Christine Prat, CSIA-Nitassinan
13 novembre 2022
Photos Max Wilbert

Les photos de la région de Thacker Pass sont de ©Max Wilbert et sont utilisées avec sa permission. Utilisation commerciale interdite, diffusion du message fortement encouragée.

Les médias publics français ne parlent que rarement des Autochtones d’Amérique du Nord, et toujours au passé : ils ont été exterminés, c’est triste mais on n’y peut rien. Lorsqu’ils doivent parler des plus de 1000 tests de bombes atomiques dans le Nevada, ils précisent que c’est dans un désert inhabité ! À seulement quelques dizaines de kilomètres de la région la plus peuplée du Nevada… Evidemment, ils ne parlent jamais du projet de site d’enfouissement profond de déchets hautement radioactifs, au même endroit, ça rappelle trop Bure. Même chose pour le projet de mine de lithium à Thacker Pass, dans le nord du Nevada, la France veut en creuser dans le Massif Central.

Hélas, j’ai remarqué que même les Français qui s’intéressent aux Autochtones d’Amérique du Nord, s’intéressaient beaucoup moins aux menaces de mines de lithium qu’aux autres problèmes. Croient-ils ce que dit France-Culture ? Ou comptent-ils déjà acquérir un véhicule électrique et préfèrent ne pas savoir que ça pollue autant que les voitures à essence ?

Les mines de lithium polluent et détruisent l’environnement. Le lithium est en soi toxique, et l’extraction de quelque minerai que ce soit se fait en utilisant des produits dangereux. L’extraction du lithium et le traitement du minerai exigent l’utilisation de milliards de litres d’eau – dont une partie reste polluée pour au moins 300 ans – et ça laissera un tas de déchets gigantesque, selon un article du New York Times de 2021. Le fonctionnement de la mine devrait brûler plus de 98000 litres de diesel par jour. Ça exige aussi la construction de routes pour le transport, l’utilisation de camions au diesel, etc. C’est autant de territoire détruit pour une faune et une flore rares et menacées. L’article du New York Times dit : « Les voitures électriques et l’énergie renouvelable pourraient ne pas être aussi vertes qu’elles paraissent. La production de matériaux comme le lithium, le cobalt et le nickel, qui sont essentiels pour ces technologies, est souvent désastreuse pour le sol, l’eau, la vie sauvage et les gens. »

Thacker Pass est un site sacré et historique pour les Paiutes de la région, en 1865 la Cavalerie y a commis un massacre. Les compagnies explorent la région depuis 2007 et maintenant, l’autorisation du projet est accélérée. Les habitants n’ont pas été consultés convenablement. Des Autochtones, des groupes écologistes et un rancher de la région sont allés en justice. Ils ont besoin de soutien. Faire connaître le problème au maximum est déjà un moyen de pression. Pour plus de détails sur Thacker Pass et les mines de lithium, voir l’article de Max Wilbert, écologiste, auteur et photographe, traduit en français sur ce site.

Cartes des régions citées:

 


Les Autochtones du Nevada ont souffert du nucléaire depuis des décennies. D’abord, les tests de bombes atomiques, qui ont eu lieu de 1951 à 1992, faisant de la Nation Shoshone, majoritaire dans la région, la Nation la plus bombardée au monde. Depuis 1987, les autorités des Etats-Unis ont essayé de créer un site d’enfouissement profond (type Bure) des déchets les plus radioactifs des USA à proximité du site de tests de bombes atomiques. Depuis 1994, les Shoshone luttent contre ce projet.

Christine Prat


Native Community Action Council [Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone] P.O. Box 46301, Las Vegas, NV 89114 21 septembre 2022 Contact : Ian Zabarte

Le Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone (NCAC) ne prend pas position dans la plainte déposée par le Nevada à la Commission de Régulation Nucléaire (NRC – Nuclear Regulatory Commission) pour redémarrer le processus de Yucca Mountain. En tant que partie représentée au Conseil d’Agrément de Sécurité Atomique pour la NRC, le NCAC n’a fait qu’une objection de propriété, une exigence du 10 CFR 60.121, pour protéger la Nation d’Indiens Shoshone et les habitants. Yucca Mountain est à l’intérieur des territoires des Bandes Occidentales de la Nation d’Indiens Shoshone, définis par le Traité de Ruby Valley de 1863 (Consolidated Treaty Series 127-1863).

Le membre du NCAC Joe Kennedy a déclaré, « Arrêter [le projet] Yucca Mountain est ce qu’il faut faire pour protéger les Shoshone de l’Ouest, tous les habitants et la vie autour de Yucca Mountain du risque de radiations posé par des déchets nucléaires hautement radioactifs. »

En 1987, le Congrès des Etats-Unis a trouvé que Yucca Mountain était le seul site pouvant être caractérisé comme site géologique d’enfouissement profond de déchets nucléaires hautement radioactifs. Les Bandes Occidentales de la Nation d’Indiens Shoshone ont résisté aux actions coordonnées dirigées par le Département de l’Energie, le Bureau d’Aménagement du Territoire, l’Agence de Protection de l’Environnement, le Département des Transports, et l’agence d’agrément de permis, la NRC, pour infliger des conditions dangereuses au peuple Shoshone, évidentes pour des matériaux radioactifs.

Selon Ian Zabarte, Secrétaire du Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone, « la propriété n’est pas une chose. C’est une relation entre des gens par rapport aux choses. Les droits de propriété Shoshone à Yucca Mountain sont protégés par le traité et l’Article 6 de la Constitution des Etats-Unis. Le titre des Shoshone de l’Ouest n’est pas aboli.»

Le Nevada veut mettre un terme aux projets fédéraux ratés de décharge de déchets nucléaires 20 septembre 2022

Ce jour, le Gouverneur du Nevada Steve Sisolak et l’Agence du Nevada pour les Projets Nucléaires ont annoncé la déposition d’une nouvelle motion légale pour mettre un terme aux projets fédéraux de construire une décharge pour les déchets les plus radioactifs du pays à Yucca Mountain, à 100 km* au nord-ouest des zones peuplées du Comté de Clark.

«Il est temps de prendre des leçons de l’expérience de Yucca Mountain et de les confronter à la réalité,» dit le Gouverneur Sisolak.

«Les habitants du Nevada ne veulent pas prendre part à une expérience dangereuse. Yucca Mountain ne doit pas devenir une décharge nationale pour les déchets dangereux» dit le membre du Congrès Steven Horsford (NV-04). «Il est plus que temps de conclure le débat sur Yucca Mountain et de protéger les résidents de mon district et de tout l’état.»

«Depuis des années, nous avons dû combattre pour assurer que le Nevada ne devienne pas la décharge de la nation pour les déchets nucléaires», dit la Représentante Susie Lee (NV-03).

*Yucca Mountain est à un peu plus de 100 km de l’agglomération de Las Vegas, par une petite route sinueuse. La radioactivité ne suit pas la route, mais le vent. Et à environs 70 km – toujours par la petite route sinueuse – il y a des communautés plus petites, comme à Indian Springs ou Pahrump. Le site est très proche de la frontière entre le Nevada et la Californie, et les Autochtones de l’autre côté de la limite se plaignent également des effets de la radioactivité.

La région affectée:

Le site, avec les 7 volcans actifs au pied de Yucca Mountain:


Reno, Nevada, juillet 2022

Par Shelley Barjo
Commentaire Nevada Current
Publié sur Censored News
Le 17 août 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Le projet de mine de lithium à Thacker Pass sera la pire profanation et le viol d’un site connu de massacre d’Autochtones dans notre région. Je crois que l’absence d’opposition des élus officiels de la Tribu Paiute-Shoshone de Fort McDermitt est une sérieuse injustice envers notre peuple.

Je ne peux pas ne pas réagir quand Lithium Nevada, une compagnie Canadienne, et des politiciens comme le Gouverneur Steve Sisolak, entreprennent, de façon concertée, de convaincre le public que le soutient complaisant actuel de la Tribu de Fort McDermitt pour la mine de lithium à ciel ouvert de Thacker Pass implique que la plupart des membres de la Tribu et d’autres Autochtones approuvent. Comme d’autres membres de tribus, je m’oppose à la profanation de Thacker Pass. À mon avis, ça va changer ce qui reste de mes terres ancestrales en une zone de sacrifice pour des batteries de voitures électriques. Mes terres ancestrales ne s’arrêtent pas à la limite de la réserve et je refuse de simplement voir les membres de la tribu être les pions du service de relations publiques de Lithium Nevada.

