Par Klee Benally
Indigenous Action Media
22 juin 2023
Traduction Christine Prat, CSIA-Nitassinan

Environ 33% des Diné n’ont ni eau courante ni électricité.

Pendant 41 ans, Peabody Coal, qui exploitait des mines sur Black Mesa, a consommé 5,5 milliards de litres d’eau par an, de la nappe aquifère Navajo située sous la zone. Bien que les mines soient maintenant fermées et la Centrale Navajo [NGS : Navajo Generating Station] qu’elles alimentaient détruite, les effets sur la santé, l’environnement et les sources d’eau vitales de la région sont très graves.

Depuis 1974, le Congrès des Etats-Unis ont essayé de déplacer par la force les Diné de cette région.

Le projet initial de la NGS avait pour but de fournir de l’électricité pour pomper l’eau destinée aux grandes zones urbaines de Phoenix et Tucson.

Pendant des décennies, tandis que les lignes à haute tension traversaient en tous sens les foyers des familles Diné et que de l’eau était pompée à des centaines de kilomètres pour des piscines et des terrains de golf, des milliers de Diné n’avaient ni eau courante ni électricité.

Aujourd’hui, il y a plus de 20 000 puits de gaz naturel et des milliers d’autres en projet dans et autour de la Nation Navajo, dans le Bassin de la Rivière San Juan.

L’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis [EPA] qualifie le Bassin de la San Juan de « bassin de méthane le plus productif d’Amérique du Nord. » Rien qu’en 2007, les grandes compagnies ont extrait 3,7 mille milliards de gaz de houille de la région, en faisant la principale source des Etats-Unis.

Halliburton, « pionnier » de la fracturation hydraulique en 1947, a introduit la « re-fracturation » de puits dans la région. La fracturation gâche et pollue aussi une quantité d’eau phénoménale. Un seul puits de méthane de houille peut utiliser jusqu’à 1,5 millions de litres, et un seul puits horizontal jusqu’à 37,850 millions de litres d’eau.

Le gouvernement de la Nation Navajo soutient ces baux, y compris autour du territoire sacré du Canyon de Chaco [site archéologique exceptionnel].

Le Bassin de la San Juan est aussi considéré comme « le plus prolifique producteur d’uranium des Etats-Unis. »

En 1979, la plus grande fuite accidentelle d’eau radioactive s’est produite à l’usine de traitement d’uranium à Church Rock, Diné Bikéyah [Pays Navajo]. Plus de 1100 tonnes de déchets radioactifs solides et 356 millions de litres de déchets radioactifs liquides se sont déversé dans la Rivière Puerco, suite à la rupture d’un barrage de rétention en terre. Aujourd’hui, l’eau, dans la communauté en aval de « Sanders, Arizona » est toujours empoisonnée par la fuite.

Il y a plus de 2000 mines d’uranium abandonnées toujours radioactives, dans et autour de la Nation Navajo. Vingt-deux puits qui fournissaient de l’eau à plus de 50 000 Diné, ont été fermés par l’EPA à cause des taux élevés de radioactivité.

Il n’y a jamais d’étude systématique des impacts de l’extraction d’uranium de la région sur la santé humaine.

En 2015, l’EPA a renversé accidentellement plus de 11 millions de litres de déchets toxiques de la Mine d’Or King dans la rivière Animas. La fuite toxique a coulé à travers les communautés Diné, polluant la rivière « San Juan » dont dépendent beaucoup d’agriculteurs Diné. Les récoltes ont été perdues cette année-là. Comme mesure d’allègement de la crise de l’eau, l’EPA a d’abord envoyé des barils ayant servi à la fracturation, rincés.

Les Diné combattent sur de multiples fronts, depuis des générations, les Etats-Unis et notre propre gouvernement imposé par le colonialisme, pour défendre ce qui est sacré.

Alors que certains célèbrent la décision de la Cour Suprême sur le maintient de l’ICWA comme affirmation de la « souveraineté Tribale », nous savions bien que la justice du colonisateur ne sert qu’à maintenir le pouvoir colonial.

Si le capitalisme et le colonialisme nous ont mis dans ce pétrin, ils ne vont certainement pas nous en sortir. Quand nous arrêterons de supplier les politiciens de changer quelque chose et d’espérer que le vote ou quoique ce soit puisse changer un système intrinsèquement anti-Terre et anti-Autochtones, nous avancerons sur le chemin de la libération.

Rappelez-vous que le président de la Banque Mondiale déclarait que « les guerres du siècle prochain seront déclenchées pour de l’eau. » Elles sont des conséquences de la guerre menée contre la Terre et ça ne fait qu’empirer. Respectez l’existence ou attendez-vous à de la résistance.

Voir l’article complet, en français : https://chrisp.lautre.net/wpblog/?page_id=6410

Sanders, Arizona, puits d’eau potable devenu radioactif en 2015

Soutenez les projets autonomes Diné pour l’eau !

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(Méfiez-vous des grandes associations)