Censored News
24 octobre 2022
Photos ©Grand Canyon Trust
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

« C’est chez nous et chez nos ancêtres – nous sommes les gardiens de cette terre et de l’eau en-dessous. » – Yolanda Badback, Communauté Concernée de White Mesa.
La marche spirituelle de la Tribu Ute de Ute Mountain et de la communauté de White Mesa, avait pour but de protester contre l’usine de traitement d’uranium de White Mesa et de protéger leur santé, leur terre, leur eau, leur culture et leurs sites sacrés.

L’Eau c’est la Vie
Marche Spirituelle des Utes de White Mesa Contre l’Usine de Traitement d’Uranium

« L’usine de traitement d’uranium de White Mesa ne serait autorisée à fonctionner près d’un riche quartier blanc de Salt Lake City, et les communautés Amérindiennes du Comté de San Juan méritent le même traitement. » – Le commissaire Kenneth Maryboy, Diné, de la Commission du Comté de San Juan.

Le Grand Canyon Trust révèle que les bassins de rétention de déchets radioactifs sont au-dessus de la nappe aquifère Navajo, dont les Diné et les Hopis, à Tuba City, dans les villages Hopi, sur Black Mesa et à Kayenta, tirent leur eau.

Plus de 300 millions de kilos de déchets radioactifs de sites contaminés dans le pays et dans le reste du monde, sont enterrés ici, juste au-dessus de la route de la communauté de White Mesa de la Tribu Ute de Ute Mountain. L’usine émet du gaz radon cancérigène et met en danger l’air, l’eau, l’environnement et les habitants de la Tribu Ute de Ute Mountain.



Les bassins de déchets radioactifs sont au-dessus de la nappe aquifère Navajo. The Hill, de l’état de Washington écrit, « les bassins de déchets de l’usine de White Mesa couvraient environ 110 hectares en 2021, et sont situés au-dessus de la nappe aquifère Navajo, qui fournit de l’eau à la communauté de White Mesa, au sud-est de l’Utah et au nord de l’Arizona, dont une partie de la Nation Navajo. »

Le rapport du Grand Canyon Trust décrit les bassins – dont certains n’ont pas de couverture moderne – comme « un goulash toxique et radioactif » qui contient divers métaux lourds classés comme cancérigènes pour les humains, ainsi que des traces de nitrate et de chloroforme.

À 15 km du Monument National de Bears Ears, l’usine de White Mesa, dans le sud-est de l’Utah, enterre des déchets radioactifs, près de la communauté de White Mesa, de la Tribu Ute de Ute Mountain. Energy Fuels, du Colorado, est une branche d’Energy Fuels de Toronto, au Canada.

Des multinationales domiciliées au Canada visent des territoires Autochtones partout dans le monde, pour y creuser des mines ou y décharger des déchets radioactifs.

Faits Révélés par le Rapport du Grand Canyon Trust

La compagnie qui empoisonne les Utes avec des déchets radioactifs garde beaucoup de choses secrètes pour le public. 1) Les bassins de déchets radioactifs sont au-dessus de la nappe aquifère Navajo, dont des Diné et des Hopis tirent leur eau. 2) Les déchets radioactifs du Site de Tests [atomiques] du Nevada – un des lieux les plus mortels au monde – ont déjà été reçus par l’usine de White Mesa. 3) L’usine a déjà eu l’approbation pour recevoir des déchets radioactifs du Japon. L’usine a une procédure en cours pour recevoir des déchets radioactifs d’Asie et d’Europe. 4) Energy Fuels dans le Colorado est une branche d’Energy Fuels de Toronto, au Canada. Les multinationales domiciliées au Canada visent des Autochtones et leurs territoires dans le monde entier, pour y creuser des mines et y décharger des déchets génocidaires. 5) Il y a déjà eu une fuite radioactive à Cisco, dans l’Utah, en 1999. Des tonneaux de déchets radioactifs présentant des fuites ont été trouvés sur le site de l’usine par ses ouvriers, en 2017. 6) L’histoire des bombes atomiques des Etats-Unis remonte au minerai du Congo, et suit une piste de secret et de mort, parmi lesquels on trouve le projet secret dit Manhattan Project [de construire les bombes d’Hiroshima et Nagasaki].

Photos ©Grand Canyon Trust
Les photos ne peuvent pas être utilisées pour des levées de fonds ou des buts commerciaux



Plainte Contre le Projet de l’Arizona de Bloquer la Migration des Jaguars avec des Containers placés à la frontière avec le Mexique

Par le Centre pour la Diversité Biologique
Publié par Censored News
19 octobre 2022
Traduction Christine Prat, CSIA

TUCSON, Arizona – Ce jour, le Centre pour la Diversité Biologique a déposé une note d’intention de poursuivre l’administration du Gouverneur Doug Ducey pour combattre des projets d’obstruction, cruciaux pour le couloir de migration des jaguars et des ocelots, avec des containers d’expédition, le long de la frontière US/Mexique.

« Ces containers sont un coup publicitaire honteux qui menacera la survie d’espèces sauvages en danger », dit Robin Silver, co-fondateur du Centre. « Il y a 3700 agents rien que pour couvrir le secteur de Tucson, sans parler des hélicoptères, des drones et des centaines de cameras. Nous traversons une crise d’extinction et c’est irresponsable de sacrifier un couloir de vie sauvage vital et de nuire à des animaux en danger, pour que Ducey fasse des gains politiques. »

La note d’aujourd’hui fait suite à l’exigence du Bureau de Réhabilitation U.S., que l’Arizona retire la double rangée de containers que Ducey a donné l’ordre de placer le long de la frontière, à Yuma, en août dernier. Le Bureau dit que les containers placés sur des terres fédérales et le territoire tribal des Indiens Cocopah, violent la loi fédérale.

La note anticipe les projets d’installer d’autres containers le long de la frontière, à l’ouest des Montagnes Huachuca, dans la Forêt Nationale de Coronado, près du Mémorial National de Coronado. Le Centre a constaté que des dizaines de containers étaient empilés dans la zone.

