Gabrielle Gelderman @GabbyGelderman
“Nous sommes en train d’occuper le siège de #KinderMorgan à #yyc afin de transmettre un message:
“Il n’y a PAS de consentement totalement informé pour ce #pipeline, les Nations et les Communautés de Colombie Britannique combattant pour #ArrêterKM ont parlé. Nous voulons être sûrs que KM les entend.”
Vendredi 23 mars 2018
Publié sur Censored News

 

CANADA: LUTTE CONTRE LE PROJET D’OLÉODUC DE KINDER MORGAN “TRANS MOUNTAIN”

La firme américaine Kinder Morgan projette de construire une extension d’un oléoduc devant transporter du pétrole des sables bitumineux d’Alberta jusqu’en Colombie Britannique, où il devrait rejoindre des oléoducs déjà existants et très controversés. Le gouvernement Canadien a approuvé le projet en novembre 2016. L’oléoduc devrait faire 1147 km de long sur environs 150 m de large. Dans un article non daté, le “Wilderness Committee” a écrit: “Kinder Morgan veut construire un nouvel oléoduc et accroître la capacité jusqu’à 890 000 barils par jour – ce qui signifie que plus de 400 transports géants de sables bitumineux passeraient par notre débouché.”

Dès le 17 mars, les Protecteurs de la Côte ont publié un article sur Censored News (voir plus bas).

La Tribu Secwepemc serait la plus touchée, mais aussi la ville de Burnaby, particulièrement hostile à ce genre de projet, vu qu’elle a déjà subi la fuite d’une cuve de stockage de Kinder Morgan en 2007. Il faut savoir que le pétrole de sables bitumineux – tout comme le pétrole de gaz de schistes – est beaucoup plus sale que le pétrole ordinaire. Lors de fuites, on s’est aperçu que les détergents utilisés contre les marées noires n’avaient aucun effet. Ce pétrole est si visqueux qu’il faut y adjoindre des substances chimiques et le maintenir à une température élevée pour qu’il puisse couler dans les oléoducs. On sait depuis longtemps que des oléoducs sans fuites n’existent pas, et les opposants ont souvent rappelé que la question n’était pas de savoir SI ils allaient fuir, mais QUAND. D’après un article publié le 21 janvier 2018 sur CTV News Canada, le Maire de Burnaby, Derek Corrigan, a déclaré que “vu les dégâts et les perturbations – à perpétuité – que ça causerait à la ville et à l’environnement de la métropole de Vancouver, à l’économie et aux quartiers, la Ville de Burnaby est déterminée à assurer que ce trajet ne soit jamais approuvé.” Mais le gouvernement canadien a approuvé.

Un article non daté, publié sur le site “Le Conseil des Canadiens, Agir pour la justice sociale”, rappelle: “Les Peuples Autochtones du Canada bénéficient de la reconnaissance constitutionnelle et de la protection de leurs droits. Le gouvernement canadien a adopté officiellement la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, qui implique le droit de dire ‘non’.”

“En plus des défis légaux, plus de 150 Premières Nations et Chefs Tribaux ont signé le Traité d’Alliance contre l’expansion des sables bitumineux, qui inclut l’opposition au projet de Kinder Morgan. L’Union des Chefs Indiens de Colombie Britannique est radicalement opposée au projet.”

Les opposants sont malheureusement et comme il fallait s’y attendre, fortement réprimés. D’après un article publié le 25 mars sur Telesur en anglais, “plus de 150 manifestants, parmi eux deux politiciens, ont été arrêtés par les autorités canadiennes au cours de la semaine passée, pour leur participation à des manifestations contre l’extension de l’oléoduc canadien de sables bitumineux, à 7,5 milliards de dollars US, selon les médias locaux du samedi 24 mars.” L’article de Telesur indique aussi “des arrestations d’activistes Autochtones, de législateurs et d’étudiants”. “Les manifestants ont participé à près de 50 actions dans toute l’Amérique du Nord, des gens ayant manifesté aussi dans la capitale du Canada.” Justin Trudeau, qui a approuvé le projet d’expansion en 2016, dit “Depuis son lancement, le Système d’Oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan a transporté du pétrole sur 1150 km, de l’Alberta à la côte de Colombie Britannique. Le projet d’expansion approuvé en 2016 triplerait le volume de produits du pétrole transportés.”

