Par Indigenous Action Media
30 juin 2022
Traduction française Christine Prat

Nous ne sommes pas surpris des décisions prises au nom de la « justice » par ceux qui déterminent la Loi « suprême » de l’ordre social colonial. Quelle justice peut-on attendre des tribunaux du colonisateur, qui sont englués dans la suprématie blanche et le cis-hétéro-patriarcat ?

Nous sommes contre les colonisateurs et leurs lois qui dictent ce qui peut et ne peut pas se faire avec les corps qui donnent la vie.

Alors qu’il y a tellement de ressources liées aux organisations à but non-lucratif et aux organisations libérales ou avant-gardistes merdiques, nous encourageons l’organisation décentralisée, autonome et militante dans l’esprit de nos parentes féministes queer au prétendu « Mexique », qui se sont violemment insurgées en réponse au féminicide, à la violence sexuelle, et quand leur liberté reproductive a été menacée. En contraste avec la réaction libérale prévisible de « voter plus efficace », les militantes autonomes au « Mexique » ont mis l’Etat à genoux par l’indignation et le conflit.

Les groupes non-lucratifs et spécialisés, ici, aux Etats-Unis occupés, continuent de consolider leurs ressources et de tirer du pouvoir de nos communautés. Ils parlent d’autonomie du corps tout en renforçant le pouvoir colonial, et en oubliant que nous proclamons aussi que la violence contre la terre est de la violence contre nos corps et que nous combattons pour la libération totale. Nous le voyons dans la marchandisation et la compartimentalisation de l’aide mutuelle, alors que les soins collectifs et l’accès aux médicaments et aux ressources devraient être disponibles pour tous ceux qui en ont besoin. Comme Janes Revenge le déclare, « Notre recours maintenant, c’est de nous défendre nous-mêmes et de construire des communautés d’aide mutuelle solides et bienveillantes, afin de pouvoir nous guérir nous-mêmes sans avoir besoin de l’industrie médicale ni d’aucun autre intermédiaire. » Nous ne laisserons pas le savoir et les pratiques sacrés de la liberté de reproduction être déterminés par la loi coloniale.

Beaucoup de Peuples Autochtones ont conservé le savoir et les soins traditionnels pour des naissances et des avortements sans danger. C’est une occasion de nous reconnecter radicalement et partager le savoir ancestral pour la liberté de reproduction.

Nos corps sont des forces de la nature ingouvernables. Ecraser le cis-hétéro-patriarcat est une cérémonie.

 

 


Par Indigenous Action,
Automne 2021
Publié le 7 novembre 2021
Traduction Christine Prat

Le réchauffement climatique est une conséquence directe de la guerre contre Notre Mère la Terre.

À moins d’affronter les idéologies et les structures fondamentales qui précipitent cette crise et les liquider, nous nous condamnons, nous et les générations futures, à la non-existence. Les grandes corporations à but non-lucratif « Super Vertes » et les organisations soi-disant non-gouvernementales (y compris Autochtones) ont posé les conditions de contestation et de triage de cette crise de telle manière que, à travers les proclamations de prévoyance supposant montrer un meilleur futur devant nous, elles se manifestent comme un bref mirage superficiel qui nous renvoie l’image inévitable de notre propre extinction, ou d’une existence dans un paysage d’enfer désolé et décimé. Mais que peut-on attendre d’autre d’une série de tactiques systématisées qui ne nous font que tourner en rond ?

Contrastant avec la crise vraiment léthale, existentielle, à laquelle toute la terre et les espèces qui en dépendent sont confrontées, les tactiques actuelle de la Désobéissance Civile Non-Violente échouent précisément parce que ceux qui les emploient se méprennent systématiquement sur l’urgence de la catastrophe à l’horizon, et adoptent la sécurité de demi-mesures, dans leur prise de position, leurs tactiques, leurs analyses, leur stratégie et leurs structures, comme « protestation » qui se manifeste matériellement comme une acquiescence enjolivée, sous la forme toujours plus symbolique de manifestations et d’aventures, dans la zone de confort politique d’une marche vers une catharsis, come si ça allait empêcher les glaciers de fondre et des espèces entières de disparaitre. Cette vaine attitude de soi-disant « protection », « préservation » et d’accumulation de « pouvoir politique » (lobby) sert au contraire à renforcer l’état et son monopole de la violence, au lieu de les défier. On ne peut que supposer une psychologie derrière cet épuisement créatif et cet aveuglement conceptuel, ou plus simplement une réticence née de la peur d’être taxé d’ « alarmisme » ou d’être « trop radical ». Alors que presque tout le Mouvement Environnemental Néo-libéral pour la Justice Climatique (et on ne peut douter qu’il est « Néo-libéral » sauf à penser que le Capitalisme Vert et l’économie Verte signifient autre chose ?), a sonné l’alarme de la nécessité absolue d’un changement radical. Dans notre cas, en tant que Peuple Autochtone, nous avons sonné l’alarme depuis avant C. Colomb, entre nous, et pour les colons envahisseurs, en leur rappelant qu’on ne peut pas manger de l’argent.

