Photo Sandra Rambler, devant au centre Wendsler Nosie, Sr. Voir d’autres photos prises par S. Rambler au cours de la cérémonie sur Censored News
DES APACHES FONT L’HISTOIRE SUR LE MONT GRAHAM
Des centaines d’entre eux participent à une cérémonie sacrée
Par Sandra Rambler, Apache San Carlos
Publié sur Censored News
22 juillet 2013
Traduction Christine Prat
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SAFFORD, Arizona – L’air n’était agité que par une brise légère et fraiche et on aurait pu entendre une épingle tomber alors que des centaines d’Apaches et leurs amis étaient rassemblés pour une prière, au cours d’une cérémonie sacrée qui s’est tenue du 17 au 21 juillet au sommet de leur montagne sacrée qu’ils appellent “Dzil Nchaa Si An,” connue aussi sous le nom de Mont Graham, au sud-est de l’Arizona. Ils étaient là pour participer à la cérémonie sacrée de passage à l’âge adulte d’une jeune fille de 14 ans, Naelynn Pike, fille de Vanessa Nosie et de Willie Pike, tous membres de la Tribu Apache San Carlos. La cérémonie d’initiation de Naelynn s’est tenue au cœur de Dzil Nchaa Si An, où toutes les cérémonies sacrées ont eu lieu depuis des siècles.
Le partenaire de Naelynn pour la danse était Ashlee Craig, de la Tribu Apache de White Mountain, et ses Parrains étaient aussi membres de tribus, Valerie (Porter) Vavages et son mari, Cedrick Vavages, membre de la Nation Tohono O’Odham. L’Homme-médecine était Houston (Dory) Hinton et l’Homme-médecine des Danseurs Esprits de la Montagne Apache était Norwyn Wesley. Plusieurs hommes-médecine et guides spirituels se sont joints à eux pour la prière et les chants, parmi eux Leroy Kenton, Anthony Logan, Louie Lorenzo, Myron Moses, Harrison Bonito, Steve Titla et d’autres.
Parmi les guides spirituels tribaux participant à la prière, il y avait Gladys Hinton, Dora Hinton, Lenora Robertson, George Starr Jr., Arthur Longstreet, Adam Rope, Audrey Johnson, Delores Jordan et d’autres.
Parmi les chefs tribaux présents, il y avait le membre du Conseil du District de Peridot et l’ex Président Tribal Wendsler Nosie Sr., l’ex Présidente Tribale Kathleen (Wesley) Kitcheyan, les ex-membres du Conseil du District de Bylas Myron Moses et John Wesley et l’Avocat Tribal sous contrat Steve Titla.
« Ce moment est tellement spécial pour moi », dit Dora Hinton, dans sa langue Apache de San Carlos.
« La Marraine, Valerie (Porter) Vavages est une de mes Filleules. Je suis si heureuse d’être ici pour assister à un tel moment historique et de pouvoir la voir perpétuer une tradition Apache passée de moi à elle. Je suis si fière d’elle et lui souhaite du succès dans toute sa vie, avec sa famille, au moment où elle acquière une nouvelle fille par cette cérémonie sacrée, » conclut Dora Hinton, la veuve de Lee Hinton Sr., de la communauté de Bylas.
Une Ancienne et guide spirituelle tribale, Lenora (Starr) Robertson, ajouta « J’ai 73 ans. Je suis la fille de feu Edith et George Starr Sr. Mes grands-parents paternels étaient Hannah (Rope) Starr et Emory Starr. Ils vivaient ici, dans toute cette région quand les routes ont été construites ici sur notre montagne sainte et sacrée ».
« Pour notre peuple Apache – les choses que nous apprenons sont transmises oralement. On nous a raconté des histoires sur nos ancêtres. Elles n’étaient pas écrites parce que les Apaches ne faisaient pas confiance à l’Homme Blanc, donc ils n’écrivaient rien vu qu’ils ne pouvaient pas leur faire confiance. Ils ont pris notre pays et ils nous ont pris cette montagne sainte et sacrée Dzil Nchaa Si An ».
« Ma grand-mère Hannah m’a raconté que mon père George Starr Sr. n’avait que 7 ans quand il a commencé à danser ici sur Dzil Nchaa Si An. Il est devenu un Danseur Esprit de la Montagne Apache et lors de sa première danse ici, il n’y avait pas de nuages mais il s’est mis à pleuvoir et tonner et il y a eu des éclairs. Tout le monde dansait et même les chevaux se cabraient et dansaient. C’est alors qu’il a reçu le nom de “Na’ku’sa” qui signifie la Grande Ourse ».
« Ces chants et prières appartiennent tous à notre histoire de la Création. Ils seront avec nous pour toujours. Mon père est mort à 96 ans, presque centenaire. Il était en bonne santé mais il était vieux à la fin. Il n’a pratiquement jamais été malade et était toujours en train de prier. Il a été Danseur Esprit de la Montagne Apache pendant de nombreuses années et a transmis la tradition aux jeunes hommes de notre famille ».
« C’est le lieu où résident les Danseurs Esprit de la Montagne Apache. C’est un lieu très sacré. C’est si joli ici et un air pur et propre nous entoure au milieu de pins magnifiques. Ce moment est très spécial pour nous tous ici » conclut Lenora Robertson dans sa langue Apache San Carlos.
McBride Waterman, le fils aîné de la regrettée Ola Cassadore Davis, ancienne Présidente de la Coalition pour la Survie des Apaches et combattante acharnée contre le projet de télescope sur le Mont Graham, fit remarquer en retenant ses larmes : « Quand je suis arrivé ici vendredi (19 juillet 2013), j’avais peur. Je ne connais pas bien toutes ces coutumes Apache et être ici pourrait bien exiger de posséder toute la connaissance que nos hommes-médecine possèdent ».
« En m’aventurant du pied de la montagne jusqu’au sommet, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à ma mère, me demandant comment ces gens qui ne veulent pas des Apaches ici ont pu, à une époque, avoir peur d’elle et de ce qu’elle avait à dire ».
« Pendant l’échange de nourriture, Wendsler Nosie Sr., dans son discours, à mentionné ma mère et j’ai été tellement touché ! »
« Ma mère était la Marraine de la fille de Wendsler, Vanessa, et maintenant sa fille, Naelynn, a sa cérémonie ici. Ma mère est ici avec nous en esprit et je veux remercier Wendsler pour avoir rappelé le souvenir de ma mère en plaçant une plume d’aigle à sa mémoire à l’endroit où les Coureurs Esprits de la Montagne Apache collectent l’eau sacrée pour partager avec nos gens ».
« Ma mère était une femme très portée vers la spiritualité et elle était très stricte avec nous. Elle disait toujours, quelque soit notre âge, tu seras toujours mon bébé ! »
« J’ai 72 ans et nous venons de la perdre, l’an dernier, en 2012. Elle est ici avec nous par l’esprit, à ce moment précis et elle aurait eu 90 ans en janvier dernier. Elle s’est battue pour garder nos traditions et notre culture Apaches vivantes et pour maintenir la langue Apache et l’enseigner à nos enfants et petits-enfants ».
« Notre culture Apache est très importante pour moi et je suis fier d’être membre de la Tribu Apache San Carlos » conclut McBride Waterman en essuyant ses larmes.
Pendant la cérémonie de dimanche matin (21 juillet 2013), l’Homme Médecine du Sol Sacré, Anthony Logan, a déclaré dans sa langue Apache San Carlos : « Les Coureurs Esprits de la Montagne Apache ont commencé leur voyage jusqu’ici mercredi (17 juillet 2013) de la Réserve Apache San Carlos et des chants pour le sol sacré ont été chantés pour eux tandis qu’ils couraient en portant le bâton sacré sur la route sinueuse ».
« Les Parrain et Marraine ont acquis une nouvelle tradition dans leur famille. Naelynn Pike est elle-même coureuse et depuis qu’elle était une petite fille, elle a toujours voulu avoir sa danse ici. Nous sommes heureux pour elle et ses Parrain et Marraine. Et merci d’être ici ».
« C’est le lieu où résident nos Danseurs Esprits de la Montagne Apache, les Ga’an, étant donné qu’ils ont un contact direct avec notre Créateur. S’il vous plait, continuez de prier pour nous tous et tous nos Apaches », conclut Anthony Logan.
L’Homme Médecine Norwyn Wesley ajouta : « C’est une bonne danse et j’espère que vous vous amusez et profitez de beau temps. Nous venons de baptiser cette jeune Apache, Naelynn Pike, l’introduisant ainsi dans le monde Apache. Nous avons prié pour elle et ses Parrain et Marraine et pour qu’ils restent toujours en contact les uns avec les autres en devenant une famille. Nous demandons des bénédictions pour eux où qu’ils aillent et la prospérité et l’humilité au cours de toutes leurs vies et je demande à chacun de vous ici de prier pour eux également ».
« Çà fait 50 ans que je suis lié aux Danseurs Esprits de la Montagne Apache, comme danseur et maintenant comme leur chanteur. Je suis, comme vous diriez, le dernier des Mohicans. Mon grand-père, le regretté Fred Wesley, était homme-médecine. Nous sommes en train de perdre certains de nos chants, tout comme nous perdons une partie de notre langue Apache et c’est très important de conserver ce que nous savons et de le transmettre à une future génération ».
