Par le Comité d’Action de la Communauté Autochtone
nativecommunityactioncouncil@gmail.com
Publié sur Censored News
22 janvier 2021
Traduction Christine Prat

LAS VEGAS, Nevada – Le Conseil d’Action de la Communauté Autochtone célèbre l’entrée en vigueur du Traité sur la Prohibition des Armes Nucléaires, en se rassemblant à Las Vegas devant la Cour Fédérale, pour porter des banderoles affirmant l’entrée en vigueur du Traité.

Le traité a été approuvé par les 193 membres de l’Assemblée Générale des Nations-Unis le 7 juillet 2017, par un vote de 122 pour, les Pays-Bas s’étant opposés et Singapore abstenu. Les cinq puissances nucléaires et quatre pays connus pour ou supposés avoir des armes nucléaires – l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël – avaient boycotté les négociations et le vote sur le traité, tout comme beaucoup de leurs alliés.

Le peuple Shoshone voit le traité comme un pas positif conduisant à la réparation, pour les 900 tests d’armes nucléaires à l’air libre et souterraines qui ont émis des radiations sur les terres de la Nation d’Indiens Shoshone.

« Nous sommes tous sous-le-vent, » déclara Ian Zabarte, Secrétaire du Conseil d’Action de la Communauté Autochtone. M. Zabarte travaille depuis des décennies à faire stopper les tests d’armes nucléaires effectués en secret, et enquêter sur les conséquences sur la santé de l’exposition aux radiations de son peuple et de son pays.

Son but est de mettre fin au besoin d’armes nucléaires, d’atténuer les impacts sur le peuple Shoshone et le territoire, et empêcher que Yucca Mountain ne soit transformée en site d’enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs.

Le Conseil d’Action de la Communauté Autochtone est partie dans l’attribution d’une licence, la seule qui affirme en avoir la propriété. Après avoir dépensé 15 milliards de dollars, le Département de l’Energie ne peut pas prouver de droits de propriété sur Yucca Mountain, en dépit des graphiques du Bureau d’Aménagement du Territoire, parce que le Traité de Ruby Valley a le contrôle, selon la Constitution des Etats-Unis, Article 6, Section 2, c’est-à-dire la clause de suprématie d’un traité.

La propriété des Shoshone persiste toujours.

« Notre relation à la terre et à l’eau pure du Grand Bassin est notre identité » dit M. Zabarte.

Les tests d’armes nucléaires destructrices ont laissé le sol vulnérable et détruit la flore et la faune délicate, permettant à des espèces de plantes nuisibles et invasives de prendre leur place.

M. Zabarte fut acquitté pour avoir capturé des chevaux Indiens dont les Etats-Unis clament qu’ils sont « sauvages » selon la définition du Congrès dans la Loi sur les Chevaux Sauvages et les Ânes de 1971.
« Nous avons agi par nécessité, pour protéger nos chevaux de la destruction du pâturage causée par les tests d’armes nucléaires. »

Le Bureau d’Aménagement du Territoire blâme le bétail des Shoshone pour la destruction du sol.

Les dirigeants Shoshone étaient présents sur le Site de Sécurité Nationale du Nevada à 14h, pour brandir des banderoles et faire prendre consciences aux travailleurs du site que leur travail est illégal.

Par Arvol Looking Horse
Publié sur
Censored News
20 janvier 2021
Traduction Christine Prat

20 janvier 2021
À Joseph Robinette Biden Jr., Président des Etats-Unis d’Amérique
1600 Pennsylvania Avenue NW
Washington D.C 20500

Cher Président Biden,

Nous, Anciens et Hommes et Femmes Médecine Autochtones, vous souhaitons la bienvenue, à vous, votre famille et votre gouvernement, à votre nouvelle responsabilité de Président des Etats-Unis d’Amérique. La tradition de bien recevoir les nouveaux arrivant a commencé longtemps avant la formation des Etats-Unis. Elle a commencé avec la première arrivée de nos parents venus de l’océan. Cet acte cérémoniel a pour but de promouvoir des relations pacifiques, de se respecter mutuellement, et de se reconnaitre réciproquement comme faisant partie intégrale de la Création.

Nous sommes le Peuple Spirituel de la Terre, unis sous la Loi Naturelle du Créateur, agissant dans l’unité pour restaurer la paix, l’harmonie et l’équilibre pour tous les êtres vivants du futur. Nous offrons notre assistance pour restaurer la paix et la santé à ce pays.

Vous entrez dans le rôle de dirigeant d’une Nation qui a perdu sa direction et sa compréhension de ses responsabilités vis-à-vis du Créateur et des uns des autres. Votre obligation envers toute vie future va bien au-delà de la guérison d’une Nation divisée. Ça comprend la guérison d’un peuple qui a causé des destructions environnementales et un changement climatique irréversibles, en abandonnant sa responsabilité sacrée et sa relation au Monde Naturel.

Si nous nous rappelons les prophéties, l’ancienne sagesse de nos ancêtres, le sentiment d’urgence extrême est là, et nous devons une fois de plus tendre la main pour aider à guider cette jeune Nation. Notre science sacrée Autochtone d’origine et votre science occidentale doivent s’unir pour donner de l’espoir pour le futur. Cela exige que nous tous, gens de toutes les religions, mettions ensemble notre bonne intelligence pour commencer à corriger toutes les lois et les politiques qui maltraitent Notre Mère la Terre et les peuples de la Terre. Nous croyons que la paix est possible de notre vivant si nous prenons la Loi Naturelle du Créateur comme fondement de toutes les décisions.

Nous parlons au nom de toute la Création, avec une foi et une croyance inébranlables dans le Créateur. Nous sommes les Nations et les Peuples d’Origine de ce pays, et donc, devons être inclus dans les discussions et les prises de décisions dès le début. Pour maintenir les Lois de la Création et créer une voie pacifique vers elles, il est impératif que nous vous rencontrions personnellement, vous et votre équipe.