Malheureusement, d’après un article de CBC Canada publié le 25 mars, le 23 mars dernier, la Cour d’Appel Fédérale a rejeté la tentative du gouvernement de Colombie Britannique de s’opposer à la décision de l’Office National de l’Energie qui autorise Kinder Morgan à contourner les lois locales pendant la construction de l’oléoduc qui triplerait la quantité de brut allant d’Alberta jusqu’au port de Burnaby, en Colombie Britannique.” “La Cour a également condamné la Colombie Britannique à payer les frais.”

D’après un article du 24 mars, également publié par CBC Canada, “des dizaines de jeunes Autochtones et autres manifestants se sont rassemblés au Terminal de Kinder Morgan à Burnaby pendant le weekend, pour la plus récente d’une série d’actions contre l’extension de l’oléoduc Trans Mountain.”

“La porte-parole de Protect the Inlet, Virginia Cleaveland, dit que 58 manifestants avaient été arrêtés samedi, en début de soirée, ce qui porte le nombre de personnes arrêtées dans la semaine à 173.”

Le 26 mars, d’après un article du Vancouver Sun, “les officiels de la Ville de Burnaby intensifieront leur bataille légale contre l’expansion du Projet Trans Mountain en allant jusqu’à la Cour Suprême du Canada, ont-ils annoncé mardi.”

Vendredi, la Cour d’Appel Fédérale avait rejeté le pourvoi du gouvernement de Colombie Britannique, et condamné la Colombie Britannique à payer les frais de justice.

La Première Ministre d’Alberta, Rachel Notley, avait qualifié la décision de vendredi de “victoire pour l’oléoduc, et une victoire de plus pour tous les habitants d’Alberta et les Canadiens.” (Vancouver Sun, 26 mars 2018). Comme quoi quand on est…

L’expansion de l’oléoduc implique aussi un accroissement de l’extraction de sables bitumineux, alors que la région d’Alberta où ils sont extraits, est déjà totalement détruite. Il y aurait un projet d’extraction encore bien plus vaste et bien plus destructif envisagé et présenté aux autorités.

Christine Prat

 

 

DES DIZAINES D’AUTOCHTONES ET AUTRES HABITANTS DE BURNABY ONT BLOQUE L’ENTREE DE KINDER MORGAN

Par les Protecteurs de la Côte
Publié par Censored News
Le 17 mars 2018
Traduction Christine Prat

 

Des dizaines d’Autochtones, de membres de la communauté, des familles et des enseignants en retraite ont bloqué l’entrée principale de Kinder Morgan sur le Mont Burnaby.

Les membres de la communauté de Salish Coast Oceann Hyland et Will George ont conduit une cérémonie pour les protecteurs et les ont escortés jusqu’aux portes de Kinder Morgan.

“Nous avons atteint un point critique de la lutte contre Kinder Morgan et leur projet destructeur d’extension d’un oléoduc”, dit Will George, de la Nation Tsleil Waututh. “Il faut maintenant mener une action audacieuse – c’est le moment de choisir de résister avec les Nations Autochtones dans le combat pour un climat sain et de l’eau propre, ou de regarder Kinder Morgan continuer à faire ses affaires habituelles et détruire toute chance d’avoir une planète sûre et vivable.”

“La viabilité du projet d’extension de l’oléoduc de Kinder Morgan n’est pas négociable – c’est irréconciliable avec une planète sûre et vivable, tout comme avec les promesses de réconciliation avec les Peuples et les modes de vies Autochtones,” dit Clayton Thomas-Muller, membre du Traité 6 de la Nation Cree Mathias Colomb. “Nous demandons aux gens de nous rejoindre pour dire à Justin Trudeau et Rachel Notley [Première Ministre d’Alberta] que nos communautés et nos alliés ne vont pas se coucher devant la cupidité des grandes entreprises, et que nous sommes prêts à résister pour l’eau, le sol, et la planète – même si eux ne le sont pas.”

Jeanette Paisley, 76 ans, de Langley, professeur en retraite de l’école Montessori, dit “j’ai quelque appréhension à la perspective d’être arrêtée. J’ai été une citoyenne respectueuse de la loi toute ma vie. J’ai rarement eu une amende pour excès de vitesse, mais je suis atterrée par Kinder Morgan et très déçue par Trudeau. J’ai décidé qu’il était temps de faire quelque chose. J’ai signé des pétitions toute ma vie, mais quand j’ai appris ceci, j’ai décidé qu’il était temps de me réveiller et de faire quelque chose.”