Malgré les tentatives de Lithium Nevada de dépeindre une bonne relation de voisinage avec les Autochtones en incluant des membres tribaux de Fort McDermitt dans la cérémonie d’inauguration du Centre de Développement Technique du Lithium, la réalité est bien différente. Cette mine dresse les membres de la tribu les uns contre les autres. Nations Tribales contre Nations Tribales. Des membres d’une même famille, des amis de longue date et de jeunes adultes doivent choisir un côté – pour ou contre la mine – sur la base de la propagande de viabilité économique, pour une des Tribus les plus pauvres du Nevada.

Le fait que les grandes compagnies puissent détruire le peu qui nous reste de notre histoire sur le dos de nos générations futures, avec une façade de stabilité économique, est inexcusable !

Lithium Nevada et le Bureau d’Aménagement du Territoire (BLM) affirment avoir consulté les trois tribus les plus proches (La tribu Paiute et Shoshone de Fort McDermitt, la tribu Paiute de Summit Lake, et la Colonie Indienne de Winnemucca), avant de publier le permis fédéral, le 15 janvier 2021. En avril 2021, les trois tribus ont envoyé des courriers au BLM disant qu’aucune consultation n’avait jamais eu lieu.

En fait, ma tribu, la Tribu Paiute et Shoshone de Fort McDermitt, a écrit au BLM en mai 2021 que sa décision détruisait des terres et des ressources culturelles sacrées pour Fort McDermitt, vu que la mine de Thacker Pass « a été développée et approuvée sans aucune contribution tribale ni consultation de gouvernement à gouvernement… » Ils ont aussi écrit que le projet de disposer de ressources culturelles Amérindiennes à Thacker Pass ne « reflétait en aucune manière les valeurs Tribales que nous avons de nos ressources culturelles, historiques et religieuses dans la zone de Thacker Pass, maintenant destinées à être effacées et détruites – avec l’approbation du BLM – par le Projet de Lithium Nevada. »

La Colonie Indienne de Winnemucca a été plus directe et a écrit : « Nous nous inquiétons de ce que [le projet officiel du gouvernement pour la ressource culturelle de Thacker Pass] déclare qu’une consultation a eu lieu avec la Colonie Indienne de Winnemucca début 2017 et continue à ce jour. Je crois que ce n’est pas vrai, et que le BLM n’a PAS consulté la Colonie Indienne de Winnemucca en ce qui concerne ce projet. »

En plus de Fort McDermitt, Summit Lake et la Colonie Indienne de Winnemucca, la Tribu Paiute de Burnes, la Tribu Paiute de Pyramid Lake, et la Colonie Indienne de Reno-Sparks ont aussi envoyé des lettres questionnant le BLM sur le manque de consultation tribale pour la mine de Thacker Pass.

Quand le BLM et Lithium Nevada ont refusé de ralentir le projet pour qu’une vraie consultation tribale puisse avoir lieu, en juillet 2021, la Colonie Indienne de Reno-Sparks et la Tribu Paiute de Burns ont porté plainte. En février 2022, la Colonie Indienne de Reno-Sparks et la Tribu Paiute de Burns ont été rejointes au tribunal par la Colonie Indienne de Winnemucca. Pour information, six tribus du Nevada se sont officiellement plaintes de ce que le BLM n’avait pas consulté les tribus à propos de Thacker Pass. Ça inclut ma chère Tribu Paiute Shoshone de Fort McDermitt. Bien qu’elle n’ait pas formellement exprimé son opposition, les membres désapprouvent aussi.

Le public doit comprendre à quel point ça peut être effrayant pour les tribus. Nous nous souvenons des atrocités commises par le gouvernement américain contre nous tous aussi – y compris des services gouvernementaux comme le BLM !

Il faut savoir que toutes les tribus n’ont pas la chance d’avoir une équipe de politiciens ou administrateurs professionnels, mais la plupart du temps, ce sont des membres de la communauté qui se sentent concernés et essaient simplement de faire ce qu’il y a de mieux pour leurs communautés respectives. Combattre des projets fédéraux comme la mine de Thacker Pass peut coûter cher et exiger beaucoup de travail des conseils tribaux, spécialement si ces conseils tribaux sont responsables de la gestion des affaires gouvernementales courantes de la réserve. La loi américaine ne donne pas aux tribus de droit de consentement sur des projets sur des terres publiques. Elle ne leur donne qu’un droit de consultation.

Ainsi, même quand les services du gouvernement « consultent » les tribus, ces services ne sont pas obligés de suivre les recommandations des tribus, en particulier sur des questions Autochtones importantes comme la préservation historique et des sites sacrés. Et parce que les protections légales américaines pour les sites sacrés Amérindiens sont si faibles, beaucoup de conseils tribaux se demandent : « Quel est l’intérêt de forcer les agences gouvernementales à nous écouter, alors qu’elles n’ont pas à satisfaire nos demandes ? »

Malgré l’appauvrissement que nous vivons dans les réserves, beaucoup d’entre nous, comme l’ont fait nos ancêtres massacrés avant nous, continuent de résister à l’expansion des mines sur nos terres traditionnelles, parce que nous savons que les mines polluent l’air, l’eau et le sol, et tuent des membres des tribus par des cancers. Les mines détruisent aussi des non-humains, y compris certains des nos frères et sœurs les plus sacrés comme l’aigle doré et le Tétras des armoises.

‘Symbolisme de la pire espèce’

Pour beaucoup d’entre nous, Peuples Autochtones, la destruction de la terre qui nous donne la vie, à nous et à nos générations à naître longtemps après les mines, est l’une des plus grandes atrocités des temps modernes commises contre nous. Je crois que, pour quelques maigres coups de pouce financiers, les compagnies soient prêtes à faire des milliards de la destruction de notre terre, est inacceptable et injuste !

Les tentatives de Lithium Nevada de dépeindre mon conseil tribal comme représentant tous les Autochtones est du symbolisme de la pire espèce. Il est important que les non-Autochtone comprennent que les réserves et les conseils tribaux sont des pures inventions du gouvernement américain. Les réserves ont été créées pour déporter les Autochtones sur les terres les moins désirées économiquement, alors que de plus en plus de colons arrivaient. Les conseils tribaux ont été créés par le gouvernement américain dans une tentative de fabrication d’une légitimité pour le vol systématique des terres Autochtones par le gouvernement. Avant les années 1860, il n’y avait pas d’entités comme la Tribu Paiute et Shoshone de Fort McDermitt ni de réserve de Fort McDermitt – en ces temps-là, les Autochtones n’avaient pas de frontières.

Notre histoire orale nous parle du massacre de Thacker Pass du 12 septembre 1865, et nous dit que c’est le lieu de dernier repos pour jusqu’à 70 de mes ancêtres qui ont été massacrés par des soldats fédéraux, dans le cadre de ce que les historiens appellent la Guerre du Serpent. La Guerre du Serpent a été combattue entre 1864 et 1868 par des Autochtones de la région, entre autres Paiutes et Shoshone, contre des colons et surtout des prospecteurs qui envahissaient nos terres. La Guerre du Serpent a été la plus sanglante des soi-disant « Guerres Indiennes » menées par le gouvernement américain à l’ouest du Mississippi.

Ainsi, les descendants de ceux qui ont été massacrés à Thacker Pass vivent maintenant un peu partout dans l’ouest des Etats-Unis et sont adoptés comme membres de dizaines de tribus. Alors que la tribu de Fort McDermitt comprend les descendants de ceux qui ont été tués au cours du massacre de Thacker Pass, et des descendants de ceux qui vivaient dans la région depuis des temps immémoriaux, beaucoup de ces descendants sont membres d’autres tribus disséminées dans ce grand pays. Ça inclut des membres de tribus comme la Colonie Indienne de Reno-Sparks, la Tribu Paiute de Burns, et la Colonie Indienne de Winnemucca – qui ont toutes attaqué la légalité du projet de Thacker Pass dans un tribunal fédéral.

Certains membres de tribus peuvent ne pas connaître leurs ancêtres de cette époque. Cependant, beaucoup savent toujours. Mon histoire n’est peut-être pas connue de mon voisin, et je peux ne pas connaitre leur histoire, mais c’est parce que notre histoire, en tant qu’Autochtones, a été transmise de génération en génération et de famille à famille par des histoires orales. Ce qui peut être écrit dans les livres d’histoire comme « Histoire Américaine » n’inclut pas toujours toute la vérité, mais plutôt ce qui peut être corroboré par les colons blancs ou ces « historiens » pourvus de diplômes universitaires. C’est généralement orienté et unilatéral.