Respects,

Chef Arvol Looking Horse
19ème Gardien de la Pipe Sacrée de la Femme Bison Blanc
Dirigeant Spirituel
De La Grande Nation Sioux

Shawn Mulford, Diné

Leland Grass, No’hooka’ Diné Traditionaliste

Big Buck, Wokotaqa

Photos de ©John Clark-Dvorak, publiées avec permission

Les Kumeyaay sont des Autochtones dont le territoire est divisé par la frontière US/Mexique, dans le Comté de San Diego, en Californie, et Baja California, au Mexique.

Par Brenda Norrell
Censored News
24 janvier 2021
Traduction Christine Prat

Les Kumeyaay se sont réunis ce jour des deux côtés de la frontière pour tenir une cérémonie et attirer l’attention sur les dégâts environnementaux et culturels causés par la construction du mur-frontière.

Leurs communautés ont été séparées par le mur-frontière, dans ce qu’on appelle le Comté de San Diego, en Californie, et Baja California, au Mexique.

Réagissant à un Appel National à l’Action, l’Ancien Kumeyaay Stan Rodriguez, Santa Ysabel Kumeyaay, décrivit la destruction de sites sacrés par la construction du mur-frontière, et comment la frontière sud passait à travers leurs communautés.

Vidéo des déclarations de Stan Rodriguez résumées ci-dessous:

Le message du Président Biden disait, « arrêtez la construction du mur-frontière et réparez les dégâts. »

Tenez parole. »

Rodriguez dit que le territoire ancestral des Kumeyaay allait de l’Océan Pacifique au désert.

« Nous sommes ici depuis des temps immémoriaux, depuis des milliers d’années. »

Les Kumeyaay ont d’anciens villages où ils ont vécu autrefois, qui sont maintenant sous l’Océan Pacifique, depuis la dernière ère glaciaire, et ils ont des pièges pour attraper du poisson dans le désert, là où il y a eu un grand lac, dit-il.

« Les Kumeyaay ne sont pas étrangers au changement climatique, et nous ne sommes pas étrangers aux pandémies » dit Rodriguez au cours d’une interview, aujourd’hui.

Les Kumeyaay se voient maintenant interdire l’accès à leurs sites sacrés, et nier leur droit à pratiquer leur religion, garanti par la Loi sur la Liberté Religieuse des Amérindiens, à cause du mur-frontière.

Tout le long de la frontière sud, les Carrizo, les Yoeme, les Tohono O’odham, les Cocopah et les Kickapoo luttent contre les empiètements et la profanation de leurs sites sacrés, dit-il.

Sans que les Kumeyaay soient consultés, le mur-frontière a profané un site de crémation sacré et des sources chaudes sacrées, utilisées pour des guérisons, dit-il.

« Nous ne sommes pas propriétaires de ce pays, nous en faisons partie. »

Rodriguez dit que les Kumeyaay des deux côtés de la frontière s’étaient rassemblés ce jour pour un cercle de prière et des chants sacrés traditionnels.

« Nous n’allons pas laisser cette frontière nous empêcher d’être qui nous sommes. »

Les Kumeyaay ont tout une richesse de savoir, une bibliothèque de savoir, acquise par des milliers d’années à prendre soin de leur terre. Les Kumeyaay prenaient soin du territoire de manière à le rendre beau, utilisant un système d’agriculture avec des glands.

« Elle attrape la fièvre, une fièvre pour brûler le virus. »

Photo Laiken Jordahl

A la veille de son entrée en fonction, le Président Joe Biden a déclaré, entre autres, que « plus un pouce de Mur à la frontière ne serait construit. »
Censored News annonçait, dans un article du 20 janvier : « Le Président Biden a signé des décrets révoquant le permis pour l’oléoduc Keystone XL, stoppant le financement pour le Mur-frontière, révisant les limites de Bears Ears et mettant un moratoire sur le forage de pétrole et de gaz dans le Refuge National de la Vie Sauvage de l’Arctique. »
Mais dès le lendemain, un nouvel article signalait que la construction du mur continuait, au mépris du décret pris la veille par le Président.

LA CONSTRUCTION DU MUR À LA FRONTIÈRE US/MEXIQUE CONTINUE AU MÉPRIS DU DÉCRET DE BIDEN

Par Brenda Norrell
Censored News
23 janvier 2021
Traduction Christine Prat

La construction du Mur continue à la frontière de l’Arizona, bien que le Président Biden ait signé un décret pour l’interrompre, le premier jour de son entrée en fonction.

Les compagnies construisant le Mur ont continué leurs destructions, faisant sauter des montagnes et détruisant un habitat vital pour les espèces menacées, après que le Président ait signé l’ordre d’y mettre fin.

Il y a des documents montrant les destructions dans trois zones de la frontière en Arizona, parmi lesquelles il y a le Monument National du Cactus Tuyau d’Orgue, où une bataille est toujours en cours pour protéger des sources sacrées.

Déjà, des sites funéraires Tohono O’odham été dynamités, à Monument Hill, pour la construction du mur-frontière.

Maintenant, un employé, près de Lukeville, dit que rien n’indique qu’ils vont arrêter le travail.

Ici, près d’Ajo, la compagnie est Southwest Valley Constructors.

Laiken Jordahl dit vendredi [22 janvier] que la construction du mur-frontière continuait au sud-est de Tucson au Mémorial de Coronado, à l’est de Nogales, et au sud de la Sierra Vista, mettant plus que jamais en danger l’habitat du jaguar.

La construction du Mur continuait samedi, sur ce site sacré.

Dans un autre site sauvage, la construction du Mur continuait cette semaine au Refuge National Buenos Aires de la Vie Sauvage, au sud-ouest de Tucson, près de la frontière est de la Nation Tohono O’odham, et près d’un poste-frontière plus éloigné, à Sasabe, et de la ville d’Arivaca.

La construction de ces portions de Mur a détruit des sites funéraires O’odham, des espèces protégées en danger, et drainé l’eau précieuse du désert de Sonora.

Le mur-frontière est un symbole de racisme et de haine, et de l’infâme politique vouée à l’échec des Etats-Unis.

À la frontière du Texas, les compagnies de construction continuaient encore, vendredi, leurs destructions près du Centre National du Papillon.

Et, à la frontière du Texas, des bornes continuaient à arriver pour la construction du Mur à Laredo, après que Biden ait publié le décret exigeant l’arrêt de la construction.

