoma – sont détenus par des musées et n’ont pas été mis à la disposition des descendants pour être rendus, comme l’exige la Loi sur la Protection et le Rapatriement des Tombes Autochtones.

Ces musées sont en Arizona, dans le Colorado, en Oklahoma, dans le Missouri, au Texas, et dans tous les Etats-Unis. Il y a 16500 ancêtres de la Tribu Apache d’Oklahoma qui ne sont pas disponibles pour être rendus. L’Intérieur et le BIA [Bureau des Affaires Indiennes] détiennent aussi des dépouilles d’Autochtones non disponibles pour être rendues.

Alors qu’il campait sur le Mont Graham, pendant la Course Sacrée Apache de 2003, l’ex-Président Apache de San Carlos, Raleigh Thompson, dit comment la famille Bush et la Société Crâne et Os de Yale avaient essayé de prétendre rendre le crâne de Geronimo et réduit au silence la délégation Apache San Carlos.

Thompson dit que la Société Crâne et Os avait admis à des dirigeants Apaches en 1986 qu’ils avaient un crâne qu’ils appelaient « Geronimo » dans leur musée secret à New Haven, Connecticut. Cependant, ses restes n’ont pas été rendus.

« Geronimo a laissé son fusil et son calumet de la paix ici, quand ils l’ont emmené » dit Thompson à propos de Geronimo, lorsqu’il a été emmené de San Carlos.

Geronimo, Apache Chiricahua, mourut de pneumonie en 1909, à Fort Sill, en Oklahoma.

Thompson dit qu’il était à New York, en 1986, quand la Société Crâne et Os a admis avoir les restes de Geronimo. Thompson parla de l’implication de la famille Bush dans la Société Crâne et Os de Yale, une société secrète dont des présidents des Etats-Unis sont membres.

« Ils ont exhumé le corps de Geronimo en 1918. Son corps est au Musée de Crâne et Os ». Parlant du grand-père du Président George W. Bush, Thompson dit « Prescott Bush l’a exhumé. »

Le pillage de la tombe a été dénoncé quand des dirigeants Apaches ont reçu une photo et des informations dans les années 1980. L’informateur, qui craignait pour sa vie et n’a jamais été identifié, avait envoyé aux dirigeants Apaches une photo des restes de Geronimo dans une cage de verre, exposés dans leur musée secret. L’informateur avait aussi fourni une copie du carnet de bord de la Société Crâne et Os, dans lequel le pillage de la tombe en 1918 était mentionné.

D’après ce carnet, Prescott Bush, grand-père de George W. Bush, et cinq autres officiers de Fort Sill, Oklahoma, ont profané la tombe de Geronimo.

Après avoir reçu ces informations, le Président de San Carlos d’alors, Ned Anderson, Thompson et l’avocat tribal Joe Sparks ont fait partie d’une délégation Apache qui a rencontré un membre de la famille Bush et de la Société secrète.

Au cours d’une série de réunions, ils ont rencontré des dirigeants de Crâne et Os à New York, en 1986. Cependant, Thompson dit que le crâne que la Société Crâne et Os a proposé de rendre était celui d’un enfant, pas de Geronimo, et les Apaches l’ont refusé.

Thompson dit : « Ils ont admis qu’ils appelaient ce crâne Geronimo. Mais le crâne qu’ils voulaient nous donner était si petit que ça ressemblait à un crâne d’enfant ». Pour cette raison, nous n’avons pas voulu prendre le crâne. Ils avaient dû l’échanger pour nous tromper. »

Thompson dit que la Société avait d’autres objets de Geronimo, un os de son coude et le mors de son cheval et des sangles. Ils étaient exposés dans une cage du musée, dans la « tombe » de la société secrète, comme on pouvait le voir sur la photo reçue par les dirigeants Apaches.

Pendant le rassemblement sur le Mont Graham, Thompson a parlé aux coureurs.

« L’homme blanc détruit les océans, tue l’eau et les poissons avec du pétrole et contamine la terre avec de l’uranium. »

« Les Indiens voient les cœurs des arbres, la beauté de la montagne. C’est une montagne vivante ».

« Maintenant l’homme blanc est venu couper les arbres sur cette montagne sacrée. C’est pareil que d’avoir pillé la tombe de Geronimo et de l’avoir mis dans leur musée. »

Thompson a été membre du Conseil Apache San Carlos pendant 20 ans. Il est passé dans le Monde des Esprits à l’âge de 75 ans, en 2015.

Après une longue lutte pour protéger le Mont Graham, l’Université d’Arizona de Tucson et le Pape ont pris la responsabilité de placer les télescopes qui profanent le Mont Graham.

Aujourd’hui, le musée de l’Université d’Arizona à Tucson détient des milliers de dépouilles d’Apaches et d’autres Nations Autochtones, comme le révèle les données qui viennent d’être publiées par ProPublica et NBC News.

Les ancêtres Apaches ont été pris principalement dans le Colorado, l’Arizona, le Nebraska et le Nouveau-Mexique.

James Riding In, un professeur Pawnee, dit que les récompenses payées par les musées – y compris l’étude raciste de crânes et de l’intelligence humaine par le Smithsonian – avaient conduit à des pillages de tombes, des assassinats et des massacres.

De nombreux musées, universités, ministères et autres institutions détiennent au moins 5600 dépouilles d’Autochtones prises dans des comtés importants pour la Tribu Apache San Carlos, qui ne sont pas mises à leur disposition pour être rendues.

Ces institutions et d’autres détiennent les restes d’au moins 4000 Autochtones de Fort Sill, en Oklahoma, et au moins 4900 dépouilles de la Tribu Apaches Mescalero.

La longue liste des institutions en question est publiée à la fin de l’article de Censored News.