Cette zone est un couloir de migration établi et vital pour les jaguars et les ocelots, qui sont dans la liste des espèces en danger et protégées selon la Loi sur les Espèces en Danger. La note dit que bloquer le couloir obstruerait le mouvement des animaux et empêcherait leur retour aux Etats-Unis, en violation de la Loi.

« Ces barrières inutiles ne servent à rien pour empêcher les gens de traverser la frontière, mais bloqueront la vie sauvage » dit Silver. « À moins que Ducey veuille laisser en héritage l’extinction des animaux les plus iconiques d’Arizona, il faut qu’il arrête immédiatement ce gaspillage ridicule de l’argent des contribuables. »

À part la mise en danger de la vie sauvage, d’espèces menacées et de terres publiques, le mur à la frontière US/Mexique fait partie d’une stratégie continue de militarisation de la frontière qui porte atteinte aux droits humains, aux libertés civiles, aux terres Autochtones, aux commerces locaux et aux relations internationales. Le mur-frontière fait obstacle aux migrations naturelles de gens et de la vie sauvage essentielles pour une diversité saine.

Des containers à la frontière Arizona-Mexique dans la Forêt Nationale de Coronado. Photo Centre pour la diversité biologique, peut être utilisée par les médias.

Le Centre pour la Diversité Biologique est une organisation nationale à but non-lucratif, qui compte 1,7 million de membres et d’activistes en ligne, voués à la protection des espèces menacées et des lieux sauvages.



Jean Roach,
Paris, CICP
15 octobre 2022
Enregistrement et traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan
In English

Le 15 octobre, la veille de la 42ème Journée de Solidarité du CSIA, Mitch Walking Elk a donné un concert au CICP, et d’autres invitées se sont adressées au public avant le concert. Jean Roach – témoin à 14 ans de ce terrible jour de juin 1975, où deux agents du FBI en civil ont été tués au cours d’une fusillade, qui a conduit à la condamnation à vie de Leonard Peltier, prouvé innocent – raconte la vraie histoire de ce drame.
(Voir vidéo en bas de l’article)

Christine Prat

« Maintenant, Leonard est en prison depuis 47 ans. Et nous tentons toutes les voies possibles pour que le Président Biden lui accorde la clémence. Tout le monde nous demande ce que nous voudrions que les gens fassent. Ce que nous demandons, c’est que tous, que vous soyez une personne, une organisation ou un membre d’un gouvernement, écriviez des lettres de soutien demandant au Président Biden d’accorder la clémence de l’exécutif.

« Et maintenant, parlons de cette époque, de 1975, quand j’avais 14 ans et que nous avons été attaqués par le FBI. C’était la période après Wounded Knee, 1973, quand l’AIM [American Indian Movement] avait repris Wounded Knee. Nous l’appelons le règne de la terreur, au cours duquel plus de 60 personnes ont été tuées, dans la Réserve Indienne de Pine Ridge. Quiconque était associé à l’AIM était une cible pour le gouvernement tribal corrompu, qui avait des milices GOON, qui attaquaient l’AIM ou les gens qui effectuaient des cérémonies. Il ne voulait rien avoir à faire avec les gens traditionnels, le Président tribal.

« Grand-maman et Grand-papa Jumping Bull avaient demandé à Leonard Peltier et d’autres membres de l’AIM d’aider à les protéger, vu qu’ils tentaient de s’éloigner du gouvernement tribal et de la communauté Oglala.

« Ce que nous faisions essentiellement, c’était d’aider une communauté. Nous aménagions des jardins, pour aider Grand-maman et Grand-papa. Ils venaient juste de célébrer leur 50ème Anniversaire de mariage. Et pour tout ce dont ils avaient besoin, nous étions là. Et Leonard et les autres étaient là pour protéger. Parce que nous étions toujours des cibles.

« Le jour où le FBI est venu dans notre camp, nous ne savions pas qui ils étaient. Ils sont arrivés dans des voitures banalisées et ne portaient pas d’uniformes, donc nous ne pouvions pas savoir qui ils étaient. S’ils étaient de la milice GOON ou autre. Et Leonard Peltier, Dino Butler, Bob Robideau et les autres nous protégeaient. Ils nous ont sauvé la vie. Alors, nous avons perdu notre frère Joe Stuntz, au moment où les agents du FBI étaient tués. Et Leonard Peltier, Dino Butler, Bob Robideau et un autre homme furent accusés des meurtres des agents du FBI. Ils se livrèrent à des fouilles illégales, entrèrent de force chez les gens, recherchant des gens qui s’étaient échappés, c’est-à-dire nous, principalement, et nous avions tous moins de 18 ans, la majorité légale là-bas.

« Alors, Dino Butler et Bob Robideau passèrent au tribunal, où ils furent acquittés pour légitime défense, vu que le FBI avait attaqué notre camp. Personne n’a été condamné, à part Leonard Peltier, qui était au Canada à ce moment-là, et risquait l’extradition.

« Le gouvernement des Etats-Unis a à nouveau violé la loi. Le gouvernement canadien exigeait un témoin oculaire avant de décider d’extrader. Ils menacèrent une Lakota, du nom de Myrtle Poor Bear. Ils l’ont menacée de mort et de lui enlever ses enfants si elle ne signait pas trois affidavits utilisés au Canada. Quand nous avons entendu parler de Myrtle Poor Bear, c’était vraiment triste, parce qu’elle avait été menacée comme ça. Le plus triste était que personne ne savait qui elle était. Elle n’avait aucun lien avec Leonard et elle prétendait être sa petite amie, mais elle avait été menacée et malmenée au Canada.

« Quand est venu le temps qu’il passe en jugement, il n’est pas passé devant le même tribunal que Dino et Bob, qui y avaient été acquittés. Ils se sont arrangés pour l’envoyer dans le Dakota du Nord, à un juge connu comme raciste.

