standingrockcops13-9-2016

 

CAMP RED WARRIOR: DES PROTECTEURS DE L’EAU SANS ARMES DOIVENT FAIRE FACE A LA POLICE ANTI-EMEUTE, ARRESTATIONS, REFUS DE VISITE D’AVOCAT

LES EQUIPES DE CONSTRUCTION DU DAPL EMPECHÉES DE CREUSER POUR PLACER DES TUYAUX

 

13 septembre 2016
COMMUNIQUE DE PRESSE
Contact avec les médias: Cody Hall
Organisation : Red Warrior Camp
Téléphone : (00 1 605) 220-2531
Email: RedWarriorCamp@gmail.com
Réseau : www.Facebook.com/RedWarriorCamp , Twitter @ZuyaLutaOceti
Publié par Censored News et Owe Aku
Traduction Christine Prat

 

MANDAN, Dakota du Nord – Les protecteurs de l’eau ont bloqué aujourd’hui la construction sur deux sites du Dakota Access Pipeline, au nord-ouest de Mandan, par une action directe non-violente.

standingrocklockdown13-9-2016A environs 10h30 du matin – heure locale – deux protecteurs de l’eau se sont ‘enchaînés’ à des équipements lourds sur le premier site d’action. L’un des deux est resté enchaîné à la machine pendant presque 7 heures.

Du personnel médical, des journalistes, des observateurs légaux et des gens devant assurer la liaison avec la police qui étaient là pour aider ont également été arrêtés.

 

 

standingrockblockade13-9-2016Dans une action séparée, des protecteurs de l’eau ont bloqué, avec succès et pacifiquement, la construction sur le deuxième site. Un ouvrier a arrosé de poivre les protecteurs avant de quitter les lieus.

Les forces de l’ordre ont commencé à arriver dans l’heure qui a suivi, et après eux, un grand bus de policiers en tenue anti-émeute. Une première ligne était constituée de policiers armés de fusils à plomb. Une deuxième ligne de policiers derrière eux pointait des fusils semi-automatiques vers les protecteurs de l’eau.

Ils ont immédiatement dit aux protecteurs de l’eau qu’ils étaient là par effraction et passibles d’arrestation. Le bureau du Sheriff de Morton a confirmé que 22 protecteurs de l’eau étaient arrêtés à 16 h. La majorité de ceux qui ont été arrêtés sont accusés d’effraction criminelle et de délit de classe B.

Les deux personnes qui s’étaient enchaînées à des machines sont accusées d’effraction criminelle, de trouble à l’ordre public et d’obstruction à une fonction gouvernementale.

L’emprisonnement des protecteurs à la Prison du Comté de Morton s’est poursuivi dans la soirée. Des officiels de la prison ont informé l’équipe juridique du Camp que l’avocat de l’état du Dakota du Nord, Al Koppy, avait ordonné que seul un avocat inscrit au barreau du Dakota du Nord pouvait rendre visite aux prisonniers, ce qui constitue une violation de leur droit constitutionnel de choisir leur avocat pour une première consultation.

L’équipe juridique bénévole qui assiste les protecteurs de l’eau a fait appel à Chad Nodland, un avocat local qui s’est aussi heurté à la résistance du personnel de la Prison du Comté de Morton. Bien que le cas de plusieurs prisonniers ait déjà été légalement passé en revue, ils ont informé Nodland qu’il devrait attendre que le cas des 22 personnes arrêtées ait été enregistré avant qu’il puisse leur parler individuellement.

Le Bureau du Sheriff du Comté de Morton a refusé tout commentaire à l’heure où nous publions. L’audition des protecteurs de l’eau est prévue à 13h – heure locale – ce mercredi 14 septembre, au Tribunal du Comté de Morton, à Mandan, Dakota du Nord.

 

kleepeaks24-6-2016

 

Par Klee Benally
Publié sur Indigenous Action Media
9 septembre 2016
Traduction Christine Prat

 

Le texte de la déclaration Fédérale (en anglais): https://www.justice.gov/opa/pr/joint-statement-department-justice-department-army-and-department-interior-regarding-standing

 

Les San Francisco Peaks, Arizona – Le gouvernement Fédéral a beaucoup de choses à prouver s’il est sincère quand il exprime son intérêt pour la protection des terres sacrées des Peuples Autochtones. La Déclaration commune des Ministères de la Justice, de l’Armée et de l’Intérieur admet que le combat contre le pipeline Dakota Access (DAPL) « a mis en lumière la nécessité d’une discussion sérieuse sur l’opportunité d’une réforme nationale de la façon de considérer le point de vue des tribus sur ce type de projets d’infrastructure. » Une discussion sérieuse a eu lieu et des réformes réalisées, cependant il est clair que le Gouvernement Fédéral n’écoute pas à moins que nous ne mettions nos vies en danger entre les machines et les terres sacrées. Apparemment, c’est ce qu’il doit arriver, mais jusqu’à quel degré de mise en danger devons nous aller avant d’avoir assuré la protection de tous les sites sacrés ?

Le gouvernement Fédéral a démontré à de nombreuses reprises que les Peuples Autochtones aux Etats-Unis n’avaient aucune protection de leur liberté de culte dès qu’il s’agit de sites sacrés et de terres ‘publiques’. Au moment où j’écris, les promoteurs de la zone skiable déchirent les San Francisco Peaks, une montagne du Nord de l’Arizona « gérée » par le gouvernement Fédéral et considérée comme sacrée par plus de 13 Nations Autochtones, pour construire de nouveaux remonte-pente et poursuivre des opérations qui incluent le déversement de millions de litres d’eau d’égouts recyclée pour fabriquer de la neige artificielle. Les bulldozers doivent aussi commencer à profaner la Montagne du Sud, dans le Sud de l’Arizona, dès lundi [12 septembre].

Le Gouvernement des Etats-Unis a déjà établi des règles (limitées) pour la protection des terres sacrées et les consultations préalables, mais dans la lutte pour protéger Sacred Rock et le Fleuve Missouri, ces règles ont été clairement ignorées. En 2012, cinq institutions Fédérales ont signé protocole d’accord [MOU, Memorandum of Understanding] pour « améliorer la protection et l’accès Indien aux sites sacrés grâce à la coordination et la collaboration entre les institutions ».