Ne vous laissez pas abuser par les tactiques publicitaires de Lithium Nevada aujourd’hui. Ma réserve est pauvre et a désespérément besoin d’opportunités économiques. Beaucoup de membres de la tribu sont forcés de choisir de travailler dans les mines parce qu’ils n’ont pas d’autres options. De plus, beaucoup quittent la réserve pour trouver leurs propres solutions permanentes pour leurs familles.

Ainsi, le simple fait que la tribu de Fort McDermitt cherche des solutions économiques auprès de Lithium Nevada, ne signifie pas que la plupart des Autochtones soutiennent la profanation de Thacker Pass. Ça ne signifie même pas que la majorité des membres tribaux de Fort McDermitt la soutiennent. Tout ce que ça signifie, c’est que le conseil tribal actuel de Fort McDermitt est prêt, peut-être inconsciemment, à sacrifier la santé de la terre pour quelques emplois temporaires pour quelques membres de la tribu.

La promesse de quelques bâtiments et d’un centre culturel ne peut pas remplacer la responsabilité que nous avons vis-à-vis de nos ancêtres ni notre obligation envers ceux à naitre après nous. La pauvreté qui règne à Fort McDermitt pourrait rendre difficile de blâmer mon conseil tribal, mais si vous y réfléchissez bien, sacrifier la terre pour un peu d’argent est exactement comment nous en sommes arrivés à l’état environnemental dans lequel nous vivons actuellement.

Sommes-nous prêts à sacrifier des sites sacrés, la santé et l’équilibre interne pour des gains économiques à court terme, pendant que des compagnies géantes créent une richesse incommensurable, épuise les ressources et laisse nos générations futures supporter le désordre que la mine de Thacker Pass laisserait derrière elle ? Je ne croirai jamais que c’est le meilleur moyen de vivre plus vert, et beaucoup d’autres Autochtones dans notre région ne le croient pas non plus. Creuser la mine à ciel ouvert de Thacker Pass sur une terre sacrée ouvrira beaucoup de portes à encore plus de destruction de notre Mère la Terre.

Shelley Harjo

Shelley Harjo est membre de la Tribu Paiute Shoshone de Fort McDermitt, née et élevée dans la réserve. Elle vit actuellement à Reno et est mère de 5 enfants et fière grand-mère de deux petits-enfants. Ses enfants sont aussi membres de la tribu Paiute Shoshone de Fort McDermitt.

Autochtones du Nevada menacés par la « ruée vers le lithium » déclenchée par de fausses promesses d’énergie “verte”.

UNE VIOLATION DES DROITS DES AUTOCHTONES
DES PROCÉDURES ARCHÉOLOGIQUES COMMENCENT À THACKER PASS
LES ANCÊTRES ET DES SITES SACRÉS DANS LA LIGNE DE TIRS

Contact: Reno Sparks Indian Colony https://www.facebook.com/rsictribe ou l’avocat Will Falkhttps://www.facebook.com/willfalk35
Censored News
18 avril 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

OROVADA, NEVADA, 18 avril 2022 – Des processus archéologiques ont commencé sur le site projeté pour la mine de lithium de Thacker Pass cette semaine, ce que la Colonie Indienne de Reno-Sparks (RSIC) dit être une violation des droits des Autochtones.

« Ces procédures profanent le lieu de repos de nos ancêtres, en violation de la Loi sur la Protection et le Rapatriement des Tombes Autochtones [NAGPRA], » dit Michon R. Eben, Officier Tribal de la Préservation Historique pour la Colonie Indienne de Reno-Sparks. « Le Gouvernement Fédéral devrait avoir honte de l’absence de consultation de gouvernement à gouvernement par le BLM [Bureau de l’Aménagement du Territoire] de Winnemucca et le Groupe de Recherche Anthropologique du Far West, Inc. »

Thacker Pass a été le site, en 1865, d’un massacre de Paiutes par des militaires des Etats-Unis.

Dans une lettre envoyée par la Tribu à la firme archéologique qui dirige les excavations, Groupe de Recherche Anthropologique du Far West, Inc., la RSIC exige que « (la firme) arrête immédiatement les forages archéologiques projetés et refuse de participer à la profanation de Thacker Pass au profit de la cupidité des grandes compagnies. »

La mine de lithium de Thacker Pass est devenue un scandale international en janvier de l’an dernier, quand les protestations ont commencé sur le site de la mine. Des écologistes, des tribus, des ranchers ont porté plainte contre le projet de mine devant un tribunal fédéral, alléguant des violations de diverses lois fédérales, et demandant des investigations du Congrès sur l’affaire. Le projet a été « accéléré » sous le gouvernement Trump.

Le président de la colonie, Arlan Melendez demande : « Comment vous sentiriez-vous si vos proches étaient massacrés dans une zone sacrée de prières, sans pouvoir tourner la page sur leur mort, pour le profit tiré d’une terre volée, et que maintenant vos terres ancestrales sacrées étaient déracinées sans consultation fédérale adéquate, pour le profit de la plus grande mine de lithium d’Amérique ? Le processus de consultation avec les nations tribales doit être maintenu. »

« C’est un combat pour la justice, un combat pour la planète, et un combat pour ce qui est bien » dit Will Falk, un avocat de la RSIC. « Nous avons besoin de l’aide de tous pour mettre fin à cette profanation. »

RÉSUMÉ D’UNE LETTRE DE 7 PAGES :

La Colonie Indienne de Reno-Sparks (RSIC) a précisé dans une lettre sa perception des excavations contraires aux principes projetées, que le Groupe de Recherche Anthropologique du Far West, Inc. (Far-Western) entreprend actuellement sur une Propriété Culturelle Traditionnelle des peuples Paiute et Shoshone, Thacker Pass. Ces procédures archéologiques comprennent l’excavation de ressources culturelles Autochtones, d’objets sacrés, et la perturbation de lieu de repos d’ancêtres Paiutes massacrés le 12 septembre 1865 par la Cavalerie du Nevada.

Le Projet de Mine de Lithium de Thacker Pass est la mine de lithium la plus vaste et la plus complexe du pays. Le projet est devenu un scandale international en janvier de l’an dernier, quand les protestations ont commencé sur le site de la mine. Des écologistes, des tribus, des ranchers ont porté plainte contre le projet de mine devant un tribunal fédéral, alléguant des violations de diverses lois fédérales, et demandant des investigations du Congrès sur l’affaire. Le projet a été « accéléré » sous le gouvernement Trump.

Si nous ne tenons pas les agences fédérales, les compagnies minières et les firmes archéologiques pour responsables de leurs pratiques pour le profit contraires à l’éthique, nous verrons le Nevada devenir un terrain vague poubelle et une perpétuelle exploitation de la culture des peuples Autochtones pour de futures mines de lithium. Tous les travaux entrepris au niveau fédéral, y compris les projets de mines, doivent inclure les tribus reconnues fédéralement au cours de tout le processus.

Le BLM a manqué à ses responsabilités selon la Loi Nationale de Politique Environnementale (NEPA), la Loi de Protection de de Rapatriement des Tombes Autochtones (NAGPRA), la Loi de Protection des Ressources Archéologiques (ARPA) et la Loi Nationale de Préservation Historique (NHPA). Le BLM n’a pas donné aux tribus qui accordent une importance culturelle et religieuse à Thacker Pass, une possibilité raisonnable d’exprimer les inquiétudes concernant les sites culturels Autochtones, de donner des conseils sur l’identification et l’évaluation de l’importance traditionnelle religieuse et culturelle, de préciser leurs points de vue sur les effets du Projet de Mine de Lithium de Thacker Pass sur ces sites Autochtones, ni de participer à la résolution d’effets négatifs, exigée par la NHPA. Le BLM et Far Western n’ont pas inclus dans leurs rapports, le massacre du 12 septembre 1865. Il y a plus de 100 massacres mentionnés dans le Grand Bassin, de 1864 à 1868. C’est l’Histoire Américaine. C’est l’Histoire du Nevada. Les Paiutes sont importants, pas seulement pour les reliques sur et dans le sol, qui pourraient donner des informations et des succès universitaires aux archéologues.

