kleeuranium1-11-2016
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MINE D’URANIUM PRES DU GRAND CANYON DU COLORADO: MENACE IMMINENTE POUR UN SITE SACRE HAVASUPAI & DES COMMUNAUTES DINE (NAVAJO)

 

Par Klee Benally
Indigenous Action Media
1er novembre 2016

 

Grand Canyon, Arizona – Le 13 octobre 2016, le Service de la Qualité de l’Environnement d’Arizona (ADEQ) a accordé trois permis controversés, relatifs à la qualité de l’air, à des mines d’uranium près du Grand Canyon. L’extraction d’uranium profanera des sites sacrés et intoxiquera encore plus des communautés déjà affectées depuis des décennies par des mines d’uranium abandonnées encore radioactives.

« Notre Mère la Terre est très précieuse, tout ce qui vit en dépend, » dit le président du Chapitre de Cameron, Milton Tso, « l’uranium appartient à notre Mère, c’est en elle et devrait y rester. Il va y avoir une bataille, je vous garantie qu’il va y avoir une bataille, de ma part et de celle de tous les autres, si ce minerai arrive dans notre direction. »

« Nous sommes furieux de ce que l’ADEQ ait approuvé les permis concernant la qualité de l’air. » dit la membre du conseil Havasupai Carletta Tilousi, « Bien que nous ayons toujours eu une position ferme sur la protection des terres et des sites sacrés, une fois de plus, l’état d’Arizona s’abstient de protéger nos territoires du Grand Canyon en continuant à accorder des permis relatifs à la qualité de l’air. Nous sommes très déçus par le Service de la Qualité de l’Environnement. »

La compagnie Energy Fuels Resources, Inc. (EFRI) gère trois mines d’uranium avec des baux du Service des Forêts des Etats-Unis, sur des terres publiques près du Grand Canyon. Les mines EZ et Arizona 1 sont situées au nord du Parc National du Grand Canyon, et la Mine du Canyon est située à environs 10 km au sud du Parc. Les opérations à la mine Arizona 1 ont cessé, mais l’uranium est toujours entreposé sur le site et transporté à l’usine de retraitement de la compagnie, à White Mesa, en Utah. Les mines d’Energy Fuel EZ et Canyon sont actuellement en cours de développement.

 

LE MINERAI D’URANIUM DE LA MINE DU CANYON DEVRAIT ETRE TRANSPORTE DANS DES CAMIONS DE 30 TONNES, JUSQU’A 25 FOIS PAR JOUR, SUR 400 KM, PAR FLAGSTAFF, CAMERON, TUBA CITY, KAYENTA ET MEXICAN WATER, A L’USINE DE LA COMPAGNIE, A WHITE MESA, PRES DE BLANDING, EN UTAH.

 

La seule protection contre la pollution radioactive, pour les communautés le long du trajet, seraient des bâches goudronnées recouvrant le minerai radioactif.

Bien que la Nation Navajo ait interdit l’exploitation et le retraitement de l’uranium depuis 2005, rien n’empêche le transport de ce matériau dangereux en territoire Diné. L’interdiction de 2005 était largement due aux centaines de mines d’uranium abandonnées qui empoisonnent la réserve.

Des régions comme celle de Cameron continuent de faire face à un taux élevé de cancers et à l’empoisonnement de l’eau potable par les mines d’uranium laissées à l’abandon, héritage mortel de l’industrie nucléaire.

D’après l’EPA (Agence de Protection de l’Environnement US), « Approximativement, 30 % de la population Navajo n’a pas accès au réseau d’eau potable publique et est susceptible d’utiliser l’eau de sources rendues radioactives par l’uranium. »

Sur près de 290 km, le trajet de transport traverse la Nation Navajo, et emprunte des ponts au-dessus du Petit Colorado et de la rivière San Juan. En 1987, il y a eu deux accidents de camions de transport et du minerai d’uranium a été renversé sur des routes dans la Nation Navajo.