Voir texte (en anglais) : www.fs.fed.us/spf/tribalrelations/sacredsitesmou.shtml, www.achp.gov/docs/SS%20MOU%20Action%20Plan%20%20March%205%202013.pdf

Si le gouvernement Fédéral était sincèrement intéressé par la protection des sites sacrés, il pourrait au minimum se conformer à et appliquer avec conséquence ses propres lois, mais ça n’a pas été le cas pour les luttes pour des sites sacrés comme le Mont Graham, Mauna Kea, Bear Butte, Oak Flat, la Montagne du Sud, Red Butte, Medicine Lake, le Mont Taylor, les San Francisco Peaks et beaucoup d’autres.Que le gouvernement Fédéral ait entrepris une étude de politique nationale pour les sites sacrés en 2011, APRES près d’une décennie de litiges légaux et d’action directe pour bloquer le développement du domaine skiable sur les San Francisco Peaks, a démontré qu’il y avait un manque de consultations effectives et un échec des cadres statutaires existants.Le problème a été si controversé que même les Nations Unies ont appelé à la révocation immédiate des permis Fédéraux de la station de ski sur les Pics sacrés. Vu leur inaction constante, il est clair que les Etats-Unis ignorent délibérément les conventions des Nations Unies applicables et les déclarations ‘non-contraignantes’.La déclaration fédérale commune dit: « Il nous incombe à tous d’ouvrir une voie qui serve l’intérêt publique le plus large. » Cependant, le gouvernement Obama a approuvé la profanation des San Francisco Peaks sacrés comme servant « l’intérêt publique le plus large. »

Nous pouvons déjà répondre à deux questions du projet de consultations de gouvernement à gouvernement: 1. Les cadres statutaires existants sont de toute évidence le problème, étant donné que nous n’avons pas de possibilité d’action légale pour assurer la protection des sites sacrés. 2. La Loi sur la Liberté Religieuse des Amérindiens, la Loi sur la Protection et le Rapatriement des Sépultures Autochtones, la Loi sur la Préservation du Patrimoine Historique National, la Loi sur la Politique Environnementale Nationale, la Loi sur la Protection des Ressources Archéologiques, la Loi sur le Rétablissement de la Liberté Religieuse, l’Ordre Exécutif 13007, ont tous échoué, sinon nous n’aurions pas à risquer nos vies pour défendre nos terres contre des bulldozers privés. Une législation a été proposée au Congrès en 1993 afin de résoudre les manquements statutaires par une Loi sur l’Exercice Libre de leur Religion par les Autochtones, mais elle a en fait avorté en commission. Qu’est-ce qui leur a pris si longtemps pour se rendre compte qu’une procédure d’action légale manquait ?

Si les consultations proposées doivent avoir un sens (au minimum):
. Le gouvernement Fédéral des Etats-Unis doit mettre un terme à toutes les menaces pesant sur des sites sacrés Autochtones. Arrêter immédiatement la profanation de la Montagne du Sud, de Mauna Kea, des San Francisco Peaks et de tous les autres sites sacrés menacés.
. Les consultations doivent aller au-delà des dirigeants Tribaux officiels et inclure les praticiens traditionnels.

 

La puissante résistance à Cannon Ball, dans le Dakota du Nord, a amené le gouvernement Fédéral à se rendre compte que son attitude et sa politique vis-à-vis des terres sacrées des Peuples Autochtones avaient échoué une fois de plus. Ceci démontre que l’action directe est un moyen nécessaire et efficace pour la protection de notre survie culturelle. Ça avait déjà été démontré clairement et fortement par les actions directes culturelles entreprises par les Hawaiiens Autochtones contre le Télescope de Trente Mètres de Mauna Kea.

Finalement, nous devons faire admettre définitivement que la profanation des sites sacrés est poussée par les forces du capitalisme, du colonialisme et du suprématisme blanc. Pour bloquer définitivement ces pipelines, nous devons en finir aussi avec la machine politique et les systèmes qui les produisent.
Ces systèmes continueront à délégitimer, criminaliser, éliminer, exploiter et détruire toutes les vies et terres Autochtones qui se trouveront en travers de leur route. En fait, les mêmes flics qui protègent les entreprises qui ravagent nos terres sacrées, sont aussi ceux qui assassinent des Noirs et des gens basanés en toute impunité. Nous savons trop bien comment les tribunaux et les cadres statutaires sont intrinsèquement contre nos intérêts en tant que Peuples Autochtones, c’est pourquoi nous déclarons « Il n’y a pas de justice sur des terres volées. »

La dynamique engendrée par le puissant mouvement contre DAPL résonne profondément et se relie à toutes les luttes pour défendre des terres sacrées, c’est une force issue des prières de nos ancêtres pour les générations futures. C’est une force qui ne sera pas arrêtée.

 

Au pied des San Francisco Peaks sacrés,

Klee Benally

www.protectthepeaks.org
#defendthesacred

 

 

standingrockdogs4-9-2016

 

STANDING ROCK DEFEND LE SACRE

LA POLICE DU DAKOTA DU NORD ET LES MEDIAS TOUCHENT LE FOND AVEC DES ATTAQUES ET DES ACCUSATIONS DIGNES DE L’ERE D’AVANT LES DROITS CIVIQUES

 

Par Brenda Norrell
Censored News
10 septembre 2016
Ook in het Nederlands
Traduction Christine Prat

 

standingrockamygoodman4-9-2016CANNON BALL, Dakota du Nord – Un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de la productrice et journaliste de Democracy NOW! Amy Goodman, pour ‘effraction criminelle’ commise le 3 septembre, alors que des Autochtones défendant un site funéraire étaient attaqués par des chiens dangereux

Cody Hall, du Camp de Red Warrior, a été arrêté dans la nuit du 9 au 10, également accusé d’ ‘effraction criminelle’ pour les évènements des 3 et 6 septembre. Samedi 10, Hall était toujours en prison.

Les chefs d’accusation contre Amy Goodman et Cody Hall pour le 3 septembre – lorsque des chiens furieux ont attaqué les protecteurs – affirment que les ‘manifestants’ ont pénétré à travers la clôture, ‘attaqué les agents de sécurité’, et pénétré une propriété privée. Les plaintes contre eux ont été déposées le 8 septembre 2016.

Amy Goodman a déclaré que « c’est une violation inacceptable de la liberté de la presse. Je faisais mon travail en faisant ce reportage sur les gardes du pipeline lâchant des chiens et arrosant de poivre les manifestants Autochtones. » Amy Goodman est présentatrice et productrice exécutive pour Democracy NOW!

standingrocklockdown6-9-2016Le 6 septembre, une Lakota et un Amazonien se sont enchaînés aux bulldozers de Dakota Access pour empêcher la destruction de sépultures.