Les tactiques du Mouvement pour la Justice Climatique sont limitées dans la mesure où elles sont exprimées fondamentalement comme une forme de lobbying agressif (aux niveaux National et International). Mais on ne peut pas s’attendre à beaucoup plus, quand elles produisent des stratégies visant à limiter les dégâts, par des réformes politiques et économiques, destinées aux gens, aux forces, aux pouvoirs, aux intérêts et aux institutions mêmes qui ont créé cette crise au départ. Bien que les apparences de problèmes systémiques comme le capitalisme et le colonialisme puissent être exprimées dans des communiqués de presse et écrites sur des banderoles dans les rues, les buts stratégiques qui les sous-tendent reposent sur la reconfiguration de l’ordre social dominant, vers un état-nation orienté plus écologiquement, conscient de l’environnement, contre la force totalisante et globale que sont le Capitalisme et le Colonialisme. « Une transition juste » est une stratégie de rédemption économique pour continuer à préserver des voies qui sont intrinsèquement non-durables ; on ne peut pas chasser le Colonialisme et le Capitalisme par du Lobbying, quels que soient les efforts qu’on fasse.

Le « New Deal Vert », comme sa parente l’ « Économie Verte », ont pour but de maintenir le projet colonial des Etats-Unis, et les relations capitalistes dont les intérêts reposent sur la spécificité de l’ « exploitation » (destruction) continuelle de la Terre entière – en empochant des bénéfices, bien sûr. Dans le cas du New Deal Vert, qui à bien des égards a conçu son propre enfant, le New Deal Rouge, qui, en plus de plagier, diriger et coopter le travail à long terme de Justice Climatique Autochtone – le « New Deal Rouge » de la Nation Rouge, donc, propose une réaction anticapitaliste et  anticoloniale dramatiquement limitée, qui non seulement renforce l’industrialisation mais conduit finalement à une participation continue au Capitalisme lui-même, seulement « renommé » et « réformé », sous une Rubrique Socialiste « transitionnelle », qui conduit aux propositions de leur organisation Marxiste d’un état autoritaire « décolonisé », géré par les travailleurs, comme meilleure solution. Ainsi, tandis que nous mourons collectivement de l’air que nous ne pouvons pas respirer, de l’eau que nous ne pouvons pas boire – ou qui ont atteint un prix inabordable – ici et maintenant, nous sommes supposés attendre la construction d’une Utopie Socialiste de plus. Une utopie construite sur l’actuelle dystopie de déserts qui s’étendent et de catastrophes climatiques sur tous les continents. Du pouvoir nucléaire mortel au lithium et à l’extraction minière de terres rares, et à la privatisation de l’eau, les versions plus vertes de toute économie sont toujours la guerre contre Notre Mère la Terre et toute existence. Mais oui, pour sûr nous « pouvons programmer transitionnellement » notre sortie de tout cela, pas vous. Ce n’est pas une solution, même pas une intervention, encore moins une interdiction, dans ou sur le Capitalisme de Catastrophe Globale, c’est une pensée fantaisiste de groupe. C’est une mort par suicide accélérée.

NOUS NE VOULONS PAS D’UN ÉTAT COLONIAL FAVORABLE À L’ENVIRONNEMENT, NOUS CHERCHONS À ABOLIR SON EXISTENCE MÊME.

L’avant-garde des groupes de justice climatique Autochtones font du prosélytisme avec le récit de leur propre victimisation, dans des termes qui accroissent les fonds accordés à leurs corporations à but non-lucratif pour payer leurs salaires excessifs et des actions de protestation pour le climat, c’est-à dire des coups de Relations Publiques, avec une équipe juridique en réserve. Ceci pendant qu’ils rivalisent pour être sous les projecteurs et manifestent avec des célébrités pour obtenir une reconnaissance organisationnelle et une homogénéité de but populaire, sans parler de la standardisation de la stagnation tactique et stratégique.