« Vous avez manifesté beaucoup de respect pour cette danse. C’est un honneur. C’est un moment sacré pour nous tous. Ce que vous avez appris ici, je vous prie de le partager avec votre famille et de continuer à préserver nos chants, danses et langue Apaches pour toujours. Merci à tous d’être ici », conclut l’Homme Médecine Wesley.
« Ma grand-mère me disait que j’étais née au pied de Dzil Nchaa Si An et me disait toujours, c’est ta montagne. Elle a raison, c’est ma montagne. Dzil Nchaa Si An nous appartient, cette montagne sacrée appartient au peuple Apache et il n’y a aucun doute là-dessus » souligna Gladys Hinton, une Ancienne de la tribu de 80 ans, dans sa langue Apache San Carlos.
« Au nom de notre famille, je veux juste dire merci à tous les bénévoles, ceux qui ont aidé, les coureurs, les Anciens, les Parrain et Marraine et leurs familles et amis, les Hommes et Femmes Médecine et les guides spirituels et tous ceux qui sont montés jusqu’ici avec nous pour nous aider à célébrer notre Course annuelle de l’Esprit de la Montagne Apache et plus spécialement la cérémonie de passage de ma petite-fille, Naelynn Pike », dit Wendsler Nosie Sr.
Le Docteur Robin Silver, du Centre pour la Diversité Biologique de Flagstaff, Arizona, a ajouté : « l’Histoire est sans aucun doute en train de se faire ici. Les Apache ont à nouveau fait leurs preuves en laissant une nouvelle marque dans leur histoire. Ce sont des gens sans peur et je les admire pour cela ».
Des amis sont venus de tout le pays, de Pennsylvanie, de Caroline du Nord, de Californie, du Nouveau Mexique et de New York. Steve Boyd, Professeur à l’Université de Wake Forest en Caroline du Nord, coureur depuis 11 ans et qui a rejoint les Coureurs Esprit de la Montagne Apache, dit « C’est merveilleux de voir les Apache revenir chez eux, où ils auraient toujours dû être ».
Comme les anciens de la tribu se préparaient à leur voyage de retour vers la réserve Apache, Naelynn Pike et son partenaire Ashlee Craig sont venus leur dire adieu. Des paroles d’encouragement et de satisfaction ont été adressées à Naelynn, la petite-fille maternelle de Cindy Nosie et à Theresa et Wendsler Nosie Sr. et la petite-fille paternelle de Geraldine et Chuck Pike.
Au début des années 90, le Conseil Tribal des Apache San Carlos a adopté de nombreuses résolutions, suite au travail colossal d’Ola Cassadore Davis au sein de la Coalition pour la Survie des Apache, et de Wendsler Nosie Sr. et du regretté Ernest Victor Jr. au sein du groupe des Apache pour la Préservation Culturelle, faisant campagne contre le projet de télescope à 200 millions de dollars.
En 1988, le Congrès a adopté la Loi sur la Conservation pour l’Arizona et l’Idaho, qui donnait son agrément à un permis spécial pour autoriser l’Université d’Arizona à mettre en pratique le projet de télescope. La Tribu a constaté qu’elle n’avait jamais été informée et que des violations au niveau fédéral étaient perpétrées, violations de la Loi sur les Espèces en Danger, la Loi sur la Liberté Religieuse des Indiens Indigènes Américains, la Loi sur la Politique Nationale de l’Environnement, la Loi sur la Préservation Historique Nationale, l’Ordre Exécutif 13007 et diverses autres lois.
La tribu a été rejointe par le Congrès National des Indiens Américains, le Conseil National des Eglises, quelques organisations internationales et diverses grandes organisations nationales, dans son opposition au projet de télescope.
Le 22 décembre 2012, la Coalition du Mont Graham, la Société Audubon de Maricopa et le Centre pour la Diversité Biologique ont déposé un avis d’intention de poursuivre de Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis et le Service des Forêts des Etats-Unis pour n’avoir pas repris les consultations, conformément à la Loi sur les Espèces en Danger, avec le Service des Poissons et de la Vie Sauvage des Etats-Unis à propos du Projet de Télescope du Mont Graham, une montagne connue des Apaches sous le nom de Dzil Nchaa Si An et considérée comme sacrée par les Apache San Carlos depuis des temps immémoriaux.
A la fin du dernier jour, juste après la partie de la cérémonie au cours de laquelle les Danseurs Esprit de la Montagne Apache dansaient, la pluie a commencé à tomber lentement, puis s’est intensifiée pendant quelques minutes. Les Anciens, les hommes médecine et les guides spirituels disent que c’est pour « effacer les pas et la trace des Danseurs Esprit de la Montagne Apache lorsqu’ils retournent au sommet de leur patrie sacrée, Dzil Nchaa Si An, le Mont Graham, ce qui est un fait et non un mythe comme le disent les Apache eux-mêmes. Effectivement, l’Histoire a de nouveau été faite par les Apache.
PAS D’AUTOROUTE SUR LA RESERVE DE GILA RIVER!
Par Akimel O’odham Youth Collective
6 juillet 2013
Akimel O’odham Youth Collective
E-mail: akimeloodhamyc@gmail.com
Phone: 520-510-3407
http://www.AOYCBlog.wordpress.com
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Traduction Christine Prat
(Voir aussi ci-dessous traduction de l’article d’Allison Hurtado dans Ahwatukee Foothills News)
Mercredi 3 juillet 2013, le Conseil de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC) a tenu sa première réunion régulière du mois. L’enquête sur l’initiative des Propriétaires terriens organisée par la firme Pangea était au programme, en particulier l’exclusion de signatures tenues pour avoir été obtenues de manière frauduleuse selon une enquête de la police de la GRIC. Le but de l’initiative des Propriétaires était – si le conseil de la GRIC l’avait adoptée – d’annuler le vote de la Communauté de février 2012 dont le résultat a été une victoire pour les partisans de l’option de « Non-Construction » de l’extension du Périphérique 202 dans la région de la Montagne du Sud [Site sacré pour les Autochtones – NdT]. L’initiative des Propriétaires forcerait la GRIC a organiser un autre vote, cette fois avec une formulation qui n’autoriserait que deux options : Oui ou Non, et exclurait l’option de Non Construction.
En mai 2013, une réunion spéciale du conseil de la GRIC a été organisée pour prendre connaissance des résultats de l’enquête de la police de la GRIC. A cette réunion, le service de police de la GRIC a révélé que des preuves de fraude et de tromperie avaient été découvertes dans les méthodes employées par Pangea pour obtenir des signatures. Ceci constitue une violation directe du Code de la Communauté Indienne de Gila River, qui stipule qu’ « une personne est coupable d’obtenir une signature par tromperie si, dans l’intention de frauder, elle obtient la signature, sur un document écrit, d’une autre personne en travestissant délibérément ou en omettant des faits importants pour le document ou la transaction ». Depuis que la Compagnie Pangea en collaboration avec les Propriétaires de la Communauté ont commencé à collecter des signatures, il y a toujours eu des preuves officieuses dans la Réserve, que les employés de Pangea faisaient du porte à porte pour dire aux membres de la Communauté qu’ils collectaient des signatures pour une pétition pour le « Non à l’autoroute ».
Nathaniel Percharo, un porte-parole des Propriétaires de la GRIC, a admis être au courant de plusieurs types de fraude lors de la collecte des signatures. Après avoir enquêté sur ces allégations de fraude et de tromperie, à la réunion du conseil de mai 2013, la police tribale a déclaré qu’il y avait des preuves de fraude. Lorsqu’ils ont pris contact avec des individus dont le nom figurait sur la pétition, certains ont dit ne l’avoir jamais signée. Lorsque la pétition a été présentée pour la première fois au programme d’élections tribales, 750 des 1509 signatures ont été exclues, c’est presque les deux tiers de la totalité. Au lieu d’abandonner l’initiative des Propriétaires, le Conseil de la GRIC l’a renvoyée aux opérations de vérification du Programme d’Elections Tribales pour voir s’il y avait assez de signatures valables pour continuer le projet. L’Initiative devait alors être examinée lors de la première réunion régulière de juillet pour prendre connaissance des conclusions de l’enquête.
Le 3 juillet, jour de la réunion du conseil, il n’y avait pas trace des fondateurs de Pangea, ni de propriétaires à part Nathaniel Percharo et son épouse. C’était très inhabituel, alors qu’auparavant, quand une question concernant Pangea figurait à l’agenda du conseil, les salles du conseil étaient remplies de propriétaires que Pangea amenait dans des bus de luxe loués par la firme. Les porte-parole de Pangea, Joseph Perez et Christi Perez n’étaient pas présents non plus à cette réunion du conseil, le jour où le sort de l’initiative de leur entreprise devait être décidé.
Avant que les intervenants puissent parler, la membre du conseil Jennifer Allison présenta deux motions. La première était d’accepter les conclusions de la police tribale et d’exclure encore 176 signatures de la pétition de Pangea, vu qu’il y avait lieu de croire qu’elles avaient été falsifiées. Des 1509 signatures présentées par la firme Pangea et le groupe de Propriétaires Terriens de la GRIC, plus de la moitié se sont révélées avoir été obtenues frauduleusement ou par tromperie. Avec les 750 signatures initialement exclues, puis les 176 de plus, on arrivait à un total de 926 invalidées. Ce qui ramenait le nombre de signatures valables en dessous des 643 nécessaires pour continuer.