L’accusation déclare que l’équipement a été endommagé, arrosé de peinture, un pneu crevé et de la boue placé dans des conduits de carburant le 6 septembre. Cody Hall a été identifié comme s’étant adressé aux personnes présentes, selon l’accusation.

Cody Hall a été arrêté sur l’autoroute entre Bismarck et le camp.

Amy Goodman est accusée d’ ‘effraction criminelle’, de trouble à l’ordre catégorie B, Cody Hall est également accusé d’ ‘effraction criminelle’ et de troubles à l’ordre catégories A et B. L’officier de police chargé de l’enquête est un agent spécial du Bureau d’Enquêtes Criminelles du Dakota du Nord.

L’accusation déclare que des vidéos sont utilisées comme preuve contre Amy Goodman – en fait sa propre vidéo – et contre Hall.

 

Vidéo de Democracy NOW! publiée le 4 septembre:

 

Entretemps, tous les gens qui passent le barrage policier au sud de Mandan sont photographiés et fichés par la police.

Des lecteurs de Censored News ont identifié les responsables de l’attaque des chiens, grâce à la plaque d’immatriculation de leur véhicule. Les Chenils Frost, de l’Ohio, ont été identifiés par leur plaque d’immatriculation et ont confirmé leur participation sur Facebook.

standingrockdogs4-9-2016dLa question se pose toujours: Le Dakota du Nord portera t’il plainte contre les agents de sécurité avec des chiens d’attaque ? Bien que les officiels du Dakota du Nord disent aux médias qu’ils n’ont pas pu identifier les agents munis de chiens, comme on peut le voir sur les photos publiées sur Internet, ils sont facilement identifiables grâce à leurs plaques d’immatriculation. Et ils ont eux-mêmes confirmé leur présence sur Facebook par des messages publics.

 

Cependant, des représentants d’autres Nations Autochtones continuent à arriver. Le 8 et le 9 des délégations d’Alaska, de l’état de Washington et autres régions de la côte ouest sont arrivées en kayak sur la rivière Cannonball.

standingrockpaddle8-9-sep2016

 

Voir de nombreuses autres photos des délégations en kayak sur Censored News

 

 

 

IL SEMBLE QUE LA ‘PAUSE’ NE CONCERNE QU’UNE TOUTE PETITE PARTIE DES TRAVAUX

L’annonce du New York Times semble avoir été prématurée. Aujourd’hui, il s’avère que la ‘pause’ ne concerne qu’une toute petite partie des travaux.

 

D’après le New York Times, le Gouvernement des Etats-Unis a ordonné une ‘pause’ dans la construction du pipeline.

La décision est venue après qu’un juge fédéral ait rejeté la demande des Sioux de Standing Rock d’interrompre la construction du pipeline. Curieusement, d’après le New York Times, la décision est intervenue peu de temps après que la décision du juge soit connue. Le Gouvernement des Etats-Unis a fait savoir que, pour le moment, il n’autorisait pas la construction de cette portion du pipeline qui devait passer sous le Fleuve Missouri. La déclaration émise par les Ministères de la Justice et de l’Intérieur, et par l’Armée, demande à l’entreprise de ‘faire une pause’ dans la construction, pour le moment.

Rappelons que le Président Obama a appris la nouvelle alors qu’il se trouvait au Laos, et a admis qu’il ne comprenait rien au problème et devait consulter ses conseillers avant d’en penser quelque chose.

 

 

 

 

womandog4-9-2016Samedi 3 septembre, la compagnie Dakota Access Pipeline a envoyé une milice privée munie de chiens d’attaque, contre les manifestants pacifiques du Camp Red Warrior qui protestent contre la construction de son pipeline. Jeudi 8 septembre, le Gouverneur Jack Dalrymple a annoncé qu’il envoyait la Garde Nationale contre les manifestants et leurs soutiens de plus en plus nombreux. Le soir même, des membres de la Garde Nationale ont été vus à une quinzaine de km au sud de Mandan. Les occupants du camp lancent un appel urgent au monde entier pour les protéger.

Christine Prat

 

 

 

 

LES LAKOTA DEMANDENT AU MONDE DE LES SOUTENIR POUR REPOUSSER LA GARDE NATIONALE

 

redwarriorcamp6-9-2016

 

« ILS METTENT NOS VIES EN PERIL »

Brenda Norrell
Censored News
Jeudi 8 septembre 2016
Traduction Christine Prat

 

CANNON BALL, Dakota du Nord – Le porte-parole du Red Warrior Camp, Cody Hall, demande d’urgence au monde entier de venir les soutenir pour repousser la démonstration de force qui vise de pacifiques défenseurs de l’eau et des protecteurs d’un site funéraire qui campent sur des Terres garanties par Traité de la Nation de Standing Rock.

« Je demande au monde entier d’entendre notre détresse, et de venir pacifiquement nous soutenir sur les lignes de front » a dit C. Hall aujourd’hui.

Selon Hall, le Gouverneur Jack Dalrymple a déclaré appeler la Garde Nationale au cours d’une conférence de presse, mais il n’a pas révélé le nombre de soldats qui seraient présents dans le camp le lendemain.

Hall dit que c’est une démonstration de force.

« Le premier round a été de lâcher des chiens d’attaque sur nous » dit Hall dans une vidéo ce jour [jeudi 8 septembre]. Maintenant, le deuxième round est d’appeler la Garde Nationale pour constituer une force puissante contre les protecteurs d’eau et de site funéraire pacifiques.

Il dit aussi que c’est un droit divin pour eux d’être sur ces routes et de « protéger ce qui nous appartient et nous a toujours appartenu. »

« S’il vous plait, venez nous soutenir. Ce n’est plus un jeu. Ils mettent nos vies en péril. »

Hall dit que ceux qui protègent l’eau du Missouri et les sites funéraires sacrés, expriment leurs droits selon un Amendement [de la Constitution des Etats-Unis], leurs droits civiques.

« S’il vous plait, venez nous soutenir. Soyez avec nous, pour que ce pipeline soit vaincu. »

Hall a demandé aux gens du monde entier de venir d’urgence repousser cette démonstration de force, repousser le Gouverneur et le Sheriff du Comté de Morton, qui imposent leur autorité à des protecteurs pacifiques.

« Nous ne céderons pas, et nous tenons pour ce en quoi nous croyons. »

Les Dakota, Lakota et Nakota de Standing Rock ont été rejoints par des Autochtones et d’autres soutiens pour empêcher les destructions causées par le Dakota Access Pipeline.