L’assertion que nous protégeons 80% de la biosphère mondiale est devenue une variante de l’idée coloniale du « fardeau de l’homme Blanc », ici simplement changé en « fardeau du colonisé ». C’est la logique coloniale distordue de l’activisme climatique : réduire nos manières d’être et nos luttes continuelles complexes à des points de discussion, seulement pour prouver que nous méritons « un siège à la table », c’est le « Changement » par l’arithmétique, en se vendant mieux, en se labélisant et en faisant sa publicité. Par la cérémonie, et une myriade d’actions directes tactiquement dynamiques, nous protégeons toute l’existence – pas seulement des pourcentages. Notre pouvoir ne se trouve pas à la table du colonisateur, il se trouve et se rallume dans les flammes qui le consument.

En calculant que la résistance Autochtone à 20 projets de carburants fossiles a « stoppé ou retardé » des émissions de carbone équivalent approximativement à 25% des émissions annuelles des Etats-Unis et du KKKanada, les activistes climatiques révèlent le pouvoir de l’action directe, cependant ils assignent à leurs campagnes plus de crédit qu’elles n’en méritent. En particulier, en citant les pertes importantes causées à des projets comme le DAPL ou la Ligne 3 dans leurs rapports, les statistiques tendent à créer un climat d’optimisme illusoire, que nous considérons comme une voie pleine de danger et de mort. Si nous ne sommes pas honnêtes à propos des échecs de nos mouvements, à quoi sert de varier les tactiques, et, ce qui est plus important, l’ajustement de notre stratégie totale pour encore un changement de plus des statistiques ? Ça ressemble à un argumentaire de vente malhonnête et laisse de côté les discussions importantes de ce qui marche effectivement pour arrêter la catastrophe climatique. Ça fournit aussi la latitude pour que la prévention du changement climatique et les terribles catastrophes qui y sont liées, soient vus comme « optionnels ». Pas nécessairement existentiel, ce qui est pourtant le cas. Toutes les espèces qui résident sur cette planète sont littéralement menacées d’extinction et de destruction de masse. Nous ne sommes pas convaincus qu’il faille en faire un jeu de chiffres pour célébrer la perturbation de 25% d’une industrie, alors que nous avons perdu 98% des batailles dans une guerre avec de tels enjeux. En particulier quand ces campagnes d’activisme ont dépensé des centaines de millions, alors que des milliers d’entre nous sont en prison et trainés devant des tribunaux racistes. Nous ne sommes pas (entièrement) pessimistes, nous voulons avoir une discussion honnête sur ce qui marche et ce qui ne marche pas. La crise est urgente et le moment désespéré. Ce n’est pas « en suspens », les crises sont ici, maintenant, partout et à tout moment. Si nous nions les échecs et minimisons ou ignorons les leçons que nous pouvons en tirer, comment pourrions-nous changer et accroitre les stratégies et les tactiques plus efficaces ?

Il n’est pas de notre responsabilité de faire durer des modes de vie non-durables.

En fait, C’EST de notre responsabilité de les détruire. Leur entretient comme « durables » est le fardeau assumé de l’actuel mouvement pour la justice climatique, celui qui a terriblement besoin d’un changement radical en soi et pour soi, qui est devenu un projet du « fardeau du colonisateur », construit sur le génocide ininterrompu des colonisés, résonnant depuis le début de ces plus de 500 ans. Si nous ne souhaitons pas être des ennemis de Notre Mère la Terre, c’est à nous de changer, et d’être fidèles à nos responsabilités et à notre mutualité envers la Terre et d’agir en conséquence. Ça a toujours signifié que nous devons chercher à réaffirmer les modes de vies de nos ancêtres par des interventions spirituelles et pratiques (de cultiver notre nourriture à brûler leurs forteresses et tout ce qu’il y a entre les deux). C’est la tension entre l’harmonie et la discorde qui nous a toujours défiés dans ce monde.

Pour arrêter complètement ces mines, ces usines, ces barrages et ces oléoducs, nous devons bloquer la machine et les systèmes politiques qui les engendrent à la racine.