Par Duane ‘Chili’ Yazzie
Publié par Censored News
Le 28 janvier 2023
Photo Tó Nizhóní Ání
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

La compagnie Navajo d’Energie de Transition, la compagnie Navajo de Pétrole et de Gaz et les dirigeants Navajo qui les soutiennent, contribuent à endommager la planète Terre. Extraire ou brûler du charbon, développer l’exploitation de pétrole, de gaz, d’hydrogène et d’hélium, avec l’inévitable fracturation, sont les causes les plus importantes de la crise climatique. NTEC [Compagnie Navajo d’Energie de Transition] empiète maintenant sur les terres Hualapai pour encore plus d’exploitation. Qu’est-il arrivé à la transition pour laquelle NTEC a été créée ?

En février 2019, j’ai pris contact avec NTEC, proposant de nous mettre autour d’une table pour ouvrir un dialogue sur nos positions opposées. J’avais suggéré qu’il y avait peut-être une position médiane sur laquelle nous pourrions nous accorder. Mon frère Ernie Zah réagit positivement, disant que NTEC pourrait vouloir parler. Les blancs (Anglo/Caucasiens) de la direction ont fait taire Ernie et ce fut tout.

En septembre 2022, j’ai mis au défi James McClure, le PDG de NOGC [Compagnie Navajo de Pétrole et de Gaz], de venir à la table, suggérant à nouveau qu’il y avait peut-être une position médiane. McClure a dit publiquement être d’accord pour collaborer avec moi, pour organiser un forum. J’ai fait le suivi en envoyant deux lettres, il n’y a que le silence de la part de NOGC.

NTEC et NOGC rejettent la possibilité de parler au cours d’un forum ouvert, civil, délibéré et objectif. Je ne suis pas sûr de savoir pourquoi ils ne veulent pas venir autour d’une table. Je suppose qu’ils pensent ne pas avoir à discuter avec moi, je ne suis pas quelqu’un d’important. Peut-être pensent-ils qu’ILS sont trop importants. Peut-être savent-ils qu’ils n’auront pas de réponses à toutes nos questions. Je les soupçonne d’avoir peur de venir dans notre hogan (habitation traditionnelle) parce qu’ils n’ont pas la compréhension nécessaire pour nous rencontrer selon nos termes culturels et spirituels. Si c’est simplement leur arrogance de blancs de l’extérieur, ils sont vertigineusement à côté de la plaque, et ils n’ont pas à manquer de respect à quiconque d’entre nous, qui vivons ici sur nos propres terres.

Ces entreprises et la direction Tribale qui les soutient, sont poussés par ce qu’ils perçoivent comme un besoin d’encore plus d’argent. Ils sont l’essence du capitalisme (oui, le capitalisme est mauvais). Le capitalisme détruit la création de Dieu.

NTEC et NGOC croient que la direction Tribale a l’autorité pour autoriser leur exploitation, et ils ont tort. Le gouvernement Tribal imposé par l’impérialisme colonial, n’a pas le dernier mot. Le gouvernement Fédéral des Etats-Unis non plus. Les gens de ces terres, qui n’abandonneront pas la loi du Créateur pour prendre soin de la Terre, ont le dernier mot.

Aussi important que plus de revenus et d’emplois puissent être, ils ne sont pas aussi importants que défendre la vie de Notre Mère la Terre et ainsi le monde de nos petits-enfants dans l’avenir.

©Chili Yazzie

Shiprock, Diné bi Keyah

Shiprock, vers 1914


Par Duane ‘Chili’ Yazzie
Publié par Censored News
Le 28 janvier 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Il y a deux concepts de relation à la terre, l’un est la croyance que quelqu’un peut posséder la terre, par on ne sait quelle logique, avec un morceau de papier ‘prouvant’ la propriété d’une terre. Les titres, les permis et les baux sont fondés sur la loi américaine.

Les racines du gouvernement Navajo et les lois qui concernent la relation à la terre datent de 1923, quand le gouvernement fédéral nous a imposé un mode de gouvernance étranger, avec d’étranges idées de propriété de la terre. Le nouveau gouvernement a été formé afin qu’un bail puisse être donné à un pétrolier, pour développer l’exploitation de pétrole dans la région de Shiprock. Nous n’avons pas consenti à être gouvernés par ce système étranger ; il nous a été imposé.

Le vénéré Traité de 1868 a été signé avec des X par nos dirigeants Tribaux, afin que les gens puissent rentrer chez eux [Voir l’histoire de la déportation des Navajos, de 1864 à 1868 – NdT]. On se demandera toujours si nos Chefs connaissaient et comprenaient la langue et les buts du Traité. Toutefois, le Traité a été signé, et l’imposition de concepts étrangers de relation avec la terre, est venue avec. Nos ancêtres étaient perplexes, se demandant comment quelqu’un pouvait être propriétaire d’une terre avec des limites physiques.

En 1848, l’Espagne a été repoussée vers l’intérieur du Mexique, cédant des terres qu’elle avait réclamées, du sud-ouest des Etats-Unis au nord-ouest. Comment l’Espagne en était-elle arrivée à penser qu’elle était ‘propriétaire’ de toutes ces terres ? En 1493, après que Colomb soit retourné en Espagne, le Pape a fait cadeau à l’Espagne de toute l’Hémisphère Ouest. Ceci autorisait et « rendait légal » la Grande Intrusion et la Doctrine de la Découverte. La loi américaine moderne continue certains principes de la Doctrine de la Découverte, et ainsi, la valide. À quel point tout ceci peut être légal ou moral, si nous, les propriétaires d’origine, n’avions rien à dire ? Dans ce contexte étranger de relation à la terre, la terre nous a été volée.