« Ce que je veux dire, c’est qu’ils ont menti immédiatement et ont continué depuis 47 ans, ceux du gouvernement des Etats-Unis. Ils ont violé les droits humains, les droits constitutionnels et les droits selon les traités. Tout cela parce qu’ils voulaient que quelqu’un paie et voulaient se venger.

« Il y a quatre semaines, tout le parti Démocrate des Etats-Unis a unanimement voté une résolution pour soutenir la libération de Leonard Peltier. Nous avons reçu plusieurs lettres de soutien, entretemps, et ça ne semble pas plaire au gouvernement des Etats-Unis. Nous espérons que les pays européens pourront faire pression sur Biden. Parce qu’il se présente, les Etats-Unis se présentent, comme les leaders des droits humains.

« Quand le COVID est arrivé, le gouvernement des Etats-Unis a traité les tribus, les Autochtones, différemment. Quand Leonard a contracté le COVID en prison, nous avions peur, étant donné qu’il a tellement de problèmes de santé. Il a 78 ans. Et quand il a été mis en quarantaine, il n’a pas été placé dans une unité médicale, malgré tous ses problèmes de santé, ils l’ont juste mis dans une cellule d’isolement et ne lui ont même pas donné d’eau. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons essayé de lui trouver des soins médicaux, mais le système de la prison n’a jamais répondu aux gens qui ont le droit de demander une mise à jour ou au moins un rendez-vous médical pour voir dans quel état il est.

« Mais la chose que nous avons toujours dit – nous sommes allés aux Nations Unies à Genève – et tout ce que nous demandons est que le gouvernement des Etats-Unis dise la vérité, c’est tout. Nous ne voulons pas de traitement de faveur, nous voulons seulement qu’ils disent la vérité. C’est très simple.

« Il y aurait beaucoup plus à dire, je pourrais parler indéfiniment. »



JEAN ROACH TELLS ABOUT THE EVENTS SHE WITNESSED WHEN SHE WAS 14, EVENTS THAT LED TO LEONARD PELTIER’S LIFELONG SENTENCE

By Jean Roach
Paris, CICP,
October 15, 2022
Also published on Censored News
Recording and transcript Christine Prat, CSIA-Nitassinan
(See video below)
En français

The evening before CSIA-Nitassinan 42nd Day of Solidarity, Mitch Walking Elk sung at the CICP (International Center for Popular Cultures) and other guests addressed the audience before the show. Jean Roach told the story of that terrible day, in June 1975, when two FBI agents undercover were killed during a shoo-tout, which led to Leonard Peltier being sentenced for the murders, although he has long been proven innocent.

Christine Prat

“Right now, Leonard has been in prison for 47 years. And we are trying all avenues to have President Biden grant him his clemency. Everybody asks us what we would like people to do. What we’re asking is everybody, if you are a person, an organization or a government official, to write letters of support urging President Biden to grant executive clemency.

“And now let’s talk about the time period of 1975, when I was 14-years-old and we were attacked by the FBI. The time period was after Wounded Knee 1973, when the American Indian Movement took over Wounded Knee. We call it the reign of terror, when over 60 people were killed on the Pine Ridge Indian Reservation. Anybody who was associated with the American Indian Movement were targets of the corrupt tribal government who had squads that would attack the American Indian Movement or people who were having ceremonies. He wouldn’t like to have anything to do with traditional people, the Chairman.

“The grandma and grandpa Jumping Bull asked Leonard Peltier and other AIM members to help protect them, as they made a move to pull away from the tribal government and the community Oglala.
“What we were doing there was basically helping a community. We were building gardens, helping the grandpa and grandma. They were just celebrating their 50th anniversary. And whatever they needed done, we were there. And Leonard and the other guys were there for protection. Because we were always a target.

“On the day when the FBI came to our camp, we didn’t know who they were. They came in unmarked cars and they weren’t wearing uniforms, so we couldn’t tell who they were. If they were the GOON squads or who they were. So, Leonard Peltier, Dino Butler, Bob Robideau and the others protected us. They saved our lives. There we lost our brother Joe Stuntz, the moment they killed the FBI agents. And Leonard Peltier, Dino Butler and Bob Robideau and another man were charged for the murders of the FBI. They did illegal searches and they broke into the people’s home looking for the people that escaped, who were mostly us and we were all under the age of 18, the majority there.

“So, Dino Butler and Bob Robideau went to court where they were acquitted on the basis of self-defense, for the FBI attacked our camp. No one was charged except for Leonard Peltier, who was in Canada and by then was facing extradition.

“Again, the United States government broke the law. The Canadian government wanted an eyewitness before they would extradite. They threatened a Lakota woman by the name of Myrtle Poor Bear. They threatened her with death and taking her kids away if she didn’t sign 3 affidavits that they used in Canada. When we heard about Myrtle Poor Bear, it was really sad because she was threatened like that. The saddest part is that nobody knew who she was. She had no connection to Leonard and she claimed to be his girlfriend, but she was used and abused in Canada.

“So, when it came time for his court trial, he didn’t go to the same court as Dino and Bob, where they were acquitted. They made sure that they sent him to North Dakota to a known racist judge.
“My point is that immediately they lied and they have been doing so for 47 years, the United States government. They’ve been breaking the human rights, the constitutional rights and treaty rights. All because they want one person to pay for it and they want revenge.

“Four weeks ago, we got the whole Democratic party of the United States unanimously pass a resolution in support of Leonard Peltier’s release. We had several support letters over time, and it doesn’t seem to please the United States government. We’re hoping that the European countries will be able to put pressure on Biden. Because he represents himself, or the United States represent themselves, as human rights leaders.

“When COVID came, the United States government treated the tribes, Indigenous people differently. When Leonard caught COVID inside the prison, we were scared because he had so many health problems. He is 78-years-old. Again, when he was quarantined, he didn’t go to a medical unit, despite of all his health issues, they just put him in solitary cell and they didn’t even give him water. Until today, we have been trying to get medical care, but the prison system wouldn’t answer to the people that have the right to ask for his medical update or at least a medical appointment to see in what shape is body seems.