 

 

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Note de Brenda Norrell :
La vérité sur les agents de la Patrouille des Frontières US est parmi les questions les plus censurées dans les médias. Mais il suffit d’une simple recherche sur le web pour voir combien d’agents de la Patrouille des Frontières US ont été arrêtés pour trafic de drogue. Des agents ont été arrêtés pour viol et pour meurtre, avec peu de conséquences. Dans la Nation Tohono O’odham, les agents de la Patrouille des Frontières harcèlent les plus vulnérables. Actuellement, alors que le coronavirus se répand dans la Patrouille des Frontières, les agents continuent le profilage racial et le harcèlement sans porter de masques et ils ne notifient pas qui ils ont exposé. Au cours de leurs crimes contre l’humanité, les agents de la Patrouille des Frontières ont été filmés en train de répandre de l’eau qui pouvait sauver des vies, de l’aide humanitaire, dans le Désert de Sonora. – Censored News.

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Texte du décret de Biden (en anglais)

 

Par Apache Stronghold [le Bastion Apache]
Publié par Censored News
15 janvier 2021
Traduction Christine Prat

OAK FLAT, Arizona – Le Bastion Apache, représentant les chefs religieux et culturels traditionnels, a demandé une garantie pour Oak Flat, le mercredi 13 janvier 2021, auprès du Bureau du Registraire du Comté de Pinal. La garantie empêche le transfert d’Oak Flat, ou Chi’chil Bildagoteel, à une corporation minière étrangère, jusqu’à ce que la poursuite récemment déposée par le Bastion Apache soit finalisée.

La garantie et l’une des réclamations de la plainte sont fondées sur le Traité de Santa Fe de 1852, entre les Etats-Unis et les Apaches, qui promet que les terres Apaches, au centre desquelles se trouve Chi’chil Bildagoteel, restent une propriété Apache. Le Traité de Santa Fe s’applique toujours.

« Ce qui se faisait autrefois avec la poudre des fusils et la maladie, se fait aujourd’hui par des irrégularités législatives et bureaucratiques, et une mythologie sur le passé qui traite les Autochtones comme s’ils étaient invisibles ou n’existaient pas » dit l’ex-Président Tribal et dirigeant du Bastion Apache, le Dr. Wendsler Nosie Sr.

« La publication de la Déclaration Finale d’Impact Environnemental (FEIS) déclenche la possibilité pour le Service des Forêts, de transférer Oak Flat à la compagnie minière » dit l’avocat du Bastion Apache Michael Nixon. « Mais la garantie est comme un gigantesque bouclier Apache sur Oak Flat, qui le protège pour la durée de l’affaire. Oak Flat est une Terre Sainte Apache. Les Etats-Unis n’ont aucun droit légal de la donner. »

Les réclamations de la poursuite du Bastion Apache impliquent aussi la violation de la Loi sur la Liberté Religieuse et les droits constitutionnels à la liberté religieuse, de l’exigence de procédure officielle, du droit de pétition et de recours, l’abus de confiance et la violation d’obligations fiduciaires.

La corporation étrangère, Resolution Copper, propriété de Rio Tinto et de BHP, admet qu’elle transformera Oak Flat en un cratère de décombres de plus de 300m de profondeur et 3,6km de large.

L’audience est fixée au 27 janvier 2021, par Zoom. Le Juge Fédéral Steven P. Logan, n’a pas encore décidé si le public sera autorisé à y assister. Après que le Juge Logan ait ordonné une audience d’injonction, le Service des Forêts a accepté de repousser le transfert de terres pour 55 jours.

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Note de la traductrice : Il n’est pas sûr que le report arrange le nouveau gouvernement Démocrate. Joe Biden a nommé Deb Haaland, Autochtone, à l’Intérieur, dont dépendent les Parcs Nationaux, les sites historiques, le Bureau des Affaires Indiennes, les Réserves, etc. Mais le Service des Forêts dépend de l’Agriculture, poste auquel il a nommé – une fois de plus – Tom Vilsack, qui a occupé le poste pendant les 8 ans de la Présidence d’Obama, et est l’homme des grandes compagnies, contre l’environnement. Sa nomination est totalement contradictoire avec celle de Deb Haaland et le programme environnemental affiché par Joe Biden. C’est toujours le Service des Forêts qui décide d’accorder les permis de détruire aux compagnies minières. Il y aura peut-être un conflit entre l’Intérieur et l’Agriculture…

Certains Français défenseurs de la laïcité, et nos camarades anarchistes, seront peut-être réticents vis-à-vis de cette affaire, vu que les arguments avancés sont tous religieux. En fait, c’est parce que toutes les autres objections – Oak Flat est aussi une réserve naturelle d’oiseaux protégés n’existant nulle part ailleurs, le site était visité par des observateurs d’oiseaux, c’était aussi le principal centre d’entrainement des alpinistes des Etats-Unis – ont été rejetées. Ça se produit dans beaucoup de ces affaires, tous les arguments étant rejetés par le Service des Forêts, il ne reste plus que la possibilité de se référer à la liberté religieuse des Autochtones, qui relève de la Constitution. Hélas, en général ça n’aboutit pas non plus.

Christine Prat

LES APACHES ENGAGENT DES POURSUITES POUR PROTÉGER LEUR LIBERTÉ RELIGIEUSE, ET SAUVER LE SITE SACRÉ D’OAK FLAT DE LA DESTRUCTION

Par Apache Stronghold [le Bastion Apache]
Publié par Censored News
12 janvier 2021
Traduction Christine Prat

TUCSON, Arizona – Le Bastion Apache, au nom des dirigeants traditionnels religieux et culturels, a aujourd’hui engagé des poursuites contre le gouvernement Trump, auprès de la Cour de District de Phoenix, pour bloquer le transfert d’Oak Flat, ou Chi’chil Bildagoteel, au géant minier Australobritannique Rio Tinto et sa branche Resolution Copper.

La plainte cherche à empêcher la publication le 15 janvier par le Service des Forêts des Etats-Unis, d’une déclaration définitive d’impact environnemental, qui entrainera le transfert d’Oak Flat à Resolution Copper.