Le samedi, des protecteurs d’un site funéraire avaient été attaqués et blessés par des chiens dangereux. Six personnes, parmi lesquelles une femme enceinte et un enfant, ont été mordues par les chiens d’attaque de la sécurité du pipeline.

Le Sheriff du Comté de Morton a publié un communiqué truffé de mensonges, accusant les protecteurs d’être violents et armés.

Ces mensonges ont été répétés par les médias dominants, y compris Associated Press.

Répondant à des questions au Laos cette semaine, le Président Obama a prétendu ne rien savoir de la défense de l’eau du Missouri et d’un site funéraire à Standing Rock. Obama dit qu’il devrait consulter ses conseillers, répondant à une question sur son rôle dans la protection de l’eau et le maintient de la justice environnementale.

 

 

Dimanche 4 septembre, une milice privée payée par la compagnie Dakota Access Pipeline a attaqué les manifestants pacifiques avec des chiens. Des femmes, des enfants, des jeunes qui étaient là pour manifester pacifiquement ont été frappés et mordus par des chiens d’attaques. Certains membres de la milice qui ont pu être identifiés, semblent être des gens ‘peu recommandables’.

Fort heureusement, l’attaque a été filmée et semble faire scandal. Espérons que ça accroîtera le soutien à la lutte contre le pipeline potentiellement dangereux et polluant. Des Autochtones et des soutiens écologistes sont venus de partout pour soutenir la lutte.

En tous cas, la situation est maintenant parfaitement claire: ce sont les grandes entreprises qui font régner l’ordre, même plus besoin de se camoufler derrière le paravent ‘légal’ en appelant les flics pour assurer leurs bénéfices.

Verrons nous bientôt des truands payés par Vinci nous casser la gueule à la ZAD?

Christine Prat

 

Vidéo de Democracy NOW! publiée le 4 septembre:

 

Pas encore eu le temps de sous-titrer ou traduire, çà viendra le plus vite possible suivant les évènements.

 

Par Amanda Blackhorse
Publié par Indigenous Action Media
Photo Amanda Blackhorse
5 septembre 2016

Traduction Christine Prat

 

Ces trois dernières semaines ont été une période pivot dans le combat pour protéger notre mère la terre et les sites sacrés. Alors que beaucoup de gens se rassemblent à Standing Rock pour bloquer le Dakota Access Pipeline, une lutte similaire a lieu à Phoenix, Arizona – la lutte pour protéger la montagne sacrée, Moahdak Do’ag (Montagne du Sud).

 

Le 19 août 2016, la Juge Fédérale de District Diane Humetewa a décidé que le Service des Transports d’Arizona (ADOT) et l’Administration Fédérale des Autoroutes (FHWA) pouvaient continuer la construction du projet de bretelle 202, une autoroute à six voies qui coupera le sud-ouest de la montagne. Elle doit aussi passer parallèlement le long de la communauté Ahwatukee et de la Communauté Indienne de Gila River (GRIC). La Juge Humetewa a décidé que les plaignants n’avaient pas pu prouver que le projet d’autoroute pourrait nuire aux communautés représentées.

Nos parents O’odham (Communauté Indienne de Gila River, Communauté Indienne Pima Maricopa de Salt River, Ak-Chin, et les Tohono O’odham) considèrent Moahdak Do’ag comme sacrée et comme un mode de vie. Les membres de la Communauté Indienne de Gila River combattent le projet de bretelle 202 depuis des années.

Au cours de l’été 2015, la Communauté Indienne de Gila River (GRIC) et l’association Protéger les Ressources et les Enfants d’Arizona (PARC), ont déposé une plainte contre l’ADOT et la FHA, se référant des infractions à la Loi sur la Politique Environnementale Nationale (NEPA), à des effets nocifs pour la communauté et la profanation de sites sacrés. Peu de temps après, les deux organisations ont également déposé une injonction d’urgence pour stopper les travaux préalables à la construction de l’autoroute, mais ont été déboutés par la juge, invoquant le fait que les parties civiles n’avaient pas pu prouver qu’il y aurait des dommages irréparables si la construction continuait.

La réaction de la communauté d’Ahwatukee, de la GRIC, et des membres de la tribu de la GRIC a été puissante. La Présidente de l’association PARC, Pat Lawlis, a qualifié le jugement d’ « incroyable » dans un communiqué de presse. Elle déclarait qu’ « il se révélait malheureusement qu’il y avait plus en jeu qu’une application adéquate de la loi et des faits importants. La Cour a décidé que l’ADOT et l’Administration Fédérale des Autoroutes (FHWA)  étaient autorisés à utiliser une interprétation extrêmement vaste dans leur projet de bretelle et de ce fait n’enfreignaient pas la loi fédérale. »

Les représentants de la PARC ont également déclaré qu’ils feraient appel auprès de la Cour d’Appel du 9ième Circuit. PARC et les autres plaignants, une coalition de membres de la communauté Ahwatukee et de groupes de protection de l’environnement, cherchent à protéger Ahwatukee des effets néfastes que l’autoroute aura sur la communauté et la terre.

Le Gouverneur Stephen Rowe Lewis, de la Communauté Indienne de Gila River, a publié une déclaration sur sa page Facebook : « Dire que les gens de notre communauté sont déçus, n’exprime absolument pas la profondeur de ce que nous ressentons face à la perte potentielle de cette chaîne de montagnes sacrée. C’est tout simplement inacceptable. »

Les membres de la tribu GRIC ont exprimé leur opposition par une manifestation, le lundi suivant la décision du Juge. La manifestation a eu lieu au cours d’une réunion de planning de l’ADOT à Ahwatukee. Au moins 6 membres de la communauté sont venus avec des pancartes et des banderoles, en chantant un chant traditionnel O’odham sur Moagdak Doag, ils ont été accueillis par les applaudissements de la communauté de Ahwatukee.

 

« Aujourd’hui, je suis fier de notre Conseil, des activistes de la Communauté, de nos Anciens, et des membres de la Communauté se sentant impliqués, qui ont soutenu toute la Communauté pour avancer dans ce combat historique pour sauver Muhadagi Doag ! Le défi est effrayant, mais si nous nous unissons avec des cœurs purs et des esprits clairs, la puissance de notre UNITE peut renverser ces obstacles extrêmes placés sur notre voie quand nous répondons à l’appel de nos ancêtres. » – Le Gouverneur Stephen Rowe Lewis de la Communauté Indienne de Gila River.