“But one of the things that we always say, we have been to the United Nations in Geneva and all we ask is for the United States government to tell the truth, that’s all. We don’t want special treatment, we just want them to tell the truth. It’s really simple. There is a lot more, you know, I can talk forever.”



Les Utes de White Mesa, en Utah, s’opposent depuis longtemps à une usine de traitement d’uranium proche de leur Réserve. En 2017, j’avais rencontré Yolanda Badback, qui avait expliqué quelles étaient les conséquences désastreuses de la radioactivité sur les membres de la tribu, cancers, malformations congénitales, etc. Elle suppliait les autorités de ne pas renouveler le permis de l’usine. Hélas, en février 2018, le permis a été renouvelé. Vous trouverez en bas de cet article la vidéo de l’interview de Yolanda, sous-titrée en français.
Christine Prat

RASSEMBLEMENT, MANIFESTATION ET MARCHE SPIRITUELLE LE 22 OCTOBRE 2022

Par Brenda Norrell
Censored News
11 octobre 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Les Utes de White Mesa, au sud-est de l’Utah, protesterons contre l’usine de traitement d’uranium de White Mesa au cours d’une marche spirituelle pour les protéger. Luttant pour protéger leurs sites sacrés et leur territoire, les Utes de White Mesa s’oppose à l’usine qui met leur communauté en danger, et à ce qu’elle devienne un site de décharge international pour des déchets radioactifs.

Les Utes de White Mesa s’inquiètent pour la santé, l’eau, l’air, la terre et la culture de leur communauté et accueilleront ceux qui voudront se joindre à eux, samedi 22 octobre 2022, à 11h du matin, heure locale, pour leur rassemblement. Le rassemblement sera suivi d’une marche spirituelle de protestation jusqu’à l’usine de traitement d’uranium de White Mesa.

Yolanda Badback, de la Communauté Concernée de White Mesa, dit « Ils amènent des déchets toxiques, des déchets radioactifs d’un peu partout aux Etats-Unis à l’usine de White Mesa. Dans le passé, il y a eu des fuites. »

« Je peux sentir l’usine de ma maison, quand elle tourne. Nous sommes la communauté la plus proche. S’il y a une fuite ou un accident, ce sont nos enfants qui prennent le bus scolaire sur ces routes tous les matins [qui seront touchés]. C’est pourquoi nous résistons et disons : ‘Assez. Nous voulons préserver la sécurité de nos foyers et de nos enfants.’ »

Thelma Whiskers, de la Communauté Concernée de White Mesa, veut que son territoire soit protégé pour les générations futures.

« Ici, dans notre réserve de White Mesa, je suis inquiète à cause de l’usine. Nous ne sommes qu’une petite communauté d’environ 300 personnes. »

« Samedi est un jour que je passerai avec ma famille, mes enfants et petits-enfants. S’il vous plait, venez marcher avec nous et défendre de l’air et de l’eau purs pour nos enfants et petits-enfants, ici dans notre communauté de Utes de Ute Mountain. »

L’usine appartient à une corporation canadienne, et contribue à l’exploitation de mines dangereuses et à la décharge de déchets radioactifs venant du monde entier, par des compagnies domiciliées au Canada.

L’usine appartient à l’entreprise de Toronto Energy Fuels. Elle se trouve sur l’autoroute 191 entre Blanding et le territoire de la Nation Ute de Ute Mountain, sur White Mesa.

Cette année, un nouveau rapport a révélé que l’usine de traitement d’uranium au sud-est de l’Utah, agit comme décharge irrégulière de déchets radioactifs. Des membres de la tribu et des écologistes appellent à changer la manière dont elle est dirigée, selon KUER Radio.

L’usine de White Mesa, qui est juste au sud de Blanding, produit et recycle de l’uranium. Le rapport publié par le Grand Canyon Trust, dit que les déchets radioactifs d’activités industrielles et militaires y sont envoyés. Seulement une petite quantité d’uranium est extraite des déchets, selon le rapport, et le surplus reste à l’usine.

« Tim Peterson, directeur des paysages culturels du Grand Canyon Trust, dit que plus de 300 millions de kilos de déchets ont été enterrés sur le site. »

« C’est meilleur marché pour les pollueurs d’envoyer leurs déchets à l’usine qu’à un site licencié pour les déchets faiblement radioactifs » dit-il lors d’une conférence de presse.

« La conclusion du rapport et notre recommandation est que si l’usine veut fonctionner comme affaire de récupération des déchets radioactifs, est qu’elle devrait le faire légalement. »

L’usine – proche des limites du Monument National de Bears Ears – a ouvert dans les années 1980 et était alors supposée fonctionner pour seulement 15 ans, mais elle est restée ouverte à cause de ce changement d’activités.

Rassemblement, Manifestation et Marche de la Communauté Concernée de White Mesa
https://protectwhitemesa.org/https://protectwhitemesa.org/

Contact : Yolanda Badback, Communauté Concernée de White Mesa, ybadback427@gmail.com
Bradley Angel, Greenaction for Health & Environmental Justice bradley@greenaction.org

Rassemblement annuel, manifestation et marche spirituelle pour protéger la santé, l’eau, l’air, la terre, la culture et les sites sacrés de la communauté Ute de White Mesa d’une usine d’uranium proche et s’opposer à ce que l’usine devienne une décharge internationale pour des déchets radioactifs du monde entier. La manifestation et la marche sont parrainées par la Communauté Concernée de White Mesa et la Tribu Ute de Ute Mountain. Tous les soutiens sont les bienvenus.
Samedi 22 octobre 2022 à 11h du matin, heure locale.
[…]
Les citoyens de la communauté Ute de Ute Mountain de White Mesa et la Tribu Ute de Ute Mountain s’inquiètent de la contamination d’une usine de traitement d’uranium proche et de la profanation de sites sacrés et de ressources culturelles.

La Communauté Concernée de White Mesa est un groupe de base de citoyens concernés, de la communauté Ute de Ute Mountain de White Mesa, Utah, située au sud de l’usine d’uranium de White Mesa. Nous travaillons pour informer nos concitoyens et protéger notre communauté, la santé, l’eau, l’air, la terre, la culture et les sites sacrés d’une contamination toxique.