L’autre concept est l’Appartenance à la Terre, qui est enraciné dans nos commencement aborigènes ; nous avons été faits comme enfant de notre Mère la Terre et du Père Grand Créateur ; cette relation intrinsèque reste une réalité sacrée et spirituelle. Dans cette conception, la terre n’est pas une marchandise qui peut être ‘possédée’. Notre concept, c’est l’appartenance ; ‘nous appartenons à la Terre et la Terre nous appartient’, comme une mère et un enfant appartiennent l’un à l’autre. Ce lien, cette réalité, ne peuvent être brisés ou changés, quelque soient les circonstances. Les enfants volés, dans notre histoire Autochtone, appartenaient toujours à leur mère de naissance, quelque soient les centaines de kilomètres où ils avaient été conduits, les enfants et leurs mères s’appartiennent, pour toujours.

La réalité de, nous appartenons à notre Mère la Terre et la Terre Mère nous appartient, n’est pas changée par la loi Navajo ou américaine. Ce n’est pas possible. C’est notre conception, notre croyance. La personne ou le gouvernement qui pense autrement et agit pour s’introduire dans cette relation et blesser notre Mère la Terre, a tort. Nous, les Protecteurs de l’Eau et les Défenseurs de la Terre n’avons pas tort quand nous défendons notre Mère la Terre. Notre position est absolue.

©chiliyazzie

 



Publié par Censored News
Le 24 janvier 2023
Photos Tó Nizhóní Ání

Des Diné [Navajos] ont marché jusqu’au siège du Conseil de la Nation Navajo, pour transmettre un message fort : ‘Pas de Fracturation pour de l’Hélium’, afin de défendre les terres sacrées.

Des membres des communautés locales et impactées par l’extraction de ressources, ont marché jusqu’à la Chambre du Conseil de la Nation Navajo, pour la première Session Législative d’Hiver 2023. Les Diné ont exprimé leurs inquiétudes au 25e Conseil de la Nation Navajo, à propos de l’extraction de ressources présente et à venir dans la Nation Navajo. Ils ont envoyé un message clair : « Nous, les Gens, ne serons pas oubliés. Protégez Diné Bikéyah (les Terres des Gens) ».

Photo Roberto Nutlouis

Arlyssa Becenti, du quotidien Arizona Central, écrit qu’à son dernier jour en poste, le Président de la Nation Navajo Jonathan Nez avait mis son véto contre une résolution qui aurait approuvé des accords de location entre la Nation Navajo et Navajo Oil and Gas pour chercher de l’hélium près de deux communautés. Le Conseil de la Nation Navajo avait approuvé la mesure, malgré les inquiétudes concernant la menace de contamination de l’eau et l’héritage de mines d’uranium abandonnées. La loi aurait autorisé Navajo Oil and Gas Co. à avoir un accord de location pour chercher de l’hélium dans le Tohachee Wash, près de Teec Nos Pos, et à Beautiful Mountain et Porcupine Dome, près de Sanostee.




Promu première vitrine d’Art Amérindien, le Heard Museum abritait des restes d’ancêtres d’Autochtones. L’un des membres de son conseil d’administration a travaillé pour les compagnies les plus combattues en pays Indien, pour violation des droits humains et des sites sacrés

Par Brenda Norrell
Censored News
27 janvier 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

PHOENIX, Arizona – Le Heard Museum, promu première vitrine d’Art Amérindien, abritait des restes d’Autochtones, entre autres des O’odham locaux, des Hopis voisins, et d’ancêtres de lieux aussi éloignés que l’Oklahoma.

Seulement 46% des 200 objets funéraires que possède le Heard sont à la disposition des tribus pour être rendus, selon de nouvelles données publiées par Pro Publica et NBC News.

De plus, l’un des membres du conseil d’administration du Heard a passé sa vie à travailler pour les compagnies d’énergie les plus combattues en pays Indien. Ces entreprises sont responsables d’innombrables dégâts sur des sites sacrés et pour l’eau, et des violations des droits humains résultant du déplacement forcé et de la misère.

Ofelia Rivas, une Ancienne Tohono O’odham qui a passé sa vie à se battre pour les droits humains, dit qu’à la racine il y a le racisme et une fierté morbide. Mais il s’agit toujours d’argent.

« Le Heard est comme tous les autres, le Smithonian et les universités, qui déforment toujours la réalité et essaient de se justifier pour leur racisme et leur supériorité de race blanche, qui violent l’éthique des droits humains, pour se faire de l’argent » dit Ofelia Rivas.

« L’Amérique et les collectionneurs internationaux mettent une fierté morbide à exhiber des restes humains et des objets sacrés. Ils ne pourront jamais conquérir l’essence sacrée de ces gens et de ces objets. »

Le Heard Museum abritait des restes d’ancêtres. Ces ancêtres ont été mis à la disposition de 19 Nations Autochtones.

La Communauté Indienne Pima-Maricopa de la Réserve de Salt River, Arizona ; la communauté Indienne Ak-Chin ; La Communauté Indienne de Gila River, Arizona ; la Nation Tohono O’odham, Arizona ; la Tribu Hopi d’Arizona ; la Tribu Zuni de la Réserve Zuni, Nouveau-Mexique ; la Tribu Havasupai, de la Réserve Havasupai, Arizona ; la Tribu Indienne Hualapai, de la Réserve Indienne Hualapai, Arizona ; les Tribus Cheyenne et Arapaho, Oklahoma ; la Nation Yavapai de Fort McDowell, Arizona ; la Nation Yavapai-Apache de la Réserve Indienne de Camp Verde, Arizona ; la Tribu Indienne Yavapai-Prescott ; la Tribu Cocopah d’Arizona ; les Tribus Indiennes du Fleuve Colorado, de la Réserve Indienne du Fleuve Colorado, Arizona et Californie ; la Tribu Indienne de Fort Mojave d’Arizona, de Californie et du Nevada ; la Tribu Miami d’Oklahoma ; les Pueblos Acoma, Nouveau-Mexique ; les Pueblos Laguna, Nouveau-Mexique ; la Tribu Quechan de la Réserve Indienne de Fort Yuma, Californie et Arizona.