Le Service des Forêts hâte la publication afin d’aider Rio Tinto à prendre possession d’Oak Flat avant la fin du mandat de Trump*, malgré l’opposition du Bastion Apache, de la Tribu Apache San Carlos, de la Tribu Apache de White Mountain et de centaines d’autres tribus Autochtones.

La plainte d’aujourd’hui contre le gouvernement des Etats-Unis, dit que faire cadeau d’Oak Flat et le détruire viole la Loi sur la Restauration de la Liberté Religieuse et les droits constitutionnels des Apaches à la liberté religieuse, à une vraie procédure, et à une pétition et une solution. Le ‘cadeau’ constitue aussi un abus de confiance et un non-respect d’obligations fiduciaires.

« Oak Flat est saint et sacré. Chi’chil Bildagoteel tient une place centrale dans notre religion traditionnelle et notre identité en tant que peuple Apache, » dit l’ex-président tribal des Apaches de San Carlos, et dirigeant du Bastion Apache, le Dr. Wendsler Nosie Sr. « Le don de notre terre sacrée par le gouvernement des Etats-Unis pour sa destruction par une compagnie minière étrangère, détruit notre possibilité de pratiquer notre religion. Ça viole notre droit selon le Premier Amendement, d’exercer notre droit, protégé par la Constitution, de pratiquer librement notre religion. »

En décembre 2014, après avoir été contrecarré pendant près de dix ans, le Sénateur Républicain d’Arizona John McCain, accompagné par les Représentants Ann Kirkpatrick (Démocrate, Arizona) et Paul Gosar (Républicain, Arizona), a ajouté un avenant à la loi d’autorisation du budget de la Défense, qui donnait Oak Flat à Resolution Copper.

Oak Flat est situé à un peu plus de 100 km à l’est de Phoenix, sur le territoire de la Forêt Nationale de Tonto, sur des terres partagées historiquement par de nombreuses tribus, dont les Apaches, les Yavapai, les Pee-Posh et les O’odham. Avant l’ajout du fameux article, Oak Flat avait été protégé des activités minières depuis 1955, quand le Président Eisenhower avait déclaré la zone protégée, pour sa valeur culturelle et environnementale. Rio Tinto admet que sa mine à Oak Flat créera un cratère de près de 3,2 km de large et de plus de 300 m de profondeur. Oak Flat sera détruit.

« Des corporations minières d’autres pays veulent détruire notre terre sacrée, détruire nos croyances religieuses et détruire notre liberté religieuse », dit la membre du Bastion Apache Naelyn Pike. « Oak Flat, ou Chi’chil Bildagoteel, est un cadeau de Dieu, que notre créateur nous a donné pour des buts sacrés et ça doit être protégé pour cette raison. »

En novembre 2013, le Président Tribal actuel de San Carlos, Terry Rambler, dit au Congrès : « …creuser une mine sur la zone d’Oak Flat aura un impact très négatif sur l’intégrité de la zone en tant que site sacré et religieux. Il n’y a pas d’atténuation possible pour la destruction de ressources culturelles Apaches… Il n’y a pas d’actions humaines ni de mesures qui pourraient réparer ce site ou le restituer une fois qu’il sera perdu. »

Cet été, Rio Tinto a détruit les Gorges de Juukan, un site sacré en Australie. Le mois dernier, le Président de Rio Tinto, Simon Thompson, a promis : « En tant qu’entreprise, nous sommes engagés à apprendre de cette affaire, pour assurer que la destruction de sites d’une telle importance archéologique et culturelle ne se produise plus jamais. » [Il s’agit de la destruction d’un site aborigène vieux de 46000 ans ! NdT].

En dépit de la promesse de Thompson, Rio Tinto essaie de répéter sa parodie des Gorges de Juukan à Oak Flat.

« Oak Flat est sacré. C’est là où la religion des peuples Apaches a commencé. Où l’alliance entre le divin et l’humain a été établie. C’est comme le Mont Sinaï, où les Chrétiens et les Juifs croient que Moïse a reçu l’Alliance, » dit le Révérend Dr. William J. Barber, co-président de la Campagne des Pauvres, en décembre. « Ce gouvernement ne devrait en aucun cas prendre ces terres et les donner à cette multinationale, Resolution Copper, seulement pour le profit et le pouvoir. »

« Comme pasteur Chrétien engagé pour la liberté religieuse de tous, j’appelle tous les gens de foi à soutenir Wendsler Nosie et le Bastion Apache avant qu’il ne soit trop tard » dit le Révérend John Mendez, de l’Eglise Baptiste d’Emmanuel, au cours d’un rassemblement des ‘Réparateurs de la Brèche’ en novembre 2019.

*La fin du mandat de Trump risque de ne pas changer grand-chose à l’affaire. Comme vous avez pu le lire dans l’article, c’est en décembre 2014 que John McCain et quelques autres ont introduit un « avenant » dans la loi sur le budget de la Défense, accordant Oak Flat à Resolution Copper. Ça s’est donc passé sous la présidence d’Obama, avec Joe Biden comme vice-président. Quelques jours après avoir présenté son ‘équipe de choc’ pour sauver l’environnement, Joe Biden a nommé – encore – Tom Vilsack à l’Agriculture, dont dépend le Service des Forêts. Récemment, le Conseil Consultatif pour la Préservation Historique a envoyé une lettre au Service des Forêts de la Forêt de Tonto, objectant à l’attribution d’Oak Flat à Resolution Copper, en contradiction avec de nombreuses règles relevant de la Préservation Historique. La Préservation Historique dépend de l’Intérieur, donc bientôt de Deb Haaland, première Autochtone ministre, figure de proue de l’‘équipe de choc’. Retarder la décision concernant Oak Flat pourrait conduire à une confrontation entre l’Intérieur et l’Agriculture… Tom Vilsack est l’homme des grandes compagnies, il est lui-même à la tête de la plus grande compagnie laitière des Etats-Unis. En fait, ça arrange aussi les Démocrates que l’affaire soit réglée avant le départ de Trump.


Par Indigenous Action
10 janvier 2021
Traduction Christine Prat (CSIA-Nitassinan)

Territoires Occupés Piscataway (Washington, DC) – Quand des milliers de nationalistes blancs ont attaqué le Capitol, nous avons été stupéfaits par la relative facilité avec laquelle ils ont pu accéder à ce pinacle de l’ordre Américain. Cependant, nous n’avons pas été surpris du tout, ni choqués, par ces convulsions de chauvins néo-fascistes occidentaux, ni par la collusion tacite de la police.

La tension derrière cette escalade monte depuis des années, avec des pseudo- et des vrais fascistes comme Milo, Spencer, Bannon, Oath Keepers, Proud Boys et d’autres, rivalisant pour être sous les projecteurs de l’archaïque scène de la xénophobie, que Trump et ses troupes ont remise à neuf et rebaptisée, pour « protéger » la « civilisation occidentale » et « l’héritage blanc ».

Trump a joué avec le feu des politiques nationalistes autoritaires depuis des années, avec sa rhétorique à la Pyrrhus. De ce point de vue, nous voyons les actions du 6 janvier comme une blessure auto-infligée, comme l’une des nombreuses actions du pacte mortel qu’est le projet colonial, ou ce qu’ils appellent « l’Amérique ». Nous ne voyons pas cela comme une « attaque » exceptionnelle contre la démocratie, mais comme une glissade en direct d’un ordre établi sur la violence contre les noirs et basanés, le territoire et les êtres non-humains. Ce n’est pas une spirale descendante, dans le contexte du colonialisme, c’est un cercle complet.

Ce qui s’est passé au Capitol était parfaitement prévisible comme partie intégrante de leur cri de guerre « arrêtez le vol », dans leur fantasme d’une « guerre civile Américaine ». Nous ne nous préoccupons pas beaucoup de leurs théories conspirationnistes ni de leur fixation sur des élections « volées », ni de placer toute la responsabilité sur un seul démagogue. La suprématie blanche est une conspiration qui a inventé le projet d’une soi-disant démocratie aux Etats-Unis, projet fondé sur l’annihilation physique des Autochtones et le vol de terres à grande échelle. Alors, pour effectivement arrêter « le vol » de terres volées, les pierres du Capitol devraient être remises dans la terre et le territoire accueillir le retour des Piscataway.

Que l’Etat soit désinvolte pour contrôler une émeute conduite par des colons blancs, et particulièrement musclé quand les Noirs, Autochtones et Gens de Couleur résistent et se révoltent, est un argument fait pour justifier les sentiments progressistes, ce n’est absolument pas une accusation radicale exprimant ce qui est évident depuis 1492 dans ces territoires.

Bien que nous partagions certaines observations de nos parents [Autochtones] qui voient de l’hypocrisie dans la manière dont la violence d’état s’est déchainée contre les protecteurs de l’eau Autochtones à Standing Rock, ou contre les révoltes contre les violences policières conduites par des Noirs, nous voyons peu d’utilité dans ces comparaisons morales et ces condamnations politiques. Alors que la répression et la violence définit et a toujours défini, la politique de « l’Amérique ». Souligner les contradictions, ou moraliser certaines fausses équivalences entre les bonnes et les mauvaises formes de protestation et de désaccord, sert en fin de compte à renforcer la violence d’état dans son ensemble et implique la suggestion progressiste que l’état peut être réformé pour que la loi soit appliquée égalitairement. Alors que « La Loi » elle-même est de la violence. Que l’état soit désinvolte pour contrôler une émeute conduite par des colons blancs, et particulièrement musclé quand les Noirs, Autochtones et Gens de Couleur [BIPOC] résistent et se révoltent, est un argument fait pour justifier les sentiments progressistes, ce n’est absolument pas une accusation radicale exprimant ce qui est évident depuis 1492 dans ces territoires. Faire la police en « Amérique » a commencé par entretenir la « propriété blanche ». Sa première fonction a été de s’emparer de vies Noires volées et de défendre des terres Autochtones volées. L’état et sa soi-disant « démocratie », est un projet de suprématie blanche et, en tant que tel, sera toujours de connivence avec ses bénéficiaires.

La gauche libérale et les pontes centristes, et quelques voix de droite, ont fermement condamné le siège du Capitol, et appelé à la « guérison » de l’ordre démocratique. Partout dans le monde un chœur de politiciens néo-libéraux a appelé à une « passation de pouvoir pacifique ». Cependant, il n’y a jamais rien eu de pacifique dans l’existence des Etats-Unis pour les Autochtones qui ont désiré protéger leurs terres, les gens et leurs modes de vie. De plus, la politique des Etats-Unis dans le monde a fomenté l’instabilité politique de ceux qui s’y opposent depuis son inception. De la destruction pure et simple et la manipulation de sociétés culturelles Autochtones pour financer des coups d’état et des insurrections, à l’invasion et la guerre dans le monde entier, de Big Mountain à la Palestine, et littéralement partout entre les deux.

La notion de « moyens pacifiques », plus particulièrement de la part de ceux qui sont dans les bras législatifs de l’état, ses agents au sens littéral et ses représentants, n’est pas simplement hypocrite, c’est de la tromperie flagrante et intentionnelle. Ça a pour but évident de minimiser et d’obscurcir, non seulement l’existence de l’état dont la perpétuation dérive de la violence, mais le fait que le rôle même joué par l’appareil politique et ses polititrucs est celui d’une institution orchestrée de la violence. Régulée par la façade de la légitimité, en tant que « la loi » ; ou les nombreux mois nous ont-ils échappé, d’abjecte indifférence de l’état à la détresse de ses propres citoyens, étranglés par une économie en chute libre, saisis par une pandémie à laquelle il n’était pas possible d’échapper, alors que, simultanément, le plus gros budget militaire de l’histoire des Etats-Unis était imposé, et que toute stipulation à propos du changement climatique, de la protection de l’environnement et des ressources et de la protection personnelle, a été attaquée et sapée ? Y avait-il une forme de violence que nous n’avons pas vue fouler aux pieds les masses ? Les impacts hors de proportions des tempêtes incendiaires, des canicules, des coups de froid, des ouragans et des inondations gigantesques, n’étaient-ils pas de la violence ? Et pourtant évitables si seulement ceux qui clament que gouverner est pacifique n’avaient pas manqué d’agir ?

La quantité de violence précipitée à partir de l’institution du Capitol des Etats-Unis comme loi à faire respecter, contre les corps Autochtones et contre les terres sacrées, est incalculable. Des politiciens dénonçant la violence politique du dais du Capitol, et les progressistes hochant la tête en guise d’approbation, sont d’autant plus coupables de cet héritage brutal qui dure encore.

Dans l’incrédulité, les suppliques demandant justice pour les Femmes, Filles, Trans et Deux-Esprits Autochtones, ont été faites aux mêmes législateurs qui ont écrit ces lois mêmes qui ont précipité les conditions pour que tant de nos parents [Autochtones] périssent.

Nous rejetons toute ouverture pour guérir cet ordre colonial, nous cherchons sa totale abolition.

Le 6 janvier a mis à nu la vulnérabilité et la peur d’un empire qui se consume lui-même.

Nous voyons cette volatilité actuelle, cet abandon, peu importe que ce soit momentané, comme offrant une possibilité, ou l’opportunité stratégique de la violence de colon contre colon.

Après la fin des soi-disant « Guerres Indiennes », les Etats-Unis ont perfectionné leur stratégie de conquérir et diviser, utilisant simultanément les tactiques ouvertes et couvertes de la « terre brûlée » pour perpétuer le génocide et le vol de terres à grande échelle. Comme étudiants involontaires de cet héritage de violence, nous voyons la même possibilité de division et déstabilisation : saisir toutes les occasions de faire de la propagande sur la division, en utilisant tout moyen corrosif, narratif ou pratique, pour employer de façon créative la déstabilisation d’une structure fondamentale par des actions directes asymétriques, ouvertes ou souterraines. Ce système économique et politique a été brûlé par la pandémie. La chaleur monte en même temps que le réchauffement, produit industriellement, de la terre. Ainsi, peut-être que ces crises combinées peuvent être une opportunité anticoloniale tactique pour précipiter l’instabilité, tout en construisant, stabilisant et multipliant simultanément des travaux collectifs vers des communautés saines et justes.

Le 6 janvier a mis à nu la vulnérabilité et la peur d’un empire qui se consume lui-même.

Nous prévoyons que la réponse autoritaire aux actions du 6 janvier frappera tout le spectre politique. Nous ne nous faisons pas d’illusions, l’habitude de vilipender ceux qui s’organisent contre le fascisme et le racisme ne va pas cesser. Ainsi, nous devons continuer à nous renforcer et à accroître et adapter les pratiques de la culture de la sécurité et soutenir ceux qui sont visés par l’état dans l’escalade de l’environnement politique.

Bien que l’état cherche à poursuivre ceux qui ont attaqué le Capitol, nous prévoyons aussi que ces fascistes seront enhardis dans leurs attaques directes contre les plus vulnérables dans nos communautés. Nous sommes plus intéressés par l’organisation d’une défense collective et par la construction de nos propres capacités et infrastructure pour le conflit.

C’est une proposition de survie, de libération et de renouveau, tant qu’elle est fondée sur des actions qui restaurent l’autonomie Autochtone, la réparation pour les Noirs et se recentrent sur les forces LGBTQ, Deux-Esprits et BIPOC [Noirs, Autochtones et Gens de Couleur]. Tant que c’est décentralisé, anti-autoritaire, et férocement intersectionnel.

C’est une stratégie de ruines, ce qui est la trajectoire naturelle des empires. Il y a une tendance à aller vers la cendre pour ceux qui jouent avec le feu, et bien que les flammes qui emportent cet empire n’aient pas été allumées par nous, nous jetterons de l’huile sur le feu et attiserons ces flammes.

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Réaction d’Indigenous Action à la nomination de Deb Haaland à l’Intérieur (dont dépendent les ‘Affaires Indiennes’), sur Facebook, le 17 décembre 2020:

Les politiques des Etats-Unis envers les Peuples Autochtones ont toujours été un processus d’annihilation sociale et culturelle.

Le Bureau des Affaires Indiennes (BIA) a été créé en 1824, comme faisant partie du Département de la Guerre, afin de faciliter les invasions coloniales vers l’ouest des Terres Autochtones.

C’est aussi le BIA qui a fondé le premier pensionnat Indien.

La stratégie qui consiste à voter pour insérer les Peuples Autochtones dans une structure de pouvoir coloniale, n’est pas un acte de décolonisation, c’en est la réalisation complète.

Nous avons toute une histoire de membres de nos peuples qui ont été utilisés contre nous par les forces coloniales, en particulier par l’assimilation d’Autochtones servant de « Scouts Indiens » pour aider la force militaire de l’ennemi.

Nous avons affronté des membres de notre peuple qui soutenaient les politiques de colonialisme de ressources, qui ravagent nos terres sacrées depuis des siècles ; donc, nous sommes profondément sceptiques dans le cas présent.

Nous exigeons aussi que Mme Haaland rende compte de sa politique d’exclusion des Freedmen [esclaves qui ont rejoint des tribus Autochtones] lorsqu’elle siégeait au Congrès. La collaboration de Mme Haaland avec l’état et la perpétuation de l’hostilité envers les Noirs ne doivent pas être ignorées.

Nous sommes pour la libération totale, pas pour une politique d’assimilation.

Par Brenda Norrell
Censored News
5 janvier 2021
Traduction Christine Prat

Le soleil se couchait sur Eureka, Nevada, et les routes étaient gelées et traitresses. C’était en février et je m’inquiétais pour Carrie Dann, septuagénaire, qui faisait seule la longue route jusqu’à son ranch. Je l’avais accompagnée jusqu’à son camion blanc, essayant de ne pas glisser sur le trottoir, transformé en une feuille de glace. En souriant, elle m’assura que ça irait bien.

Photo Right Livelihood Award

Carrie avait voyagé dans le monde et était une force globale, qui s’était rendue à la Conférence pour Notre Mère la Terre, à Cochabamba, en Bolivie, en 2010 ; cependant, elle tenait un ranch, c’était une éleveuse qui travaillait dur, se battait pour protéger ses chevaux, et la terre, l’air et l’eau.

Carrie a rejoint le Monde des Esprits le 2 janvier 2021. Sa sœur Mary était partie en 2005.

Simon J. Ortiz, poète et auteur Acoma, Professeur retraité de l’Université d’état d’Arizona, rendit hommage à Carrie.

« Quelle grand-mère, mère, fille et sœur c’était, Carrie Dawn, » écrivit Ortiz aujourd’hui.
« Une force de vie »
« La Vie de la vie. »
« Génération après génération, avant, après. »
« Nous, tous les gens – tous les êtres – sommes avec elle, toujours. Et elle sera toujours avec nous. »
« Elle sera toujours avec tous les gens – même ceux qui sont mal guidés et destructeurs – parce que c’est la voie du savoir originel – qui sont liés au Mode de Vie Sacré d’être responsable pour que la vie soit durable pour toujours. »

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Lorsque nos chemins se sont croisés, à Phoenix en 2004, Carrie dit: «Nous ne renoncerons jamais à notre résistance. Nous ne pouvons pas. Ce n’est pas pour nous, mais pour ceux qui sont encore à venir.»

Quand on lui demanda ce qu’elle désirait le plus, Carrie dit: «la Libération.»

«J’attend toujours le jour où les Autochtones seront libérés du contrôle du Gouvernement des Etats-Unis,» dit-elle.

Quand Carrie reçut une notification fédérale de la saisie de son troupeau, en mai 2004, elle dit que c’était du terrorisme domestique visant à voler la dignité des gens.

«Economiquement, nous sommes un peuple autosuffisant. Avec ces actions récentes pour voler notre subsistance, nous faisons face à une famine provoquée pour nous faire partir de nos terres.»
«Pour moi, c’est du terrorisme. Du terrorisme domestique. Cette conduite a pour but de voler notre dignité, notre honneur, et nous faire sentir que nous sommes moins qu’humains – nous sommes traités comme des animaux. Nous sommes déshumanisés.»

Combattant le vol du territoire des Shoshone de l’Ouest, Carrie n’a jamais abandonné.

«En tant que Shoshone de l’Ouest, nous nous sommes battus depuis bien des années, simplement pour rester qui nous sommes – les Shoshone de l’Ouest. La terre est notre mère, et le sol nous procure la vie, comme l’eau et l’air. Nous prendre ce territoire sera nous conduire à une mort spirituelle.»

Earl Tulley, Diné [Navajo], se souvient de ses camarades défenseuses du front, les sœurs Mary et Carrie Dann, qui, comme Earl, ont passé leur vie à défendre les droits Autochtones et le monde naturel.
Earl dit, «les sœurs Dann étaient totalement unies et travaillaient en parfaite unité pour défendre la terre ancestrale. Leur slogan mélodieux était – et est toujours – « Tout ce qui brille n’est pas or.»
«Toutes les deux y travaillaient mieux que quiconque.»

Ofelia Rivas, Tohono O’odham, tout comme les sœurs Dann en territoire Shoshone de l’Ouest, se bat pour les droits humains et la protection du territoire et de ce qui est sacré à la frontière sud.
Ofelia dit de Carrie: «Elle était une force.»
«Quand une grande force rejoint les ancêtres, nous qui restons ici recevons une bénédiction universelle. J’espère que les gens comprennent que Carrie Dann n’est plus réduite à une quelconque pauvreté, à une souffrance physique ni à des déceptions causées par des décisions politiques. Sa présence a été un grand honneur sur cette Terre Mère.»
«Que toute sa famille et ses amis, et de nombreux soutiens, continuent son travail pour défendre les terres pour les générations à venir.»

De retour sur les routes glacées, à Eureka, Nevada, en février 2008, Carrie, la force globale, travaillait comme éleveuse et rendait hommage aux jeunes Autochtones qui participaient à la Longue Marche.

Sur le trajet nord de la Longue Marche à travers le continent de 2008, Carrie rendit hommage aux marcheurs, quand ils sont arrivés à pied d’Austin, Nevada.

Les jeunes Miwok, les chanteurs de Round Valley, et le Cheyenne Arapaho Calvin Magpie, ont chanté des chants traditionnels pour Carrie, dans le large cercle de la Longue Marche, rendant hommage à sa lutte sans fin pour les droits des Indiens.

Carrie dit que les Shoshone de l’Ouest étaient confrontés à la profanation de leurs sites sacrés, y compris le Mont Tenabo, parce que l’extraction industrielle d’or étendait ses destructions en territoire Shoshone. De plus, les essais nucléaires et l’industrie nucléaire empoisonnent le sol, l’air et l’eau.

Carrie se souvenait du passage de la Longue Marche sur les terres Shoshone 30 ans plus tôt. Elle s’était jointe aux marcheurs à Austin, Nevada.
Alors que les marcheurs et les coureurs étaient réunis en cercle à Eureka, elle dit qu’elle avait été encouragée par les jeunes Indiens et leur courage.
«Je veux que vous sachiez que je suis fière de vous,» leur dit-elle.

Le marcheur Tomas Reyes dit aux autres marcheurs que Carrie était l’une des grandes Indiennes de notre temps et qu’on pouvait apprendre beaucoup de son exemple.

Le film Notre Terre, Notre Vie raconte la véritable histoire.

Dans ce film, Carrie dit que le gouvernement des Etats-Unis a commis un génocide spirituel. Avec la séquence de l’horrible confiscation par le BLM des chevaux de la famille Dann, le film révèle que le but des Etats-Unis était de s’emparer du territoire au profit des grandes corporations d’extraction d’or.

Tout comme les gens que le gouvernement des Etats-Unis juge superflus, les chevaux de la famille Dann étaient considérés comme superflus. Après la capture cruelle, beaucoup de poulains et de chevaux n’ont pas survécu.

Le territoire des Shoshone de l’Ouest avait déjà été frappé par les essais nucléaires et les détonations de bombes atomiques sur le site de tests, ce qui a résulté en une dissémination de radioactivité et la mort par cancers de nombreux Shoshone de l’Ouest.

Les Etats-Unis ont refusé d’appliquer le Traité de Ruby Valley [qui reconnaissait que le Territoire Shoshone dans le Nevada, Newe Segobia, n’avait jamais été cédé aux Etats-Unis].

Vous pouvez voir 25 minutes du film «Our Land, Our Life» sur YouTube. (La version d’une heure, ‘American Outrage’, est disponible en DVD).

https://youtu.be/JJ2N9-n-ka0

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Au cours de notre conversation à Phoenix, en mars 2004, Carrie dit que les Etats-Unis voulaient qu’un règlement international soit tenu secret.

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Article de Brenda Norrell de mars 2004

PHOENIX, Arizona – Les Etats-Unis essaient de tenir secret une règle internationale qui concerne les Indiens d’Amérique et les droits à la propriété. La règle, dans le cas des Shoshone de l’Ouest, exige une révision de toutes les lois et politiques des Etats-Unis concernant les peuples Autochtones, et en particulier le droit à la propriété.

Le Jour des Peuples Autochtones, la Shoshone de l’Ouest Carrie Dann dit: «Les Etats-Unis ont été pris en train de violer de la loi internationale – pris en train de violer nos droits à la propriété, à une procédure légale, et à l’égalité devant la loi.
« Il leur a été dit de remédier à cette situation et de revoir toutes les lois et politiques concernant les peuples autochtones des Etats-Unis.»

La Commission Interaméricaine des Droits Humains, l’Organisation des Etats Américains, publia son rapport final dans l’affaire Dann contre les Etats-Unis. C’était le premier rapport juridique sur la loi et la politique des Etats-Unis concernant les peuples autochtones à l’intérieur de leurs frontières.
Julie Fishel, avocate du Projet de Défense des Shoshone de l’Ouest, dit que les Etats-Unis ne voulaient pas que les Amérindiens soient mis au courant de la décision.
«Ça les rend nerveux», dit Julie Fishel.

La décision de l’Organisation des Etats Américains visait le droit des Dann à leur terre ancestrale et la violation de leurs droits humains. Dans sa déclaration du 11 mars, C. Dann dit que les Etats-Unis violaient le Traité de Ruby Valley de 1863.

«Ils nous disent que nos terres sont des terres fédérales,» dit C. Dann, s’exprimant dans le ranch où sa famille avait vécu depuis des générations, dans Crescent Valley.

Les Shoshone de l’Ouest vivent sur le territoire, aujourd’hui appelé Nevada, depuis plus de 4000 ans. Pourtant, les terres des Shoshone de l’Ouest sont confisquées pour une mine d’or à ciel ouvert, extrayant par lixiviation au cyanure, et pour un stockage de déchets nucléaires dans la Montagne Yucca, une montagne sacrée pour les Shoshone.

C. Dann dit: «Sur le site de tests du Nevada, le gouvernement actuel veut recommencer les tests nucléaires et font des tests [d’armes] biologiques et chimiques et développent le nouvel équipement pour le Contre-terrorisme Fédéral.
«Pour nous, ces activités ne sont développées que pour le profit des corporations multinationales, pas pour bénéficier aux gens. Rien que sur nos terres, des entreprises comme Placer Dome, Newmont, Barrick, Halliburton, Bechtel et Lockheed Martin empoisonnent notre air et notre eau, et déchire Notre Mère la Terre.»

Les troupeaux de centaines de familles ont été confisqués par l’Intérieur, au cours d’attaques de style militaire.

«Nous sommes sous surveillance constante, par des rangers fédéraux armés et des vols d’hélicoptères. Nous restons sur la terre de nos ancêtres.
«Le Congrès des Etats-Unis et les grandes entreprises mettent de l’argent et autres marchés sous le nez de notre peuple,» C. Dann dit que la responsabilité du peuple est de préserver la vie pour les générations futures.

Photo Intercontinental Cry

Carrie et sa sœur Mary ont combattu les Etats-Unis jusqu’à la Cour Suprême. Après dix ans de procédures judiciaires, l’Organisation des Etats Américains a tranché en faveur des Shoshone de l’Ouest.

Le rapport de l’Organisation des Etats Américains a été publié le 9 janvier 2003, dix ans après que les sœurs Mary et Carrie Dann ait présenté une pétition. Au cours de la procédure judiciaire, plusieurs autres communautés Shoshone de l’Ouest se sont jointes à la pétition. Le Conseil de la Nation Shoshone de l’Ouest, l’instance dirigeante traditionnelle, a déposé une motion de soutien.

Le rapport déclare que les Etats-Unis avaient plaidé auprès de la Commission des Réclamations Indiennes, que les Shoshone de l’Ouest avaient perdu leur territoire à cause « d’un empiètement graduel » par des blancs, colons et autres. Les Shoshone de l’Ouest ont plaidé que l’argument des Etats-Unis était en violation de leurs propres lois et des lois internationales sur les droits humains, qui lient les Etats-Unis en tant que membre de l’Organisation des Etats Américains.

La Commission Interaméricaine des Droits Humains était d’accord avec les Shoshone de l’Ouest. Le rapport définitif stipulait que les Etats-Unis violaient le droit à la propriété, le droit à une procédure judiciaire, et le droit à l’égalité devant la loi.

Le Rapport définitif exprimait deux recommandations aux Etats-Unis. La première était de remédier à la situation des Shoshone de l’Ouest, soit par une législation, soit en organisant une audience sur le problème du titre.

L’Organisation des Etats Américains recommandait aussi que toute la législation et la politique des Etats-Unis concernant les Peuples Autochtones, et en particulier le droit à la propriété, soient révisées.

Carrie Dann dit: «Nous ne renoncerons jamais à notre résistance. Nous ne pouvons pas. Ce n’est pas pour nous, c’est pour ceux encore à venir.»

Il fut demandé à Carrie Dann ce qu’elle désirait le plus.

«La Libération» dit-elle.
«J’ai attendu toute ma vie d’être libérée du gouvernement fédéral.»

Se souvenant des paroles du Président Bush, elle dit: «Bush dit, ‘Nous ne sommes pas des conquérants, nous sommes des libérateurs.’
«J’attend toujours le jour où les Autochtones seront libérés du contrôle du gouvernement des Etats-Unis.»

Copyright de l’article ©Brenda Norrell. Copyright de l’hommage de ©Simon J. Ortiz. Photos ©Brenda Norrell, Ilka Hartmann, ©Intercontinentalcry, ©Womensearthalliance, ©Rightliverlihoodaward.