La deuxième motion du conseil a pour conséquence de mettre un terme à l’initiative des Propriétaires de forcer à un nouveau vote sur la question du passage du Périphérique 202 sur des terres tribales de Gila River. Ceci signifie que le vote pour la « Non-Construction » de février 2012 est toujours en vigueur en tant que position de la communauté. Il n’y aura pas d’alignement du territoire de la réserve pour le projet d’extension du Périphérique 202 de la Montagne du Sud.
Il reste à voir si les employés de Pangea et les membres du groupe de Propriétaires Terriens de la GRIC encourront des condamnations telles qu’elles sont définies sous le Titre 5, Chapitre 6, Section 5.602 (B) du Code de la Communauté Indienne de Gila River, qui stipule que « la peine pour l’obtention d’une signature par tromperie sera au maximum 180 jours de prison ou une amende de 500 dollars maximum, ou les deux ». Si des condamnations sont prononcées pour chaque acte individuel de tromperie, Percharo et Perez pourraient devoir plus de 400000 dollars à la Communauté Indienne de Gila River (500 dollars pour chacune des près de 800 signatures invalidées) ou risquer jusqu’à 144000 jours de prisons, c’est-à-dire 394 ans.
Akimel O’odham Youth Collective et Gila River Against Loop 202
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GILA RIVER (ARIZONA) : LE PERIPHERIQUE 202 NE PASSERA PAS SUR LES TERRES TRIBALES
Par Allison Hurtado, Ahwatukee Foothills News
Vendredi 5 juillet 2013
Traduction Christine Prat
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Une tentative de la dernière chance pour obtenir l’approbation de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC), pour que l’extension du Périphérique 202 près de la Montagne du Sud passe sur des terres tribales au lieu de suivre la Route de Pecos, a échoué.
Le Conseil Tribal a appris mercredi que lorsque les signatures frauduleuses seraient retirées de la pétition, il devrait annuler le vote de la tribu, étant donné qu’il ne resterait plus assez de signatures pour continuer.
Les signatures avaient été recueillies par un groupe connu sous le nom de propriétaires terriens de GRIC. Le groupe possède des terres allouées le long de la frontière formée par la Route de Pecos et croit qu’autoriser la portion d’autoroute à passer sur des terres tribales non seulement apporterait un bénéfice économique à la tribu, mais serait la seule façon de sauver la Montagne du Sud.
La tribu a organisé un vote en février 2012, demandant aux membres de la communauté si la portion d’autoroute devait être construite sur des terres tribales, en dehors des terres tribales, ou ne pas être construite du tout. L’option de « Non Construction » à remporté la majorité des voix, mais ce seront le Service des Transports d’Arizona et l’Administration Fédérale des Autoroutes qui décideront en dernière instance.
Etant donné que la Montagne du Sud est sacrée pour la GRIC, les Propriétaires Terriens ont décidé d’organiser une pétition qui annulerait le vote précédent et amènerait à en organiser un autre. Le nouveau scrutin ne donnerait que deux options à la communauté : oui ou non […au passage sur les terres tribales : l’option de non-construction serait supprimée, or, les Autochtones pour qui la Montagne du Sud est sacrée, craignent les effets de la pollution – NdT].
Plus de 1500 signatures ont été présentées au bureau des élections tribal en septembre 2012. Les Propriétaires de terres croyaient que plus de 800 de ceux qui avaient signé la pétition étaient inscrits comme votants et que seulement 643 signatures étaient nécessaires pour organiser des nouvelles élections.
En février dernier, l’initiative a été bloquée vu qu’il avait été demandé à la police tribale d’enquêter sur des affirmations selon lesquelles des signatures seraient frauduleuses. La police tribale est venue déclarer au conseil qu’il y avait des signatures frauduleuses. Dès qu’elles ont été retirées, il n’y avait plus assez de signatures pour assurer la validité de la pétition, selon le bureau des élections tribal.
Christi Perez, co-fondatrice de Pangea Corporation, la compagnie qui a aidé les Propriétaires de terres, a déclaré que les Propriétaires mettaient en question la validité de ces résultats.
« Les Propriétaires sont certains qu’il y avait assez de signature » dit-elle. « Il y a eu plusieurs rapports indiquant le nombre de signatures validées et dans tous les cas elles étaient suffisantes, excepté ce dernier chiffre. Nous ne savons pas exactement ce que les Propriétaires peuvent faire, mais nous allons enquêter ».
Les membres de la communauté qui se battent contre l’autoroute et soutiennent le choix de « Non-Construction » se disent satisfaits des résultats.
« Je suis heureux » dit Andrew Pedro, membre de Gila River Contre le 202. « Je suis tout simplement content de voir que nous avons fait un pas de plus vers la défaite de l’autoroute. Il faut espérer que çà continuera dans ce sens et amènera notre gouvernement tribal à soutenir l’option de ‘Non-Construction’ plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à maintenant ».
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Voir aussi les articles précédents traduits en français sur la lutte contre le périphérique 202
Photo courtesy of Damaris. At Lois and Dan’s retreat. Shipensberg, PA
Back row: Kyle, Emilio, Mereana, Michael Lane, Ty
Front Row: Darrin, Craig, Mark, Supa (dog), Damaris, Lisa.
LE BUT DE LA LONGUE MARCHE 4
Traduction Christine Prat
Les buts de la Marche, tels qu’ils sont définis sur le site de ‘La Longue Marche 4 : Retour à Alcatraz’. Photo ci-dessus: les Marcheurs.
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L’initiative de ‘la Longue Marche 4 : Retour à Alcatraz’ vient de ceux qui ont participé à la première ‘Plus Longue Marche’ en 1978. Elle [a commencé] le 15 juillet 2013 à Washington D.C. et arrivera à Alcatraz le 22 décembre 2013. Le but de cette Marche sera de réaffirmer le cœur de la Souveraineté Tribale Traditionnelle enracinée dans le Cérémoniel et les relations spirituelles liées à la terre. Nous appelons tous les Peuples Autochtones à venir soutenir cette Marche.
Nous sommes allés à Washington D.C. maintes fois pour demander la justice, la protection des droits définis par traité, et le maintient de l’existence de nos Peuples et de nos Modes de Vie. Ils ont eu leur chance. Le temps est venu de nous réapproprier les prières qui sont parties vers l’est et de les ramener, fermant ainsi le cercle, à Alcatraz, symbole de l’affirmation moderne de ce qui a été appelé Mouvement du Pouvoir Rouge [‘Red Power Movement’]. Nous Marchons pour enseigner à nos Peuples ce que signifie la Souveraineté Tribale du point de vue du mode de vie de Peuples Autochtones. Nous Marchons pour affirmer à la face du monde que nous existons encore en tant que Peuples libres et souverains selon notre propre définition. Nous Marchons pour rappeler à ceux de nos Peuples qui sont engagés dans des relations avec des états-nations que la souveraineté tribale n’est pas définie par des lois, des règles et réglementations non-Autochtones ; ni par le développement économique, ni par la ‘bonne gouvernance’, ni par des structures d’entreprises privées. Ces aspects sont peut-être pragmatiques, mais ils ne nous définissent pas. Nous Marchons avec les esprits de nos ancêtres pour les générations présentes et futures, afin que les Peuples n’oublient pas ce qui fait de nous des Autochtones.
Nous Marchons aussi pour rappeler aux gens que Leonard Peltier et son incarcération qui n’en finit pas, est symbolique de l’incarcération qui n’en finit pas de tous les Peuples Autochtones dans les politiques et les structures politiques des états-nation coloniaux. Le temps est venu de libérer Leonard Peltier en nous fondant sur les principes de réconciliation. Il paraît tout à fait surprenant que les états-nation demandent le pardon pour des crimes atroces contre nos Peuples, tels que des massacres, des confiscations de terre, l’abduction de nos enfants placés dans des pensionnats qui les ont maltraités, etc., mais cependant ne peuvent trouver le moyen de libérer une personne emprisonnée depuis plus de 30 ans, pour des événements survenus en période de conflit. Leonard Peltier devrait être libéré d’après ce principe de réconciliation, sans considération pour ce que chacun peut penser en termes de justice, innocence ou culpabilité.
Etant donné que cette Marche porte sur les fondements spirituels de notre souveraineté tels qu’ils ont été énoncés dans le Manifeste de la Longue Marche de 1978, nous demandons aussi aux Anciens et aux guides spirituels de venir nous apporter leur soutien et leurs conseils quand c’est possible. A cette fin, nous aurons aussi un Rassemblement Spirituel à Cahokia Mounds en septembre 2013.
Voir itinéraire et agenda de la Marche avec carte
Et traduction française du communiqué de presse du 15 juin, avec historique de la Première Marche de 1978, et adresses et contacts des organisateurs
Depuis le 15 juillet, des Autochtones ont entrepris une marche de Washington, D.C., à Alcatraz, afin de réclamer le respect de leur souveraineté et de leurs droits.C’est la quatrième « Plus Longue Marche » entreprise par les Autochtones aux Etats-Unis depuis 1978 (voir traduction de leur communiqué de presse du 15 juin dernier). Ci-dessous, le programme de la marche, qui doit se terminer le 22 décembre à Alcatraz.