Un membre du conseil d’administration du Heard travaillait pour les compagnies d’énergie les plus combattues en pays Indien

Parmi les membres du conseil d’administration du Heard, il y a Greg Boyce, qui a passé sa vie à travailler pour beaucoup des compagnies les plus combattues en pays Indien, entre autres Peabody Coal, Rio Tinto Energy, Newmont Mining et Monsanto.

Les mines de charbon de Peabody Coal ont conduit à des décennies de malheur et de déplacement forcé pour les Diné [Navajos], dévasté des sites sacrés, épuisé la nappe phréatique et empoisonné les cours d’eau. Maintenant, Rio Tinto vise le site cérémoniel Apache d’Oak Flat pour extraire du cuivre. Rio Tinto a publié son propre rapport sur le taux élevé d’agressions sexuelles autour de ses mines en Australie et en Afrique du Sud.

Newmont Mining a dévasté l’eau et les sites sacrés des Shoshone de l’Ouest. Newmont a causé des protestations d’Autochtones au Pérou, au Ghana, en Indonésie et en Australie à cause de la pollution et des dégâts.

Monsanto est le producteur de graines modifiées génétiquement qui ont dévasté les cultures traditionnelles. La Marche contre Monsanto a eu lieu dans 52 pays.

[…]

La Fondation du l’Université d’Arizona à Tucson a accepté 2,5 millions de dollars de dons de Boyce et fait l’éloge de sa carrière et de l’extraction de cuivre à grande échelle en Arizona, sans parler de la destruction à grande échelle de la terre et de l’eau. « Aujourd’hui, l’Arizona produit les trois quarts du cuivre de la nation et est le sixième producteur de cuivre du monde. »

Des salaires énormes pour les principaux membres du conseil d’administration du Heard

Les trois principaux dirigeants du Heard Museum ont reçu plus d’un demi-million de dollars de salaires, le PDG recevant un salaire annuel de plus de 264000 dollars. 2,9 millions ont été payé pour d’autres salaires. Au total, leurs revenus de 2020 ont atteint presque 10 millions de dollars.
Cependant, le Heard Museum prétend honorer et reconnaitre le territoire Akimel O’odham.

La Déclaration :

« Le Heard Museum reconnait que la terre sur laquelle cette institution se trouve depuis 1929, est à l’intérieur du Jeved O’odham, que les Akimel O’odham considèrent comme leur pays depuis des temps immémoriaux. Malgré l’annexation du territoire par la Nouvelle Espagne, la République du Mexique, et les Etats-Unis, qui en assument le contrôle depuis l’Achat Gadsden de 1854, les Akimel O’odham ont toujours affirmé que cette terre est la-leur, comme il est raconté dans leur Histoire de la Création, là où Jeved Ma: Kai, Docteur Terre, a fait cet endroit. Aujourd’hui, les Akimel O’odham font partie des Quatre Tribus du Sud de l’Arizona, une coalition qui comprend la Communauté Indienne de Gila River, la Communauté Indienne Pima-Maricopa de Salt River, la Communauté Ak-Chin, et la Nation Tohono O’odham. »

Des milliers de restes d’ancêtres O’odham ont été cachés dans les musées, les universités et les bâtiments gouvernementaux d’Arizona.

Le musée de l’Université d’Arizona à Tucson, et les ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur des États-Unis ont caché la plupart des reliques de la Communauté Indienne de Gila River, au sud de Phoenix.

Loi de Protection et de Rapatriement des Tombes Autochtones

La Loi de Protection et de Rapatriement – NAGPRA – de 1990, a établi des peines pour ceux qui vendent utilisent ou transportent des restes humains Autochtones.

[…]

La Loi – NAGPRA – institue des peines pour les violations criminelles et civiles.

Provisions criminelles : Une personne qui commet sciemment l’un des délits suivants pourrait être puni de prison, d’une amende ou des deux : 1. Ventes, achats, utilisation pour du profit ou transport pour vente ou profit des restes humain d’un Autochtone. 2. Ventes, achats, utilisation pour du profit ou transport pour vente ou profit de tout objet culturel Autochtone obtenu en violation de la NAGPRA.

Vengeons Tortuguita !
[Manuel Esteban Paez Terán]
Par Indigenous Action Media
Pas de Justice sur des Terres Volées !
Abolissons l’état policier colonial !
Vengeons Tort !
Attaquons. Flic-Ville est partout !

Quand nous résistons à la marchandisation et la destruction de Notre Mère la Terre, nous continuons la résistance Autochtone à plus de 500 ans de violence coloniale. Les maitres coloniaux continuent à assassiner la terre, l’eau et les défenseurs de la forêt. Respectez l’existence ou attendez-vous à la résistance.

Posters imprimables sur le site d’Indigenous Action : www.indigenousaction.org

« La Ville d’Atlanta a loué plus de 150 hectares de la Forêt Weelaunee, sur un territoire Muscogee volé, à la Police d’Atlanta pour un terrain militaire pour la police, financé par des grandes entreprises privées.

Flic-Ville ne sera jamais construite. »
#StopCopCity #DefendWeelaunee

Écrasons l’état policier colonial de peuplement et de ressources.