Notre pouvoir n’est pas sous les projecteurs avec davantage de porte-parole qui négocient notre reconnaissance et se produisent pour le public colonial. Il n’est pas limité à la parole des réseaux sociaux ou criée dans un mégaphone lors d’une manifestation autorisée. Notre pouvoir est dans les ombres projetées par les flammes de ce système brulant complètement, pendant que nous allumons une autre allumette.

Par Indigenous Action
19 mars 2020
Traduction française Christine Prat
En Español

« La fin est proche. Ou est-elle déjà venue et repartie auparavant ? »
 – Un ancêtre

Pourquoi pouvons nous imaginer la fin du monde, mais pas la fin du colonialisme ?

Nous vivons le futur d’un passé qui n’est pas le nôtre.

C’est une histoire de fantaisies utopiques et d’idéalisation apocalyptique.

C’est un ordre social global pathogène de futurs imaginés, construits sur le génocide, l’esclavage, l’écocide et la ruine totale.

Quelles conclusions peuvent-elles être réalisées dans un monde construit d’ossements et de métaphores vides ? Un monde de fins fétichisées, calculées au milieu d’une fiction collective de spectres virulents. Des livres religieux aux distractions scientifiques fictionnalisées, chacun a imaginé une ligne temporelle si prédictible : début, milieu, et tout au bout, La Fin.

Inévitablement, dans ce récit, il y a un protagoniste combattant un Autre Ennemi (une appropriation de la spiritualité Afro-Haïtienne, un « zombie ? », et, attention au divulgâcheur : ce n’est pas vous ou moi. Tant de gens sont impatients d’être les seuls survivants de l’« apocalypse zombie ». Mais ce sont des métaphores interchangeables, ce zombie/l’Autre, cette apocalypse. Ces métaphores vides, cette linéarité n’existent que dans le langage des cauchemars, elles font immédiatement partie de l’imagination et de l’impulsion apocalyptiques. Ce mode de « vie » ou « culture », est une domination qui consume tout pour son propre avantage. C’est une réorganisation économique et politique pour coller à une réalité reposant sur les piliers que sont la compétition, de la propriété, et du contrôle, dans la poursuite du profit et de l’exploitation permanente. Ça professe « la liberté », mais ses fondements s’appuient sur des terres volées et sa structure même est construite avec des vies volées.

C’est cette « culture » même qui doit toujours avoir un Autre Ennemi, à blâmer, contre qui se plaindre, à affronter, à réduire en esclavage, et à assassiner.

Un ennemi moins qu’humain, afin que n’importe quelle forme de violence extrême ne soit pas seulement permise mais prévue de s’exercer contre lui. Si cette « culture » n’a pas d’Autre immédiat, elle en construit un méticuleusement. Cet Autre n’est pas créé par la peur mais sa destruction est forcée par elle. Cet Autre est constitué d’axiomes apocalyptiques et de malheur permanent.

Cette Autrification, cette maladie weitko [terme Autochtone signifiant à peu près ‘virus mental’, causant des conduites nuisibles, en particulier l’égocentrisme] est peut-être la plus symptomatique dans son stratagème le plus simple, celui de notre refabrication réduite au silence :

Ils sont sales, Ils ne sont pas adaptés pour pouvoir vivre, Ils sont incapables, Ils ne savent rien faire, Ils peuvent disparaître, Ils sont mécréants, Ils sont sans valeur, Ils sont faits pour servir nos intérêts, Ils haïssent notre liberté, Ils sont sans-papiers, Ils sont queer, Ils sont Noirs, Ils sont Indigènes, Ils sont moins que, Ils sont contre nous, jusqu’à ce que finalement, Ils n’existent plus.

Dans ce perpétuel mantra de violence constamment recadré, c’est Vous ou Eux.

C’est l’Autre qui est sacrifié pour une continuité immortelle et cancéreuse. C’est l’Autre qui est empoisonné, qui est bombardé, qui est abandonné sous les décombres.

C’est cette façon de non-être, qui a infecté tous les aspects de nos vies, qui est responsable de l’annihilation d’espèces entières, la pollution des océans, de l’air et de la terre, la déforestation par abattage et les incendies de forêts entières, les incarcérations de masse, la possibilité technologique que le monde finisse au cours d’une guerre, et l’élévation des températures à une échelle globale, c’est la politique mortelle du capitalisme, c’est une pandémie.

Une fin qui s’est déjà produite.