Un habitant de la Colombie Britannique sur dix, et un opposant au nouvel oléoduc de Kinder Morgan en Colombie Britannique sur quatre, disent être prêts à s’engager dans la désobéissance civile pacifique pour résister à l’oléoduc. Suite à la marche et au rassemblement de 10 000 personnes contre Kinder Morgan le samedi passé [10 mars], des manifestations courageuses de résistance des résidents de Colombie Britannique sont attendues dans la semaine à venir.

 

 

Kanahus Manuel, Secwepemc de Colombie Britannique, faisait partie des intervenants, lors de la 37ème Journée de Solidarité avec les Indiens des Amériques, organisée par le CSIA-nitassinan, le 14 octobre 2017.

Le texte ci-dessous est la traduction de l’essentiel de son intervention. Le titre que j’ai choisi, parmi ses propos, reflète sa volonté de dissiper les préjugés français, selon lesquels le Canada serait un pays beaucoup plus sympathique, pour les Autochtones, que les Etats-Unis. S’il y a une catégorie avec laquelle le Canada est effectivement plus sympathique que n’importe quel autre pays, ce sont les compagnies minières, ce qui est désastreux pour les Autochtones.

Christine Prat

In English

 

“Je suis de soi-disant ‘Colombie Britannique, Canada’. Mais je veux qu’il soit clair que nous ne l’appelons pas ‘le Canada’. C’est un pays illégal, vicieux, malfaisant et un envahisseur. Nous avons combattu le Canada durant les 150 dernières années: cette année, le Canada célèbre son 150ème anniversaire. Lors des débuts de l’invasion, ils ont commencé par produire des ‘accords fonciers’, en réalité des traités illégaux, de la côte-est vers l’ouest. Mais dès qu’ils ont atteint les Montagnes Rocheuses, plus à l’ouest aucun traité n’a été rédigé. Donc, nos terres restent des territoires non-cédés, auxquels nous n’avons jamais renoncé.

Notre territoire est situé dans ce qui s’appelle maintenant le centre-sud intérieur de la Colombie Britannique. Ça fait approximativement 180 000 km², presque la taille du Royaume-Uni. Ce que le Canada a fait, durant le processus de colonisation, n’a rien de bon. Les effets: comme l’a dit mon frère [Y. Tapoka, de Guyane française, qui avait parlé juste avant], nous avions ces écoles, les écoles résidentielles Indiennes, qui faisaient la même chose, c’est-à-dire enlevaient nos enfants à leur famille et les mettaient de force dans ces écoles gérées par l’Eglise, pour extirper la langue de notre peuple. Dans certaines de ces écoles, les prêtres et les religieuses ont violé 90% des enfants. Le traumatisme sexuel de ces enfants – mes grand-parents et d’autres – a eu un impact intergénérationnel qui touche même les générations qui n’y sont pas allées. Je représente la première génération de ma famille qui est restée en dehors du système des écoles résidentielles. Je suis mère de quatre enfants, et j’ai accouché de tous mes enfants hors du système, j’ai refusé d’aller voir les médecins ou d’aller à l’hôpital, et j’ai refusé de déclarer mes enfants à l’administration du gouvernement canadien. Mon fils aîné a maintenant 15 ans. Et j’ai traversé des frontières internationales avec eux, je suis allée aux Etats-Unis, au Mexique, je les ai emmenés à des réunions Zapatistes. Donc, si quiconque croit qu’on a besoin d’une pièce d’identité d’Hommes Blancs pour voyager, en tant qu’Autochtones… J’essaie en fait de prouver à tout le monde que nous n’avons pas besoin du système de l’Homme Blanc pour exister.

Notre peuple dit qu’au Début des Temps, les Anciens ont envoyé le Coyote, le chef Coyote, pour créer notre monde. Il créa le monde tel que nous l’avons aujourd’hui, le saumon, les glaciers, les montagnes, nos lacs, la nuit et le jour, les saisons, la façon dont nous nous comportons, et notre Nation. Ce sont les lois que nous suivons. Elles viennent des histoires du Coyote. Des procédés pour prendre des décisions, au consensus entre nos Nations. Nous avons des signes concrets, dans tous nos territoires traditionnels, qui montrent ces accords que nous avions à l’origine, et nos responsabilités. Par exemple, la façon dont nous continuons à nous occuper de notre saumon, l’une de nos principales sources de nourriture. Notre responsabilité est de continuer à prendre soin du saumon, et, en retour, le saumon nous donne sa vie pour que nous puissions continuer à nous nourrir, et nous rendons au saumon, et le saumon nous donne. Ces accords valent pour tout ce qui vit dans nos territoires. De la toute première goutte d’eau qui fond des glaciers, qui coule en touchant tout, les racines, les champignons…, tout ce qui se trouve dans nos montagnes, tout le long du cours de nos rivières, tout est sacré.

Cinq fleuves principaux, en soi-disant ‘Colombie Britannique’, forment notre territoire. Quand nous allons sur les glaciers, il y a tellement de bruit qu’il faut hurler, parce qu’il y a tellement d’eau. Je ne sais pas si vous pouvez voir cette petite image, mais vous pourriez voir tout le bleu, c’est de l’eau, même pas toute l’eau, qui est indiquée sur cette carte de notre territoire, ça montre quelle quantité d’eau nous avons.

Une autre dure réalité, effet de la colonisation, c’est le système des Réserves, et le système créé par la Loi Indienne. Quand le gouvernement est venu expulser notre peuple de force, de nos territoires, il nous a mis dans des Réserves Indiennes, sur un tout petit 0,2% du territoire. Ce qu’a fait le Canada, c’est de nous mettre de force, tous les Autochtones, sur 0,2% de notre territoire de base traditionnel, tandis que le Canada s’enrichissait à partir des 99,8% restants. C’est devenu une super puissance et un pays riche, par le sang et les os, la sueur et les larmes, de notre peuple. En même temps, ils créaient les Réserves Indiennes, ils les ont inventées. Ils appellent ça les Affaires Indiennes et du Nord du Canada, nous disons INAC, ce qui a été inventé par le gouvernement pour contrôler effectivement le peuple Autochtone. Ils reçoivent des fonds fédéraux, et autrefois, c’était un agent ‘Indien’ qui faisait le tour de toutes les Réserves, pour voir si les gens ne mourraient pas de faim. Le logement était totalement inadéquat, les gens étaient affamés, certains n’avaient pas de logement.

Nous voyons que la colonisation, en nous déportant de nos terres, a créé une dépendance d’un gouvernement colonial, et quand notre peuple s’est révolté contre cette oppression et a combattu en retour, nous avons été criminalisés et réprimés. De 1927 à 1951, c’était illégal, pour les Autochtones, de ne serait-ce que parler de la question territoriale, (si j’avais été ici alors, ils m’auraient arrêtée et mise en prison, si j’avais seulement été ici, comme maintenant, pour parler de la question territoriale), et c’était illégal de payer des avocats pour se charger de cette question territoriale. Mais notre peuple continue à résister et à se battre. A cause des logements déplorables, et à cause des abductions et arrestations d’enfants, toutes les femmes ont commencé à s’organiser. Elles ont occupé des bureaux d’agents Indiens et les ont forcés à quitter nos communautés. Et c’est depuis lors que le Canada a inventé des sales petits trucs pour continuer à coloniser notre peuple, en inventant des systèmes d’élus, qui seraient imposés aux Réserves Indiennes, où ils seraient élus comme Chef et comme Conseil. Mais ce n’est pas du tout notre structure de gouvernance traditionnelle. Je veux le dire clairement, si vous allez au Canada et entendez dire que quelqu’un est chef ou conseiller pour une bande d’Indiens, en fait ce sont des agents de l’Etat. A moins qu’il ne s’agisse de chefs traditionnels, ou de cheffes matriarcales. Il faut vraiment vérifier d’où vient le lignage.

Nous avons eu plusieurs insurrections dans notre territoire, et, finalement, la dernière confrontation armée au Canada, en 1995, la confrontation du Lac Gustafsen. C’était à propos de terres, de titre foncier sur un territoire. Et 18 d’entre nous, Secwepemc, étaient là sur un site de Danse du Soleil, et quand on leur a demandé de partir, ils ont simplement dit “Non, qui est propriétaire de ce terrain?” Et ils ont fini par être encerclés par 550 agents de la Police Montée qui s’étaient déployés. Ils ont placé des mines, ont déployé des blindés, et, à un moment, à la fin de la confrontation, ils ont tiré en un jour plus de 70 000 cartouches sur mon peuple. Un de nos Anciens les plus respectés, a fini par faire 6 ans de prison pour son action là-bas. Il est un de nos héros de guerre. Il est décédé récemment, il y a un an et demi. S’il était encore là, il serait à mes côtés, maintenant.

En 2001, notre peuple s’est révolté contre un énorme projet de station de ski. Nous avons subi environ 100 arrestations, de jeunes Autochtones, mais surtout de personnes âgées et de femmes. Il s’agissait d’une zone très importante pour nous, une zone ouverte en altitude, où nous chassions la plupart de nos orignaux.

Ces deux soulèvements ont eu des répercussions importantes. Chaque fois que les gens se révoltaient, la police faisait une descente dans leurs maisons, arrêtait les gens, les accusait de délits bidon, et nous détenait sans caution.

En 2014, nous avons eu une des plus grandes catastrophes de déchets de mines du monde, dans notre territoire. La zone de retenue des déchets s’est rompue et des milliards de litres de déchets toxiques et de métaux lourds, et de produits chimiques utilisés dans le traitement du minerai, se sont déversés dans notre lac, qui est le plus profond lac fjord du monde. Nous avons entrepris de nombreuses actions, nous avons allumé un feu cérémoniel, juste à l’entrée de la zone, quelques jours après la catastrophe. Nous avons maintenu une présence, nous avons tout contrôlé, avons recueilli des interviews, de tous les ouvriers qui s’étaient manifestés comme lanceurs d’alerte, à la compagnie, de tous les chasseurs locaux, et des gens qui étaient venus se joindre à une cérémonie pour l’eau, et pour essayer d’imaginer ce qu’il serait possible de faire pour remédier à cette catastrophe massive, qui continuait à se déverser, et qu’ils ne savaient pas comment arrêter. Nous appelons cette zone [d’un nom dans notre langue] qui se réfère à la perte des eaux, quand une femme accouche. Parce que c’est un endroit où les saumons retournent pour pondre, c’est l’endroit de reproduction du saumon.

Actuellement, nous nous battons contre un oléoduc de 518 km, qui devrait traverser notre territoire, ça s’appelle l’oléoduc Trans Montagne de Kinder Morgan. Et en ce moment, ce à quoi nous sommes confrontés, est encore une astuce du Canada. Ils essaient toujours de nous tromper, de nous donner des babioles sans valeur contre des terres, et l’une de leurs astuces est le projet illégal appelé ‘Projet de Traité de Colombie Britannique’, qui est un traité des temps modernes – non, pas un traité, c’est un projet d’extinction moderne, parce que ce n’est même pas un traité avec le gouvernement fédéral ou la Couronne. C’est en fait un traité avec le gouvernement provincial, donc ce n’est pas un traité contraignant internationalement, c’est totalement illégal, dans la mesure où ils demandent aux Autochtones de signer librement un document décidant de leur extinction, de renoncer à nos titres fonciers sur nos terres, et veulent accorder en échange un terrain que tous les Canadiens peuvent louer ou acheter.

Quant à ce que fait le Canada en ce moment… Les gens du monde entier doivent se rendre compte que Trudeau, et le gouvernement Trudeau, Justin Trudeau, n’est pas un ami des Autochtones. Son père avait beaucoup terni leur nom, son père, Pierre Elliot Trudeau, qui a formé son fils pour être un sale bâtard comme lui, le père de Justin Trudeau, donc, était un des ennemis de mon grand-père, et il avait vraiment poussé à notre extermination, nous les Autochtones. Par cette politique du Livre Blanc de 1969. Alors, quand Justin Trudeau est devenu Premier Ministre, nous savions déjà que nous allions engager une nouvelle bataille, un autre combat, contre la famille Trudeau. Actuellement, ils essaient d’acheter ces ‘dirigeants’, ces chefs et conseils de l’INAC, en leur donnant des millions de dollars, pour former notre gouvernement ‘traditionnel’, ce qui met les gens de notre peuple dans une rage folle. Nous, Peuple Secwepemc, nous voulons maintenir notre forme traditionnelle de gouvernement et de prise de décisions, et nous sommes les détenteurs légitimes des titres fonciers dans notre territoire. Et quand nous disons ‘NON’ à ces projets destructeurs dans notre territoire, nous exigeons du respect. Vous avez peut-être entendu des paroles, comme l’a dit mon frère [de Guyane française], de réconciliation. Le Canada adore employer ce mot, ‘réconciliation’, mais ce que nous disons toujours est qu’il n’y aura jamais de réconciliation sans notre territoire – 100% de notre territoire – restitué et sous notre contrôle.”

 

Kanahus Manuel, 14 octobre 2017