Prendre ces reliques et perturber les sites funéraires constitue un chapitre honteux de plus dans une longue histoire de colons essayant de détruire ou de commettre un génocide contre l’histoire et la culture des Autochtones.

Dans la lettre, la RSIC rappelle à Far Western les principes éthiques de l’archéologie et le Code de Standards Professionnels de l’Institut Archéologique d’Amérique. La RSIC rappelle également à Far Western que par l’excavation de Thacker Pass, ils démontreront que de gros contrats, de l’argent et des papiers universitaires sont plus importants pour leur organisation que de concevoir l’archéologie de façon morale et de respecter les inquiétudes légitimes d’une Tribu reconnue fédéralement, quant à la profanation de ses modes de vie ancestraux, y compris ses sites sacrés.

La RSIC demande à Far Western de prendre toutes ces objections en considération et de reconnaitre sérieusement qu’il est nécessaire de revoir la relation entre l’Archéologie et les Peuples Autochtones.

L’aspect central est que les firmes archéologiques fondent leur travail et leur science sur la moralité et l’éthique, plutôt que sur l’extractivisme de projets accélérés qui affectent pour toujours les ancêtres, les sites sacrés et le savoir des Autochtones. La RSIC demande que Far Western (et toute autre firme archéologique qui pourrait participer à des excavations non scrupuleuses) d’arrêter immédiatement les fouilles et de refuser de participer à la profanation de Thacker Pass au profit de la cupidité des grandes entreprises.

Article, photo ©Censored News, publié avec autorisation.

Les Autochtones du Nevada, déjà décimés par plus de 1000 tests de bombes atomiques, sont maintenant menacés par la « ruée vers le lithium » déclenchée par les fausses promesses des batteries électriques. Ils veulent attirer l’attention sur leur situation. C’est particulièrement important en France, où les médias officiels ne cessent de faire croire que le Nevada est un désert quasiment inhabité.
Christine Prat

COURSE-PRIÈRE JUSQU’À WASHINGTON POUR PROTÉGER PEEHEE MU’HUH (THACKER PASS)

Par Protect PeeHee Mu’Huh (Tacker Pass)
Course-prière jusqu’à Washington D.C.
Publié par Censored News
le 16 avril 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Le 8 avril 2022, un groupe de coureurs prieurs conduits par Gary McKinney et Ky NoHeartInWar, ont quitté la région de la Nation Paiute près de Fort McDermitt, dans le nord du Nevada, à Thacker Pass (PeeHee Mu’Huh – Lune Pourrie) avec comme destination finale le Ministère de l’Intérieur et la Maison Blanche, à Washington D.C.

Le but de leur course est de faire prendre conscience à tous du projet de destruction de ce site cérémoniel et culturel, situé au cœur des Nations Paiute et Shoshone de l’Ouest. Non seulement des cérémonies ont lieu sur ce site, mais c’est aussi le lieu de multiples massacres impliquant non seulement la Cavalerie des Etats-Unis, mais aussi d’autres tribus Autochtones voisines, ce qui a conduit à ce que ce lieu devienne une terre de sépultures.

La Lithium Nevada Corporation, par l’intermédiaire du Bureau d’Aménagement du Territoire, est en passe d’obtenir cette terre pour une mine à ciel ouvert, qui doit devenir une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde. Grâce à la Loi sur la Production de Défense, passée au début de l’année, ils ont obtenu des permis, et une approbation dans un délai adéquat, ce qui a porté un coup dévastateur aux actes juridiques conçus pour protéger notre passé, notre présent et notre avenir en tant que nation culturelle. La compagnie et les entités gouvernementales ont choisi d’ignorer la Loi de 1990 sur la Protection des Tombes Amérindiennes et de Rapatriement [NAGPRA], la Loi de Rapatriement, la Loi sur la Liberté Religieuse de 1978 promulguée par le Président Carter, et la Loi sur les Antiquités ; toutes sont conçues pour nous protéger en tant que nations souveraines.

De plus, non seulement cette compagnie cherche à détruire ce site sacré, mais elle a aussi l’intention de détruire les habitats des aigles chauves et des aigles royaux au cours de ce projet. Nous ne pouvons pas laisser faire cela sans faire prendre largement conscience de leurs intentions.

En tant que peuple culturel, c’est notre façon de tracer la voie de 7 générations derrière nous. Ceci étant dit, nous ne pouvons pas autoriser les pouvoirs gouvernementaux à empiéter sur des frontières officiellement reconnues, et c’est au peuple de préserver les lois du territoire, des traités et des accords entre ces deux nations souveraines.

C’EST UNE TERRE SACRÉE

Veuillez agréer…,

Les Coureurs Prieurs de PeeHee Mu’Huh

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projets de mines de lithium dans le sud-ouest des USA


Par Brenda Norrell
Censored News
20 novembre 2021
Traduction Christine Prat, CSIA

L’accord sur une mine de lithium locale était tenu secret quand Myron Dewey, paiute shoshone, a lancé son dernier avertissement

TONOPAH, Nevada – Un accord sur une énorme mine de lithium était encore tenu secret quand le journaliste Paiute Shoshone Myron Dewey a lancé son dernier avertissement contre l’extraction de lithium dans le Nevada. Myron Dewey a trouvé la mort dans un accident de la route le lendemain de son reportage en ligne, dans lequel il prévenait des dangers du champ de tir de la Marine et de l’extraction de lithium.

La compagnie admet maintenant que l’accord sur le lithium près de Tonopah, dans le Comté de Nye, avait été tenu secret et que l’extraction de lithium est considérée comme de l’or, étant donné que la demande de lithium pour des batteries de voitures électriques, de téléphones et de tablettes augmente.

Le silence autour de l’extraction de lithium dans le pays de Dewey s’est reflété au Sommet des Nations Unies sur le Climat, la COP26 en Écosse, où il a été très peu fait mention des Autochtones qui risquent leurs vies pour protéger la terre et l’eau de l’extraction de lithium. Des poursuites en justice ont généralement résulté de la mort d’enfants qui travaillent dans des mines de cobalt pour les batteries au lithium.

Les voitures électriques font partie du « laver plus vert » des entreprises et des politiques, qui offrent de fausses solutions à la crise climatique.

Le Pahrump Valley Times écrit que la Tonopah Lithium Corporation, officiellement American Lithium Corporation, a plus de 52 000 km² de concessions minières non-patentées, à environ 10 km au nord-ouest de Pahrump, dans le Comté de Nye.

Mike Kobler, directeur général des opérations pour Tonopah Lithium Corp., dit que les concessions de la compagnie ont une valeur équivalente à près de 6 millions de kilos d’or.

« Nous avons délibérément gardé le silence jusqu’à ce que nous ayons bien développé nos projets, selon les lignes permises et selon notre ingénierie et nos sciences géologiques » expliqua Kobler à des commissaires le 2 novembre. Kobler dit que c’était peut-être la première fois que tant de gens entendaient parler des plans de la Tonopah Lithium Corporation dans la région.

Les terres ancestrales des Paiutes et des Shoshone sont depuis longtemps la cible de tests de bombes atomiques, d’entrainement militaire et de vols de drones dangereux, et de l’extraction d’or.

La Tonopah Lithium Corporation vise aussi l’extraction de lithium au Pérou

« La compagnie a deux projets de lithium de qualité dans les concessions de lithium de Tonopah, et un projet au Pérou… Le Nevada et le Pérou sont les principales juridictions pour l’extraction minière dans le monde » dit Kobler.

« Nous sommes bien financés, nous avons 16 millions de dollars en cash et nous venons de collecter 35 millions de dollars, donc nous aurons 50 millions de dollars en cash à la banque, et cela financera nos opérations pour les deux années à venir, alors nous avons de bonnes assises financières » dit Kobler dans l’article du Pahrump Valley Times.

Pendant ce temps, la Cour fédérale des Etats-Unis continue de refuser de reconnaitre le Site d’un Massacre de Paiutes, à Thacker Pass, où un projet de mine de lithium destructeur vise le site du massacre et une terre encore intacte, dans le nord du Nevada.

Myron Dewey a été tué dans un accident de voiture le lendemain de son reportage en direct, près de la maison de son enfance, sur une piste éloignée, à côté de la maison de sa famille, près de Yomba, dans le Comté de Nye. La veille, il avait averti des dangers du champ de tir de la Marine et de son projet d’expansion, et de l’extraction de lithium.