L’ADEQ a d’abord été contrainte de suspendre les permis relatifs à la pollution de l’air pour les trois mines, à cause du fort taux de radiation détecté à l’une des mines existantes. Le service a organisé récemment une série de consultations publiques dans le nord de l’Arizona, à propos des permis.

Au cours de la consultation du 30 août 2016 à Flagstaff, Arizona, Milton Tso a déclaré: « Maintenant nous parlons d’un des lieus les plus sacrés sur terre, que vous voulez creuser pour exploiter de l’uranium, le Grand Canyon du Colorado. Il n’est pas seulement sacré pour nous en tant qu’Autochtones, il l’est pour le monde entier. Des millions de gens viennent, juste pour admirer ce Canyon. Et l’eau qui y coule est très sacrée. Il n’y a pas de garantie de sécurité pour l’uranium, le pétrole ou quoique ce soit extrait de notre Mère. Il n’y a aucune garantie que ce sera sans danger, il n’y en a jamais, il y aura toujours une fuite, il y aura toujours un accident », dit Tso.

En approuvant les permis relatifs à la qualité de l’air pour les mines d’uranium, l’ADEQ a réagi aux inquiétudes du public concernant les bâches devant couvrir le minerai radioactif en imposant des exigences plus ‘strictes’ pour les bâches couvrant les camions. L’ADEQ a déclaré que « la bâche devrait dépasser de chaque côté de la plateforme du camion d’au moins 15 cm, et être attachée par une corde tous les 1,20 m. »

La Mine du Canyon, où EFRI fore actuellement pour extraire de l’uranium, est près de Red Butte, une montagne sacrée pour la Nation Havasupai. Red Butte, y compris le site de la Mine du Canyon, a été déclarée susceptible de figurer au Registre National des Lieus Historiques, en tant que Propriété Culturelle Traditionnelle, en 2009.

Carletta Tilousi, membre du conseil Havasupai, a témoigné lors de la consultation, « nous sommes la communauté la plus touchée, en première ligne de cette pollution cependant on ne nous a jamais donné l’occasion de donner notre avis et je pense que c’est un tort. Notre site le plus sacré, notre montagne sacrée la plus distinguée, nous a été ravie et a été totalement polluée. Nous ne pouvons plus y aller ni y tenir nos cérémonies comme nous l’avons fait pendant des siècles. Nous ne pouvons plus cueillir la sauge et le cèdre ni les brûler. »

En réponse au problème de la profanation de Red Butte, l’ADEQ a déclaré que « la loi de l’état n’autorise pas le Service à introduire des exigences non liées à la qualité de l’air dans la procédure d’attribution de ces permis; cependant, EFRI doit respecter toutes les autres exigences de l’état ou fédérales pour la protection de ces ressources et propriétés. » Aucune loi actuelle n’assure la protection de sites sacrés situés sur des terres fédérales.

Un commentaire soumis à l’ADEQ demandait que le service fasse faire des calculs pour déterminer les quantités d’émissions radioactives sur tout le trajet du transport en Arizona. Les gens de l’ADEQ ont répondu que l’ « ADEQ ne pouvait prendre en compte les émissions des camions hors du site pour prendre une décision d’accorder un permis. »

Plusieurs intervenants ont demandé que l’ADEQ fasse une évaluation des effets cumulatifs du radon, des radiations et de la poussière radioactive dans la région du Grand Canyon. Le service a déclaré que « la loi de l’état n’autorise pas le Service à prendre en considération les résultats d’une telle étude lors d’une décision d’accorder un permis pour un site spécifique. »

 

« IL ME SEMBLE QUE DES VIES HUMAINES SONT PLUS IMPORTANTES QUE LE PROFIT. QUE L’EAU EST PLUS IMPORTANTE QUE LE PROFIT » DIT CARLETTA TILOUSI AU COURS DE LA CONSULTATION, « J’AIMERAIS QUE VOUS CONSIDERIEZ SERIEUSEMENT CE QUE VOUS AVEZ DEVANT VOUS AVANT D’ACCORDER DE NOUVEAU VOTRE APPROBATION AUX COMPAGNIES MINIERES. »

