Actuellement, le lithium est à la mode. Il est utilisé dans toutes les batteries d’ordinateurs, de smartphones, et de voitures électriques supposées écolo. Les mines ne sont jamais sans effet sur l’environnement. En plus, ce qui vient de mines est par définition non-durable, surtout lorsqu’il s’agit de métaux appelés ‘rares’. La plupart des mines se trouvent évidemment sur des territoires Autochtones, partout dans le monde. Les Shoshone et les Paiutes du Nevada ont déjà subi près de 1000 essais atomiques sur leur territoire. Maintenant, on veut les chasser d’une réserve où ils ont été assignés au début du XXème siècle. Malheureusement, d’après leur communiqué désespéré, la section de l’American Indian Movement du nord-ouest du Nevada, ne semble pas les soutenir, loin de là.

Christine Prat

CONSEIL CONSULTATIF DU CAMP DE WINNEMUCCA
13 janvier 2022
Newe’neen So’ko’pa Camp
Winnemucca Indian Colony
Winnemucca, Nevada
Publié par Indigenous Action Media
Le 13 janvier 2022
Traduction Christine Prat

Note : C’est une affaire qui vient d’éclater et est encore en cours. Liste des médias approuvés dans le camp sur le compte IG : @neweneensokopa. Contact pour les médias souhaitant soumettre des demandes : AutonomousABQ@protonmail.com

WINNEMUCCA, Nevada – Lundi 10 janvier 2022, un homme inconnu est entré dans la Colonie Indienne de Winnemucca, située dans le nord-ouest du Nevada occupé, et a exprimé des menaces envers les personnes âgées et leurs visiteurs.

Le conflit a escaladé, dans cette petite communauté Autochtone, où les maisons des anciens sont sous la menace d’être rasées par des travailleurs sous contrat privé, recrutés par la « présidente » autoproclamée Judy Rojo, qui réside en dehors de l’état et n’est pas reconnue par les résidents de la colonie.

Un camp de résistance a été établi début novembre 2021, quand les personnes âgées résidentes ont lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux. Cet appel a été lancé comme dernière tentative désespérée pour protéger leurs foyers de démolition, alors que J. Rojo et ses hommes de main [goons : pour les Autochtones des USA, des collabos] tentaient, par la force, de procéder à des expulsions illégales. Quatre logements de la communauté ont été rasés au bulldozer, sans qu’on en parle, avant que les équipes de construction soient bloquées avec l’aide de défenseurs des terres Autochtones qui avaient entendu les plaintes des anciens et avaient immédiatement réagi pour les aider. Ceci a été soutenu plus tard, par une décision temporaire du tribunal, empêchant Rojo et son équipe de pénétrer dans la colonie, décision qui a été levée depuis, laissant la communauté à nouveau vulnérable.

De l’aide est toujours demandée, voir les notes au bas de cet article, s.v.p.

Beaucoup de gens de l’extérieur se sont précipités dans la communauté pour offrir leur soutien, la plupart étaient des gens respectueux, au cœur sincère.

Malheureusement, ce n’a pas été la même expérience avec l’American Indian Movement, section du nord du Nevada (AIMNNV) et nous allons maintenant en parler et la partager.

Début décembre 2021, l’AIMNNV a commencé à rendre des visites à la colonie. Lors de leurs visites, il y avait un conflit permanent dû à leur manque de respect, et leurs conduites misogynes et insultantes. Ils harcelaient les personnes âgées au lieu de leur demander comment les aider et respecter leurs choix. Ils ont manqué de respect aux femmes et ont insulté nos visiteurs, alliés et soutiens. Ils ont fait preuve d’ignorance et de violence envers nos parents queer, à deux-esprits, non-binaires et trans. Ils ont pioché dans les dons faits à la communauté et essayé de remplir les poches de leurs amis et associés. Ils ont fait la promotion de nos luttes sur les réseaux sociaux pour leur propre bénéfice. Ils ont essayé de parler à notre place sans avoir été invités à le faire, nous sommes capables de parler nous-mêmes. Ils se sont efforcés de réduire les nôtres au silence et tenté d’en recruter d’autres pour participer à leur violence, en créant de fausses relations des faits.