Il y a quelques années, le reportage par drone de Myron Dewey avait dénoncé la police militaire et la sécurité privée qui protégeaient le Dakota Access Pipeline à Standing Rock, en 2016 et 2017. La vidéo dénonçait aussi la violence excessive de la police qui avait causé de graves blessures aux Protecteurs de l’Eau.

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Protéger Thacker Pass

« Pour ne pas avoir consulté à temps les tribus – en fait, il n’y a pas eu de vraie consultation du tout – les archéologues et le Bureau d’Aménagement du Territoire n’ont pas effectué de recherche valable sur Peehee Mu’Huh [Thacker Pass] » dit Michon Eben, Agent de la Préservation Historique Tribale de la Colonie Indienne de Reno-Sparks. https://www.protectthackerpas.org/

 

D’après un article de Brenda Norrell
Publié sur Censored News
Mis à jour le 30 septembre 2021
Traduction et mise en forme Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Le dimanche 26 septembre 2021, Myron Dewey, 49 ans, Paiute-Shoshone, a été tué dans un accident de voiture, après avoir tourné, le samedi, une vidéo sur le champ de tir [de bombes] de la Marine des Etats-Unis, sur la terre de son enfance, à Yomba, dans le Nevada.

Myron était cinéaste, journaliste, conteur en ligne, et fondateur de la compagnie de production de médias Digital Smoke Signals, qui a pour but de fournir une plate-forme aux voix Autochtones. Il avait reçu de nombreuses distinctions en tant que journaliste et producteur de médias. Myron était aussi coréalisateur du film ‘Awake : A Dream From Standing Rock’.

Le dimanche, Digital Smoke Signals déclarait : « Nous venons de recevoir la terrible nouvelle que le fondateur de Digital Smoke Signals, Myron Dewey, est maintenant en route pour son voyage vers le Monde de l’Esprit. »

Myron dénonçait la destruction de sa terre natale à partir du champ de tir de la Marine. Sur les terres ancestrales des Paiutes et des Shoshone, dans ce qu’on appelle aujourd’hui « le Nevada », il y a les cicatrices, les poisons, la piste de la mort du Site de Tests Nucléaires, des radiations et des cancers largement répandus, et les pratiques et jeux militaires irresponsables qui détruisent des sites sacrés.

De façon très similaire à celle dont le gouvernement des Etats-Unis protégeait le Dakota Access Pipeline – où Myron avait filmé par drone l’assaut contre l’eau et les Protecteurs de l’Eau – le même gouvernement des Etats-Unis continue son génocide perpétuel avec des bombes et des tirs qui tuent, sur la terre ancestrale des Paiutes et des Shoshone, dans le désert du Nevada.

Actuellement, comme Myron le souligne, c’est l’extraction de lithium qui vise le nord du Nevada.

C’est après avoir filmé en direct le samedi, que Myron a été tué dans un tragique accident de voiture le dimanche matin.

Le choc frontal s’est produit sur une piste, dans le désert, au centre du Nevada.

Le jeudi 30 septembre, Julie Nicholson, Technicienne Administrative du Sheriff du Comté de Nye, dit à Censored News qu’il s’agissait d’une collision frontale, sur Ione Road, une piste non goudronnée, à 11 km au nord de la Route d’Etat 844.

Nicholson dit que la conductrice de l’autre véhicule avait été transportée à l’hôpital. Elle ne savait rien de la gravité des blessures de l’autre chauffeur.

Une Cérémonie de Danse des Larmes [Cry Dance Ceremony] devait avoir lieu le vendredi 1er octobre, en territoire Paiute de Walker River, à Schurz, Nevada. Les funérailles devaient avoir lieu le samedi, avec une escorte de Protecteurs de l’Eau, jusqu’au cimetière.

L’article d’Associated Press est un hommage au travail de Myron à Standing Rock

L’implication et le travail de Myron à Standing Rock, en tant que Protecteur de l’Eau, journaliste et opérateur de drone, sont décrits dans l’article de Sam Metz, d’Associated Press. L’article d’AP a paru dans des médias dans tout le pays, entre autres dans USA Today et le Los Angeles Times.

« Dewey a été applaudi pour ses reportages en direct des manifestations de 2016 contre le Dakota Access Pipeline, près de la Réserve de Standing Rock, qui chevauche la frontière entre les Dakota du Nord et du Sud. Ses images d’Autochtones arrosés avec des canons à eau alors qu’il gelait, ont été vues par des centaines de milliers de gens, après avoir été montrées en ligne et aux informations » écrit Metz pour l’AP.

« Il a réussi à montrer une perspective et un point de vue qui étaient purement et simplement ignorés, à cause de la répression systématique à laquelle les nôtres se sont heurtés tout le temps où nous y étions, » dit le cousin de Dewey, Lance West. « C’était son histoire, et seulement quelqu’un comme lui pouvait la partager d’une manière qui nous parlait vraiment. »

Samedi, dans son reportage en direct, Myron s’est adressé aux générations futures.

Myron Dewey : ‘Survivre au Génocide’

Dans son reportage en direct, le samedi 25 septembre, sur le champ de tir de Yomba, Myron décrivait le complexe militaro-industriel avec lequel il avait grandi, dans le désert du Nevada. Dans un message à ses futurs petits-enfants, il dit « Je suis un témoin, ceci est ce à quoi nous avons survécu. »

Le bouton tueur des drones et le reportage en direct du désert du Nevada

Ce samedi-là, Yahoo News dénonçait le projet de la CIA de kidnapper le fondateur de Wikileaks, Julian Assange. C’est la dénonciation des assassinats par drones des Etats-Unis qui ont fait d’Assange une cible.

Dans le désert du Nevada, à la Base de l’Armée de l’Air de Creech, des pilotes de drones assassinent des gens partout dans le monde. Wikileaks a dénoncé ces assassinats à distances, comme « Meurtres Collatéraux ».

Le même samedi, Myron Dewey faisait un reportage en direct du désert autour du Complexe d’Entrainement de Fallon, le champ de tir de la Marine, à Yomba.

Le champ de tir [de bombes], situé à l’est de Reno, au centre du Nevada, est utilisé par la Marine – les ‘Navy Seals’ – pour bombarder, faire des manœuvres terrestres et la guerre électronique, selon la Marine des Etats-Unis.

Alors qu’on pousse à l’expansion, les Autochtones sont exposés à une extension massive du champ de tir. Myron et des dirigeants Autochtones de la région se sont exprimés pour combattre toute expansion.

De retour à la terre de son enfance, à Yomba, ce samedi-là, Myron dit en direct sur les médias sociaux, au cours de la vidéo, « C’est où nous avons grandi, près du complexe militaro-industriel. »

Myron disait que les militaires volaient au-dessus de sites sacrés. Il décrivait les destructions du sacré là-bas, et dit que l’extractivisme et les champs de tir avaient profané des sites sacrés.

Myron dit aussi que, lorsqu’il entendait « Merci pour votre service, » une autre image lui venait : « Massacres, viols, génocide. » « Je suis un survivant d’un génocide massif au travers des Etats-Unis. » Remarquant que le génocide est pratiqué partout dans le monde, il dit « Dans le Nevada, c’est encore frais. »

À Standing Rock, Myron et les Protecteurs de l’Eau ont également vu un lanceur de missile Avenger. Samedi 26 septembre, cinq ans après Standing Rock, sur le champ de tir dans le désert du Nevada, Dewey a filmé cet Avenger, et souligné qu’il est là pour protéger l’équipement de communication.

Myron dit que cette vidéo est faite pour prévenir ses petits-enfants de la rapacité des grandes entreprises, et de la rapacité qui exige du pouvoir et une force militaire.

À propos du changement climatique, il dit qu’il n’y avait pas assez de pignons de pin pour nourrir les gens au cours de cérémonies, cette année.

Myron a aussi parlé, dans la vidéo, du laver-plus-vert, et de l’extraction de lithium qui menace maintenant le Nevada, et du besoin de protéger et défendre la terre et l’eau.

« Faites une pause », dit-il « Prenez juste un moment pour apprécier ce que vous avez. »

La vidéo tournée par Myron:

Hommages

Karena Acree-Páez, membre de l’équipe de Digital Smoke Signals, écrivit : « Mon frère, nous nous sommes encore parlé hier et tu m’as encore rappelé pourquoi tu faisais ce travail, et maintenant tu vas être avec les ancêtres. Je ne pourrai jamais te remercier assez pour tout ce que tu m’as appris et supporté à Standing Rock, pour tous tes sacrifices visibles et non-visibles. Merci pour ton exemple de courage, de détermination et d’amour des gens. Tu m’as appris qu’il fallait que nous apportions des médias à travers des yeux Autochtones, et tant de choses précieuses !!!