#acab #ftp

Jeudi 5 janvier, une coalition d’opposants à un projet de mine de lithium dans le Nevada, devaient plaider au tribunal de Reno l’illégalité du projet. Le même jour, des soutiens ont manifesté dans les rues de Reno. La décision du tribunal ne sera connue que dans quelques mois. En principe, cela aurait dû bloquer le projet jusqu’à la décision, mais la compagnie a déjà commencé à détruire le paysage : le 8 janvier, Max Wilbert a constaté que les bulldozers avaient déjà commencé, illégalement. Deux jours avant la session du tribunal et la manifestation à Reno, Protect Thacker Pass avait publié un communiqué de presse qui expliquait la position des opposants et les dégâts que la mine pourrait causer. Communiqué de Presse 3 janvier 2023 Contacts: John Hadder, Great Basin Resource Watch Kevin Emmerich, Basin and Range Watch Katie Fite, Wildlands Defense Greta Anderson, Western Watersheds Project Des Groupes de Conservation et de Responsabilité Publique devaient plaider l’illégalité du projet de mine de lithium à Thacker Pass (Nevada) RENO, Nevada – Jeudi 5 janvier 2023, une coalition de groupes de conservation et de responsabilité publique, des Tribus et un fermier de Thacker Pass, présenteront des arguments oraux en opposition à la Déclaration Finale d’Impact Environnemental et au Registre de Décision du District du Nevada, et attaquant l’approbation par le Bureau de Gestion du Territoire de la Mine de Lithium de Thacker Pass. Le processus a été accéléré par le gouvernement Trump et a terminé son examen environnemental en moins d’un an, en dépit de l’énorme impact environnemental sur les 7000 hectares de terres publiques qui seraient affectées par l’opération. Les plaignants citeront les violations de lois fédérales par le Bureau, entre autres la Loi de Politique Environnementale Nationale et la Loi Fédérale de Politique et de Gestion du Territoire, lorsqu’il a approuvé les Plans d’Opération de la Mine de Lithium de Thacker Pass, le 15 janvier 2021. Thacker Pass est d’une importance vitale pour la vie sauvage, parce qu’il relie les Montagnes Double H aux Montagnes Montana. Le col constitue aussi un habitat de basse altitude dont la vie sauvage a besoin pour survivre en hiver. Ça va éliminer des milliers d’hectares d’habitat des plus importants pour les tétras des armoises [une variété de grouses], et deux couloirs de migration pour les antilopes à longues cornes. Les aigles royaux qui font leurs nids dans les falaises proches, y trouvent de quoi nourrir leurs petits. Les sources locales sont le seul endroit dans le monde où le pyrg, une sorte rare d’escargots d’eau, vit encore. Il y a d’autres espèces menacées par la mine de Thacker Pass, sur la liste de la Loi sur les Espèces menacées, comme la truite fardée Lahontan, le mouflon d’Amérique et les lapins pygmées. « Le paysage des Montagnes Montana sont depuis longtemps considérées comme zone vitale pour la protection de la biodiversité dans le Nevada » dit Katie Fite, Directrice des Terres Publiques pour la Défense des Terres Sauvages. « Avec les terres sauvages de l’Oregon voisin, elles constituent l’un des derniers grands blocs d’armoise préservés du développement. Des lapins pygmées, des oiseaux migrateurs et autre vie sauvage ont déjà subi un coup dur à cause d’un incendie, il y a une décennie et l’habitat n’est pas encore reconstitué. Maintenant, cette méga-mine va oblitérer le reste vital d’armoise. L’empreinte régionale de la mine va porter un coup fatal aux espèces sauvages qui luttent pour survivre et causera un nouveau déclin. » Les plaignants feront valoir aussi que le BLM n’a pas fait son devoir de protéger les ressources publiques en autorisant une min qui sera une source de pollution des eaux souterraines pour au moins 300 ans et en n’exigeant pas d’assurances de financement à long terme. « La permission irresponsable de la mine de lithium de Thacker Pass constitue un mauvais précédent pour la Transition Energétique. » dit John Hadder, Directeur de la Surveillance des Ressources du Grand Bassin. « Nous nous trouvons maintenant dans une situation dans laquelle le BLM a précipité, avant l’état du Nevada, la procédure d’autorisation, avec comme résultat un permis fédéral qui autorise la contamination de l’eau souterraine par le puits de mine, qui avait été rejetée par l’état du Nevada. » Le Bureau de Gestion du Territoire [BLM] doit gérer Thacker Pass et les montagnes de passage pour préserver l’habitat essentiel de la grouse d’armoise, l’armoise ancienne, les nids d’aigles royaux, les escargots d’eau locaux et autre vie sauvage » dit Kevin Emmerich, Cofondateur de la Surveillance du Bassin et de la Chaîne. « Le panorama unique et les cieux sombres devraient être gérés de façon à préserver le caractère existant du paysage. Le puits ouvert, les déchets de roches, le bruit et l’utilisation d’eau nécessaire à la Mine de Lithium de Thacker Pass causeraient des dégâts irréparables à ce qui reste de bastion pour la vie sauvage locale, et le panorama serait saccagé pour toujours. » « Nous avons besoin d’une énergie intelligente pour le futur, qui fait la transition des carburants fossiles vers du renouvelable, sans sacrifier des espèces rares, » dit Greta Anderson, sous-directrice du Projet des Bassins Aquifères de l’Ouest. « Nous ne pouvons pas résoudre la crise climatique en accentuant la crise de la biodiversité. » L’extractivisme moderne à grande échelle est très destructeur des écosystèmes naturels et préjudiciable pour les communautés proches. Le Panel International des Ressources des Nations Unies estime que « 90% de la perte de biodiversité et de la crise de l’eau sont causés par l’extraction et le traitement des ressources. » Et le Panel note aussi qu’ « Annuellement, l’extraction de métaux et de minéraux a augmenté de façon significative, de 11,6 milliards de tonnes en 1970 à 53,1 milliards de tonnes en 2017, causant 20% des impacts climatiques. » C’est pourquoi il est essentiel que l’examen d’opérations minières soit fait avec soin, judicieusement, et de manière à permettre que toutes les conséquences du projet de mine soient complètement explorées et solutionnées. Il n’y a jamais de temps pour ‘expédier’ l’autorisation d’une mine, même pour du lithium et autres métaux de « transition énergétique ». Accélérer est un pas en arrière, qui fera accepter des projets de mine incomplètement analysés qui permettront sans nécessité des dégâts pour l’environnement et s’effectueront en passant sur les inquiétudes des communautés directement affectées. La procédure d’autorisation du projet de mine de lithium à Thacker Pass sert d’exemple de ce qu’il ne faut pas faire et a donc provoqué ces poursuites. Selon les Plans d’Opération de la Corporation Lithium Nevada, la mine impliquerait :
  • Excavation d’un grand puits à ciel ouvert long d’environ 3,7 km et au plus large de 800 m.
  • Extraction de 17, 2 millions de tonnes de roche et de minerai par an (phase 2)
  • La perturbation directe de 2300 hectares de surface (le projet total serait de 7260 hectares)
  • Une usine d’acide sulfurique sur place – 5800 tonnes d’acide par jour pendant la phase 2
  • Pomperait jusqu’à 6,4 milliards de litres d’eau par an
  • Durée estimée de 41 ans et 5 ans de réparation
Les avocats de Western Mining Project et Western Watersheds Project représentent Western Watersheds Project, Great Basin Resource Watch, Basin and Range Watch, et Wildlands Defense. Western Watersheds Project – Projet des Bassins Aquifères de l’Ouest – est une organisation à but non lucratif d’intérêt publique qui travaille avec les communautés pour protéger leur santé, leur sol, leur air, leur eau et la vie sauvage du Grand Bassin des effets négatifs de l’extractivisme. Basin and Range Watch est une association à but non lucrative selon 501(c)(3) qui s’efforce de préserver les déserts du Nevada et de Californie et d’informer le public de la diversité de vie, de culture, et d’histoire des écosystèmes et des terres sauvages du désert. Wildlands Defense s’inspire et soutient la préservation des terres sauvages, de la vie sauvage et de la biodiversité dans l’Ouest [au cinéma, Far West]. *Le Pyrg de Kings River est une espèce vitalement menacée d’escargots d’eau, connue seulement dans 13 sources isolées de Thacker Pass. Une mine de lithium assurer sans aucun doute la perte de cette espèce pour toujours.