15 juillet : Cérémonie du Levé du Soleil au Monument de Washington, puis marche jusqu’à Gaithersburg, Maryland, 33 km
16 juillet : De Gaithersburg à Frederick, Maryland, 37 km
17 juillet : De Frederick à Hagerstown, Maryland, 40,6 km
18 juillet : De Hagerstown à McConnellsburg, Pennsylvanie, 43,8 km
19 juillet : Journée de repos
20 juillet : De McConnellsburg vers Schellsburg, Pennsylvanie, 34 km
21 juillet : jusqu’à Schellsburg, Pennsylvanie, 34 km
22 juillet : De Schellsburg à Somerset, Pennsylvanie, 44,3 km
23 juillet : De Somerset à Mount Pleasant, Pennsylvanie, 45 km
24 juillet : Journée de repos
25 juillet : De Mount Pleasant à Monongahela, Pennsylvanie, 37,3 km
26 juillet : De Monongahela à Washington, Pennsylvanie, 31 km
27 juillet : De Washington, PA, vers Wheeling, West Virginia, 24 km
28 juillet : jusqu’à Wheeling, West Virginia, 26 km
29 juillet : Journée de repos
30 juillet : De Wheeling à Barnesville, Ohio, 47 km
31 juillet : De Barnesville à Cambridge, Ohio, 41 km
1er août : De Cambridge à Zanesville, Ohio, 39 km
2 août : De Zanesville à Buckeye Lake, Ohio, 42 km
3 août : Journée de repos
4 août : De Buckeye Lake à Reynoldsburg, Ohio, 32 km
5 août : De Reynoldsburg à West Jefferson, Ohio, 39 km
6 août : De West Jefferson à Springfield, Ohio, 46 km
7 août : De Springfield à Huber Heights, Ohio, 30 km
8 août : Journée de repos
9 août : De Huber Heights à Brookville, Ohio, 28 km
10 août : De Brookville à Richmond, Indiana, 41 km
11 août : De Richmond à Cambridge City, Indiana, 24 km
12 août : De Cambridge City à Knightstown, Indiana, 32 km
13 août : Journée de repos
14 août : De Knightstown à Warren, Indianapolis, Indiana, 40 km
15 août : De Warren à Plainfield, Indiana, 37 km
16 août : De Plainfield vers Brazil, Indiana, 33 km
17 août : jusqu’à Brazil, Indiana, 32 km
18 août : Journée de repos
19 août : De Brazil à West Terre Haute, Indiana, 29 km
20 août : De West Terre Haute, Indiana, à Marshall, Illinois, 22 km
21 août : De Marshall à Greenup, Illinois, 44 km
22 août : De Greenup à Effingham, Illinois, 36 km
23 août : Journée de repos
24 août : D’Effingham à St. Elmo, Illinois, 30 km
25 août : De St. Elmo à Vandalia, Illinois, 23 km
26 août : De Vandalia à Greenville, Illinois, 31 km
27 août : De Greenville à Highland, Illinois, 30 km
28 août : De Highland à Cahokia Mounds, 39 km
29 août : Repos/Rassemblement
30 août : Repos/Rassemblement
31 août : Repos/Rassemblement
1er septembre : Repos/Rassemblement
2 au 8 septembre : De Cahokia Mounds à Jefferson City, Missouri, 218 km
9 au 15 septembre : De Jefferson City à Kansas City, Kansas, 234 km
16 au 18 septembre : De Kansas City à Topeka, Kansas, 106 km
19 au 26 septembre : De Topeka à Wichita, Kansas, 258 km
27 au 30 septembre : Rassemblement/soutien à la résistance contre les sables bitumineux et l’oléoduc
1er au 17 octobre : De Wichita à Pueblo, Colorado, 669 km
18 au 19 octobre : Rassemblement
20 au 31 octobre : De Pueblo à Grand Junction, Colorado, 454 km
1er au 12 novembre : De Grand Junction, Colorado, à Delta, Utah, 498 km
13 au 18 novembre : De Delta, Utah, à Ely, Nevada, 230 km
19 au 30 novembre : De Ely à Fallon, Nevada, 405 km
1er au 4 décembre : Rassemblement à Fallon/Carson City, Nevada
5 au 12 décembre : De Fallon, Nevada, à Sacramento, Californie, 307 km
13 au 16 décembre : Rassemblement
17 au 20 décembre : De Sacramento à Sausalito (près de San Francisco), 179 km
21 décembre : De Sausalito au quai 33, le quai d’embarquement pour Alcatraz, 14 km
26 juin 2013
Traduction Christine Prat
Ma Famille et mes Amis. J’espère que vous vous sentez bien et que vous êtes en bonne santé et heureux. Pour ceux d’entre vous qui ont défilé aujourd’hui, j’imagine que le soleil vous a donné un peu plus de couleurs et… je suis fier de vous tous. Vous savez que si j’étais sorti, j’aurais défilé avec vous, en tête, bien sûr.
Dans mon esprit, je suis là-bas avec vous. Je peux sentir la sauge qui brûle et les herbes sacrées mêlées aux odeurs des caisses de pain frit et des grands plats de salade de pommes de terre. Les ‘unci’s’ sont assises sur des chaises à l’ombre, probablement en train de se taquiner et de rire, comme vous seules savez le faire. Je vous vois toutes assises sur les couvertures, à l’ombre, sur le sol dur et sec, essayant de trouver une position confortable. Je peux voir jusqu’à l’endroit où se trouvait le vieux camp et distinguer l’endroit où les hommes coupaient le bois et l’endroit où étaient les jardins.
La tristesse m’envahit quand je vois les fondations, là où il y avait autrefois la demeure de Grand-Mère et Grand-Père Jumping Bull. Je me souviens des gosses qui couraient et jouaient, insouciants et heureux. Quelquefois, il semble que c’était il y a longtemps, et d’autres fois, c’est comme si c’était hier. Quelquefois, quand je suis seul, je me demande pourquoi la vie doit être aussi dure pour notre peuple. C’est troublant que certains des nôtres se tournent contre nous. Est-ce l’argent ? Le Pouvoir ? L’avidité ? Nous étions là parce qu’on nous l’avait demandé, pour protéger les familles traditionnelles qui continuaient à suivre les instructions d’origine, transmises de génération en génération sous la forme des histoires de notre Création. On me dit que maintenant une enquête est en cours sur le meurtre des quelques soixante personnes tuées durant ce règne de la terreur. Il est scandaleux que çà ait pris plus de 40 ans pour découvrir qu’une balle dans le dos ne ressemble pas à une mort naturelle. Nous étions là-bas aussi pour protéger la terre et l’empêcher d’être violée par le gouvernement pour de l’uranium. Nous avons la preuve que les décharges de produits chimiques placés sur notre terre sans information ni consentement de nos membres et la fuite de radioactivité 5 fois supérieure au niveau considéré comme sans danger, polluant les veines de notre mère la terre et transformant notre eau sacrée en poison, ont fait avorter les femmes enceintes et remplacé par le cancer les causes de mort naturelles sur les certificats de décès de beaucoup membres de notre peuple. Je n’essaie pas de faire de ceci un message sombre et désespéré. J’essaie seulement de faire comprendre à certains de nos jeunes gens que nous devons continuer à protéger tout ce qui est sacré pour nous, nos Anciens, nos femmes et nos enfants, notre culture et notre mode de vie et nous protéger mutuellement.
On me demande toujours une mise à jour sur ma situation et je vais essayer de l’expliquer. Comme mon équipe pourra vous le dire, ma tension est élevée, mon diabète est incontrôlé au point de me causer des problèmes de vue et je souffre beaucoup quand je marche. Mes médicaments m’ont été refusés pendant plusieurs mois et les rendez-vous avec un médecin sont rares. J’ai eu des examens pour le cancer de la prostate, et bien que je n’ai jamais eu de réponse claire, ni si c’était un cancer ou pas, les symptômes indiquent avec certitude que quelque chose ne va pas. Les problèmes récents de souffle court et de douleurs dans la poitrine sont une pression supplémentaire. Je vous assure que ce n’est pas un endroit pour être malade ou avoir de problèmes de santé, car en prison nous ne sommes qu’un numéro parmi d’autres. C’est une bonne chose que je n’aie pas besoin de médicaments pour garder le sens de l’humour, sinon je serai indubitablement fichu ! De plus, mes conseillers à l’intérieur de la prison ont approuvé un transfert dans une prison de moyenne sécurité, plus près de chez moi, mais le transfert a été rejeté par le Bureau du Texas, sans raison. Bien qu’il ait été fait appel de ce rejet, personne ne sait combien de temps çà va prendre avant que ce soit examiné.
Pour finir, je veux vous dire à tous « pilamiyeya » pour votre dur travail. Je sais que c’est une entreprise colossale d’organiser un évènement. Çà me rappelle à l’humilité de savoir que vous prenez le temps non seulement de vous souvenir de moi, mais de tous les guerriers qui ont essayé d’éliminer LEUR HISTOIRE de l’histoire, en se soulevant pour dire NOTRE histoire. Je suis avec vous pour soutenir la reconnaissance de nos droits inhérents, nos chercheurs de vérité et notre mode de vie sacré. A ceux d’entre vous qui se préparent pour la Danse du Soleil, j’espère que vous me sentirez danser à côté de vous, dans l’Inipi, je suis là-bas dans la vapeur et chantant avec vous. Mais comme vous pouvez vous en douter, je me fatigue. Je veux juste être chez moi avec les miens. Je veux m’éveiller en entendant les oiseaux chanter devant ma fenêtre et sentir l’odeur du « café de cowboy » venant de la cuisine, au lieu d’entendre le claquement des portes de cellules et le cliquetis des trousseaux de clefs. Je vous en prie ! Continuer à vous battre pour ce qui est juste. C’est tout ce que je peux demander.