« Tu m’as dit que c’est parce que tu avais vu tant de violence étant enfant que tu as été incité à participer à l’entrainement au trauma historique avec des jeunes et des tribus.

« Les mots me manquent. Maintenant tu es parmi les grands dans le Monde de l’Esprit. Je t’aimerai toujours, mon frère Myron !!! Je te reverrai de l’autre côté. Je me souviendrai toujours de toi comme sur la photo prise pendant Standing Rock. #NoDAPL, Pesha u, » dit Acree-Páez.

Parmi les nombreux articles rendant hommage à Myron Dewey, voir celui de Darren Thompson, du dimanche 26 septembre, sur Native News Online.

QUI ÉTAIT MYRON DEWEY

Duke University Center for Documentary Studies
Lehman Brady, Professeur
Printemps 2019

Myron Dewey est cinéaste, journaliste, conteur en ligne et fondateur de Digital Smoke Signals, une compagnie de production qui a pour but de fournir une plate-forme aux voix Autochtones dans les médias. Son reportage par drone sur le mouvement de Standing Rock, qui protestait contre le Dakota Access Pipeline (DAPL) fait de lui l’une des voix journalistiques les plus importantes sur les questions environnementales et Autochtones aujourd’hui. Par Digital Smoke Signals et son propre travail médiatique, Dewey cherche à combler la division digitale en Pays Indien, et à ‘indigéniser’ les médias avec des valeurs culturelles Autochtones fondamentales.

Dewey a reçu de nombreuses récompenses pour son journalisme et sa production médiatique, entre autres le Prix Michelle Moor pour le Journalisme de Communauté, et celui d’Homme de l’Année, de Medicine Winds News. En 2018, un Prix du Mérite lui a été attribué par la Faculté du Film et des Médias de l’Université du Kansas ; il est parmi les vainqueurs de 2017 du Festival du Film de Drone de New-York, dans la catégorie Informations/Documentaire, pour un court-métrage montrant la police du Dakota du Nord sur le site de protestation NoDAPL ; et il a coréalisé le film couronné en 2017, ‘Awake : A Dream from Standing Rock’, qui raconte l’histoire du mouvement NoDAPL et de la résistance pacifique dirigée par des Autochtones, et le combat pour l’eau pure, l’environnement et l’avenir de la planète.

Dewey a plus de vingt ans d’expérience dans son travail pour combler la division digitale dans les médias et la technologie dans tout le Pays Indien, aussi bien comme éducateur que comme expert dans la construction d’infrastructures technologiques. Il a commencé sa carrière comme soldat du feu en terre sauvage et comme instructeur au combat contre le feu à aux Universités des Nations Indiennes d’Haskell et du Kansas, de 2000 à 2007. De 2009 à 2013, il a enseigné l’informatique, les médias digitaux et la programmation d’applications pour mobiles, au Northwest Indian College de Tulalip, dans l’état de Washington, où il a reçu le prix du Meilleur Enseignant de l’Année en 2010. Cette année-là, il a été reçu au prestigieux Programme des Ambassadeurs Américains pour l’Opportunité Indienne (AIO), où il a étendu ses projets pour construire l’équité technologique pour les Autochtones.

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LE SITE DE TESTS NUCLÉAIRES : Les Shoshone, le Peuple le plus Bombardé de la Terre

Le Peuple Shoshone n’a jamais consenti aux tests d’armes nucléaires. Les tests nucléaires sont une violation du Traité de Paix avec les Shoshone, le Traité de Ruby Valley, et de la Constitution des Etats-Unis, Article 6 Section 2, la clause suprématie du traité.

Par le Comité d’Action de la Communauté Autochtone
nativecommunityactioncouncil@gmail.com
Publié sur Censored News
22 janvier 2021
Traduction Christine Prat

LAS VEGAS, Nevada – Le Conseil d’Action de la Communauté Autochtone célèbre l’entrée en vigueur du Traité sur la Prohibition des Armes Nucléaires, en se rassemblant à Las Vegas devant la Cour Fédérale, pour porter des banderoles affirmant l’entrée en vigueur du Traité.

Le traité a été approuvé par les 193 membres de l’Assemblée Générale des Nations-Unis le 7 juillet 2017, par un vote de 122 pour, les Pays-Bas s’étant opposés et Singapore abstenu. Les cinq puissances nucléaires et quatre pays connus pour ou supposés avoir des armes nucléaires – l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël – avaient boycotté les négociations et le vote sur le traité, tout comme beaucoup de leurs alliés.

Le peuple Shoshone voit le traité comme un pas positif conduisant à la réparation, pour les 900 tests d’armes nucléaires à l’air libre et souterraines qui ont émis des radiations sur les terres de la Nation d’Indiens Shoshone.

« Nous sommes tous sous-le-vent, » déclara Ian Zabarte, Secrétaire du Conseil d’Action de la Communauté Autochtone. M. Zabarte travaille depuis des décennies à faire stopper les tests d’armes nucléaires effectués en secret, et enquêter sur les conséquences sur la santé de l’exposition aux radiations de son peuple et de son pays.

Son but est de mettre fin au besoin d’armes nucléaires, d’atténuer les impacts sur le peuple Shoshone et le territoire, et empêcher que Yucca Mountain ne soit transformée en site d’enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs.

Le Conseil d’Action de la Communauté Autochtone est partie dans l’attribution d’une licence, la seule qui affirme en avoir la propriété. Après avoir dépensé 15 milliards de dollars, le Département de l’Energie ne peut pas prouver de droits de propriété sur Yucca Mountain, en dépit des graphiques du Bureau d’Aménagement du Territoire, parce que le Traité de Ruby Valley a le contrôle, selon la Constitution des Etats-Unis, Article 6, Section 2, c’est-à-dire la clause de suprématie d’un traité.

La propriété des Shoshone persiste toujours.

« Notre relation à la terre et à l’eau pure du Grand Bassin est notre identité » dit M. Zabarte.

Les tests d’armes nucléaires destructrices ont laissé le sol vulnérable et détruit la flore et la faune délicate, permettant à des espèces de plantes nuisibles et invasives de prendre leur place.

M. Zabarte fut acquitté pour avoir capturé des chevaux Indiens dont les Etats-Unis clament qu’ils sont « sauvages » selon la définition du Congrès dans la Loi sur les Chevaux Sauvages et les Ânes de 1971.
« Nous avons agi par nécessité, pour protéger nos chevaux de la destruction du pâturage causée par les tests d’armes nucléaires. »

Le Bureau d’Aménagement du Territoire blâme le bétail des Shoshone pour la destruction du sol.

Les dirigeants Shoshone étaient présents sur le Site de Sécurité Nationale du Nevada à 14h, pour brandir des banderoles et faire prendre consciences aux travailleurs du site que leur travail est illégal.

Par Brenda Norrell
Censored News
5 janvier 2021
Traduction Christine Prat

Le soleil se couchait sur Eureka, Nevada, et les routes étaient gelées et traitresses. C’était en février et je m’inquiétais pour Carrie Dann, septuagénaire, qui faisait seule la longue route jusqu’à son ranch. Je l’avais accompagnée jusqu’à son camion blanc, essayant de ne pas glisser sur le trottoir, transformé en une feuille de glace. En souriant, elle m’assura que ça irait bien.

Carrie avait voyagé dans le monde et était une force globale, qui s’était rendue à la Conférence pour Notre Mère la Terre, à Cochabamba, en Bolivie, en 2010 ; cependant, elle tenait un ranch, c’était une éleveuse qui travaillait dur, se battait pour protéger ses chevaux, et la terre, l’air et l’eau.

Carrie a rejoint le Monde des Esprits le 2 janvier 2021. Sa sœur Mary était partie en 2005.

Simon J. Ortiz, poète et auteur Acoma, Professeur retraité de l’Université d’état d’Arizona, rendit hommage à Carrie.