L’invasion physique, mentale, émotionnelle et spirituelle de nos terres, de nos corps et de nos esprits, pour coloniser et exploiter, c’est le colonialisme. Des voiliers ont vogué sur des vents empoisonnés et des marées sanglantes à travers les océans, poussés par une respiration courte et une impulsion de servage, des millions de vies ont été tranquillement éteintes avant même d’avoir pu nommer leur ennemi. 1492, 1918, 2020…

La fourniture couvertures de guerre bactériologique, le massacre de notre cousin le bison, les barrages sur des rivières qui donnaient la vie, la destruction de terres intactes, les marches forcées, l’emprisonnement selon des traités, l’éducation coercitive par la maltraitance et la violence.

Le quotidien de l’après-guerre, l’après-génocide, le marché de l’humiliation post-coloniale de notre lent suicide de masse sur l’autel du capitalisme ; travailler, toucher la paye, payer le loyer, boire, baiser, se reproduire, partir en retraite, mourir. C’est au bord des routes, c’est en vente dans les marchés ‘Indiens’, c’est servir à boire dans les casinos, refaire les stocks de Bashas [chaîne de supermarchés U.S.], ce sont de gentils Indiens derrière vous.

Ce sont les cadeaux de toutes les destinées manifestes empoisonnées, c’est cet imaginaire mis au futur que ceux qui nous ont capturés voudraient que nous perpétuions et auquel ils voudraient que nous participions. L’imposition de ce monde mort impitoyable était poussée par une utopie idéalisée comme Maison Charnelle, c’était ‘pour notre bien’, un acte de ‘civilisation’.

Tuer l’‘Indien’ ; tuer notre passé et notre avenir avec. ‘Sauver l’homme’ ; imposer un autre passé et avec, un autre futur.

Ce sont les idéaux apocalyptiques des violeurs, des racistes, des hétéro-patriarches. La foi doctrinaire aveugle de ceux qui ne peuvent voir la vie qu’à travers un prisme, un kaléidoscope brisé de guerre totale et sans fin.

C’est une vision apocalyptique qui colonise nos imaginations et détruit notre passé et notre futur simultanément. C’est une lutte pour dominer la signification humaine et toute existence.

C’est le futurisme de notre colonisateur, le capitaliste. C’est tout à la fois chaque futur jamais volé par le pillard, le causeur de guerre et le violeur.

La question a toujours été celle de l’existence et de la non-existence. C’est l’apocalypse, actualisée. Et la seule certitude est une fin mortelle, le colonialisme est la peste.

Nos ancêtres comprenaient que cette manière d’être ne pouvait pas être raisonnée ni négociée. Qu’elle ne pouvait pas être modérée ni sauvée. Ils comprenaient que l’apocalypse n’existe que dans l’absolu.

Nos ancêtres ont rêvé contre la fin du monde.

Beaucoup de mondes ont disparu avant celui-ci. Nos histoires traditionnelles sont étroitement liées au tissu de la naissance et de la fin des mondes. A travers ces cataclysmes nous avons appris beaucoup de leçons qui nous ont formés tels que nous sommes et nous ont appris comment être avec les autres. Nos manières d’être sont définies par le fait de trouver l’harmonie par et à travers la destruction des mondes. L’Elliptique. La Naissance. La Mort. La Renaissance.

Nous avons un nombre inconnu d’histoires innombrables sur le monde qui fait partie de nous. C’est le langage du cosmos, c’est le langage de prophéties gravées depuis longtemps dans les cicatrices des lieux où nos ancêtres ont rêvé. C’est la danse des fantômes, les Sept Feux, la naissance du Bison Blanc, les sept générations, c’est les cinq soleils, c’est écrit dans la pierre, près d’Oraibi, et au-delà. Ces prédictions ne font pas que prédire, elles ont été aussi des diagnostiques, et instructives.

Nous sommes les rêveurs rêvés par nos ancêtres. Nous avons traversé le temps entre les souffles de nos rêves. Nous existons en même temps que nos ancêtres et les générations à naître. Notre futur est tenu par vos mains. C’est notre mutualité et notre interdépendance. C’est notre relativité. Ce sont des plis dans nos mémoires, doucement pliées par nos ancêtres. C’est notre Temps de Rêve collectif, et c’est Maintenant. Alors. Demain. Hier.

L’imagination anticoloniale n’est pas une réaction subjective aux futurismes coloniaux, c’est un futur anti-colons. Les cycles de notre vie ne sont pas linéaires, notre futur existe sans le temps. C’est un rêve, non-colonisé.