Mitakuya oyasin !
Doksha,
Leonard
Christine Prat, 26 juin 2013
Plus d’un siècle après la fin de la conquête de l’Amérique, et plus particulièrement la « conquête de l’Ouest » par les Etats-Unis, les Autochtones doivent toujours se battre contre des tentatives d’appropriation des lambeaux de territoire qu’ils ont pu récupérer et contre la profanation de leurs sites sacrés. Dans ce que l’industrie cinématographique appelle « le Far West », c’est-à-dire essentiellement l’Arizona et le Nouveau-Mexique, les Autochtones luttent encore désespérément pour leurs sites sacrés, l’environnement et leurs maigres ressources en eau. La liste ci-dessous n’est malheureusement pas exhaustive.
Les Pics San Francisco
Les Pics San Francisco, dans le nord de l’Arizona, sont sacrés pour au moins 13 tribus. Pour les Navajos, ils sont la limite ouest de leur Territoire Mythique, le Territoire de l’Emergence (‘La Création’), la limite Nord étant le Mont Hesperus, la limite Est le Pic Blanca – tous les deux dans l’actuel Colorado – et la limite Sud le Mont Taylor, au Nouveau-Mexique (voir plus bas). Pour les Hopi, c’est l’endroit où résident les Kachinas, quand ils ne descendent pas parmi les humains. Pour les Apaches de la région, c’est la porte de l’Au-delà. Dès les années 1930, des Blancs ont commencé à faire du ski sur les Pics. Les Autochtones ont commencé à s’insurger en 1969, lorsqu’une firme privée a voulu construire une véritable station de ski avec remonte-pente, resto, parking, etc. Après 10 ans de protestations et batailles juridiques, le Service des Forêts a accordé l’autorisation et les travaux ont été effectués au début des années 80. En 1997, les propriétaires de la station ont proposé de l’étendre, et, afin de la rentabiliser et donc de pallier au manque de neige dans cette région désertique, ils ont proposé de faire de la neige artificielle à partir d’eaux usées. Pour les Indigènes, c’est une profanation. De plus, les pentes des Pics abritent une flore alpine rare, menacée de disparition. Les Hommes-Médecine y cueillent des plantes médicinales. Il semble que la neige artificielle contienne des composants dangereux pour la santé. L’affaire a été portée jusqu’à la Cour Suprême, cependant les tribunaux ont rejeté toutes les plaintes, et le 24 décembre 2012, la station de ski Snowbowl a commencé à arroser les pentes de neige artificielle – qui s’est révélée être jaune. Les défenseurs des Pics sont harcelés, arrêtés, condamnés, intimidés.
(voir bref résumé de l’histoire de la station de ski https://chrisp.lautre.net/wpblog/?page_id=300 et nombreux articles sur la lutte https://chrisp.lautre.net/wpblog/?cat=9 )
La Confluence
La Confluence du Colorado et du Petit Colorado, située dans une région désertique, et encore sauvage, de l’est de la Réserve Navajo, est sacrée pour les Navajo et les Hopi, et d’autres tribus. Et pour les Hopi, la voie qui y mène passe par la ‘Piste de Sel’, où on trouve de nombreux pétroglyphes et autres signes anciens et sacrés.
Un promoteur de Phoenix, apparemment avec l’accord du Président Navajo Ben Shelly, veut y développer une station qui devrait accueillir jusqu’à 3 millions de touristes par an. Le projet prévoit une promenade au fond du canyon, un hôtel, des restos, des parkings, un terrain pour camping-cars, un tramway, une télécabine, etc. (voir https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1176 )
Red Butte Et Les Mines D’uranium ‘Arizona 1’ Et ‘Canyon Mine’
Red Butte, située près du Grand Canyon du Colorado, dans le nord-ouest de l’Arizona, est un site sacré pour plusieurs tribus, en particulier les Havasupai.
Deux mines d’uranium menacent le site et les sources d’eau vitales pour les Autochtones. L’une – Arizona 1 – est située au nord du Grand Canyon, l’autre – Canyon Mine – est située au sud et à environs 6 km à vol d’oiseau de Red Butte.
Les deux mines ont des histoires très similaires. Dans les années 80, la firme Energy Fuels Nuclear, Inc. a déposé une demande d’exploration des concessions minières qu’elle avait acquises, puis obtenu l’autorisation du Bureau de Gestion du Territoire (BLM) d’exploiter Arizona 1, après une « étude détaillée » supposée indiquer que l’exploitation de cette mine n’aurait pas d’effets significatifs sur la qualité de l’environnement et que le plan d’opérations était conforme aux règlements de l’époque. L’exploitation a cessé dès 1992, suite à la chute du prix de l’uranium. Arizona 1 a été vendue, revendue et appartient maintenant à Denison Mines (compagnie Canadienne), qui a décidé en 2007 de reprendre l’exploitation, le tout sur la base du vieux rapport environnemental de 1988 qui n’a jamais été mis à jour. Les opposants ont déposé une première plainte en 2009. Après des années de batailles juridiques et l’espoir suscité par le moratoire prononcé par le gouvernement Obama contre l’exploitation de mines dans le Parc National du Grand Canyon début 2012, la Cour d’Appel du 9ème Circuit a décidé le 4 février 2013 d’autoriser l’exploitation. Le 7 mars, à peu près les mêmes opposants ont déposé une nouvelle plainte, contre la décision du Service des Forêts d’autoriser Energy Fuels Resources, Inc. à commencer l’exploitation de Canyon Mine, sans entreprendre ni mener à terme des consultations formelles avec les tribus ni mettre à jour une étude environnementale fédérale dépassée, datant de 1986.
La mine est située dans les limites de la Propriété Culturelle Traditionnelle de Red Butte, définie en 2010 par le Service des Forêts en raison de son importance religieuse et culturelle cruciale pour plusieurs tribus, en particulier les Havasupai.
(Voir https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1596 et https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1614 )
Le Mont Taylor
Le Mont Taylor, situé près de Grants, au Nouveau-Mexique, est considéré comme sacré par de nombreuses Nations Autochtones du Sud-ouest, dont les Diné [Navajo], Hopi, Acoma, Laguna et Zuni. Pour les Navajo, c’est la limite Sud de leur Territoire Mythique (voir plus haut).
La firme Roca Honda Resources – un partenariat entre Strathmore Minerals (Canada) et Sumitomo (Japon) – veut y ouvrir une des plus grandes mines d’uranium des Etats-Unis pour les 30 années à venir.
Le Service des Forêts Nationales de Cibola (CNFS – branche locale du Service des Forêts US) a publié un Projet de Déclaration d’Impact sur l’Environnement pour ce projet de mine sur le Mont Taylor qui enfreint le Plan de Gestion des Forêts existant.
Au lieu de s’en tenir à ses normes actuelles concernant le patrimoine historique et culturel, le CNFS a l’intention d’en ‘dévier’ pour autoriser la profanation du Mont Taylor par un « Amendement, Spécifique au Projet, du Plan de Gestion des Forêts ».
(Voir article de Klee Benally : https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1692 )
Oak Flat Et La Firme ‘Resolution Copper’
Oak Flat Campground, à une centaine de kilomètres à l’est de Phoenix, Arizona, est une zone sauvage protégée. Quatre espèces d’oiseaux sont sur une liste d’espèces en déclin. Les Autochtones utilisent le site pour des activités culturelles et spirituelles, mais aussi pour leur subsistance. Le site inclut aussi Apache Leap, une falaise dont plus de 80 guerriers Apaches ont sauté, à la fin du 19e siècle, préférant se tuer plutôt que de se rendre à la Cavalerie.
Les compagnies Rio Tinto et BHP-Billiton ont créé une branche appelée Resolution Copper Company dans le but d’y exploiter une mine de cuivre qui devrait être la plus grande d’Amérique du Nord. Le site se trouvant sur des terres publiques actuellement protégées, la firme Rio Tinto s’occupe de réaliser un ‘échange de terres’ et une privatisation du site. Toutes les tribus Indiennes d’Arizona sont opposées au projet.
Voir https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1586 )
La ‘Montagne Du Sud’ Et Le Peripherique 202
La Montagne du Sud, très proche de Phoenix, Arizona, est sacrée pour les Autochtones de la région, entre autres les Tohono O’odham, les Akimel O’odham, et la Communauté Indienne de Gila River (GRIC). La firme Pangea et le Service des Transports d’Arizona se proposent de construire une nouvelle ville, et une autoroute – en fait un prolongement du périphérique sud de Phoenix, le 202 – qui mordrait sur la petite réserve GRIC. Ce projet monumental s’inscrit dans le cadre d’ALEC (voir Lettre de Nitassinan 54-55). Le Conseil Tribal et l’Association des Propriétaires Terriens se sont laissés convaincre que le projet pouvait leur être favorable, mais les jeunes de la réserve, les non-propriétaires et tous les Autochtones d’Arizona s’opposent au projet, qui causera certainement beaucoup de pollution et de dommages à la montagne sacrée. (Voir https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1094 et https://chrisp.lautre.net/wpblog/?p=1838)
Le Mont Graham
Le Mont Graham est considéré comme sacré par les Apaches. Sur ce site classé Forêt Nationale résident diverses plantes, animaux et insectes qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Les Apaches utilisent le site depuis des centaines d’années pour des cérémonies et des enterrements et comme source de plantes médicinales.