Le Journaliste Paiute Myron Dewey a passé les dernières heures de sa vie à essayer de l’empêcher. Maintenant, le Président Biden et le Congrès des Etats-Unis ont autorisé l’expansion du champ de tir de Fallon [Voir carte plus bas]. Bombardements, tirs à balles réelles et guerre électronique controversée vont s’étendre sur les terres d’origine des Paiutes et des Shoshone.

Myron Dewey a été tué dans un accident de la route douteux. Sa fille se bat toujours pour connaitre la vérité.

Par Brenda Norrell
Censored News
16 janvier 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

FALLON, TERRITOIRE PAIUTE SHOSHONE – Quand Myron Dewey filmait en direct du champ de tir de Fallon, la veille de sa mort, il faisait ce qu’il faisait le mieux, ce qu’il avait fait à Standing Rock. Mais cette fois, Myron défendait sa terre, la terre de Wovoka [leader spirituel Paiute, né vers 1856 et décédé en 1932], qui, comme Myron, vivait dans le territoire Paiute de Walker River.

« Protégez vos esprits, parce que vous êtes dans un lieu où les esprits sont dévorés » disait John Trudell, dont la femme et les enfants ont péri dans l’incendie d’une maison de Duck Valley pendant que John manifestait à Washington.

Myron s’opposait à l’expansion du champ de tir de Fallon, sur des terres Paiutes et Shoshones, et à la machine de guerre dans le Nevada. Bombardements, tirs de combat réels et guerre électronique y sont menés par les opérations spéciales des Navy Seals.

L’accès aux sites de guerre électronique des Navy Seals est restreint […].

« Génocide » est le mot que Myron employait dans son dernier reportage en direct du champ de tir de Fallon. Le lendemain, un camion a heurté sa voiture de front, sur une piste isolée, près de sa maison familiale, près de Yomba, dans le Nevada, le 26 septembre 2021.

« Génocide » est le mot dont Myron voulait que ses petits-enfants se souviennent.

Tandis que la plupart des familles se préoccupaient des fêtes, en décembre, le Président Biden a signé la loi de dépenses de la Défense le 23 décembre. Elle autorise la saisie de terres pour étendre le champ de tir de Fallon, à quoi Myron avait passé ses dernières heures à s’opposer.

La loi de dépenses de la Défense autorise le transfert de 2260 km² de terres publiques au champ de tir et à l’usage militaire de la Station Aéronavale de Fallon, à 105 km à l’est de Reno.

La famille de Myron attend toujours que la justice lui soit rendue. La Police du Nevada et les procureurs ont attendu 10 mois pour révéler les résultats des tests sanguins du conducteur du camion. Maintenant, le conducteur, John Walsh, est accusé.

Sur les terres, les plantes, les oiseaux et les animaux attendent une autre forme de justice.

L’ex-Président Tribal des Paiutes et Shoshone de Fallon, Len George, qui s’oppose à l’expansion, dit que les pratiques de la Marine ont déjà détruit un lieu d’origine à Fox Peak.

« Nous nous opposons depuis longtemps à l’expansion, parce que ça autoriserait des bombardements sur nos terres ancestrales et priverait la Tribu d’accès à des zones essentielles pour notre culture et notre mode de vie » dit George.

« La Marine a déjà détruit notre site d’origine à Fox Peak, et bombardé notre rocher médecine le plus important, qui se trouve maintenant dans la section Bravo-20. L’expansion projetée aggrave ces blessures et menace de dégâts similaires des centaines de milliers d’hectares. »

La guerre, et des contrats de milliards de dollars avec des entreprises privées, c’est du Big Bizness. Les membres du Congrès du Nevada ont fait pression pour faire passer la Loi d’Autorisation pour la Défense Nationale, qui inclut l’expansion du champ de tir.

Le membre du Congrès Mark Amodei a présenté le projet de loi en mai 2020, sous le nom de Loi de Développement Économique du Nord du Nevada, de Conservation et de Modernisation Militaire, H.R. 6889.

[…]

Le gain pour les grandes entreprises vient sous la forme de contrats du gouvernement et implique les lobbyistes du Congrès.

[…]

Dans son dernier reportage en direct, Myron avait aussi parlé de la protection du Site Sacré d’un Massacre de Paiutes, à Thacker Pass, entretemps menacé par une mine de lithium. Dans les semaines précédant sa mort, Myron avait livré des provisions aux protecteurs de territoire qui campaient sur le site, dans le nord du Nevada.

[…]

Myron, comme Wovoka, savait que le peuple se soulèverait de nouveau.

 



Photo Neweneen Sokopa Camp

En plus d’un projet de mine de lithium dans le Nevada, sur le Site d’un massacre de Païutes, des Anciens et des personnes handicapées ont été expulsé de chez eux, dans la Colonie Indienne de Winnemucca, en plein hiver. Ils n’ont nulle part où aller. Il avait d’abord été supposé que ces expulsions avaient lieu dans le cadre du projet de mine de lithium, mais pour l’instant, le lien n’a pas été démontré.

 Christine Prat

 

Des Paiutes et des Shoshone ont été expulsés de chez eux en plein hiver, par un conseil tribal controversé, alors que beaucoup n’ont nulle part où aller. Kyle Missourii a reçu une décharge de taser et a été arrêté quand il a essayé de rentrer chez lui, et il est maintenant en prison.

Par Brenda Norrell
Censored News
Mis à jour le 17 décembre 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

WINNEMUCCA INDIAN COLONY, Nevada – Au cours d’une action particulièrement cruelle en hiver, le Conseil Tribal de Winnemucca a expulsé des Anciens Paiute et Shoshone de chez eux sans jugement, et a banni les gens de chez eux alors qu’ils n’ont nulle part où aller, dans le nord du Nevada. Les maisons et les possessions des Anciens ont été brûlées et démolies et les services coupés, selon des avocats.

« Ils vivent dans des motels, juste avant Noël, ça nous brise le cœur » dit Kyle Missourii, qui a été arrêté et tasé alors qu’il retournait chez lui, où il a grandi, dans une maison que possède sa grand-mère de 88 ans. Kyle est actuellement en prison.

La Cour Tribal de Winnemucca a tranché en faveur du Conseil Tribal controversé, sans donner aux Anciens ni aux autres résidents le bénéfice d’un procès. La Cour Tribal a ordonné que la plupart des Anciens et autres résidents quittent le vendredi 9 décembre leurs maisons, où ils vivent depuis des décennies, disent les avocats.

L’Ancien Paiute J.J. Ayer dit : « Je suis issu de sept générations d’Autochtones qui ont vécu dans la Colonie Indienne de Winnemucca. C’est mauvais de toutes manières, la plupart d’entre nous sont invalides ou âgés, sans autre foyer qu’ici, et maintenant nous sommes bannis de notre territoire. »

Les Anciens Paiute et Shoshone disent que le Conseil Tribal, dirigé par une Présidente qui ne vit pas là et a fourni des éléments incohérents affirmant être Autochtone, a fait venir une entreprise de démolition de Kingman, en Arizona, pour détruire leurs maisons.

Neweneen Sokopa Camp dit que Kyle Missourii, un résident, avait été arrêté et tasé arbitrairement en essayant de rentrer chez lui, dans la maison de sa grand-mère où il a grandi. Sa grand-mère de 88 ans vivait là depuis 40 ans.

« Il a été arrêté en rentrant chez lui, après avoir découvert que la maison de sa grand-mère avait été barricadée. »

« C’est illégal et dégoutant. Judy Rojo et son conseil bidon n’ont pas le droit d’effectuer des expulsions, encore moins d’arrêter quelqu’un pour rentrer où il a vécu depuis des générations » dit Neweneen Sokopa Camp.

Maison de la grand-mère de Kyle Missourii

Avant son arrestation, Missourii dit : « Je viens de recevoir des nouvelles aujourd’hui, qui me mettent dans une colère extrême. Ils ont de la chance que je ne sois pas à la maison en ce moment, pour des raisons familiales, mais j’y retourne demain et ils ne m’empêcheront pas d’aller à la maison de ma famille. »

« Ils commettent un crime en murant la maison de ma grand-mère sans son consentement. C’est sa résidence principale et elle est propriétaire de la maison. Ils empêchent nos ordures d’être ramassées et notre courrier d’être délivré. Quand je serai à la maison, j’enlèverai les planches et je porterai plainte officiellement. »

Au cours d’une interview à la radio, Missourii, qui vit ici depuis plus de 30 ans, dit qu’il n’avait même jamais rencontré Judy Rojo, la personne qui se fait passer pour la présidente tribale, et qui se trouve vivre en Californie. Missourii dit que les dirigeants tribaux actuels refusent de prouver qu’ils sont Autochtones.

Missourii dit qu’en même temps, ils font pression pour imposer le projet de mine de lithium à Thacker Pass, site d’un massacre de Paiutes.*

« Ça en revient toujours à l’argent » dit Missourii à la Radio Final Straw cette semaine. Il dit que la mine de lithium amènerait un camp masculin, un camp pour les travailleurs, dans la région, ce qui entrainera des violences sexuelles contre les femmes Autochtones et encore plus d’Autochtones disparus ou assassinés.

Plus tôt, Missourii avait dit que les Autochtones n’étaient pas contrôlés et manipulés par l’argent.

« La Terre prend soin de nous, et nous prenons soin d’elle. »

Missourii dit que la plupart des expulsés sont handicapés et vivent de la sécurité sociale, ou ce sont des familles avec de jeunes enfants. Dans certains cas, les possessions des gens avaient été jetées au sol.

La police du Bureau des Affaires Indiennes (BIA) empêche les gens d’aller à leurs maisons. Les Anciens sont maintenant forcés de loger dans des hôtels, ce qui est trop cher.