Le 23 décembre 2021, un drapeau de l’AIM qui flottait au-dessus du feu sacré a été retiré par une organisatrice Shoshone-Paiute. Comme elle avait participé à l’assistance au camp depuis début novembre 2021, elle avait appris que l’AIM violait les accords du camp et déniait aux autres le droit de s’exprimer, prétendant qu’ils n’étaient pas Autochtones, ou n’étaient pas Shoshone, ou n’étaient pas de la colonie – des excuses pour rejeter les préoccupations valables. En tant que Newe-Numa, elle affirmait sa responsabilité de parler, là où d’autres étaient réduits au silence. Après que de nombreuses tentatives de dialogue honnête, tenu dans un lieu sûr, guidé par les anciens et avec la participation de tous les résidents et invités de la communauté, aient été rejetées ou menées de mauvaise foi – elle a décidé de prendre sur elle la responsabilité de retirer le drapeau de l’AIM et a insisté pour que nos identités Newe (Autochtones locaux) ne soient pas exploitées ou utilisées pour nier à d’autres le droit de parler pour eux-mêmes. Elle n’avait pas anticipé la réaction qu’elle a eu ; bien qu’elle rende le drapeau en parfait état, avec une simple demande pour la réunion en question – un groupe d’hommes adultes hostiles l’ont encerclée, menacée et forcée à quitter la zone.

Les choses se sont précipitées, à partir de là, ces individus sont devenus de plus en plus insolents, dans leur manque de respect, et ils ont exercé des pressions pour prendre le contrôle, jusqu’à ce que plus aucun protocole ne soit respecté. C’en est venu à une confrontation le 7 janvier 2022, quand les résidents âgés ont repris leur communauté et réaffirmé leur exigence que l’AIM du nord-ouest du Nevada et les individus y étant affiliés, qui causaient des dommages et des dissensions, partent et ne reviennent plus.

Cette demande n’a pas été respectée.

Bien qu’ils soient partis, au début, des individus sont revenus presque quotidiennement et ont essayé d’en recruter d’autres pour en faire autant, se tournant vers d’autres organisations, en présentant les choses comme étant à l’opposé de ce qu’elles sont en réalité. Heureusement, il y a beaucoup de camarades solides, là-bas, assez disciplinés pour prendre des contacts et valider les informations d’abord. Malheureusement, cependant, il y en a beaucoup d’autres qui sont devenus des proies lorsqu’il leur a été demandé de faire des choses, sans avoir d’abord reçu des informations honnêtes, et nécessaires pour pouvoir prendre eux-mêmes des décisions informées.

Le 10 janvier 2022, un individu inconnu est arrivé à la colonie et s’est rendu au domicile d’une personne âgée, exigeant que le camp soit vidé, et le contrôle total remis à l’AIMNNV dans les deux heures. Il fit voir qu’il était armé et fit des menaces de violence spécifiques culturellement, se référant au Massacre de Wounded Knee de 1880. Il prétendit agir à la place d’un ancien visiteur du camp qui n’est plus le bienvenu dans la communauté. Ensuite, il dit agir selon des ordres de supérieurs hiérarchiques de l’organisation (AIMGGC – Grand Conseil de l’AIM), mais il n’en fournit aucune preuve. Deux défenseurs plus âgés prirent le temps de s’asseoir avec ce jeune homme et de le traiter amicalement. Après avoir entendu les preuves, il choisit de quitter la colonie, sans se livrer aux violences qu’il avait menacé de commettre.

Ceci est la raison pour laquelle nous ne pouvons plus garder le silence. Nous devons être honnêtes les uns envers les autres si nous voulons que cette violence cesse. La vérité, c’est qu’il y a des actes d’agression inacceptables de la part de forces extérieures à notre communauté. Des membres de l’AIM et leurs affiliés ont retourné leur code, pour protéger les gens en menaçant des personnes âgées Autochtones avec de la violence coloniale. D’autres ont utilisé le fait d’être Autochtones pour se présenter en porte-parole du camp, ce qu’ils ne sont pas. D’anciens membres du camp ont volé ce qu’ils pouvaient et refusé de remettre leur accès aux comptes du camp, qu’ils utilisent pour intercepter des livraisons et détourner des fonds de donneurs. Tout cela est ce que veulent le Bureau des Affaires Indiennes et les compagnies minières, oui ; mais nous devons comprendre que ces mêmes formes de violence coloniale peuvent être cooptées par nos propres parents, d’autres Autochtones, et armées contre nous pour perpétrer les mêmes dégâts. C’est ce qui arrive et ça doit cesser.