Depuis 1992, l’Université d’Arizona de Phoenix est à la tête d’un projet international de construction d’un observatoire sur le Mont Graham. Le projet est lié au Ministère de la Défense US dans le cadre de ‘Star Wars’. Parmi les partenaires on trouve le Max Planck Institut en Allemagne, le Vatican et l’Observatoire Astrophysique Arcetri en Italie. Sept autres partenaires, dont l’Université de Harvard et le Smithsonian Institute, se sont retirés.
Dans la coalition luttant contre le projet, il y a le Conseil Tribal de San Carlos (Apaches), les Amis du Mont Graham, l’Apache Survival Coalition, les Américains Autochtones et leurs supporters.
Dès 1988, le Congrès Américain a exempté l’Université d’Arizona de la Loi Nationale sur l’Environnement, sans audience ni débat publiques.
(Source : http://www.ringnebula.com/project-censored/1993/1993-story25.htm d’après des articles de Cultural Survival. Voir aussi la traduction d’un article de Sandra Rambler, Apache San Carlos)
LONGUE MARCHE 4, RETOUR A ALCATRAZ: 15 JUILLET-22 DECEMBRE 2013
Communiqué de presse
Publié sur Censored News
Samedi 15 juin 2013
Traduction Christine Prat
En 1978, 11 projets de loi ont été présentés au Congrès des Etats-Unis, qui, s’ils avaient été adoptés, auraient miné les droits souverains des Amérindiens, le pire des projets étant celui qui demandait l’abrogation de tous les Traités avec les Indiens. Ceci a inspiré à des gens comme Dennis Banks et Bill Wahpepah l’idée de trouver des moyens de provoquer une prise de conscience de ces projets et de trouver du soutien pour les droits garantis aux Indiens par les Traités. Ils ont eu l’idée d’une Marche à travers tout le pays, d’Alcatraz à Washington D.C. Ainsi, le 11 février 1978, La Longue Marche a commencé par une Cérémonie à Alcatraz où une Pipe Sacrée a été bourrée, puis portée à travers le pays, avec des bâtons et autres objets sacrés. Ce qui avait commencé comme une réaction contre une législation anti-Indienne est vite devenu une affirmation de la Souveraineté Autochtone. La Longue Marche était une marche spirituelle, et les prières ont été ressenties et entendues par de nombreux Autochtones, de même que par d’autres Peuples des quatre directions. On ne peut pas dire la même chose des gens de Washington D.C. Bien que ces projets de loi, à l’exception d’un seul, n’aient pas été adoptés, l’attitude de Washington a toujours été de trouver des moyens nouveaux et créatifs pour entamer la souveraineté Indienne.
Beaucoup d’années ont passé et la lutte pour la Souveraineté Autochtone s’est poursuivie et intensifiée en beaucoup d’endroits et au sein de nombreuses nations Autochtones. Il y a eu beaucoup de Marches et de Courses sacrées, entre autres la Longue Marche 2 (itinéraires nord et sud) et la 3, la Course Sacrée, les Courses pour la Paix et la Dignité, des Marches pour l’Eau, la Marche pour la Libération de Leonard Peltier et beaucoup d’autres. Nous les saluons toutes, en particulier le récent Voyage de Nishiyuu, accompli par des jeunes de la Baie James et nous sommes reconnaissants pour ce qu’ils ont inspiré et pour les prières et la force spirituelle qu’ils ont suscitées.
Certains de ceux qui ont participé à la Longue Marche de 1978 et à d’autres Marches et Courses, ont vu à de nombreuses reprises comment les messages délivrés aux dirigeants politiques et au public non-Autochtone, ont juste reçu un soutien symbolique puis ont été oubliés. Nous avons vu les états-nations reprendre les mots souveraineté, auto-détermination, autogouvernement et les déformer pour arriver à un programme d’assimilation et de privatisation, parvenant ainsi à l’abrogation des traités par des moyens détournés. Nous avons vu des accords et des règlements avec des clauses cachées et des notes en petits caractères qui équivalaient à une autodestruction. Nous avons vu la litanie de la « bonne gouvernance » être utilisée pour saper le « bon gouvernement » qui nous est nécessaire, à nous les Peuples Autochtones, pour exercer nos responsabilités vis-à-vis de notre Peuple, de nos Terres et de nos Eaux.
Le 15 juillet 2013 nous entamerons une Marche de nos propres Peuples Autochtones, pour soutenir tous les Peuples et Nations Autochtones qui sont en train de lutter pour affirmer la Souveraineté Autochtone ; que ce soit pour bloquer l’exploitation de la terre, comme par le développement de l’utilisation des sables bitumineux et la construction d’oléoducs ; pour protéger et entretenir les croyances spirituelles traditionnelles ; pour protéger les sites sacrés ; pour mettre un terme à l’exploitation des femmes et des enfants Autochtones ; et toutes les autres manières par lesquelles les Gens affirment la Souveraineté Autochtone enracinée dans les principes de respect et de responsabilité ; avec comme force pour nous guider les croyances spirituelles fondées sur la terre.
Alcatraz représente beaucoup pour ceux d’entre nous engagés dans cette lutte. Le temps est venu de nous faire entendre à nouveau, pour nos propres Peuples Autochtones, vu que le message initial affirmant la Souveraineté Autochtone a été brouillé par les efforts des états-nations. Les menaces planant sur la poursuite de notre existence et de notre mode de vie sont plus graves que jamais, cependant elles sont mieux déguisées. Nous espérons ramener la vision d’origine au premier plan.
La Longue Marche 4 : Le Retour à Alcatraz commencera par une Cérémonie du lever du soleil au Monument de Washington le 15 juillet 2013. De là nous marcherons le long du trajet généralement emprunté par la Première Longue Marche de 1978, suivant le corridor I-70 jusqu’à Wichita, Kansas, puis le long de l’autoroute 50 jusqu’à Sacramento. Nous arriverons à Alcatraz le 21 décembre 2013. Ceci sera suivi par un Rassemblement pour la Souveraineté Autochtone le 22 décembre 2013.
Pour plus d’information :
Comité d’Organisation de la Longue Marche (The Longest Walk Organizing Committee) :
Email : tlw4rta@gmail.com
Site web: www.returntoalcatraz.com
Facebook: The Longest Walk 4
Contacts:
Joey Sivas: Central Coordinating
Mike Corral: Web Related outreach mike_macorral1123@yahoo.com
Michael Lane: Logistics wabus44@gmail.com
Morningstar Gali: Media mstargali@gmail.com tel: (00 1) 510-827-6719
UN ACTIVISTE ARRETE AVANT UNE CONFERENCE DE PRESSE SUR LES DELITS COMMIS A WHITECLAY
Par Deep Green Resistance News Service
TR McKenzie of DGR Great Plains Arrested
Publié par Censored News
Traduction Christine Prat
24 mai 2013
LINCOLN, Nebraska – L’activiste T.R. McKenzie a été arrêté ce matin avant son intervention prévue à une conférence de presse à la Commission de Contrôle de l’Alcool du Nebraska. McKenzie avait l’intention de parler des délits et des violations des droits de l’homme les plus récents dans la longue histoire des vendeurs d’alcool de Whiteclay, Nebraska.
McKenzie a été retenu pendant six heures à la prison du Comté de Lancaster sous les accusations de vol, d’agissement criminel, agression de troisième degré et menaces terroristes, accusations qui n’ont été ni étayées par des documents ni prouvées. Il a été libéré sous caution le jour même de son arrestation. Cette arrestation a eu lieu dans le cadre des manifestations et des camps de protestation autour de Whiteclay.
« La plupart de ceux qui passent la nuit dans le camp de protestation sont des femmes et des enfants » dit McKenzie peu après sa libération. « Nous nous efforçons tous d’attirer l’attention sur les effets dévastateurs pour les Lakota de la vente d’alcool à Whiteclay ».
Whiteclay compte 14 habitants mais 4 commerces d’alcool qui vendent 12500 canettes de bière par jour. Il a été constaté que ces commerces vendent à des trafiquants, des alcooliques et des mineurs et ont pour habitude d’échanger de la bière contre des faveurs sexuelles. La petite localité, qui ne dépend pas d’une commune, se trouve à moins de 100 mètres de la limite de la Réserve de Pine Ridge où la vente et la consommation d’alcool sont interdites.
McKenzie a participé à toutes sortes d’actions de protestation contre les activités des tenanciers de bars et vendeurs d’alcool de Whiteclay au cours de l’année passée, la plus récente étant sa participation à un camp proche de Whiteclay, du côté de la frontière situé sur le territoire de Pine Ridge, et baptisé « Le Camp de la Tolérance Zéro » par ses partisans.
Ce matin, McKenzie a été arrêté par deux policiers « en civil » qui l’ont suivi dans des toilettes publiques à son arrivée au bâtiment de la Commission de Contrôle de l’Alcool du Nebraska, à Lincoln.