Le Rassemblement et la Marche Spirituelle de 2022 sont co-sponsorisés par la Coalition Intertribale de Bears Ears, l’Action Verte pour la Santé et la Justice Environnementale, Uranium Watch, Indigenous Environmental Network, Grand Canyon Trust, l’Alliance Multiculturelle pour un Environnement Sain, l’Alliance pour la Vie Sauvage du Sud de l’Utah [Southern Utah Wilderness Alliance], Rivières Vivantes [Living Rivers], HEAL Utah, Protecteurs de l’Air SLC [SLC Air Protectors], Chapitre de l’Utah du Sierra Club, Great Old Broads for Wilderness, National Parks Conservation Association, PANDOS.

Interview de Yolanda Badback, sous-titrée en français, septembre 2017:


Geronimo et des guerriers au Mexique, 1886

LA NOUVELLE GOUVERNEURE DU NOUVEAU-MEXIQUE ABROGE QUATRE PROCLAMATIONS GÉNOCIDAIRES D’ANCIENS GOUVERNEURS DE LA FIN DU XIXÈME SIÈCLE

Par Brenda Norrell
Censored News
11 octobre 2022
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

SANTA FE, Nouveau-Mexique – La Gouverneure du Nouveau-Mexique Michelle Lujan Grisham a abrogé des ordres de gouverneurs des années 1800, qui visaient les Navajos et les Apaches pour être chassés et assassinés par la milice.

La mesure de la gouverneure est le résultat d’une longue recherche par l’historienne de Santa Fe Valerie Rangel, qui a documenté le génocide et a appelé la gouverneure à agir.

Les ordres infâmes et racistes du Gouverneur Calhoun, dans ses proclamations de 1851, demandaient d’exclure les résidents Autochtones des recensements officiels et d’autoriser les milices à « poursuivre et attaquer » les Autochtones du Nouveau-Mexique.

Les proclamations de 1869, publiées par les Gouverneurs Mitchell et Pile, déclaraient les Apaches et les Navajos « hors-la-loi » et autorisaient les résidents du Nouveau-Mexique à utiliser la violence contre eux, et même à les assassiner.

Au cours de sa recherche, l’historienne de Santa Fe Valerie Rangel a trouvé des récompenses pour des ‘scalps’ et des annonces dans des journaux au-delà du Nouveau-Mexique offrant des récompenses.

Dans sa lettre poignante à la gouverneure, V. Rangel fournit des éléments de recherche qui révèlent le génocide – tandis que les Navajos, les Apaches et les Pueblos luttaient pour survivre.

Dans sa lettre, V. Rangel fournit des documents sur l’emprisonnement de Navajos et d’Apaches à Bosque Redondo et les récompenses sur leurs vies.

Elle déclare que pendant le massacre du Camp Grant, le 30 avril 1871, les troupes des Etats-Unis ont tué et mutilé 144 Apaches, et scalpé presque toutes les femmes. Vingt-neuf enfants furent capturés et vendus comme esclaves au Mexique.

« Au milieu des années 1880, la Commission du Comté de Grant, située à Silver City, déclara une récompense de 250 dollars par scalp Apache. Des Ranchers près de Las Cruces offrirent une récompense privée de 500 dollars pour le scalp de Geronimo. »

« En 1909, le journal du Comté de Sierra publia les procédures du Commissionnaire qui déclaraient que 35 individus avaient reçu un total de 707 dollars de récompense pour des scalps, » dit V. Rangel dans sa lettre.

V. Rangel souligne que les Autochtones du Nouveau-Mexique ont lutté pour survivre aux colonisateurs violents et meurtriers de trois pays : l’Espagne, le Mexique et les Etats-Unis.

Le Diné Earl Tulley Remercie V. Rangel et la Gouverneure

« L’auteure de la lettre demandant à la Gouverneure du Nouveau-Mexique d’abroger des proclamations vieilles d’un siècle a des racines Apache et Navajo » dit Earl Tulley à Censored News.

« Merci à Valerie Rangel d’avoir eu le courage d’écrire sur un crime, et merci à la Gouverneure Michelle Lujan Grisham pour avoir appliqué un Ordre Exécutif » dit Earl Tulley.

« C’est à présent le bon moment pour réagir et parler des actes et des paroles. »

« Je suis fier des racines de mon géniteur, également fier de la branche matriarcale, enchanté d’être témoin de la diversité actuelle de nos familles à cinq doigts. »

Soulignant que le Navajo est Matriarche, Tulley dit « Pour moi, la branche matriarcale aurait des feuilles de diverses couleurs. Notre famille n’a pas la couleur du chocolat, notre clan est biracial et biculturel, nous sommes mélangés. »

Les Racines du Nouveau-Mexique pour abroger les Ordres Génocidaires ont commencé à Sand Creek

La Gouverneure Michelle Lujan Grisham a annoncé qu’elle signé l’ordre exécutif d’abrogation des proclamations du XIXème siècle d’anciens gouverneurs du territoire, le Jour des Peuples Autochtones, lundi.

Les actes devant abroger ces proclamations au Nouveau-Mexique ont commencé quand le Gouverneur du Colorado Jared Polis abrogea en 2021 un ordre de 1864, d’un des gouverneurs territoriaux de l’état, qui conduisit finalement au Massacre de Sand Creek.

Selon Associated Press, les troupes des Etats-Unis ont tué plus de 200 Autochtones au cours d’un des moments historiques les plus sombres du Colorado.

Les recherches de Valerie Rangel l’ont menée à un livre de coupures de presse à la Bibliothèque Huntington, en Californie, qui comprend la collection la plus complète des proclamations territoriales du Nouveau-Mexique.

« J’ai commencé par voir l’histoire autour des proclamations – y avait-il un effet, avaient-elles vraiment incité à la haine ? » dit V. Rangel, qui a des racines Apaches et Navajos entre autres.