Nous voulons que ce soit clair : Personne ne peut détruire notre lien sacré avec la terre d’ici, ni des agitateurs au sein de l’AIM, ni des officiels du gouvernement, ni des équipes de construction, ni des mercenaires goons. Nous prions pour une résolution pacifique et appelons le Grand Conseil Gouvernant de l’AIM de rendre leurs membres immédiatement responsables. Malgré tout, que l’on sache que nous nous maintiendrons et défendrons nos demeures, et nous continuerons à soutenir, protéger et apprécier les défenseurs des terres qui sont venus pour résister avec nous. Nous demandons que tous les gens de lignes de front expérimentés qui souhaitent venir, le fasse de la bonne manière. Nous vous invitons et nous vous accueillerons, mais nous vous demandons de suivre les accords du camp.

C’est tout ce que nous révélons pour le moment, car nous respectons nos communautés sœurs et continuons d’être solidaires de tous les autres camps et lignes de front. De Winnemucca aux Wet’suwet’en, nous résistons ensemble. Merci.

***

AGISSEZ MAINTENANT !


Par Gidimt’en Checkpoint
Publié par Censored News
Le 4 janvier 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Territoire Gidimt’en non-cédé, Smithers (Colombie Britannique) – Deux semaines après que les protecteurs de l’eau Wet’suwet’en aient chassé les travailleurs de Coastal GasLink et occupé un site crucial de construction de l’oléoduc, les protecteurs de l’eau ont effectué un repli stratégique afin d’éviter des arrestations et des violences de la part de dizaines de membres de la Police Montée militarisés. Avant une mobilisation policière à grande échelle, les protecteurs de l’eau ont disparu dans les bois, évitant les violences policières et la criminalisation. Nous nous attendons à un assaut imminent contre les , dirigé par Coastal GasLink, si nous continuons d’occuper et d’utiliser notre yintah.

« Nos guerriers ne sont pas là pour être arrêtés. Nos guerriers sont là pour protéger le territoire et l’eau, et nous continuerons à la faire à tout prix » dit Sleydo’ (Molly Wickham), une dirigeante des Cas Yikh. « Chaque fois que la Police Montée, le C-IRG, est venue pour imposer l’injonction de Coastal GasLink, ils ont commis des violences envers nos femmes. Ils ont emprisonné nos femmes Autochtones et nos guerriers. Nous ne laisserons pas les nôtres être des prisonniers politiques. »

Pour la quatrième fois en quatre ans, la Police Montée semble mobiliser pour un assaut à grande échelle contre le territoire non-cédé Wet’suwet’en, ils réservent des dizaines de chambres d’hôtel pour amener des policiers de toute la province, pour faciliter la construction de l’oléoduc et forcer le contrôle sur des terres non-cédées à la pointe du fusil.

Les protecteurs de l’eau ont bloqué le forage sous les eaux Wet’suwet’en depuis plus de 70 jours. Au cours des derniers jours, il y a eu plus de patrouilles par la Police Montée non-locale, le C-IRG, et une surveillance par hélicoptère au-dessus de résidences privées Wet’suwet’en, loin de tout projet de chantiers.

Après les premiers 56 jours d’occupation, la Police Montée a effectué 30 arrestations, avant d’escorter les travailleurs de Coastal GasLink dans le Camp du Coyote, pour raser au bulldozer plusieurs huttes, habitations et autres structures. En un mois, les défenseurs du territoire ont repris le site, expulsant à nouveau les travailleurs de Coastal GasLink et bloquant le site de forage. Il y a eu aussi des arrestations au Gidimt’en Checkpoint, une réoccupation du site de notre village traditionnel dans le yintah des Cas Yikh, qui ne dérangeait pas le travail de Coastal GasLink.

« Nous savons que nous devons respecter nos responsabilités, et quoiqu’ils fassent pour essayer de nous abattre, nous n’oublierons jamais qui nous sommes en tant que peuple Wet’suwet’en. Nous honorerons toujours nos responsabilités envers Wedzin Kwa, envers notre yintah et toutes les générations futures » déclara Sleydo’.

Les Wet’suwet’en n’ont jamais cédé ni renoncé aux 22 000 km² de terre traditionnelle Wet’suwet’en à la Colombie Britannique ou au Canada, et ont prouvé devant la Cour Suprême du Canada que la propriété des Wet’suwet’en sur cette terre n’a jamais été éteinte. Nos chefs héréditaires ont combattu depuis des années devant des Cours coloniale pour protéger notre yintah, comme ils l’ont fait sur ce territoire depuis des temps immémoriaux. Selon Anuc nu’at’en (la loi Wet’suwet’en), les chefs de Maisons, représentant chaque groupe Wet’suwet’en impactés, ont interdit les terres Wet’suwet’en à Coastal GasLink, et en 2020, ils ont émis une notice d’éviction toujours en vigueur, à la compagnie.