L’opposition aux activités des tenanciers de bars de Whiteclay existe depuis longtemps, mais dans les dernières semaines, elle s’est intensifiée suite aux récentes allégations selon lesquelles un patron de bar nommé Jason Schwarting aurait fourni des battes de baseball à certains individus auxquels il aurait donné l’ordre d’intimider et d’attaquer physiquement les femmes du Camp de la Tolérance Zéro. McKenzie devait lire une déclaration, avec son témoignage sur cet incident, au cours de la conférence de presse.
McKenzie doit comparaître au tribunal le 6 juin 2013.
Voir articles précédents en français sur Whiteclay
Pour plus d’informations sur les violations des droits de l’homme à Whiteclay, voir :
www.shutdownwhiteclay.wordpress.com
Contact: deepgreenresistance@riseup.net
Douzième Session du Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Autochtones, du 20 au 31 mai 2013 à New York
Publié par Indigenous Action Media
See original article in English
29 mai 2013
Traduction Christine Prat
TACHES FUTURES DU FORUM PERMANENT
L’Alliance Ndee-Nnee* aimerait remercier Bik’ehgo’ihi’nan, le Donneur de Vie, et Nigodzan, La Terre est une Femme, pour nous avoir donné la vie et permettre à tous nos frères et sœurs autochtones d’être présents ici, dans le grand pays du Lenape, que nous remercions pour nous autoriser à nous réunir dans son territoire inhérent.
L’Alliance Ndee-Nnee recommande à l’UNPFII [Instance Permanente des Nations Unies sur les Questions Autochtones] pour ses travaux futurs, les secteurs des herbicides, pesticides, contaminants chimiques et toxiques, des violations des sites sacrés par des gouvernements et des compagnies privées, et de la militarisation de la frontière Etats-Unis/Mexique, qui actuellement inhibent la culture, la santé et l’autonomie des Peuples Autochtones, non seulement dans notre région mais dans le monde entier.
Alors que les Etats-Unis expriment la rhétorique creuse de leur préoccupations concernant des droits de l’homme dans divers endroits du monde, comme la Birmanie, la Chine, le Tibet et la Syrie, pour citer quelques exemples, allant même jusqu’à fournir une évaluation des droits de l’homme par l’intermédiaire de son propre ministère des Affaires Etrangères, pratiquement rien n’est jamais dit de la violation incessante des droits humains du peuple d’origine de ce pays, le peuple Autochtone. C’est déjà suffisamment grave que des 370 traités établis entre le gouvernement des Etats-Unis et les Nations Autochtones depuis le début de la colonisation de l’Ile de la Tortue, pas UN n’ait été respecté.
C’est donc à juste titre que le Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, dans son rapport du 1er mars 2013, a exprimé de sérieuses inquiétudes sur le fait que les Etats-Unis n’aient pas pu fournir un rapport répondant à la question de la montée des violations des droits humains des peuples autochtones soulevée par le Comité, rapport qui devait être remis le 20 novembre 2011, en particulier en ce qui concerne les questions cruciales suivantes :
La construction d’un vaste mur de sécurité sur la frontière Texas/Mexique fondée sur le but affiché d’empêcher l’entrée aux Etats-Unis de supposés terroristes, immigrants sans papiers et trafiquants de drogue, construction qui implique le Service de Sécurité Intérieure, et ignore 36 lois fédérales et d’état, parmi lesquelles la Loi sur la Politique Environnementale Nationale, la Loi sur la Liberté Religieuse des Amérindiens et la Loi Administrative, et ce sur des terres sur lesquelles la Nation Traditionnelle Kikapoo du Texas, la Nation Ysleta del Sur Pueblo (Tigua) et les Lipan Ndé (Apaches) ont vécu depuis des temps immémoriaux et sont victimes de la construction du mur, entamée sans consultation de ces peuples Autochtones, qui a saccagé des systèmes écologiques et des terres, et profané des sites culturels sacrés faisant partie intégrante de ces communautés et les empêchant d’avoir accès aux éléments nécessaires aux cérémonies traditionnelles. Les droits des Lipan Ndé (Apaches) en particulier requièrent une attention sérieuse étant donné que cette nation n’est pas reconnue par le gouvernement des Etats-Unis et n’a pas accès aux tribunaux pour redresser les torts subis. Il faut aussi souligner que des entreprises commerciales non-Autochtones, comme le terrain de golf de River Bend sur la frontière Texas/Mexique ont été totalement épargnées, aussi bien s’agissant de leurs propriétés que de leurs activités, par la construction du mur.
L’impact de la Station de Ski Arizona Snowbowl sur la montagne sacrée du Nord de l’Arizona, Dook’o’oosliid (San Francisco Peaks) sur les pratiques culturelles et les cérémonies sacrées de toutes les nations Autochtones du sud-ouest des Etats-Unis, spécialement parce que la Station de Ski a l’intention d’amener des eaux usées sur la montagne pour faire de la neige pour skier.
Depuis que le contact a été établi avec Nnee, des Industries d’Extraction, principalement de grandes compagnies minières, exploitent les ressources naturelles à l’intérieur des limites territoriales, culturelles et spirituelles de la communauté, causant des dommages à la santé et au bien-être de Nnee et de tous les peuples.
Le combat en cours entre, d’une part, Rio Tinto, Zinc et B.H.P. Billiton (qui ont fondé ensemble une filiale sous le nom de Compagnie Resolution Copper) et, d’autre part, Nnee à propos de l’Echange de Territoire au Sud-est de l’Arizona et la Loi de Conservation de 2013. Cette loi a été présentée à la Chambre des Représentants des Etats-Unis sans le Consentement Libre, Préalable et Informé de Nnee. La zone où Resolution Copper veut extraire du minerai de cuivre est un site sacré pour Nnee et les autres peuples Autochtones du sud-ouest des Etats-Unis et du nord du Mexique. Le site conserve aussi une signification historique dans les limbes du temps à travers le récit oral et l’esprit à l’intérieur de Nnee, mais aussi dans l’histoire coloniale de l’Arizona, des Etats-Unis ainsi que les histoires Mexicaine et Espagnole. Pas seulement la culture est en jeu, l’Eau aussi. Dans un territoire connu pour ses terres désertiques et ses saisons de sècheresse, notre eau sacrée et précieuse pour les gens assoiffés sera épuisée au profit de la richesse des royaumes, des nations, des gouvernements et des entreprises privées, sous couvert de capitalisme et de sociétés de marchés libres, qui continuent à promouvoir et imposer des effets nocifs sur la santé, spécialement l’air pollué issu des mines, que Nnee respire quotidiennement, et qui est connu pour ses effets sur la thyroïde des êtres humains.
Il y a des tentatives répétées de la part des législateurs fédéraux et de ceux des états de perturber les terres ancestrales des peuples Autochtones en les ouvrant au transfert à des multinationales minières et à des entreprises énergétiques privées, et à des promoteurs commerciaux.
Une mention particulière a été faite des effets mortellement destructeurs de la décharge de déchets nucléaires sur la Yucca Mountain dans le Nevada et la reprise des essais nucléaires souterrains sur les terres ancestrales de Newe Segobia (Shoshone de l’Ouest) en violation fondamentale du Traité de Ruby Valley de 1863. Les Newe Segobia ont déclaré leurs terres zone dénucléarisée, cependant le gouvernement des Etats-Unis continue à utiliser ces terres pour des tests nucléaires souterrains, au rythme de plus de 1000 au cours des 60 dernières années, ces actions étant fondamentalement illégales.
Il est important d’ajouter que les droits de la Nation Nnee à San Carlos, Arizona, ont été et sont encore violés expressément par l’introduction et l’épandage de douze herbicides majeurs […] (contenant des ingrédients utilisés dans l’Agent Orange qui servait de défoliant aux militaires U.S. au Vietnam) au rythme de plus de 36000 m² par an sur les forêts de Coconino, Kaibab et Prescott [classées Parcs Nationaux – NdT] aux abords des grandes routes fédérales et d’état. L’épandage de ces herbicides toxiques par le Service des Forêts des Etats-Unis sous prétexte d’éliminer les mauvaises herbes et les plantes qui tendent à proliférer, sans le consentement préalable, informé et libre de la Nation Nnee et de ses membres, a été déployé dans chaque District et couvre une vaste diversité écologique du Désert du Sonora à la forêt de conifères, qui comprend aussi les bassins hydrographiques de Salt River, Verde River, Agua Fria, New River et Cave Creek et contamine des ressources en eau au cours du processus. Quelque 11000 km² de forêt sont affectés. Ces conditions dangereuses ont résulté en des problèmes de santé aux suites mortelles chez beaucoup de membres de la Nation Nnee qui souffrent maintenant de cancers et autres maladies graves dues à l’empoisonnement de l’eau et de la végétation. L’Alliance Apache Chiricahua est actuellement en train de rassembler des informations sur ces dangereux problèmes de santé d’après les récits des membres de la communauté Autochtone.