Au cours de sa recherche, elle a trouvé plusieurs récompenses pour avoir scalpé, certains comtés allant jusqu’à payer des publicités dans les journaux dans des états au-delà du Nouveau-Mexique, pour solliciter les efforts des gens. Le Nouveau-Mexique est devenu un état des Etats-Unis en janvier 1912.

V. Rangel a montré ce qu’elle avait trouvé avec des officiels tribaux et de l’état. Elle fait partie de ceux qui poussent à inclure cette partie de l’histoire dans les programmes scolaires.

« J’aimerais qu’il y ait plus de communication avec les tribus et qu’elles soient la source de l’histoire qui est enseignée » dit-elle.

La Gouverneure Pojoaque Exprime sa Gratitude pour l’Abrogation des Proclamations

La Gouverneure Pueblo Pojoaque Jenelle Roybal dit « C’est encourageant de voir que nous pouvons nous réunir et guérir en respectant les histoires tribales, le Jour des Peuples Autochtones, et je suis reconnaissante à la Gouverneure Lujan Grisham pour avoir abrogé ces proclamations. »

« Pour mon peuple, ce jour, T’owa-ví Thaa Day dans la langue Tewa, consiste à nous souvenir de notre histoire et de nos ancêtres – ceux qui étaient là les premiers. J’encourage tous les Nouveau-Mexicains et tous les citoyens des Nations, Tribus et Pueblos de réfléchir aux valeurs, aux langues et à la culture que nous célébrons aujourd’hui. »

Les ordres d’Anciens Gouverneurs du Nouveau-Mexique Abrogés

12 mars 1851, proclamation du Gouverneur James S. Calhoun
18 mars 1851 proclamation du Gouverneur James S. Calhoun
2 août 1969, proclamation du Gouverneur Robert B. Mitchell
8 septembre 1869, proclamation du Gouverneur William A. Pile

La Gouverneure Lujan Grisham dit que les proclamations de 1851 du Gouverneur Calhoun ordonnaient que les résidents Autochtones soient exclus des recensements officiels et autorisaient les milices à « poursuivre et attaquer » les Nouveau-Mexicains Autochtones.

Les proclamations de 1869, des Gouverneurs Mitchell et Pile déclaraient que certaines nations Tribales étaient « hors-la-loi » et autorisaient les résidents du Nouveau-Mexique à commettre des actes de violence contre les citoyens Tribaux.

La Gouverneure Lujan Grisham dit qu’on ne trouvait aucune trace d’abrogation de ces proclamations par des gouverneurs précédents. Alors que des proclamations sont adoptées selon le bon vouloir des gouverneurs, il leur faut un ordre exécutif pour les abroger.

Nous ne pouvons jamais récrire l’histoire ni défaire les injustices du passé, » dit la Gouverneure Lujan Grisham. « Mais nous pouvons travailler ensemble pour guérir les vieilles blessures et construire des liens plus forts entre nous. À cette fin, j’ai abrogé aujourd’hui quatre proclamations officielles fameuses de mes prédécesseurs.
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Lettre d’une historienne de Santa Fe à la Gouverneure

Gouverneure Michelle Lujan Grisham

Requête pour Abroger des Proclamations de la Période Territoriale

Chère Gouverneure Lujan Grisham,

Je suis fière de servir en tant que quatrième historienne de la Ville de Santa Fe à un moment où la Vérité est reconnue. Cette lettre a pour but de soulever une question de justice sociale qui a été cachée, et que j’ai découverte dans les archives de notre passé (Voir ci-joint le PDF des proclamations de la Période Territoriale).

Il n’est pas facile de mettre en lumière des aspects de notre sombre histoire, mais nous le faisons dans l’intention d’établir la Confiance par un dialogue honnête. La Réconciliation est le processus par lequel des groupes en conflit acceptent de réparer, mais aussi de reconnaitre les torts qui ont eu lieu. Si notre quête de Vérité et de Réconciliation est vraiment équitable, nous devons admettre le pouvoir des dynamiques qui n’ont pas affirmé la propriété Autochtone de la terre, réduit au silence certaines connaissance, certaines langues, et des expressions d’expériences vécues.

Notre sagesse collective a le pouvoir de transformer notre société, de forger des lois et des politiques sociales, et de servir de guide aux générations futures.

La proclamation du Président Biden de 2021 d’une Jour des Peuples Autochtones déclare : « Nous ne devons jamais oublier des siècles d’une campagne de violence, de déportation, d’assimilation et de terreur dont ont été victimes les communautés Autochtones et la Nations Tribales dans tout le pays. Aujourd’hui, nous reconnaissons les sacrifices énormes faits par les peuples Autochtones de ce pays et nous reconnaissons leurs nombreuses contributions, toujours actuelles, à notre Nation. »

Depuis 2016, la Ville de Santa Fe a réservé le Jour des Peuples Autochtones comme journée pour honorer et soutenir ses citoyens Amérindiens de 47 chapitres Navajo, 19 Pueblos au Nouveau-Mexique, la Tribu Apache de Fort Sill, la Nation Apache Jicarilla et la Tribu Apache Mescalero, et ses citoyens Autochtones des villes. La Ville attache beaucoup de prix aux arts Amérindiens, et aux institutions culturelles et d’éducation, qui donnent à la ville un sens du lieu si fort.

Depuis l’arrivée des Espagnols en 1540, les colonisateurs ont imposé des changements radicaux à la terre et aux modes de vie qui existaient depuis des milliers d’années, et ont commis d’innombrables injustices, que les Autochtones ont combattues pour protéger leurs terres, leurs sites sacrés et obtenir des droits souverains.

Prenez le temps de reconnaitre la force de ces communautés qui ont surmonté trois forces coloniales : l’Espagne, le Mexique et les Etats-Unis, qui menaçaient de détruire les modes de vie traditionnels, les traditions culturelles, les langues, les cérémonies, le savoir écologique et la religion.

Le Nouveau-Mexique est entré dans un processus de révision de son histoire à cause d’incidents répétés de vandalisme de statues Onate, de monuments controversés, d’enterrements autour des Ecoles Indiennes, et plus récemment de changement de nom de lieux fédéraux comportant des termes méprisants.