 

Les mines d’uranium menacent de polluer d’avantage le Fleuve Colorado qui coule dans le Grand Canyon. Plus de 40 millions de gens dépendent de l’eau du Colorado. D’après l’Etude Géologique fédérale, 15 sources et cinq puits du bassin hydrologique du Grand Canyon ont déjà des hauts niveaux de radioactivité dus à l’extraction d’uranium passée dans la région.

EFRI déclare que la « Mine du Canyon a la plus haute teneur des Etats-Unis. » Le taux de production de la mine du Canyon est de 109 500 tonnes de minerai d’uranium par an. La compagnie est aussi autorisée à entreposer jusqu’à 13100 tonnes de minerai à la mine. Les piles de stockage radioactives seront arrosées pour contrôler la formation de poussière « et si cela s’avère insuffisant », une réduction de la taille des piles de stockage pourrait être instituée, ainsi que la construction de paravents, ou bien des bâches goudronnées seraient placées sur les piles de stockage.

En octobre 1984, Energy Fuel Nuclear a soumis un Projet d’Opérations pour une mine d’uranium de la concession de Canyon Mine sur des terres du Service National de la Forêt de Kaibab. La Déclaration finale d’Impact sur l’Environnement a été publiée en 1986, approuvant la mine. Bien qu’il n’y ait pas eu d’exploitation minière, des préparatifs ont immédiatement suivi cette décision. La Nation Havasupai et d’autres ont engagé des poursuites, mais ont perdu en 1991. En 1987, un groupe appelé la Conspiration Internationale Eco Terroriste d’Evan Mecham – EMETIC – a coupé 29 poteaux électriques de la Mine du Canyon, coûtant 200 000 dollars à la compagnie. La chute des cours de l’uranium a alors entrainé l’abandon du projet de mine, jusqu’à ce que Denison Mines, le propriétaire précédent des mines du Canyon, n’informe le Service des Forêts de leur intention de reprendre le développement de la mine, en 2011.

En 2006, les cours de l’uranium ont remonté et l’effet immédiat a été que des milliers de nouvelles demandes de concessions pour des mines d’uranium ont été déposées autour du Grand Canyon. En 2009, cette menace a poussé le Ministre de l’Intérieur des Etats-Unis à imposer un moratoire de 2 ans sur les nouvelles demandes de concessions sur plus de 4000 km² de terres fédérales autour du Grand Canyon. Le moratoire a été étendu à une halte de 20 ans des concessions pour extraire de l’uranium près du Grand Canyon en 2012. Cette interdiction aurait dû être rendue permanente par une proposition de loi visant à créer le Monument National de l’Héritage de la Région du Grand Canyon. Cependant, ni le moratoire ni la proposition de Monument National n’empêchent les mines d’uranium existantes, comme la Mine du Canyon, de fonctionner.

Le 27 octobre 2016, EFRI a annoncé avoir localisé du cuivre à haute teneur en forant le puits de la Mine du Canyon. La compagnie étudie actuellement si elle va ou non extraire le cuivre comme ‘sous-produit’ de l’exploitation d’uranium. EFRI a annoncé que ses actions avaient monté de 8% à Wall Street, après avoir annoncé que du cuivre avait été trouvé dans la mine.

« Nous n’avons été ni informés ni consultés convenablement à propos d’une quelconque nouvelle découverte de minerai » dit Carletta Tilousi. « Si c’est le cas, nous devons être consultés immédiatement par la compagnie minière et le Service des Forêts de Kaibab. »

La Forêt Nationale de Kaibab, qui a approuvé l’extraction minière sur la base d’une antique Loi sur les Mines de 1872, a été impliquée dans le litige concernant la Mine du Canyon depuis mars 2013. En 2015, La Cour de District fédérale a décidé en faveur du Service des Forêts des Etats-Unis contre une plainte déposée par le Grand Canyon Trust, le Centre pour la Diversité Biologique, le Sierra Club et la Tribu Havasupai.

Le 19 avril 2016, la Tribu Havasupai est allée en appel auprès de la Cour du 9ème Circuit, et le Grand Canyon Trust, le Centre pour la Diversité Biologique et le Sierra Club l’ont suivie. Les arguments oraux en appel concernant la Mine du Canyon seront entendus par la Cour du 9ème Circuit à San Francisco, Californie, le jeudi 15 décembre 2016 à 9h30 du matin dans la Salle d’Audience 4. Les appels concernant l’affaire de 2012 sur le retrait de minéraux passeront juste après.

Il y a plus de 15000 mines d’uranium abandonnées (AUM) dans tous les Etats-Unis. Clean Up The Mines, qui a proposé une loi pour résoudre le problème de la décontamination des AUM, milite pour que la décontamination des mines abandonnées soit entamée immédiatement.

« Les Nations Autochtones d’Amérique du Nord sont le canari du mineur des Etats-Unis, qui essaie d’éveiller les consciences des peuples du monde sur les dangers de la pollution radioactive » dit Charmaine White Face qui travaille dans une organisation du Dakota du Sud, Defenders of the Black Hills, et Clean Up The Mines.

Le Dakota du Sud a 272 mines d’uranium abandonnées qui polluent des cours d’eau comme la Rivière Cheyenne et profane des sites sacrés et cérémoniels. On estime que 169 mines d’uranium abandonnées sont situées à moins de 80 km du Mont Rushmore où des millions de touristes risquent d’être exposés à la radioactivité chaque année. Les communautés Autochtones sont touchées hors de toutes proportions, étant donné qu’environs 75% des mines abandonnées sont situées sur des terres fédérales ou Tribales.

 

« LA COLONISATION N’EST PAS SEULEMENT LE VOL ET L’ASSIMILATION DE NOS TERRITOIRES ET DE NOS PEUPLES, AUJOURD’HUI NOUS COMBATTONS LE COLONIALISME NUCLEAIRE QUI VOLE NOTRE AVENIR » DIT LEONA MORGAN.

 

Lors d’un récent Forum Autochtone sur les Problèmes Nucléaires tenu en territoire Shoshone de l’ouest et Paiute du sud, Leona Morgan, de Diné No Nukes a déclaré: « Alors que les Etats-Unis ont plus de 15000 mines d’uranium abandonnées, ça n’a pas de sens de continuer à produire plus de déchets nucléaires alors qu’on ne sait pas où les mettre. Au lieu de dépenser des milliards pour moderniser les armes et subventionner les réacteurs nucléaires obsolètes, nous devons nous mettre à utiliser ces fonds pour décontaminer les régions touchées. Et commencer par laisser l’uranium dans le sol. »

« La colonisation n’est pas seulement le vol et l’assimilation de nos territoires et de nos peuples, aujourd’hui nous combattons le colonialisme nucléaire qui vole notre avenir » dit Leona Morgan.

 

Vidéo des interventions de Milton Tso et Carletta Tilousi:

 

Voir articles précédents sur les mines d’uranium dans le Grand Canyon,
en particulier l’article de Klee Benally publié en mars 2011

 

 

LES AMERINDIENS TRES INQUIETS SUITE A L’ANNONCE PAR LE PRESIDENT EVO MORALES DE LA CONSTRUCTION D’UNE CENTRALE NUCLEAIRE

Par Brenda Norrell
Censored News
30 novembre 2014
Nederlands
Traduction Christine Prat

 

L’annonce par le Président de Bolivie Evo Morales suivant laquelle la Bolivie construirait une centrale nucléaire a été perçue comme une nouvelle troublante par ceux qui ont participé à la Conférence sur le Changement Climatique et la Protection de la Terre Mère à Cochabamba, en Bolivie, en 2010.

Ofelia Rivas, O’odham du Territoire O’odham dans l’Ile de la Tortue [Amérique du Nord] était parmi ceux du nord qui participaient à la conférence en Bolivie et elle recommande l’action.

« En tant que co-Présidente du Groupe de Travail Autochtone sur les Droits de Notre Mère la Terre au Sommet Mondial Autochtone de 2010 sur le Changement Climatique, je recommande une pétition à l’échelle mondiale pour exprimer notre profonde inquiétude devant cette décision de développement de ‘libération économique’ en Bolivie. Je me souviens de ce qu’ont dit les femmes boliviennes de la base et de leur profond amour pour Pachamama, Notre Mère la Terre et leur détermination absolue de la protéger. »

Le Président bolivien Evo Morales a annoncé que son gouvernement investira environs 2 milliards de dollars d’ici à 2025 pour développer l’énergie nucléaire dans des buts pacifiques, selon la chaîne TeleSur.

Le Président Morales a déclaré : « Nous ne pourrons plus jamais nous considérer comme un petit pays maintenant que nous nous sommes libérés économiquement. Avec ce type d’investissement dans l’énergie nucléaire nous le garantirons. »

La Bolivie a commencé sa coopération nucléaire avec l’Argentine en mai 2014, et plus récemment, à la mis juillet, après une rencontre avec le Président Russe Vladimir Poutine, au Brésil. Morales a alors annoncé que le dirigeant russe offrait à la Bolivie la technologie et la formation continue des scientifiques du pays, dit la chaîne TeleSur.

La centrale nucléaire serait construite dans la province de La Paz. L’annonce a été faite après que de l’uranium ait été découvert dans la région de Santa Cruz. Par un curieux concours de circonstances, La Paz et Santa Cruz sont les deux villes où les Amérindiens sont arrivés pour la Conférence sur la Terre Mère en 2014, avant de se rendre à Cochabamba.

Suite au rassemblement de Cochabamba, La Bolivie et l’Equateur ont adopté des lois affirmant les Droits de la Nature.

En pays Indien aux Etats-Unis, les Amérindiens sont prompts à souligner les dangers de l’extraction d’uranium et des décharges de déchets nucléaires à l’attention des Peuples Autochtones de Bolivie.

Klee Benally, Diné (Navajo), avait dit : « Le processus de production nucléaire n’a signifié que la mort et la profanation de terres sacrées pour les Peuples Autochtones. De l’extraction, au retraitement, au transport, à l’énergie, aux armes et aux déchets, l’héritage toxique du colonialisme nucléaire, est tout sauf une ‘alternative verte’. »

« Il y a plus de 10000 mines d’uranium abandonnées dans tous les Etats-Unis, beaucoup sont situées dans ou à proximité de communautés Autochtones où les taux élevés de cancers et de malformations congénitales sont causés par l’exposition à ces sites toxiques. Des sites sacrés comme le Mont Taylor au Nouveau Mexique ou Red Butte en Arizona, sont profanés pour extraire l’uranium. Les Etats-Unis ont actuellement plus de 71000 tonnes de déchets qu’ils essaient d’entreposer à Yucca Mountain, un site sacré pour les Shoshone de l’ouest. Les Shoshone de l’ouest ont aussi eu plus de 1000 explosions de bombes atomiques sur leurs terres [ce territoire était l’équivalent de Mururoa pour les Français – NdT], » dit Klee Benally à Censored News.

Klee Benally  parlé (et chanté) des mines d’uranium abandonnées à Montreuil en 2013


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Les Navajo et les Pueblos, et d’autres Autochtones dans tout l’ouest, ont souffert de cancers et autres maladies mortelles pendant des décennies à cause de l’extraction d’uranium. Des Navajos ont été envoyés à une mort certaine dans les mines d’uranium, sans combinaisons protectrices. Jusque dans les années 1990, dans les communautés de Cove et Red Valley près de Shiprock, au Nouveau Mexique, dans la Nation Navajo, des Navajo âgés ont vécu dans des maisons construites avec des roches radioactives. Des membres de toutes les familles de ces communautés sont morts de cancers à cause de l’extraction d’uranium. Des enfants Navajo de la région jouaient dans des cours parsemées de pierres radioactives à cause de l’extraction d’uranium.

Même dans la région du Grand Canyon et de Monument Valley, dans la partie ouest de la Nation Navajo, en Arizona, deux sites qui sont éminemment touristiques, les mines d’uranium et des pierres radioactives éparpillées ont laissé un héritage mortel.

De nombreux Pino, des Pueblo Acoma du Nouveau Mexique, dirent que des Pueblos étaient morts après que la poussière radioactive ait recouvert leur nourriture, et les champs dans lesquels leur bétail paissait. Des femmes Pueblo ont été contaminées en lavant les vêtements de leurs maris qui travaillaient dans les mines.

Aujourd’hui, des résidus radioactifs non-décontaminés sont toujours dispersés dans la Nation Navajo. Les entreprises minières ont largement été soustraites à leur responsabilité d’avoir semé la mort et la dévastation, alors même que de nouveaux projets d’extraction menacent la région.

De plus, les Shoshone de l’ouest combattent la menace de voir entreposer des déchets nucléaires sur la Yucca Mountain, dans le Nevada, étant donné que les Amérindiens ont toujours été la cible des décharges de déchets nucléaires. Les désastres nucléaires ont prouvé qu’il n’y a pas de moyen sûr de transporter ou d’entreposer les déchets nucléaires. Les terres des Shoshone de l’ouest était aussi le site des essais pour les bombes atomiques des Etats-Unis.

Réagissant aux dangers mortels de l’extraction d’uranium et de l’enfouissement des déchets, Louise Benally, Diné de Big Mountain, a dit à Censored News : « C’est totalement mauvais, il n’y a aucune sécurité. »

Les dangers ont été exprimés dans une lettre ouverte de la communauté mondiale au Président Morales, publiée sur le site Breaking the Nuclear Chain :

Extrait de la lettre :

La sécurité d’une centrale nucléaire est un mythe, promus par les partisans de l’industrie nucléaire et les industriels, mais c’est clairement nié par les faits : le demi-siècle passé montre qu’on peut s’attendre à des accidents extrêmement graves très régulièrement. Les conséquences d’un accident nucléaire majeur sont pires que celles de n’importe quel autre accident. Rien que l’héritage de Fukushima durera des décennies et affectera le Japon et le reste du monde !

L’énergie nucléaire est vulnérable aux attaques terroristes et conduit à la militarisation du territoire aux alentours.

Il y a un lien très étroit entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire. Les matériaux et les techniques de base sont les mêmes, avec du plutonium – le matériel ‘explosif’ idéal pour produire de l’énergie nucléaire et fabriquer des armes nucléaires – qui résulte comme sous-produit de la réaction en chaîne.

Texte intégral de la lettre (en anglais) : http://www.breakingthenuclearchain.org/blogs/-/blogs/open-letter-to-evo-morales-about-nuclear-energy

Signataires :

Anna Polo, World without Wars, Italy
Olivier Turquet, chief editor Pressenza Italy
Angelo Baracca, Professor of Physics, Italy
Carlos Vassaux M.D., USA
Dr. Jouni Ylinen, Finland
Ira Helfand, MD, USA, co-President International Physicians for the Prevention of Nuclear War, recipient of the 1985 Nobel Peace Prize
Claudio Giangiacomo, Italy
Nnimmo Bassey, Health of Mother Earth Foundation (HOMEF), Nigeria
Roberto Renzetti, Professor of Physics and essayist, Italy
People for Nuclear Disarmament, Australia
Human Survival Project, Australia