Avant d’être tasé et arrêté, Missourii avait écrit :

« Alors, j’ai essayé d’imaginer ce qui serait la meilleure façon d’exprimer ce qui se passe actuellement. Comme je l’avais indiqué dans le passé, les Résidents de la Colonie Indienne de Winnemucca sont engagés dans une bataille légale contre des gens qui ne sont pas de l’état [du Nevada], prétendant être des Autochtones, mais qui ont refusé d’en donner des preuves au cours de toute la bataille légale.

« Ils prétendent que les résidents sont des intrus, qu’ils n’appartiennent pas à la Colonie et ils nous disent de retourner dans notre propre réserve. J’ai le sentiment qu’une personne Autochtone n’emploierait jamais de tels mots pour s’adresser à une autre. Ça me rappelle la phrase d’un raciste disant à quelqu’un d’autre de retourner dans son pays. Ce faux Conseil a utilisé des fonds fédéraux habituellement utilisés pour aider les Autochtones à se construire une vie meilleure, mais là, ces fonds ont été utilisés pour détruire et harceler des résidents âgés.

« Ils prétendent que les résidents sont des intrus, qu’ils n’appartiennent pas à la Colonie et ils nous disent de retourner dans notre propre réserve. J’ai le sentiment qu’une personne Autochtone n’emploierait jamais de tels mots pour s’adresser à une autre. Ça me rappelle la phrase d’un raciste disant à quelqu’un d’autre de retourner dans son pays. Ce faux Conseil a utilisé des fonds fédéraux habituellement utilisés pour aider les Autochtones à se construire une vie meilleure, mais là, ces fonds ont été utilisés pour détruire et harceler des résidents âgés.

« Maintenant, ils ont un ordre de la Cour disant que les résidents d’ici doivent être partis le vendredi 9 décembre à 16h, et que si nous ne sommes pas partis, nous sommes menacés d’arrestation.

« Ils nous ont aussi imposé une amende de 100 dollars par jour, depuis décembre ça fait en gros 36 000 dollars, et un bannissement de 10 ans de la Colonie. Beaucoup de membres sont âgés et n’ont nulle part où aller, certains ne survivent que de la sécurité sociale et s’occupent de jeunes enfants. C’est l’époque de l’année où les gens se préparent pour les vacances et pour passer du temps avec leurs proches.

« Les résidents sont effrayés et se demandent ce qu’il va arriver. Une vie construite ici depuis des décennies est menacée par des gens qui ne montrent aucun respect pour les droits humains. C’est un cas de Colonisation. Ce sont des non-Autochtones qui chassent des Autochtones d’un territoire Autochtone. Je refuse d’abandonner et je continuerai ce combat, même si ça me conduit en prison pour un moment, pour avoir combattu pour rester chez moi, où j’ai été élevé dans une maison pour laquelle ma grand-mère a travaillé des années pour la payer […].

« Je suis un des derniers enfants qu’elle a logés et je ne partirai pas, quelque soient les conséquences. […]»

La Cour d’Appel Intertribale a entendu l’affaire jeudi pour stopper les expulsions

Le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau dit : « Jeudi 15 décembre 2022, le conseil a discuté d’un gel d’urgence des ordres d’expulsion et de bannissement, en plus d’une demande officielle de visiter le site, demandant que les juges visitent la Colonie pour voir eux-mêmes les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les Anciens et les autres Résidents.

[…]

Tandis que les Anciens avaient l’ordre de quitter leurs maisons, une motion d’urgence pour geler l’ordre et un appel ont été déposé au tribunal. Ils ont été déposés par Sandra Freeman, avocate membre du Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau, représentant l’Ancien J.J. Ayer, et les motions et appel ont également été déposés par les Services Légaux du Nevada pour les résidents et les Anciens qu’ils représentent.

La Cour d’Appel Intertribale du Nevada n’avait pas encore communiqué de décision vendredi 16.

* Pour le moment, il ne semble pas que les expulsions aient un lien avec le projet de mine de lithium.

Sandra Freeman, pour le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau, Alexandra Rawlings, Avocate pour les Services Légaux du Nevada, le Projet Légal Autochtone et le Projet des Travailleurs Agricoles ont fait une déclaration :

Vendredi 2 décembre 2022, la Cour Tribale de Winnemucca a expulsé des Anciens et d’autres Résidents (certains non représentés) sans procès, a banni plusieurs personnes, et décidé en faveur du Conseil Tribal actuel controversé, sans accorder aux Anciens et aux Résidents le bénéfice d’un procès. La Cour Tribale a ordonné à la plupart des Anciens et Résidents de quitter les maisons où ils vivent depuis des décennies, vendredi 9 décembre 2022. Une motion d’urgence de gel et un appel ont été déposés par Sandra Freeman, pour le Collectif Légal des Protecteurs de l’Eau (WPLC), représentant l’Ancien J.J. Ayer et des motions de gel et d’appel ont été déposés par Les Services Légaux du Nevada (NLS) pour les Anciens et Résidents qu’ils représentent.

[…]

En quelques heures, durant l’audience du 9 décembre, le BIA et les agents de sécurité/construction de l’entreprise ont érigé une clôture de barbelés et barricadé l’entrée de la Colonie. Les Anciens et les Résidents (même ceux qui n’ont pas eu d’ordre d’expulsion ou de bannissement) et le public, doivent maintenant passer par un contrôle de sécurité militaire pour entrer dans la Colonie, et tous sont confrontés à la répression de la liberté d’expression et à des restrictions de la liberté d’association sur ordre de la sécurité privée. Des Anciens handicapés restés dans leurs maisons n’ont pas accès à l’aide médicale, ou à la livraison de repas, parce qu’il est interdit au public d’entrer, et la liberté de mouvement est limitée. La situation évolue rapidement et des aides juridiques supplémentaires sont nécessaires pour les Résidents non-représentés qui ont été expulsés/bannis sans jugement, et pour s’occuper des violations continuelles des droits civils des Anciens, des Résidents et des gens qui les soutiennent.