Il est également inquiétant de constater que des membres de la Nation Autochtone Tohono O’odham dont les terres chevauchent la frontière entre l’Arizona et le Mexique, continuent d’être victime de harcèlement, d’intimidation et de terreur de la part des autorités de la frontière U.S., lorsqu’ils la traversent pour participer à des cérémonies ancestrales, à cause de la présence d’un mur électrifié et de la profanation des sites sacrés par des administrations d’état comme la Patrouille des Frontières des Etats-Unis. La situation a escaladé au point que les membres de la communauté O’odham ne rendent plus visite à leurs voisins et craignent de quitter leur domicile la nuit suite aux inquiétudes qu’ils éprouvent pour la sécurité de leurs enfants et des personnes âgées. La souveraineté des Tohono O’odham doit être reconnue par le gouvernement des Etats-Unis conformément aux protections légales assurées par la loi internationale et nous appelons immédiatement les services de sécurité fédérales des Etats-Unis à renoncer à envahir plus avant les terres O’odham sous prétexte de poursuivre des passeurs de drogue.
Le génocide des peuples Autochtones a commencé avec la première invasion de pirates Européens conduits par Christophe Colomb au 15ème siècle, d’abord dans les Caraïbes, suivies par l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale, et au 17ème siècle l’Ile de la Tortue (l’Amérique du Nord). Alors que les Etats-Unis ont créé un empire capitaliste mondialisé qui a accumulé des milliers de milliards de dollars en quatre siècles et demi, peu de gens dans le monde reconnaissent que cette avidité obscène et insatiable de terres, de minerais et de richesses qui a résulté dans la création de la puissance militaire et économique la plus riche du monde, impliquait en fait la réduction en esclavage de peuples Africains et le génocide systématique des Autochtones de ces terres. Il est grand temps que les organismes mondiaux de justice tels que la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies et la Cour Internationale de Justice exigent que les Etats-Unis s’abstiennent désormais de poursuivre leurs actions génocidaires en violation de la loi internationale sur les droits de l’homme et rendent sans conditions les terres et la souveraineté des Peuples Autochtones dans l’intérêt général de la justice, la paix et l’harmonie. Les Etats-Unis ne peuvent plus être protégés de tout examen de leur poursuite obsessionnelle de ressources pour l’industrialisme capitaliste par le biais de génocide perpétuel et de guerres sur tous les continents, qui mettent la première nation du monde hors-la-loi.
* Note: Ndee-Nnee est de toute évidence une variante orthographique de Diné (Navajo); Bik’ehgo’ihi’nan (le Donneur de Vie) a une forme grammaticale typiquement Navajo; dans le reste du texte, il semble que les auteurs utilisent le mot ‘Nnee’ pour désigner tous les Autochtones d’Amérique.
Par Brenda Norrell
Censored News
21 mai 2013
Traduction Christine Prat
TUCSON, Arizona – Tandis que l’ATF [Bureau – du ministère de la Justice US – pour l’Alcool, le Tabac, les Armes à Feu et Explosifs] fournissait des AK47 aux cartels du Mexique, que les crimes violents explosaient et que des écoles de Tucson fermaient faute de moyens, la police de Tucson dépensait des sommes gigantesques pour harceler les militants des droits de l’homme, selon un rapport nouvellement paru.
La police Tohono O’odham a assisté la police d’Arizona pour espionner des activistes Tohono O’odham et Navajo. Pour la police Tohono O’odham, ce n’est que la dernière révélation sur la façon dont le service de police harcèle les militants des droits de l’homme pour tenter de les réprimer et de les réduire au silence.
La police de Phoenix a utilisé une analyste policière en ligne, Brenda Dowhan, pour harceler les activistes sur Facebook et autres réseaux sociaux, selon le rapport intitulé Dissension ou Terrorisme, Comment l’Appareil Anti-terrorisme de la Nation, en Partenariat avec les Grandes Compagnies Américaines, S’en Sont Pris à Occupy Wall Street.
On peut lire page 20 :
Des fichiers obtenus par le DBA/CMD montrent que Dowhan a également recueilli des informations sur Occupy Tucson au cours de l’année 2012, ainsi que sur des activistes tribaux (Tohono O’odham et Navajo), avec l’assistance du Bureau de Gestion des Situations d’Urgence des Services de Police de Tucson (TPD) et de l’Analyste de Renseignements Régional/ACTIC de l’Initiative pour la Sécurité Urbaine (UASI) du Service de Sécurité Intérieure de Tucson
Et dans les appendices :
L’officier de Liaison pour le Terrorisme Carmen Rios (Appendice p. 55) l’ « analyste » Gwyn Nguyen du Service de Police de la Nation Tohono O’odham (TOPD) (Appendice p. 56) (Appendice p. 57-60).
L’étude qui a porté sur toute l’année, révèle que des millions de dollars ont été versés aux services de police de Tucson et Phoenix pour recueillir des renseignements.
Alors que la criminalité violente est endémique, la police s’est concentrée sur le Mouvement ‘Occupy’, qui consistait en une poignée de gens faisant du camping.
La police de Phoenix obsédée par le Révérend Jesse Jackson
L’absurdité du harcèlement policier est évidente dans la partie du rapport qui révèle l’obsession des Services de Police de Phoenix lorsque le Révérend Jesse Jackson est venu se joindre au mouvement Occupy Phoenix pour une marche.
Le rapport révèle que les activistes, qui n’ont jamais été accusés d’aucun crime, ont été harcelés en ligne par Mme Dowhan et d’autres policiers.
Quand des campeurs d’Occupy ont reçu des avertissements officiels en Arizona, l’adresse de leur domicile a été envoyée à tous les services de renseignement. Lorsque des activistes se sont rendus à Flagstaff à Noël [pour soutenir les défenseurs des San Francisco Peaks – NdT] la police les a espionnés sur leurs comptes Facebook.
Saul l’infiltré démasqué
Un policier en civil a infiltré Occupy Phoenix en se faisant passer pour « un Mexicain SDF ». Cependant, Saul Delara a finalement été identifié par quelqu’un qui l’a reconnu comme flic. Il avait prétendu être de Juarez, au Mexique. [D’après le témoignage de la personne qui l’a démasqué cité dans le rapport, l’individu parlait beaucoup des problèmes qu’il avait eu avec la police au cours de sa vie dans la rue, mais donnait rarement d’autres détails sur ses origines ou sa vie personnelle – NdT].
Le rapport indique aussi que :
Comme le montrent les fichiers obtenus par le DBA/CMD, l’officier du Service de Police de Phoenix [PPDMOB] qui se faisait passer pour « Saul Delara » (très probablement le détective Saul Ayala du PPDMOB) rapportait les informations recueillies lors de son infiltration du milieu activiste de Phoenix à Van Dorn qui les transmettait au personnel du PPDHDB/ACTIC de la police de Phoenix.
Les Grandes Compagnies achètent de l’influence, la police attaque les activistes au gaz poivré
Il y a aussi un long rapport sur les protestations contre l’ALEC [Conseil Américain d’Echange Législatif] en Arizona, du 28 novembre au 2 décembre 2011, au cours desquels des Autochtones – entre autres manifestants – ont été attaqués au gaz poivré et un O’odham hospitalisé. Les protestations visaient principalement le fait que des entreprises privées achetaient de la législation par l’intermédiaire de l’ALEC. Le rapport révèle que les policiers avaient été engagés hors service comme agents de sécurité.
Parmi les monstres de l’industrie de l’énergie contre lesquels les Navajo et O’odham protestaient, il y avait le Salt River Project à Tempe, Arizona. Le Salt River Project dirige la centrale au charbon très polluante appelée ‘Centrale Navajo’ [Navajo Generating Station], située dans la Réserve Navajo, qui est alimentée par le charbon extrait de Black Mesa par Peabody Coal.
Le Salt River Project fournit l’eau et l’électricité aux grandes villes d’Arizona gaspilleuses et au développement absolument pas durable, tandis que les Navajo souffrent de la pollution et de destructions dans le nord de l’état [Et certains, même dans les environs de la ‘Centrale Navajo’, n’ont toujours pas l’électricité – NdT].
Le Salt River Project détourne l’eau des terres agricoles traditionnelles de la réserve Tohono O’odham dans le sud de l’Arizona, mettant ainsi un terme à cette agriculture traditionnelle dans de nombreuses zones.
La répression des militants des droits de l’homme O’odham est un des moyens pour le gouvernement tribal Tohono O’odham de maintenir la corruption, tout comme le fait qu’aucune loi tribale n’assure la liberté de la presse. La police Tohono O’odham et les agents de la Patrouille des Frontières US harcèlent et menacent les journalistes de terrain. Avant que les médias fassent campagne pour un casino Tohono O’odham de plus, leurs journalistes devraient traverser le pays Tohono O’odham et constater que les millions de ces casinos ne vont pas au peuple O’odham.
La police de Tucson achète un robot en ligne
Le nouveau rapport décrit l’étendue des énormes sommes d’argent gaspillées pour harceler les militants des droits de l’homme, avec entre autres l’achat d’un cyber robot destiné à accumuler et traiter en ligne les informations des utilisateurs. Les autorités policières de Tucson ont acquis OpenMIND qui traite d’énormes quantités d’informations de Facebook et autres sources. OpenMIND utilise des « robots personalisés » pour recueillir les données des utilisateurs (page 25 du rapport). La police de Tucson a aussi acheté un Stingray II pour localiser les utilisateurs de téléphones portables.
Le rapport ‘Dissension ou Terrorisme’ couvre tout le mouvement ‘Occupy’, de Boston, dans l’est, à Portland, Oregon.