 

Deux membres de tribus qui assistaient à la manifestation, Linda Paloma Allen et Andrew Pedro sont depuis des années en première ligne du combat contre la construction de la bretelle 202. Pedro a expliqué sa déception suite à la décision de la Juge Humetewa, et a déclaré : « En tant que personne Autochtone, vous auriez pu espérer qu’elle comprenne l’importance de tels endroits, mais ceci montre que le but principal de l’institution coloniale est d’appliquer et de réaffirmer la loi coloniale. » Il dit aussi que le fait qu’ils aient été accueillis par des applaudissements des membres de la communauté d’Ahwatukee montre que tous les gens, Autochtones ou non, sont opposés à cette autoroute.

Linda Paloma Allen a déclaré que le combat pour sauver cette montagne n’est pas seulement un combat pour les Autochtones mais aussi pour un changement de système. Elle dit : « Les Autochtones en ont assez des intérêts extérieurs qui ne comprennent pas à quel point nous sommes connectés à notre terre et ce que nous ferons pour la défendre. Dans le Dakota du Nord, ce sont Energy Transfer Partners et le Dakota Access Pipeline. En Arizona, c’est le Service des Transports d’Arizona, [la station de ski] Snowbowl et Resolution Copper. C’est la même injustice depuis 1492 ».

Plus tard dans la semaine, le conseil de la Communauté Indienne de Gila River a organisé une réunion spéciale pour discuter des nombreux problèmes urgents et du combat incessant pour bloquer la Bretelle 202. Bien que la discussion sur l’autoroute ne soit pas ouverte au public, j’ai pu assister au début de la session et voir le conseil tribal de la GRIC adopter une résolution soutenant le combat pour bloquer le Pipeline d’Accès Dakota [DAPL] dans le Dakota du Nord.

Après la réunion, le Gouverneur Lewis a fait une déclaration sur la Bretelle 202 : « Aujourd’hui, je suis fier de notre Conseil, des activistes de notre Communauté, des Anciens, et des membres de la Communauté se sentant impliqués, qui ont soutenu toute la Communauté pour avancer dans ce combat historique pour sauver Muhadagi Doag ! Le défi est effrayant, mais si nous nous unissons avec des cœurs purs et des esprits clairs, la puissance de notre UNITE peut renverser ces obstacles extrêmes placés sur notre voie quand nous répondons à l’appel de nos ancêtres. »

Bien que la décision récente de la Juge Humetewa ne soit pas en faveur de la GRIC ou des membres de la tribu de la GRIC, Andrew Pedro déclare qu’il semble y avoir plus d’intérêt de la part des membres de la tribu pour le problème. « Bien que c’ait été une période douloureuse, le peuple O’odham n’acceptera pas en se couchant devant eux. Et si l’ADOT veut une épreuve de force, ils l’auront. »

 

Gila River Against Loop 202: www.facebook.com/Gila-River-Against-Loop-202-148194241910780/
Akimel O’odham Youth Collective: www.facebook.com/AOYC123/

 

Amanda Blackhorse, (Diné), de Big Mountain et Kayenta, en Arizona, est assistante sociale et partie civile dans l’affaire ‘Football Professionnel contre Blackhorse et autres’. En 2014 Amanda et les autres membres de la partie civile ont gagné le Procès de Marque Déposée et du Conseil d’Appel pour annuler l’enregistrement fédéral (r*dsk*ns) de l’équipe de Washington NFL.

 

 

Pour en savoir plus sur la problématique du périphérique 202 et des luttes contre, voir:
article de l’automne 2015, avec interview d’Andrew Pedro et carte du projet
tous les articles sur la question

 

StandingRockRedWarriorCampCN22-8-2016

 

Depuis le mois de mai 2016, les Indiens du Dakota du Nord ont décidé de créer à Sacred Stones, un camp de résistance au projet de pipeline d’Accès Dakota, près de Cannon Ball, sur la rive est du Fleuve Missouri. C’est le Corps des Ingénieurs de l’Armée des Etats-Unis qui a donné son accord à ce projet privé. L’article ci-dessous, publié le 22 août, est un peu daté en ce qui concerne la participation des Tribus à la résistance, beaucoup de gens sont arrivés de partout entretemps,  mais il précise beaucoup de choses, sur les effets ‘possibles’ – en fait certains, du passage de ce pipeline transportant du pétrole très sale –  et sur la manière illégale dont la décision a été prise.

Christine Prat

DES RESOLUTIONS EMANANT DE NATIONS INDIENNES ARRIVENT EN MASSE POUR SOUTENIR STANDING ROCK

 

Par Brenda Norrell
Censored News
22 août 2016
Les résolutions en PDF (et en anglais) se trouvent sur le site de Censored News:
http://bsnorrell.blogspot.com/p/blog-page_19.html
Traduction Christine Prat

 

Les résolutions de Nations Indiennes sont venues des Quatre Directions, celles les Tlingit et les Haida d’Alaska étant parmi les parmi les plus récentes à être parvenues pour soutenir la Nation Sioux de Standing Rock. Standing Rock se bat toujours contre le pipeline de brut Dakota Access, dont la construction menace le Fleuve Missouri. Ce fleuve est source d’eau pour les Dakota et les Lakota.

Il y a 28 Tribus Indiennes qui vivent le long de ce fleuve.

L’ingénieur spécialiste de l’environnement Renee Matlock prouve que l’évaluation environnementale n’a pas mentionné l’espèce menacée appelée Poweshiek Skipperling.

Ce tout petit papillon menacé a le pouvoir de bloquer la construction du pipeline – un pipeline qui menace les gens, leur source d’eau et leurs cimetières.

Le processus d’attribution du permis pour le DAPL a été frauduleux, profondément enterré dans le secret, et les manipulations des politiques et des entrepreneurs, de la confiance du public. Avec un potentiel d’empoisonner les réserves d’eau au cœur de l’Amérique, le DAPL et ses partenaires au gouvernement construisent un pipeline génocidaire. Rien qu’en Iowa, le pipeline devrait traverser des rivières 60 fois. L’ingénieur spécialiste de l’environnement Renee Matlock montre que le fait de ne pas avoir mentionné le petit papillon peut empêcher la construction du pipeline, si le gouvernement des Etats-Unis adhère à ses propres lois.