« Quelle grand-mère, mère, fille et sœur c’était, Carrie Dawn, » écrivit Ortiz aujourd’hui.
« Une force de vie »
« La Vie de la vie. »
« Génération après génération, avant, après. »
« Nous, tous les gens – tous les êtres – sommes avec elle, toujours. Et elle sera toujours avec nous. »
« Elle sera toujours avec tous les gens – même ceux qui sont mal guidés et destructeurs – parce que c’est la voie du savoir originel – qui sont liés au Mode de Vie Sacré d’être responsable pour que la vie soit durable pour toujours. »

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Lorsque nos chemins se sont croisés, à Phoenix en 2004, Carrie dit: «Nous ne renoncerons jamais à notre résistance. Nous ne pouvons pas. Ce n’est pas pour nous, mais pour ceux qui sont encore à venir.»

Quand on lui demanda ce qu’elle désirait le plus, Carrie dit: «la Libération.»

«J’attend toujours le jour où les Autochtones seront libérés du contrôle du Gouvernement des Etats-Unis,» dit-elle.

Quand Carrie reçut une notification fédérale de la saisie de son troupeau, en mai 2004, elle dit que c’était du terrorisme domestique visant à voler la dignité des gens.

«Economiquement, nous sommes un peuple autosuffisant. Avec ces actions récentes pour voler notre subsistance, nous faisons face à une famine provoquée pour nous faire partir de nos terres.»
«Pour moi, c’est du terrorisme. Du terrorisme domestique. Cette conduite a pour but de voler notre dignité, notre honneur, et nous faire sentir que nous sommes moins qu’humains – nous sommes traités comme des animaux. Nous sommes déshumanisés.»

Combattant le vol du territoire des Shoshone de l’Ouest, Carrie n’a jamais abandonné.

«En tant que Shoshone de l’Ouest, nous nous sommes battus depuis bien des années, simplement pour rester qui nous sommes – les Shoshone de l’Ouest. La terre est notre mère, et le sol nous procure la vie, comme l’eau et l’air. Nous prendre ce territoire sera nous conduire à une mort spirituelle.»

Earl Tulley, Diné [Navajo], se souvient de ses camarades défenseuses du front, les sœurs Mary et Carrie Dann, qui, comme Earl, ont passé leur vie à défendre les droits Autochtones et le monde naturel.
Earl dit, «les sœurs Dann étaient totalement unies et travaillaient en parfaite unité pour défendre la terre ancestrale. Leur slogan mélodieux était – et est toujours – « Tout ce qui brille n’est pas or.»
«Toutes les deux y travaillaient mieux que quiconque.»

Ofelia Rivas, Tohono O’odham, tout comme les sœurs Dann en territoire Shoshone de l’Ouest, se bat pour les droits humains et la protection du territoire et de ce qui est sacré à la frontière sud.
Ofelia dit de Carrie: «Elle était une force.»
«Quand une grande force rejoint les ancêtres, nous qui restons ici recevons une bénédiction universelle. J’espère que les gens comprennent que Carrie Dann n’est plus réduite à une quelconque pauvreté, à une souffrance physique ni à des déceptions causées par des décisions politiques. Sa présence a été un grand honneur sur cette Terre Mère.»
«Que toute sa famille et ses amis, et de nombreux soutiens, continuent son travail pour défendre les terres pour les générations à venir.»

De retour sur les routes glacées, à Eureka, Nevada, en février 2008, Carrie, la force globale, travaillait comme éleveuse et rendait hommage aux jeunes Autochtones qui participaient à la Longue Marche.

Sur le trajet nord de la Longue Marche à travers le continent de 2008, Carrie rendit hommage aux marcheurs, quand ils sont arrivés à pied d’Austin, Nevada.

Les jeunes Miwok, les chanteurs de Round Valley, et le Cheyenne Arapaho Calvin Magpie, ont chanté des chants traditionnels pour Carrie, dans le large cercle de la Longue Marche, rendant hommage à sa lutte sans fin pour les droits des Indiens.

Carrie dit que les Shoshone de l’Ouest étaient confrontés à la profanation de leurs sites sacrés, y compris le Mont Tenabo, parce que l’extraction industrielle d’or étendait ses destructions en territoire Shoshone. De plus, les essais nucléaires et l’industrie nucléaire empoisonnent le sol, l’air et l’eau.

Carrie se souvenait du passage de la Longue Marche sur les terres Shoshone 30 ans plus tôt. Elle s’était jointe aux marcheurs à Austin, Nevada.
Alors que les marcheurs et les coureurs étaient réunis en cercle à Eureka, elle dit qu’elle avait été encouragée par les jeunes Indiens et leur courage.
«Je veux que vous sachiez que je suis fière de vous,» leur dit-elle.

Le marcheur Tomas Reyes dit aux autres marcheurs que Carrie était l’une des grandes Indiennes de notre temps et qu’on pouvait apprendre beaucoup de son exemple.

Le film Notre Terre, Notre Vie raconte la véritable histoire.

Dans ce film, Carrie dit que le gouvernement des Etats-Unis a commis un génocide spirituel. Avec la séquence de l’horrible confiscation par le BLM des chevaux de la famille Dann, le film révèle que le but des Etats-Unis était de s’emparer du territoire au profit des grandes corporations d’extraction d’or.

Tout comme les gens que le gouvernement des Etats-Unis juge superflus, les chevaux de la famille Dann étaient considérés comme superflus. Après la capture cruelle, beaucoup de poulains et de chevaux n’ont pas survécu.

Le territoire des Shoshone de l’Ouest avait déjà été frappé par les essais nucléaires et les détonations de bombes atomiques sur le site de tests, ce qui a résulté en une dissémination de radioactivité et la mort par cancers de nombreux Shoshone de l’Ouest.

Les Etats-Unis ont refusé d’appliquer le Traité de Ruby Valley [qui reconnaissait que le Territoire Shoshone dans le Nevada, Newe Segobia, n’avait jamais été cédé aux Etats-Unis].

Vous pouvez voir 25 minutes du film «Our Land, Our Life» sur YouTube. (La version d’une heure, ‘American Outrage’, est disponible en DVD).

https://youtu.be/JJ2N9-n-ka0

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Au cours de notre conversation à Phoenix, en mars 2004, Carrie dit que les Etats-Unis voulaient qu’un règlement international soit tenu secret.

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Article de Brenda Norrell de mars 2004

PHOENIX, Arizona – Les Etats-Unis essaient de tenir secret une règle internationale qui concerne les Indiens d’Amérique et les droits à la propriété. La règle, dans le cas des Shoshone de l’Ouest, exige une révision de toutes les lois et politiques des Etats-Unis concernant les peuples Autochtones, et en particulier le droit à la propriété.

Le Jour des Peuples Autochtones, la Shoshone de l’Ouest Carrie Dann dit: «Les Etats-Unis ont été pris en train de violer de la loi internationale – pris en train de violer nos droits à la propriété, à une procédure légale, et à l’égalité devant la loi.
« Il leur a été dit de remédier à cette situation et de revoir toutes les lois et politiques concernant les peuples autochtones des Etats-Unis.»

La Commission Interaméricaine des Droits Humains, l’Organisation des Etats Américains, publia son rapport final dans l’affaire Dann contre les Etats-Unis. C’était le premier rapport juridique sur la loi et la politique des Etats-Unis concernant les peuples autochtones à l’intérieur de leurs frontières.
Julie Fishel, avocate du Projet de Défense des Shoshone de l’Ouest, dit que les Etats-Unis ne voulaient pas que les Amérindiens soient mis au courant de la décision.
«Ça les rend nerveux», dit Julie Fishel.

La décision de l’Organisation des Etats Américains visait le droit des Dann à leur terre ancestrale et la violation de leurs droits humains. Dans sa déclaration du 11 mars, C. Dann dit que les Etats-Unis violaient le Traité de Ruby Valley de 1863.

«Ils nous disent que nos terres sont des terres fédérales,» dit C. Dann, s’exprimant dans le ranch où sa famille avait vécu depuis des générations, dans Crescent Valley.

Les Shoshone de l’Ouest vivent sur le territoire, aujourd’hui appelé Nevada, depuis plus de 4000 ans. Pourtant, les terres des Shoshone de l’Ouest sont confisquées pour une mine d’or à ciel ouvert, extrayant par lixiviation au cyanure, et pour un stockage de déchets nucléaires dans la Montagne Yucca, une montagne sacrée pour les Shoshone.

C. Dann dit: «Sur le site de tests du Nevada, le gouvernement actuel veut recommencer les tests nucléaires et font des tests [d’armes] biologiques et chimiques et développent le nouvel équipement pour le Contre-terrorisme Fédéral.
«Pour nous, ces activités ne sont développées que pour le profit des corporations multinationales, pas pour bénéficier aux gens. Rien que sur nos terres, des entreprises comme Placer Dome, Newmont, Barrick, Halliburton, Bechtel et Lockheed Martin empoisonnent notre air et notre eau, et déchire Notre Mère la Terre.»

Les troupeaux de centaines de familles ont été confisqués par l’Intérieur, au cours d’attaques de style militaire.

«Nous sommes sous surveillance constante, par des rangers fédéraux armés et des vols d’hélicoptères. Nous restons sur la terre de nos ancêtres.
«Le Congrès des Etats-Unis et les grandes entreprises mettent de l’argent et autres marchés sous le nez de notre peuple,» C. Dann dit que la responsabilité du peuple est de préserver la vie pour les générations futures.

Photo Intercontinental Cry

Carrie et sa sœur Mary ont combattu les Etats-Unis jusqu’à la Cour Suprême. Après dix ans de procédures judiciaires, l’Organisation des Etats Américains a tranché en faveur des Shoshone de l’Ouest.

Le rapport de l’Organisation des Etats Américains a été publié le 9 janvier 2003, dix ans après que les sœurs Mary et Carrie Dann ait présenté une pétition. Au cours de la procédure judiciaire, plusieurs autres communautés Shoshone de l’Ouest se sont jointes à la pétition. Le Conseil de la Nation Shoshone de l’Ouest, l’instance dirigeante traditionnelle, a déposé une motion de soutien.

Le rapport déclare que les Etats-Unis avaient plaidé auprès de la Commission des Réclamations Indiennes, que les Shoshone de l’Ouest avaient perdu leur territoire à cause « d’un empiètement graduel » par des blancs, colons et autres. Les Shoshone de l’Ouest ont plaidé que l’argument des Etats-Unis était en violation de leurs propres lois et des lois internationales sur les droits humains, qui lient les Etats-Unis en tant que membre de l’Organisation des Etats Américains.

La Commission Interaméricaine des Droits Humains était d’accord avec les Shoshone de l’Ouest. Le rapport définitif stipulait que les Etats-Unis violaient le droit à la propriété, le droit à une procédure judiciaire, et le droit à l’égalité devant la loi.

Le Rapport définitif exprimait deux recommandations aux Etats-Unis. La première était de remédier à la situation des Shoshone de l’Ouest, soit par une législation, soit en organisant une audience sur le problème du titre.

L’Organisation des Etats Américains recommandait aussi que toute la législation et la politique des Etats-Unis concernant les Peuples Autochtones, et en particulier le droit à la propriété, soient révisées.

Carrie Dann dit: «Nous ne renoncerons jamais à notre résistance. Nous ne pouvons pas. Ce n’est pas pour nous, c’est pour ceux encore à venir.»

Il fut demandé à Carrie Dann ce qu’elle désirait le plus.

«La Libération» dit-elle.
«J’ai attendu toute ma vie d’être libérée du gouvernement fédéral.»

Se souvenant des paroles du Président Bush, elle dit: «Bush dit, ‘Nous ne sommes pas des conquérants, nous sommes des libérateurs.’
«J’attend toujours le jour où les Autochtones seront libérés du contrôle du gouvernement des Etats-Unis.»

Copyright de l’article ©Brenda Norrell. Copyright de l’hommage de ©Simon J. Ortiz. Photos ©Brenda Norrell, Ilka Hartmann, ©Intercontinentalcry, ©Womensearthalliance, ©Rightliverlihoodaward.

 

MEDIAS, RACISME ET GENOCIDE, LETTRE D’UN SHOSHONE

Lettre de Ian Zabarte, Shoshone de l’Ouest, au Las Vegas Review Journal, publiée sur Censored News, le 29 janvier 2019.
Traduction et photos Christine Prat

M. Ian Zabarte
P.O. Box 46301
Las Vegas, NV 89114

 

Le 29 janvier 2019
Au Las Vegas Review Journal
P.O. Box 70
Las Vegas, NV 89125

 

Sujet: Racisme et complicité de génocide.

Cher M. Ramirez,

Hier, 28 janvier 2019, le Las Vegas Review Journal a publié une caricature de propagande aux dépens des Amérindiens, utilisant le stéréotype de l’Indien alcoolique. Le racisme est une insulte, peu importe si les médias en font une représentation plus ou moins humoristique.

Le Las Vegas Review Journal s’est montré en dessous de tout, en tant que Quatrième Pouvoir, en faisant des reportages tronqués, en ne présentant qu’un côté des questions qui touchent les Autochtones ou en ne mentionnant pas la vérité ou le point de vue Autochtone. Il y a une véritable et pervasive violation de la confiance dans la façon dont les médias s’abstiennent de dire toute la vérité sur les questions concernant les Autochtones. C’est de leur part un mauvais service rendu à l’ouverture d’esprit, la liberté de l’information et la démocratie. Le peuple Shoshone cherche la compréhension et la réconciliation, et se fait insulter par le Las Vegas Review Journal. Une injure similaire a été mentionnée dans un texte soumis récemment à la Convention Internationale des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques, comme étant de la propagande en faveur du génocide.

Le problème est que les préjugés et le racisme des médias tuent des Indiens. En 1850, la Californie a adopté une Loi pour la Protection et la Gouvernance des Indiens, qui autorisait les chasseurs d’Indiens à ramener des mains coupées et des scalps pour $25, et à réduire en esclavage les Indiens trouvés sans travail. Les esclaves restaient en captivité jusqu’à ce qu’ils montrent aux mineurs où se trouvait l’or, comme dans le cas d’un Shoshone torturé pour indiquer où était situé l’or à Rhyolite. Tuer des Indiens était courant et 60% des Shoshone de Californie ont été tués à l’intérieur de notre territoire selon le traité, parce qu’ils n’étaient pas être blancs. La loi n’a été abolie complètement qu’en 1967. Avant qu’un quelconque colon ou mineur ne voie un Indien, la propagande des médias était là.

Aujourd’hui, les médias ne parlent pas de l’exposition des Amérindiens aux retombées radioactives des tests nucléaires secrets des Etats-Unis et du Royaume-Uni, et des risques hors de proportion que ça représentait. Les Shoshone ne peuvent supporter un accroissement des risques d’où qu’ils viennent, entre autres la reprise des tests d’Armes de Destruction Massive par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les déchets de plutonium du Site de Savanna River ou d’uranium appauvri, le projet de site d’enfouissement de déchets hautement radioactifs à Yucca Mountain, l’uranium des cendres de charbon ou les radiations émises par la fracturation hydraulique.

Nous devrions tous être indignés par le génocide. Au-delà des pratiques historiques des Etats-Unis pouvant être qualifiées de génocidaires, les Shoshone accusent les Etats-Unis de violation de la Convention des Nations Unies pour la Prévention et la Punition du Génocide, dans leur récente proposition à la Convention des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques. Le génocide est un crime aux Etats-Unis depuis 1988 (18 USC 1091) et il n’y a pas de statut limitatif. En 1990, le Ministère de l’Energie des Etats-Unis a créé le Protocol d’Etude de Ressource Culturelle de Yucca Mountain, de “triage culturel” défini comme “le choix forcé de décision par un groupe ethnique d’un projet de développement.” Triage est un mot d’origine française qui signifie trier ou sélectionner selon la qualité. Normalement, il est utilisé en cas d’inondations, de famine, de catastrophe naturelle ou de guerre déclarée. Il n’y a pas d’inondations, ni de famine, ni de catastrophe naturelle, et la paix règne toujours selon le traité. Les Shoshone font face à l’intention délibérée des Etats-Unis de démanteler la façon de vivre du peuple Shoshone au bénéfice des Etats-Unis et au profit de l’industrie nucléaire. Ceci constitue le seuil minimum du génocide selon la Convention des Nations Unies et les lois des Etats-Unis sur le crime de génocide. Le motif des Etats-Unis est de dépouiller le peuple Shoshone de sa propriété. L’intention de commettre un génocide relève de la culture du secret, parce que nous ne saurons jamais ce qui tue les Indiens en secret. Les préjugés des médias n’aident pas à protéger le peuple Shoshone en fournissant des informations objectives sur l’importance de tout cela pour les Autochtones, pour entreprendre des actions de protection.

Nous prions le Las Vegas Review Journal d’arrêter d’attiser les flammes de la haine et de l’intolérance. Nous sommes tous responsables contre tout génocide.

Cordialement,

Ian Zabarte, Principal Man
Bandes de l’ouest de la Nation Indienne Shoshone