Depuis 2019, la Police Montée a dépensé plus de 20 millions pour criminaliser l’autorité Wet’suwet’en sur nos terres, pour se déployer en tenue militaire, avec des drones, des hélicoptères, des véhicules tout-terrain, des motoneiges, des centres de commandement mobiles, et des unités K-9. La Police Montée a pointé des fusils de sniper et des armes d’assaut sur des Autochtones non-armés et utilisé des techniques de torture physiques et psychologiques contre des protecteurs de l’eau engagés dans la désobéissance civile non-violente. À ce jour, la police a procédé à 79 arrestations, parmi lesquelles celles de nos Chefs Héréditaires Wet’suwet’en.

« Je ne pense pas que Coastal GasLink, le gouvernement ou la police comprennent que les Wet’suwet’en sont là depuis des milliers d’années. En dépit de tout l’argent et de tous les efforts de la police et de Coastal GasLink pour se débarrasser de nous, nous ne partirons jamais. Jamais » dit Sleydo’.

Contact pour les médias : Jennifer Wickham, coordinatrice des médias au Gidimt’en Checkpoint.


Par Duane ‘Chili’ Yazzie
Publié par Censored News
Le 3 janvier 2022
Traduction Christine Prat

Le Coronavirus19 échappe à l’identification et la saisie. Les efforts acharnés de la science n’ont pas permis de trouver l’origine ou la cause du virus. C’est l’histoire de limitations imposées depuis longtemps par la science et la médecine occidentale. Il y a peut-être une explication pas si compliquée, mais avec un contenu complexe.

Avant la pandémie, l’humanité avait de graves problèmes. La crise climatique étouffait la vie sur la planète, la tension raciale entre une minorité de blancs et les gens de couleur était horrible. Maintenant, alors que le monde lutte pour sortir de la pandémie, ces problèmes sont passés d’un stade critique à celui d’un danger imminent. La crise climatique est accablante, l’industrie extractiviste, avec la complicité de la plupart des gouvernements, continue avec obstination et de manière exponentielle à faire ce qu’elle fait toujours : faire toujours plus d’argent sans se soucier des dévastations environnementales et humaines qu’elle laisse derrière elle.

Dans toute l’Amérique, le zèle de la suprématie blanche fait des métastases, brandissant impudemment le drapeau du racisme, du néocapitalisme libéral, des conspirations, de la politique mesquine à travers tout le pays. Les très convoités Etats-Unis sont radicalement polarisés. Les blancs font imploser leur gouvernement et leur société. Certains, qui n’avaient jamais imaginé avoir des inclinaisons de « suprémaciste blanc », se retrouvent alignés sur, ou ayant des sympathies pour l’agenda et la rhétorique de la suprématie blanche. Ça doit être génétique, entretemps ; la notion de supériorité blanche est enracinée dans de l’histoire ancienne.

Même quand sa peau éclate, la Terre est vivante, son essence spirituelle continue de battre. Elle pourrait mourir ou elle pourrait vivre ; l’espèce humaine décide de son sort. Cette réalité est insondable, d’importance nulle pour la majorité des blancs, en particulier ceux persuadés de la suprématie blanche. Ils mettent en péril le futur des petits-enfants.

Le virus du COVID est un phénomène de la nature. C’est un organisme vivant ; ça vit de mort.

Tout être vivant se défend quand il est menacé de blessure ou de mort. La Terre se bat pour sa vie, elle y engage toutes ses défenses. Le virus parait être un mécanisme de défense de la Terre. Si cela est vrai, c’est le sens commun de penser que la gravité du virus sera proportionnelle à la gravité des blessures infligées à la Terre et de l’extrémisme de la blessure perpétrée par l’inhumanité de la haine.

Une mère protège et défend instinctivement ses enfants. La Terre Mère défend ses enfants qui croient en la vérité et veulent vivre étant ce qu’ils sont supposés être. La Terre se rebelle contre l’exploitation extrême de l’entité qui est son corps et la répression brutale dont ses enfants sont victimes. Le message de la Terre est clair, mais le monde n’entend pas.

©chiliyazzie