Matlock a déclaré à Censored News que le fait de n’avoir pas mentionné le papillon menacé rendait le permis sans valeur. « Il y a deux manières selon lesquelles un permis peut être invalidé. Soit par une action dans une Cour Fédérale ou en forçant les administrations qui ont approuvé des permis à les annuler. Dans le cas présent, il doit y avoir une audience dans une Cour Fédérale le 24 août [entretemps reportée] et une autre le 25 août 2016 [aussi reportée] afin d’autoriser le DAPL à continuer la construction. »

La grue blanche d’Amérique, les loups gris et beaucoup d’autres espèces menacées ont déjà été répertoriées comme étant potentiellement touchées par le projet qui traverse le cœur naturel admirable de ce pays.

Des chercheurs ont rejoint les Nations Indiennes et les défenseurs de l’eau en un mur de résistance contre ce pipeline. Actuellement, une campagne de désinvestissements, de boycott et de sanctions [quand il s’agit de la Palestine ça s’appelle BDS] est en cours, dans laquelle les investisseurs sont nommés, parmi eux ont trouve la compagnie Enbridge de Calgary, Alberta, qui exploite les très polluants pipelines de sables bitumineux, ainsi que Marathon et Phillips 66.

Le DAPL fait partie de systèmes de pipeline beaucoup plus étendus allant des sables bitumineux d’Alberta jusqu’au Golf du Mexique.

Tandis que le mouvement contre le Keystone XL s’étendait, ce nouveau pipeline était autorisé discrètement, sur des sections qui lui évitaient d’être détecté.

Le Conseil Central des Tribus Tlingit et Haida du Conseil Exécutif d’Alaska a adopté à l’unanimité une résolution contre le DAPL.

« En tant que gardiens de l’air, de la terre et de la mer, nous respectons la nature et la propriété, le Conseil Central est solidaire de la Tribu Sioux de Standing Rock, qui a protesté pacifiquement pour protéger son mode de vie, son eau, son peuple et sa terre. »

« Le forage nécessaire à la construction du pipeline saccagerait des cimetières et des sites sacrés sur des terres ancestrales selon les traités.

« Le DAPL enfreint l’Article 2 du Traité de Fort Laramie de 1868, qui garantit que la Tribu Sioux de Standing Rock aurait la ‘jouissance et l’occupation non-dérangée’ de leur patrie permanente. »

Tandis que les résolutions arrivent des Quatre Directions, des annonces de dons parviennent aussi. Ce jour, une vache a été donnée pour nourrir les gens, un garagiste a donné un SUV (une 4×4) pour transporter le ravitaillement, et des camions de bisons et d’eau sont en route. Des bus étaient aussi en route, jusqu’à Rosebud, et des supporters allaient à Standing Rock en voiture de tous les Etats-Unis.

La Tribu Kickapoo du Kansas a aussi envoyé sont soutien pour la protection des droits de 28 Nations Indiennes sur l’eau du Fleuve Missouri. Les Kickapoo dénoncent l’échec du Corps des Ingénieurs de l’Armée Américaine et le manque de véritable évaluation écologique.

Dans leurs résolutions, les Nations Indiennes dénoncent le fait que le Corps des Ingénieurs de l’armée n’ait pas consulté les Tribus Autochtones avant d’accorder trop vite le permis de construire le pipeline; qu’il ne se soit pas conformé aux lois fédérales sur la protection des sites historiques et des sépultures, entre autres la Loi de Préservation Historique Nationale; et qu’il n’ait pas fourni une évaluation adéquate des impacts environnementaux.

La Hoopa Valley en Californie a réagi à l’appel. Hoopa Valley envoi des dons et donne des congés aux employés pour aller dans le Dakota du Nord pour soutenir Standing Rock. De plus, la Hoopa Valley va rechercher des sources d’énergie alternative pour réduire la dépendance à l’énergie fossile, afin de soutenir la lutte.

Les Cheyenne du Nord de Lame Deer, dans le Montana, ont exprimé leur soutien dans une résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil Tribal. La Nation des Cheyenne du Nord dit que ses villages et sépultures – où on peut voir les traces de pas de leurs peuples – sont menacés par le pipeline.

Maintenant, Standing Rock Resistance Radio émet en direct du camp, sur 87.9 FM et est maintenant en ligne.

Govinda, de Earthcycles, une radio de la base, a conduit pendant plusieurs jours de Californie, dormant à peine, et Michelle Cook, Diné (Navajo) a conduit du sud de l’Arizona pour aider Govinda à assurer le fonctionnement de Standing Rock Resistance Radio. Michelle est diplômée en droit et attire l’attention sur le besoin de plus d’observateurs en droit dans le camp.

Dans le camp, les cuisiniers et les bénévoles qui assurent la sécurité travaillent dur.

 

Liste des quelques Nations qui avaient rejoint ou soutenu la Nation de Standing Rock et la défense du Fleuve Missouri le 22 août (il y en a beaucoup plus depuis, attendez les traductions à venir) :

 

Cheyenne River Sioux Tribe
Crow Creek Sioux Tribe
Santee Sioux Tribe
Lower Brule Sioux Tribe
Sisseton-Wahpeton Oyate
Rosebud Sioux Tribe
Oglala Sioux Tribe
Yankton Sioux Tribe
Flandreau Santee Sioux
Spirit Lake Nation
Fort Peck Assiniboine & Sioux Tribe
Meskwaki Nation
Omaha Tribe of Nebraska
Anishinaabe Nation
Menominee Nation
Blackfeet Nation of Montana
San Carlos Apache
Winnebago Tribe of Nebraska
Northern Arapaho Tribe of Wyoming
Pyramid Lake Paiute Tribe of Nevada
Chippewa Cree Tribe of Rocky Boy, MT
Pawnee Nation of Oklahoma
Nez Perce Tribe of Idaho
Ponca tribe of Oklahoma
Gwich’in Nation of Alaska
Hoopa Valley Tribe of California
Comanche Tribe of Oklahoma
Jatibonicu Taino People of Puerto Rico
Shoshone-Paiute Tribes of the Duck Valley, Idaho
Kickapoo Tribe of Kansas
Swinomish Tribal Community of Washington
Mauna Kea Ohana of Hawaii
National Congress of American Indians
Siletz Tribe
Kickapoo Tribe
Cheyenne Arapaho of Oklahoma
Spirit Lake Nation

 

 

Par Klee Benally
Publié sur Facebook
Le 24 août 2016

 

#thefrontlineiseverywhere #defendthesacred #NoDAPL

C’est difficile de ne pas éprouver des sentiments conflictuels lorsque des politiciens de la Nation Navajo envoient un message de solidarité à la résistance au Pipeline d’Accès Dakota, tout en continuant à perpétrer la profanation et l’exploitation des ressources de terres sacrées et à en bénéficier.

