Par Chili Yazzie
Diné de Shiprock, Nouveau-Mexique
Présenté au Sommet des Nations Unies sur le Climat, COP27
Le 10 novembre 2022, en Egypte
Publié sur Censored News
Le 20 novembre 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

En tant que peuple Autochtone, nous sommes restés sur les terres dont nous sommes originaires ; restant connectés intrinsèquement à nos terres. La Perspective Autochtone, parlant de la terre, de l’eau, de toute la nature, est une compréhension, une conscience innée, un acte d’honorer cette réalité sacrée que la Terre Mère est une entité spirituelle vivante, au-delà de sa nature physique. Cette reconnaissance demande le respect pour assurer la continuité de la vie ; notre respect Autochtone, par la prière, le chant et la cérémonie est constant.

Cette compréhension fait intégralement partie de l’ordre naturel. Une erreur de la pensée Occidentale est de tenter de séparer le physique du spirituel, ce qui conduit à mettre la matérialité au-dessus de la spiritualité, à la marchandisation de la terre et à l’acquisition brutale de richesses. Pour qu’il y ait de la vie, il ne peut pas y avoir de séparation, de distinction ou de frontière entre les paradigmes physiques et spirituels. Seulement dans la mort, il y a une séparation.

Nous avons vécu des voies divergentes. La façon dont nous vivons aujourd’hui reflète les parcours de nos vies, les histoires que nous avons faites racontent notre adhésion ou les déviations des Instructions d’Origine. Les Peuples Autochtones sont restés fidèles aux Enseignements d’Origine.

Nous, en tant qu’Autochtones, savons que nous sommes les enfants de notre Mère la Terre. Nous avons la formidable responsabilité de prendre soin d’elle, qui prend indéfectiblement et tendrement soin de chaque moment de nos vies. Nous lui appartenons, elle nous appartient, comme une mère et un enfant s’appartiennent mutuellement. Nous la comprenons et elle nous comprend. Sa vie est notre vie.

Ces Enseignements d’Origine nous disent comment nous devrions vivre pour être heureux, comment nous traiter les uns les autres et la Terre Mère. Les Enseignements d’Origine ont été fournis, avec les quatre couleurs de l’humanité, lors des différents temps de la création. Les quatre couleurs des gens émanent d’une source de vie, nous avons une mère, un père – notre Mère la Terre et notre Père le Créateur. Nous sommes tous vraiment frères et sœurs.

Notre déclaration est que les gouvernements du monde, les grandes compagnies et ceux qui souscrivent à la science et la technologie moderne, ne prennent pas en considération toutes les perspectives, y compris la Perspective Autochtone. Ainsi, ils sont désavantagés parce que leur processus de pensée est incomplet, ils sont en conflit avec les Instructions d’Origine par leur mépris du Savoir Autochtone. Car il y a une véritable opportunité de sauver l’humanité, et notre planète ; la sagesse des peuples Autochtones doit être reconnue et honorée. Nous avons vraiment des réponses et des solutions. Vous devez nous entendre.

Certains de nos anciens, de nos hommes et femmes médecine, disent qu’il est trop tard, mais pour nos petits-enfants nous continuons à souffler sur les braises de l’espoir. Nous ne cesserons jamais de combattre pour protéger Notre Mère la Terre, nous ne cesserons jamais de défendre le futur de nos petits-enfants.


Par Duane ‘Chili’ Yazzie
Publié par Censored News
Le 3 janvier 2022
Traduction Christine Prat

Le Coronavirus19 échappe à l’identification et la saisie. Les efforts acharnés de la science n’ont pas permis de trouver l’origine ou la cause du virus. C’est l’histoire de limitations imposées depuis longtemps par la science et la médecine occidentale. Il y a peut-être une explication pas si compliquée, mais avec un contenu complexe.

Avant la pandémie, l’humanité avait de graves problèmes. La crise climatique étouffait la vie sur la planète, la tension raciale entre une minorité de blancs et les gens de couleur était horrible. Maintenant, alors que le monde lutte pour sortir de la pandémie, ces problèmes sont passés d’un stade critique à celui d’un danger imminent. La crise climatique est accablante, l’industrie extractiviste, avec la complicité de la plupart des gouvernements, continue avec obstination et de manière exponentielle à faire ce qu’elle fait toujours : faire toujours plus d’argent sans se soucier des dévastations environnementales et humaines qu’elle laisse derrière elle.

Dans toute l’Amérique, le zèle de la suprématie blanche fait des métastases, brandissant impudemment le drapeau du racisme, du néocapitalisme libéral, des conspirations, de la politique mesquine à travers tout le pays. Les très convoités Etats-Unis sont radicalement polarisés. Les blancs font imploser leur gouvernement et leur société. Certains, qui n’avaient jamais imaginé avoir des inclinaisons de « suprémaciste blanc », se retrouvent alignés sur, ou ayant des sympathies pour l’agenda et la rhétorique de la suprématie blanche. Ça doit être génétique, entretemps ; la notion de supériorité blanche est enracinée dans de l’histoire ancienne.

Même quand sa peau éclate, la Terre est vivante, son essence spirituelle continue de battre. Elle pourrait mourir ou elle pourrait vivre ; l’espèce humaine décide de son sort. Cette réalité est insondable, d’importance nulle pour la majorité des blancs, en particulier ceux persuadés de la suprématie blanche. Ils mettent en péril le futur des petits-enfants.

Le virus du COVID est un phénomène de la nature. C’est un organisme vivant ; ça vit de mort.

Tout être vivant se défend quand il est menacé de blessure ou de mort. La Terre se bat pour sa vie, elle y engage toutes ses défenses. Le virus parait être un mécanisme de défense de la Terre. Si cela est vrai, c’est le sens commun de penser que la gravité du virus sera proportionnelle à la gravité des blessures infligées à la Terre et de l’extrémisme de la blessure perpétrée par l’inhumanité de la haine.

Une mère protège et défend instinctivement ses enfants. La Terre Mère défend ses enfants qui croient en la vérité et veulent vivre étant ce qu’ils sont supposés être. La Terre se rebelle contre l’exploitation extrême de l’entité qui est son corps et la répression brutale dont ses enfants sont victimes. Le message de la Terre est clair, mais le monde n’entend pas.

©chiliyazzie


Par Chili Yazzie, Diné
Publié sur Censored News
10 novembre 2020
Traduction Christine Prat

Dans son rapport à la Reine Isabella et au Roi Ferdinand, Christophe Colomb écrivait: « Ces gens sont si dociles, si pacifiques, que je jure à vos Majestés qu’il n’y a pas de meilleure nation au monde. Ils aiment leurs voisins comme eux-mêmes, et ils parlent toujours d’une manière douce et aimable, accompagnée d’un sourire; et bien que ce soit vrai qu’ils sont nus, leurs manières sont polies et dignes d’éloge.» Il décrivait les Arawak et les Tainos des Caraïbes ; cette description aurait généralement pu s’appliquer à tous les Peuples Autochtones de l’hémisphère occidental.

Il commença par rafler des Autochtones pour le marché d’esclave en Espagne. Leur capture préférée était celle de jeunes filles, entre 10 et 13 ans, comme esclaves sexuelles. Et il revint encore et encore, pour mériter la distinction de premier marchand d’esclaves d’Amérique. Tandis que Colomb étendait ses cruels exploits, toute résistance était vite écrasée, ils coupaient les jambes et les bras des indigènes qui résistaient et les brûlait vifs. Avec ces atrocités, il a créé le précédent pour ses successeurs sous tous les drapeaux de l’impérialisme.

En 1455, le Pape publia des bulles déclarant que les gens de couleur devaient être vaincus et toutes leurs possessions saisies ; en 1493, le Pape fit ‘cadeau’ de l’hémisphère occidental à l’Espagne. Ces décisions papales ont évolué en ce qu’on appelle la Doctrine de la Découverte, qui fut, et est toujours, l’autorisation et la justification pour les nouveaux venus de s’enrichir par tous les moyens, amorçant le plus grand vol de terres et le plus grand génocide de l’histoire. La Doctrine de la Découverte est inhumaine, immorale et illégale, c’est une violation impudente des droits humains. Inexplicablement, c’est resté un principe de la loi américaine.

La richesse personnelle était une des intentions dans la formation de l’Amérique. Les pères fondateurs (de riches blancs propriétaires d’esclaves) ont créé un gouvernement qui bénéficierait à leur statut de minorité de 1%. Si le slogan de liberté, justice et prospérité pour tous avait été vrai, les femmes, les travailleurs, les pauvres et les gens de couleur n’auraient pas eu à se battre et à mourir pour leurs droits avant que la constitution ne soit amendée. Cependant, les injustices continuent.

La violence est commise de façon exponentielle contre la terre et les gens de bien. La violence est exigée par ceux qui se bagarrent férocement pour plus de richesse et pour avoir ou garder le pouvoir. L’appel à l’équité et la justice raciales se heurte à une force brute. Il y a beaucoup de déséquilibre en Amérique. L’Amérique est en danger de s’effondrer comme « grande civilisation » à cause des conditions d’avidité et de préjugé suprématiste blanc à son fondement, intentionnels ou naïfs. C’est le tort fondateur de l’Amérique.

Le Créateur Tout-Puissant a mis l’humanité sur cette terre, avec pour tous des instructions communes pour y vivre. Les principes fondamentaux étant d’honorer la création et d’avoir de la compassion. La description de Colomb des peuples Autochtones Caribéens corrobore le fait que les peuples Autochtones sont restés fidèles à ces instructions, même jusque dans ces temps modernes. Le seul véritable espoir pour une vraie grandeur de l’Amérique serait d’honorer et de vivre les instructions premières du Créateur, faites intentionnellement pour tout le genre humain.

Chili Yazzie

Shiprock, Nation Navajo, Nouveau-Mexique

The Shiprock, le rocher qui a donné son nom à la ville