Ce qu’est l’anti-futur Autochtone.

Nous ne nous préoccupons pas de comment nos ennemis appellent leur monde mort ni de comment ils nous reconnaissent ou admettent, nous et ces terres. Ça ne nous intéresse pas de retravailler leurs façons de gérer le contrôle ou d’honorer leurs défunts accords ou traités. Ils ne seront pas forcés de mettre fin à la destruction à laquelle leur monde est voué. Nous n’allons pas plaider auprès d’eux pour qu’ils mettent fin au réchauffement climatique, étant donné que c’est la conclusion de leurs impératifs apocalyptiques et que leur vie est construite sur la mort de Notre Mère la Terre. Nous enterrons l’aile droite comme l’aile gauche ensemble, dans la terre qu’ils sont si avides de consommer. La conclusion de la guerre idéologique de la politique coloniale est que les Peuples Autochtones doivent toujours perdre, à moins que nous ne nous perdions nous-mêmes. Les capitalistes et les colonisateurs ne nous mèneront pas hors de leurs futurs mortels.

L’idéalisation apocalyptique est une prophétie auto-réalisatrice. C’est le monde linéaire finissant de l’intérieur. La logique apocalyptique existe dans une zone spirituellement, mentalement et émotionnellement morte qui se cannibalise elle-même. Ce sont les morts qui se relèvent pour consumer toute la vie.

Notre monde vit quand le leur cesse d’exister.

En tant qu’Autochtones anti-futuristes, nous sommes la conséquence de l’histoire du futur du colonisateur. Nous sommes la conséquence de leur guerre contre Notre Mère la Terre. Nous ne laisserons pas le spectre du colonisateur, les spectres du passé, hanter les ruines de ce monde. Nous sommes l’actualisation de nos prophéties.

C’est la réémergence du monde des cycles.

C’est notre cérémonie.

Entre des cieux silencieux. Le monde respire à nouveau et la fièvre diminue.

Le sol est tranquille. Entendant qu’on écoute.

Quand il y a moins de distractions, nous allons là où nos ancêtres ont émergé.

Et leur/notre voix.

Il y a un chant plus ancien que les mondes ici, il guérit plus profondément que ce que la lame du colonisateur pourrait jamais atteindre.

Et là, notre voix. Nous avons toujours été des guérisseurs. C’est la première médecine.

Le colonialisme est une peste, le capitalisme est pandémique.

Ces systèmes sont anti vie, on ne pourra pas les forcer à se guérir.

Nous ne laisserons pas ces systèmes corrompus et malades récupérer.

Nous nous étendrons.

Nous sommes les anticorps.

++++

Addendum : Dans notre passé/votre futur, il y avait des attaques non systématiques, non linéaires, sur des infrastructures vulnérables comme la fourniture de carburant, les couloirs de transports, la fourniture d’électricité, les systèmes de communication, et d’autres, qui rendait le colonialisme de peuplement impossible sur ces terres.

  • Notre organisation était cellulaire, elle ne demandait pas de mouvements formels.
  • La Cérémonie était/est notre libération, notre libération était/est la cérémonie.
  • Nous respections les enseignements sacrés, nos ancêtres et les générations à venir.
  • Nous n’exigions aucune reconnaissance pour quoique ce soit. Nous ne publiions pas de communiqués. Nos actions étaient notre propagande.
  • Nous célébrions la mort de la solidarité gauchiste et son romantisme apocalyptique myope.
  • Nous ne demandions rien des capitalistes/colonisateurs.

 

Indigenous Action Media
5 décembre 2016
Traduction Christine Prat

 

  1. LE GOUVERNEMENT OBAMA PASSE LA BALLE A TRUMP.

Le dimanche 4 décembre 2016, le Corps des Ingénieurs de l’Armée a refusé le permis de passage pour la construction d’un oléoduc sous le Lac Oahe et a recommandé une Déclaration d’Impact Environnemental (EIS) pour la traversée du fleuve et l’étude de trajets alternatifs. Une EIS prendrait probablement des mois et serait donc soumise à l’Agence de Protection de l’Environnement du régime de Trump. [Trump a déjà annoncé vouloir supprimer l’Agence de Protection de l’Environnement – NdT].