Nous avons un nuage de méthane de la taille du Delaware au-dessus de nos têtes dans la région de Four Corners et plus de 20 000 Diné touchés par la déportation forcée liée à l’extraction de charbon de la plus grande mine à ciel ouvert d’Amérique du Nord, à Black Mesa; alors oui, je suis sceptique.

 

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En une déclaration géopolitique claire de comment l’exploitation des ressources est au centre de son identité nationale, le drapeau de la Nation Navajo exhibe des images d’un puits de pétrole et d’une centrale électrique.

En fait, les politiciens de la Nation Navajo ont historiquement pris position contre ceux qui défendaient les terres sacrées, à part quelques exceptions limitées (particulièrement le combat contre Snowbowl sur Dooko’ooslííd ou la campagne actuelle pour protéger Bears Ears). Souvenez-vous quand le Porte-parole du Conseil de la Nation Navajo, Lorenzo Bates, déclarait devant le Comité des Affaires Indiennes du Sénat U.S. que « la guerre contre le charbon est une guerre contre l’économie Navajo et notre capacité à agir en Nation souveraine. » Oh oui, et en 2009, quand le président d’alors, Joe Shirley Jr. proclamait: « Comme jamais auparavant, les militants et les organisations écologistes sont parmi les plus grandes menaces pour notre souveraineté tribale, notre autodétermination tribale et notre quête d’indépendance. »

NavajoFlagKleeVersion24-8-2016SmallDepuis qu’il a été imposé en 1923, le rôle du gouvernement de la Nation Navajo a été de légitimer et de maximiser l’extraction de ressources par le gouvernement des Etats-Unis. D’après un rapport déposé par la Commission des Droits Civils, le conseil tribal a été « créé en partie pour que les compagnies pétrolières aient des représentants Navajos légitimes dont ils pourraient obtenir des concessions sur des terres de la réserve où du pétrole avait été découvert. »

C’est dans un contexte particulier, et les apparences changent certainement avec de nouveaux politiciens et des réformes, mais jusqu’à quel point? Spécialement maintenant que nous avons notre propre pipeline pour du pétrole obtenu par fracturation menaçant la Terre Diné [Diné Bikeyah].

Le pipeline de 225 km de Piñon doit transporter jusqu’à 18,25 millions de barils par an de pétrole obtenu par fracturation, à travers des terres sacrées et menace d’ouvrir la voie à plus de 500 puits de fracturation hydraulique.

Alors, où est le soutien inébranlable à la résistance à cette menace capitale pour les terres sacrées et l’eau?

La Nation Navajo est économiquement empêtrée dans ses liens avec Peabody Energy (actuellement en faillite, mais qui fonctionne toujours) par les activités de la mine de Kayenta, et la mine actuellement dormante de Black Mesa où des millions d’objets sacrés et des restes d’ancêtres ont été profanés. Ces activités sur Black Mesa ont précipité la déportation forcée de plus de 20 000 Diné, bien qu’une résistance perpétuelle continue la lutte. Puis il y a la Centrale Navajo [Navajo Generating Station], Four Corners et San Juan, des centrales au charbon qui continuent d’empoisonner notre terre, notre eau et notre air, avec une pollution au carbone extrême qui cause cette crise climatique. Il y a la Mine Navajo, que la Nation Navajo a acheté récemment à BHP Billiton. Vous vous souvenez peut-être qu’en 2003, l’Autorité de l’Energie Diné a présenté le projet énergétique Desert Rock, une centrale de 1500 mégawatts qui devait être construite près de Shiprock, au Nouveau-Mexique, mais a finalement été mis en échec par la forte résistance de la communauté.

Il y a le Funiculaire du Grand Canyon – le projet Escalade – avec des entrepreneurs et d’anciens leaders Tribaux qui poussent le conseil de la Nation Navajo à s’engager dans ce projet de profanation de la Confluence sacrée du Colorado et du Petit Colorado près du Grand Canyon. Et il y a Snowbowl qui après des années de batailles juridiques, de prières et d’action directe, continue à commettre des actes de profanation de Dooko’ooslííd EN CE MOMENT, sans soutien significatif de la Nation Navajo à la résistance toujours en cours. Et que dire des accords pour acheter et cultiver des OGM de Monsanto sur le site de la firme Industrie des Produits Agricoles Navajo? Et qu’en est-il du projet d’‘accords’ sur l’eau du Petit Colorado et de la Rivière San Juan (à un moment, pendant les consultations publiques, des snipers de la police Navajo étaient sur les toits)? Et les tentatives actuelles d’Energy Fuels de transporter de l’uranium à travers nos terres déjà empoisonnées par l’uranium?

Le mandat de la Nation Navajo n’a jamais été vraiment tourné vers les intérêts de protéger Notre Mère la Terre, mais à certains moments son gouvernement a été forcé de faire face à la crise identitaire de ses buts géopolitiques. Par exemple, après des années de réclamations de la communauté, la Loi de Protection des Ressources Diné de 2005 a été adoptée pour interdire toute extraction ou traitement d’uranium sur ses terres (bien qu’il y ait toujours des milliers de mines d’uranium abandonnées et que seulement une poignée a été dépolluée). Ou les considérations actuelles de bannir la fracturation hydraulique à l’intérieur des frontières de la Nation Navajo. Ces moments de dissonance cognitive les ont forcés à une légère révision de leur politique et à réconcilier son orientation avec les implications culturelles de Hozhó (harmonie et équilibre) enracinées dans la protection de Notre Mère la Terre, mais tout cela est toujours extraordinairement contradictoire.

Ceci doit être compris comme un diagnostique sur un système, étant donné que ça va bien au-delà des machinations de cette seule Nation dépendante.

Pour arrêter complètement ces pipelines, nous devons aussi arrêter la machinerie politique et les systèmes qui les engendrent. Le capitalisme, le racisme, le colonialisme et l’hétéro-patriarcat sont anti-Terre et donc anti-Autochtone et par leur nature, ces systèmes chercheront à délégitimer, criminaliser, effacer, exploiter et détruire toute vie, et toutes les vies, Autochtones et les terres qui sont sur leur route. De ce point de vue, les luttes Autochtones pour la terre et l’eau ont été ignorées par les médias dominants avant que nous n’oublions que l’efficacité et la légitimité de nos luttes n’est pas déterminée par la reconnaissance des médias dominants. Comme il est clairement et magnifiquement démontré à Standing Rock, le pouvoir de lutter est affirmé et progresse avec et à travers nos prières, ce qui veut dire que ce pouvoir est toujours avec notre peuple et les autres êtres, en relation avec Notre Mère la Terre (et non, comme certains pourraient le dire, seulement entre les mains de politiciens Tribaux ou ONG ou autres associations à but non lucratif).