Selon le Traité de Guadalupe Hidalgo, signé en 1848, « la propriété de toute sorte appartenant maintenant à des Mexicains non établis là-bas sera respectée et inviolable. » Selon le traité, tout résident du Nouveau-Mexique était placé sous la loi Mexicaine. Ceux qui choisissaient de rester dans les nouvelles frontières des Etats-Unis auraient leur droit à la terre et la propriété. Le traité reconnaissait aussi des concessions de terre pueblo qui avaient été donnés par l’empire espagnol, et qui avaient été respectées sous le gouvernement mexicain.

Le 12 mars 1851, le Gouverneur Territorial du Nouveau-Mexique, James S. Calhoun, introduisit une proclamation qui appelait à un recensement exact de tous les habitants (sauf les Indiens). Nous savons maintenant que, malgré la proclamation du Gouverneur Calhoun, chaque résident aurait dû être compté dans le recensement de 1851 comme citoyen du Nouveau-Mexique, y compris les Indiens. Ce n’est qu’en 1924 que la Loi de Citoyenneté Indienne, signée par Calvin Coolidge, autorisa les Amérindiens à voter au Nouveau-Mexique.

Le 18 mars 1851, le Gouverneur Calhoun fit une seconde proclamation qui « autorisait l’attaque de toute tribu d’Indiens hostiles qui auraient pu pénétrer dans les colonies pour les piller et les dégrader… et ordonna aux résidents de s’emparer de la propriété de toute tribu d’Indiens hostile ».

Une proclamation similaire fut faite par le Gouverneur Mitchell, datée du 2 août 1869 et de septembre 1869, qui déclarait les tribus Indiennes Navajo et Apache Gila comme « hors-la-loi » et autorisait les citoyens à tuer leurs ennemis et prendre leur propriété.

Ces proclamations ont probablement incité à des crimes de haine et punissaient deux groupes ethniques entiers, pour des actions attribuées à quelques-uns. Dans les livres d’histoire que j’ai lu en grandissant, les Apaches étaient décrits comme des « Indiens hostiles » et « des sauvages assoiffés de sang qui scalpaient leurs ennemis ».

Déranger les morts est un tabou culturel pour les Navajos et les Apaches et aucune des tribus ne pratiquait le scalp [NdT – La pratique avait été introduite par les Anglais au début du XVIIème siècle. On ne sait pas si certaines tribus l’ont fait aussi par vengeance, mais en tous cas, les Navajos et les Apaches trouvaient cela répugnant et ne l’ont jamais fait]. À partir de 1835, le gouvernement mexicain de Sonora mit une récompense sur les Apaches, payant 100 pesos pour chaque scalp d’un mâle de 14 ans ou plus.

« Des Navajos ont essayé d’attaquer les soldats, de voler leurs chevaux, des Navajos ont été capturés, fait prisonniers, il y avait une squaw parmi eux, peut-être une espionne, des femmes, certaines tuées, des pertes, certaines ont été scalpées, et des moutons, du bétail, récupéré. Un officier commenta que les Navajos ne scalpaient pas leurs ennemis, mais que c’était une pratique tolérée dans les troupes Fédérales. »

D’après le journal de la Campagne Navajo de Christopher Carson, première partie

Bien que la Proclamation d’Emancipation soit publiée le 1er janvier 1863, le massacre du Camp Grant, le 30 avril 1871, est un exemple du traitement brutal qui conduisit à la perte de vies et à des actions punitives infondées. Au cours de cette attaque conduite par des troupes U.S., 144 Apaches furent tués et mutilés, presque tous scalpés. » Selon des sources historiques, vingt-neuf enfants ont été capturés et vendus comme esclaves au Mexique.

Au milieu des années 1880, la Commission du Comté de Grant, située à Silver City, annonçait une récompense de 250 dollars par scalp Apache. Des Ranchers près de Las Cruces offrirent une récompense privée de 500 dollars pour le scalp de Geronimo.

En 1909, le journal du Comté de Sierra publia les rapports du Commissaire, qui déclarait que 35 individus avaient reçu un total de 707 dollars de récompense pour des scalps.

Des soldats de l’Union de la Guerre Civile ont eu l’instruction d’utiliser la force militaire et une politique de terre brûlée, qui brûla des maisons, des champs et des vergers des Diné – en une tentative de les affamer pour les soumettre. 500 Apaches Mescalero, une tribu migrante de chasseurs-cueilleurs depuis de milliers d’années, furent fait prisonniers dans un camp d’internement à Fort Sumner [Bosque Redondo]. De 1863 à 1868, 8000 Navajos y furent aussi retenus de force. Durant l’internement à Bosque Redondo, les Navajos comme les Apaches furent empêchés de pratique des cérémonies, de chanter leurs chants, ou de prier, et forcés de devenir des fermiers sédentaires – c’était un génocide culturel.  [NdT – Pas seulement : l’eau de Bosque Redondo était inutilisable pour l’agriculture et rendait malade ceux qui en buvaient. Ils étaient donc en train de mourir de faim, pas de devenir des fermiers].

Bosque Redondo et les politiques autour de l’ « élimination des Indiens » est un exemple de racisme environnemental et donne le contexte pour les schémas et les pratiques d’utilisation des terres qui déplaceraient les Autochtones de leurs territoires d’origine et de leur sites sacrés. Les pratiques de déportation, d’éradication et d’assimilation forcées créèrent une crise sanitaire majeure, comme la famine, les maladies infectieuses, le logement inadéquat, les mauvais traitements, ainsi qu’une perte de vies considérable aux mais des militaires. Dans les tribus, ont se souvient de ces expériences qui y résonnent toujours, elles sont la source d’un profond traumatisme intergénérationnel et d’une défiance vis-à-vis du gouvernement fédéral aujourd’hui.