 

  1. ENERGY TRANSFER PARTNERS JURE DE CONTINUER A CONSTRUIRE LE DAPL SOUS LE LAC OAHE.

Energy Transfer Partners a publié une déclaration menaçant de continuer les travaux sans tenir compte de la décision du Corps d’Armée, disant que « rien de ce qu’a fait cette Administration aujourd’hui ne change quoique ce soit d’aucune façon. » Malgré les récentes tempêtes de neige, Energy Transfer Partners a continué la construction.

 

  1. LA FRACTURATION CONTINUE A BAKKEN.

Le gaz de schistes de Bakken est estimé correspondre à 5 milliards de barils de pétrole, et produit environs 900 000 barils par jour. Le pétrole de gaz de schistes brut est transporté par chemin de fer dans des trains qui peuvent contenir jusqu’à 70 000 barils. BNSF et Canadian Pacific transportent environs 400 000 barils de Bakken chaque jour, en 2013, 71% de tout le brut de Bakken était transporté par train. Les officiels du Dakota du Nord ont approuvé 3 projets d’oléoducs supplémentaires en août 2016.

 

  1. LE REGIME DE TRUMP EST IMPATIENT D’AUGMENTER L’EXTRACTION DE PETROLE ET DE GAZ ET MENACE DE PRIVATISER LES RESERVES.

Les Réserves Autochtones couvrent tout juste 2%  des « Etats-Unis », mais on estime qu’elles contiennent un cinquième du pétrole et du gaz du pays, ainsi que de vastes réserves de charbon.

 

 

  1. 575 PROTECTEURS DE L’EAU ET DEFENSEURS DES TERRES SONT TOUJOURS MENACES DE POURSUITES.

L’administrateur judiciaire du Dakota du Nord a déclaré: « Nous n’avons pas assez de juges pour traiter toutes ces affaires dans un temps raisonnable. »

L’appareil judiciaire de l’état demandera à la Législature l’an prochain, 1,5 million de dollars supplémentaire pour couvrir les frais relatifs aux protecteurs. Le nombre d’arrestations n’inclut pas ceux qui ont été arrêtés dans des actions hors de Standing Rock. La Guilde Nationale des Juristes a demandé que toutes les poursuites contre des protecteurs soient abandonnées, suite à la décision récente de refuser le permis.

 

  1. RED FAWN FALLIS EST TOUJOURS EN PRISON.

Red Fawn a été arrêtée en même temps que 140 personnes, lorsque la police a attaqué le Camp du Traité de 1851, à Standing Rock, le 27 octobre 2016. Le Bureau du Sheriff du Comté de Morton l’a d’abord inculpée de tentative de meurtre mais a changé l’accusation en « possession d’une arme à feu en tant que criminelle condamnée. » Elle est toujours en prison. www.indi.com/FreeRedFawn

 

  1. DES POURSUITES SONT ENGAGEES CONTRE L’USAGE EXCESSIF DE LA FORCE ET LA BRUTALITE POLICIERE.

Les protecteurs de l’eau et les défenseurs des terres ont été confrontés à des arrestations de masse et à de la violence, entre autres le tir d’une grenade assourdissante qui a grièvement blessé Sophia Wilansky, l’usage de canons à eau alors qu’il gelait, et d’autres délits graves de la part des forces de police militarisées.

Le Collectif  Légal de Protecteurs de l’eau, de la Guilde Nationale des Juristes, a porté plainte devant la Cour de District des Etats-Unis contre le Comté de Morton, le Sheriff du Comté de Morton, Kyle Kirschmeier, et d’autres instances représentant les forces de l’ordre pour un usage excessif de la force contre des Protecteurs de l’Eau pacifiques, la nuit du 20 novembre 2016.

 

  1. LES PEUPLES AUTOCHTONES N’ONT PAS DE PROTECTION GARANTIE DE LEUR LIBERTE RELIGIEUSE.

Les sites sacrés sont à la merci des administrations de gestion des terres publiques lorsqu’il s’agit d’estimer des menaces sur des sites sacrés. Des projets d’infrastructure, d’exploitation de ressources et d’autres intérêts menacent actuellement des sites sacrés à travers tous les soi-disant Etats-Unis, comme la Montagne du Sud, Red Butte, Oak Flat, le Mont Taylor, le Canyon de Chaco, Bears Ears, et beaucoup d’autres sites sacrés.

 

  1. COLONIALISME ET CAPITALISME.

L’héritage de l’invasion coloniale et de l’occupation des terres Autochtones est un génocide et un écocide. Tant que Notre Mère la Terre est considérée comme une marchandise, les terres sacrées seront menacées par les industries d’extraction minière. Préserver la souveraineté Autochtone signifie s’engager dans une lutte anticoloniale et anticapitaliste pour assurer que les systèmes qui profitent de la destruction de Notre Mère la Terre et de l’eau soient abolis.

 

Note: Les liens indiqués au point 8 indiquent des articles en français. Tous les autres, des articles en anglais.

 

Original article in English

Par Indigenous Action

28 mars 2012

Traduction Christine Prat

 

POUR LA JUSTICE ET UN FUTUR SAIN POUR LES GÉNÉRATIONS A VENIR!

Alors que la lutte pour la protection des sites sacrés et les droits des immigrés s’intensifie dans toute l’Arizona, nous appelons amis, voisins, familles, étudiants, jeunes et séniors, à marcher ensemble pour la justice et pour la santé de nos communautés.

La législation de l’état d’Arizona continue à dépouiller nos communautés de notre droit d’apprendre et de nous immerger dans nos cultures, de contrôler nos propres corps et de fournir un service de santé et le logement pour tous.

 

Pour plus d’informations voir : www.indigenousresistance.org

NdT: La plupart d’entre vous ne serons probablement pas à proximité de Flagstaff le 28 avril. Voir à la fin de l’appel ci-dessous la liste des actions souhaitées. Je mis en caractères gras celles qui peuvent être accomplies à distance.

 

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MERCREDI 28 MARS 2012

RASSEMBLEMENT ET MARCHE POUR LES DROITS DE L’HOMME A FLAGSTAFF LE 28 AVRIL 2012

Publié par Censored News

 

SOYEZ AVEC NOUS : devenez sponsor de la Marche pour les Droits de l’Homme du Nord de l’Arizona !

 

Si vous accordez de l’importance à l’environnement et à la justice culturelle, rejoignez-nous le samedi 28 avril 2012, pour une marche pour les Droits de l’Homme et la protection de l’environnement à Flagstaff, Arizona.

Alors que la lutte pour la protection des sites sacrés et les droits des immigrés s’intensifie dans toute l’Arizona, nous appelons nous amis, voisins, les familles, les étudiants, les jeunes et les vieux, à marcher ensemble pour la justice et pour la santé de nos communautés.

La législation de l’état d’Arizona continue à dépouiller nos communautés de notre droit d’apprendre et de nous immerger dans nos cultures, de contrôler nos propres corps et de fournir un service de santé et le logement pour tous.

La liberté religieuse et la survie culturelle des Peuples Autochtones sont menacées par la profanation de Sites Sacrés comme les Pics San Francisco, le Mont Graham, Red Butte et la Montagne du Sud. Les déportations forcées et l’exploitation de mines de charbon continuent à détruire des familles sur Black Mesa et aggravent le réchauffement climatique. Des politiciens et des compagnies avides continuent à polluer nos quartiers et à voler une eau précieuse.

Nous invitons les organisations, les gouvernements tribaux, les groupes représentant des communautés et les institutions qui soutiennent notre travail à ajouter leur nom à la liste des sponsors et des supporters de cette marche.

Etre sponsor signifie simplement dire que vous soutenez la Marche pour les Droits de l’Homme et voudriez être inscrit sur la liste des sponsors sur le net, sur les tracts et dans les médias.

Vous pouvez ajouter votre nom en tant que sponsor sur : www.indigenousresistance.org/sponsor/

 

Si vous souhaitez vous impliquer d’avantage, vous pouvez également :

1) Agir localement en téléchargeant et distribuant des tracts que vous trouverez sur : www.indigenousresistance.org/outreach

2) Diffuser le message à propos de la marche par internet sur les réseaux sociaux

3) Contribuer financièrement – pour savoir comment, prendre contact avec : humanrightsmarch2012@gmail.com

4) Organiser une caravane de votre communauté pour prendre part à la marche

5) Ecrire à vos journaux locaux pour appeler les gens à se joindre à la marche et à défendre les Droits de l’Homme

6) Organiser un évènement de solidarité dans votre région, si vous ne pouvez vous rendre à Flagstaff.

 

Merci de nous aider à construire le mouvement pour protéger notre Mère la Terre et les Droits de l’Homme

Pour plus d’information : www.indigenousresistance.org
Email: humanrightsmarch2012@gmail.com