Il y a tant de choses que beaucoup d’entre nous peuvent faire effectivement en ce moment même, où que nous soyons.

La ligne de front, dans les luttes pour protéger des terres et l’eau sacrées face au colonialisme et au capitalisme d’exploitation des ressources, est partout. Nous pouvons par exemple penser à la Montagne du Sud, à Medicine Lake, au Mont Taylor, à Red Butte, au Mont Graham, à Black Mesa/Big Mountain, aux Montagnes Chuska, à la Confluence du Grand Canyon, à la Rivière San Juan, au Mont Tenabo, Panhe, Sogorea Te, Bear Butte, Oak Flat, Hickory Ground, Topock Maze, Yucca Mountain, au Canyon de Chaco, à Mauna Kea, aux Chutes de Snoqualmie, et au-delà.

Alors, quand nous nous rassemblons et offrons notre force et nos cœurs, quand nous cliquons et partageons, quand nous formons des caravanes et des camps, quand nous faisons des offrandes et des prières, quand nous risquons l’arrestation ou soutenons ceux en prison, nous devons reconnaître que soutenir Standing Rock signifie défendre tous les sites sacrés.

 

 

LETTRE DU PRESIDENT ET DU VICE PRESIDENT NAVAJOS AU PRESIDENT DE STANDING ROCK

 

LA NATION NAVAJO

RUSSEL BEGAYE, PRESIDENT
JONATHAN NEZ, VICE PRESIDENT
22 août 2016
Traduction Christine Prat

 

Président Dave Archambault II
Tribu Sioux de Standing Rock
P.O. Box D
Fort Yates, Dakota du Nord 58538

 

Ref.: Pipeline d’Accès Dakota

 

Honorable Président Archambault:

Nous envoyons cette lettre pour faire savoir à la Tribu Sioux de Standing Rock que la Nation Navajo soutient vos actions concernant le Pipeline d’Accès Dakota. Je sais que beaucoup de Navajos sont actuellement dans le Dakota du Nord aux côtés des membres de votre tribu et d’autres. Nous recevons des rapports quotidiens de votre Peuple sur votre progression et vos courageuses actions.

La protection de vos sites sacrés et de l’eau est de la plus grande importance pour toutes les tribus, comme ça l’est pour la Nation Navajo. C’est un combat auquel toutes les tribus ont été confrontées et la Nation Navajo y a fait face et le fait encore aujourd’hui dans notre propre territoire. Je suis fier de voir tant de tribus venir soutenir vos actions parce qu’il est temps que les tribus se dressent enfin contre ces menaces pesant sur nos territoires. Nous serons entendus parce que nous sommes unis, nous ne faisons qu’un, pas en tant que Nation Tribale, mais en tant que l’ensemble des Peuples Autochtones.

Continuez le bon combat et pavez la route pour tous ceux du futur. Nous vous envoyons nos prières et nous savons que la Nation Navajo est solidaire de la Tribu Sioux de Standing Rock. De plus, en soutien à votre action, la Nation Navajo enverra de l’eau et de la nourriture pour ceux qui sont avec vous.

Respectueusement,

 

LA NATION NAVAJO

 

Russell Begaye, Président
Jonathan M. Nez, Vice Président

 

LetterBegayToStandingR22-8-2016

 

COMMUNIQUE DE PRESSE
23 AOÛT 2016
LE PRESIDENT BEGAYE ET LE VICE PRESIDENT NEZ SOUTIENNET LA TRIBU SIOUX DE STANDING ROCK DANS SON OPPOSITION AU PIPELINE D’ACCES DAKOTA
Traduction Christine Prat

 

WINDOW ROCK – Le Président Russell Begaye et le Vice Président Jonathan Nez de la Nation Navajo ont publié ce jour une lettre exprimant leur soutien à la Tribu Sioux de Standing Rock dans son opposition au Pipeline d’Accès Dakota.

Les Sioux de Standing Rock combattent la construction du pipeline pétrolier d’Accès Dakota, qui d’après le projet, doit passer sous le Fleuve Missouri, sur des Terres du Traité, à 8 km de leur réserve.

D’après les Sioux de Standing Rock, leur approvisionnement en eau est menacé par la construction du Pipeline d’Accès Dakota.

« Nous sommes solidaires de nos frères et sœurs de la Tribu de Standing Rock qui se défendent contre l’intrusion de désastres environnementaux potentiels le long de leur frontière traditionnelle » dit le Président Begaye.

Les tribus Autochtones d’Amérique luttent constamment pour protéger le caractère sacré de leurs ressources naturelles et de leurs territoires tribaux.

Souvent, cela implique de s’opposer au développement industriel des ressources naturelles ou de constructions projetés à proximité des terres tribales sacrées. Ça implique aussi la protection de la pureté des sources d’eau et l’opposition à l’extraction de minerais toxiques ou radioactifs.

« Encore et toujours, les tribus Autochtones ont dû faire face à l’empiètement de l’industrie ou du gouvernement fédéral sur leurs terres tribales. Les intérêts de l’industrie ont causé des dégâts aux terres Indiennes et laissé les tribus avec la pollution et le nettoyage en héritage, » dit le Vice Président Nez. « Des mines d’uranium à la fuite récente de la mine Gold King et au Pipeline d’Accès Dakota, ces problèmes continuent. »

Dans une telle époque, la nécessité pour les tribus de s’allier est capitale pour être unis contre des intérêts extérieurs. Ça montre au gouvernement et aux entreprises que les Autochtones sont sérieux quand il s’agit de défendre leurs terres et leurs ressources.

«En défendant son territoire traditionnel contre un développement qui pourrait endommager ses terres et ses ressources naturelles, la Nation Navajo soutient la Tribu Sioux de Standing Rock » dit le Président Begaye.

 

La lettre, adressée au Président de la Tribu Sioux de Standing Rock, Dave Archambault II, promet de l’eau et d’autres produits de base pour aider ceux qui sont présent et engagés dans la résistance et l’opposition au Pipeline d’Accès Dakota.

 

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Mihio Manus
Directeur de la Communication
Bureau du Président et du Vice Président
Nation Navajo

 

BegayLetterToStandingRock