Le processus de Vérité et Réconciliation dans lequel s’embarque la Ville de Santa Fe exige la reconnaissance d’une dure vérité, un travail concerté vers la réconciliation et la paix. Le fait d’abroger les proclamations territoriales mentionnées plus haut serait un pas vers la réconciliation avec les communautés tribales qui se souviennent et encore de profondes cicatrices causées par la lutte et les sacrifices de cette période. Et il faut aussi reconnaitre le traumatisme historique qui persiste suite à des siècles de politiques d’éradication, d’assimilation, d’oppression, de déportation et d’élimination.

Cette lettre a pour but de demander à la Gouverneure Michelle Lujan Grisham d’abroger les proclamations suivantes, faites par des Gouverneurs du Nouveau-Mexique pendant la période Territoriale :

Le 12 mars 1851, le Gouverneur James S. Calhoun, introduisit une proclamation qui appelait à un recensement exact de tous les habitants (sauf les Indiens)

Le 18 mars 1851, le Gouverneur Calhoun fit une seconde proclamation qui « autorisait l’attaque de toute tribu d’Indiens hostiles qui auraient pu pénétrer dans les colonies pour les piller et les dégrader… et ordonna aux résidents de s’emparer de la propriété de toute tribu d’Indiens hostile »

La proclamation du Gouverneur Mitchell, datée du 2 août 1869 et de septembre 1869, qui déclarait les tribus Indiennes Navajo et Apache Gila comme « hors-la-loi » et autorisait les citoyens à tuer leurs ennemis et prendre leur propriété.

Au service de la Ville de Santa Fe et du futur du Nouveau-Mexique,

Valerie Rangel

Historienne de la Ville de Santa Fe, IV
valerierangel.com
http://www.santafenm.gov/city_historian


Les Autochtones du Nevada ont souffert du nucléaire depuis des décennies. D’abord, les tests de bombes atomiques, qui ont eu lieu de 1951 à 1992, faisant de la Nation Shoshone, majoritaire dans la région, la Nation la plus bombardée au monde. Depuis 1987, les autorités des Etats-Unis ont essayé de créer un site d’enfouissement profond (type Bure) des déchets les plus radioactifs des USA à proximité du site de tests de bombes atomiques. Depuis 1994, les Shoshone luttent contre ce projet.

Christine Prat


Native Community Action Council [Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone] P.O. Box 46301, Las Vegas, NV 89114 21 septembre 2022 Contact : Ian Zabarte

Le Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone (NCAC) ne prend pas position dans la plainte déposée par le Nevada à la Commission de Régulation Nucléaire (NRC – Nuclear Regulatory Commission) pour redémarrer le processus de Yucca Mountain. En tant que partie représentée au Conseil d’Agrément de Sécurité Atomique pour la NRC, le NCAC n’a fait qu’une objection de propriété, une exigence du 10 CFR 60.121, pour protéger la Nation d’Indiens Shoshone et les habitants. Yucca Mountain est à l’intérieur des territoires des Bandes Occidentales de la Nation d’Indiens Shoshone, définis par le Traité de Ruby Valley de 1863 (Consolidated Treaty Series 127-1863).

Le membre du NCAC Joe Kennedy a déclaré, « Arrêter [le projet] Yucca Mountain est ce qu’il faut faire pour protéger les Shoshone de l’Ouest, tous les habitants et la vie autour de Yucca Mountain du risque de radiations posé par des déchets nucléaires hautement radioactifs. »

En 1987, le Congrès des Etats-Unis a trouvé que Yucca Mountain était le seul site pouvant être caractérisé comme site géologique d’enfouissement profond de déchets nucléaires hautement radioactifs. Les Bandes Occidentales de la Nation d’Indiens Shoshone ont résisté aux actions coordonnées dirigées par le Département de l’Energie, le Bureau d’Aménagement du Territoire, l’Agence de Protection de l’Environnement, le Département des Transports, et l’agence d’agrément de permis, la NRC, pour infliger des conditions dangereuses au peuple Shoshone, évidentes pour des matériaux radioactifs.

Selon Ian Zabarte, Secrétaire du Conseil pour l’Action de la Communauté Autochtone, « la propriété n’est pas une chose. C’est une relation entre des gens par rapport aux choses. Les droits de propriété Shoshone à Yucca Mountain sont protégés par le traité et l’Article 6 de la Constitution des Etats-Unis. Le titre des Shoshone de l’Ouest n’est pas aboli.»

Le Nevada veut mettre un terme aux projets fédéraux ratés de décharge de déchets nucléaires 20 septembre 2022

Ce jour, le Gouverneur du Nevada Steve Sisolak et l’Agence du Nevada pour les Projets Nucléaires ont annoncé la déposition d’une nouvelle motion légale pour mettre un terme aux projets fédéraux de construire une décharge pour les déchets les plus radioactifs du pays à Yucca Mountain, à 100 km* au nord-ouest des zones peuplées du Comté de Clark.

«Il est temps de prendre des leçons de l’expérience de Yucca Mountain et de les confronter à la réalité,» dit le Gouverneur Sisolak.

«Les habitants du Nevada ne veulent pas prendre part à une expérience dangereuse. Yucca Mountain ne doit pas devenir une décharge nationale pour les déchets dangereux» dit le membre du Congrès Steven Horsford (NV-04). «Il est plus que temps de conclure le débat sur Yucca Mountain et de protéger les résidents de mon district et de tout l’état.»

«Depuis des années, nous avons dû combattre pour assurer que le Nevada ne devienne pas la décharge de la nation pour les déchets nucléaires», dit la Représentante Susie Lee (NV-03).

*Yucca Mountain est à un peu plus de 100 km de l’agglomération de Las Vegas, par une petite route sinueuse. La radioactivité ne suit pas la route, mais le vent. Et à environs 70 km – toujours par la petite route sinueuse – il y a des communautés plus petites, comme à Indian Springs ou Pahrump. Le site est très proche de la frontière entre le Nevada et la Californie, et les Autochtones de l’autre côté de la limite se plaignent également des effets de la radioactivité.

La région affectée:

Le site, avec les 7 volcans actifs au pied de Yucca Mountain: