See appeal in English

 

La station de ski Arizona Snowbowl a placé ses canons à neige artificielle le 13 novembre dernier. La Tribu Hopi a déposé une plainte contre le Service des Forêts des Etats-Unis, soulignant le fait que des espèces protégées risquaient de disparaître, en particulier la Packera Franciscana, qui ne pousse que sur les deux pics les plus élevés (voir Wikipedia). Le 21 septembre 2012, des volontaires de l’association “Protect the Peaks” avaient déjà remis une lettre adressée au Ministre de l’Agriculture Tom Vilsack, dont dépend le Service des Forêts, pour lui enjoindre de mettre un terme au ‘Permis d’Utilisation Spéciale’ qu’il accorde à Snowbowl pour opérer une station de ski à intérêts privés sur le territoire d’un Parc National. Vous pouvez voir une vidéo de cette action, avec une déclaration de Klee Benally, dans la vidéo ci-dessous.

La lettre du 21 septembre n’ayant pas été suivie d’effet, Protect the Peaks appelle à envoyer des emails à la Présidence, aux Ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur, et au Service des Forêts du sud-ouest.

Vous trouverez ci-dessous:

– La vidéo de l’action du 21 septembre
– La traduction française du nouvel appel urgent
– Les adresses email des autorités concernées
– Le texte en anglais de la lettre à adresser par mails aux autorités (au cas où leurs conseillers ne comprendraient pas le français…)
– La traduction française de la lettre en question

 

 

APPEL A UNE ACTION URGENTE POUR PROTEGER LES SAN FRANCISCO PEAKS

 

De Shawn Mulford
Traduction Christine Prat

 

Cher Protecteur des San Francisco Peaks,

Après plus d’une décennie à travailler à la protection du caractère sacré des Pics San Francisco il est temps que nos voix s’unissent et soient entendues. Nous devons parler fort pour convaincre le Président, le Ministre de l’Agriculture et le Ministre de l’Intérieur de se conformer à la Loi Fédérale. Vous trouverez plus bas les adresses auxquelles envoyer la lettre ci-dessous et un lien vers le site de la Maison Blanche pour y soumettre votre commentaire. Après avoir envoyé la lettre, faites suivre ce message, s.v.p. à vos amis, collègues, familles, etc. Il est nécessaire que toutes les organisations et tous les individus qui ont travaillé sans relâche durant la décennie passée fassent entendre leurs voix pour protéger la packera franciscana des Pics San Francisco [San Francisco Peaks Groundsel] et ce qui reste de notre environnement naturel contre des désastres écologiques évitables fabriqués par de grandes entreprises privées.

Merci pour vos efforts !

 

ADRESSES OU ENVOYER DES EMAILS :

 

Président Barack Obama
http://www.whitehouse.gov/contact/submit-questions-and-comments

Sélectionnez « Environment » comme sujet et copiez et collez la lettre ci-dessous dans la rubrique « comment »

Conseil pour la Politique Intérieure Affaires Amérindiennes
DPCNativeAmericanAffairs@who.eop.gov

Ministre de l’Intérieur, Ken Salazar
exsec@ios.doi.gov; feedback@ios.doi.gov

Ministre de l’Agriculture, Tom Vilsack
AgSec@osec.usda.gov
; Malcolm.Eve@osec.usda.gov

CC :

Responsable des Forêts du sud-ouest:
Southwest Regional Forester, Corbin Newman
cnewman02@fs.fed.us

 

CI-DESSOUS, TEXTE DE LA LETTRE A ENVOYER,
TRADUCTION FRANÇAISE PLUS BAS

________________________________________________

 

December …, 2012

White House
President Barack Obama
1600 Pennsylvania Ave NW
Washington, DC 20500

Secretary Thomas J. Vilsack
U.S. Department of Agriculture
1400 Independence Ave. SW
Washington, DC 20250

Secretary Ken L. Salazar
U.S. Department of the Interior
1849 C. St. NW
Washington, DC 20240

 

Re:  Ensure Endangered Species Protection for the San Francisco Peaks Groundsel (Packera Franciscana).

Dear President Obama, Secretary Vilsack and Secretary Salazar:

We support the environmental study conducted by SWCA Environmental Consultants and Sonoma Technology, Inc. which was authorized by the Hopi Tribe and submitted on August 24, 2012 to the U.S. Forest Service and U.S. Fish and Wildlife Service.  This extensive study provides the only snow transport modeling and analysis report on record which establishes its data as the “best available science”.  This study makes evident that a substantial amount of nitrogen-enriched treated sewage effluent overspray and drift was not accounted for in the proposed snowmaking plan at Arizona Snowbowl.   The omission of snow dispersion by wind is a gross oversight that imminently threatens the critical habitat and long term existence of the federally threatened San Francisco Peaks Groundsel. The actions by the Federal Government in failing to perform adequate due diligence and protect this federally threatened species is a violation of Federal Law.

– The San Francisco Peaks Groundsel is protected by Section 7 of the Endangered Species Act.  All government agencies have an obligation under Section 7 of the Endangered Species Act to conserve endangered and threatened species and not approve actions that would harm the continued existence of a listed species including adversely affecting its critical habitat.  Based on this new finding, which is the best available science, we insist that President Barack Obama, the Department of Agriculture and the Department of Interior disallow the use of treated sewage effluent (reclaimed wastewater) for snowmaking on the San Francisco Peaks.

– The new forest planning rule clearly states the responsible official shall determine whether or not the plan components provide the ecological conditions necessary to contribute to the recover of federally listed threatened and endangered species and to maintain a viable population of each species of conservation concern within the plan area (section 219.9 Diversity of plant and animal communities).  Allowing snowmaking with nitrogen-enriched treated sewage does not contribute to maintaining a viable population or promote recovery of the San Francisco Groundsel.

– We insist that all Indigenous Peoples and Nations be informed and consulted on the findings from this new study in accordance with both domestic and international law such as stated in Article 19 of the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

The forest planning rule was established to ensure the protection of species diversity, forest restoration and conservation rather than promoting the degradation of the ecosystem.  Again, we strongly urge your Agency to comply with the Endangered Species Act by stopping the use of treated sewage effluent for snowmaking on the San Francisco Peaks.  The higher public purpose and interest is better served by not allowing irreversible damage to the critical habitat of the federally protected San Francisco Peaks Groundsel (Packera franciscana).

Respectfully,

 

________________________________________________

TRADUCTION FRANÇAISE

 

Re: Assurez l’application de la Protection des Espèces Menacées à la Packera Franciscana des Pics San Francisco

Cher Président Obama, M. le Ministre Vilsack et M. le Ministre Salazar :

Nous soutenons l’étude écologique menée par SWCA Consultants Environnementaux et Sonoma Technology, Inc., qui a été agréée par la Tribu Hopi et soumise le 24 août 2012 au Service des Forêts des Etats-Unis et au Service des Poissons et de la Faune Sauvage. Cette vaste étude est la seule à fournir un modèle de transport d’éléments par la neige et un rapport analytique qui établit que ses informations constituent « la meilleure étude scientifique disponible ». Cette étude prouve que des quantités substantielles d’eau d’égout enrichie d’azote se répandant sous forme de pulvérisation ou dérivant n’ont pas été prises en considération dans le projet de fabrication de neige artificielle d’Arizona Snowbowl. L’omission de la dispersion de la neige par le vent est une négligence grossière qui menace immédiatement l’habitat délicat et l’existence à long terme de la Packera Franciscana [San Francisco Peaks Groundsel] classée comme espèce menacée au niveau fédéral. Les actes du Gouvernement Fédéral, en tant qu’ils n’ont pas exercé la vigilance nécessaire et protégé cette espèce reconnue comme menacée au  niveau fédéral, constituent une violation de la Loi Fédérale.

– La Packera Franciscana des Pics San Francisco est protégée par la Section 7 de la Loi sur les Espèces Menacées. Toutes les administrations ont l’obligation selon la Section 7 de la Loi sur les Espèces Menacées de préserver les espèces en danger ou menacées et de ne pas approuver des actions qui pourraient nuire à l’existence des espèces sur la liste ou endommager leur habitat indispensable. Sur la base de cette nouvelle découverte, qui est la meilleure connaissance scientifique disponible sur la question, nous insistons pour que le Président Barack Obama, le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de l’Intérieur retirent l’autorisation d’utiliser des eaux usées recyclées pour faire de la neige sur les Pics San Francisco.

– Le nouveau règlement du plan d’aménagement des forêts indique clairement que le responsable officiel devra déterminer si un plan proposé présente les conditions écologiques nécessaires pour contribuer à rétablir la présence des espèces en danger ou menacées apparaissant sur la liste fédérale et à maintenir une population viable de chaque espèce protégée dans la région concernée par le plan (section 219.9 Diversité des populations végétales et animales). Autoriser la fabrication de neige à partir d’eaux usées enrichies à l’azote ne contribue pas à maintenir ou à rétablir la Packera Franciscana des Pics San Francisco.

– Nous insistons pour que tous les Peuples et Nations Autochtones soient informés et consultés quant aux résultats de cette nouvelle étude, en conformité avec la loi des Etats-Unis et la loi internationale, comme il est indiqué dans l’Article 19 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.

Le règlement du plan d’aménagement des forêts a été établi afin d’assurer la protection de la diversité des espèces, la réhabilitation de la forêt et la promotion de l’écosystème, plutôt que sa dégradation. Encore une fois, nous exhortons votre Administration à se conformer à la Loi sur les Espèces Menacées en mettant fin à l’utilisation d’eaux usées recyclées pour faire de la neige sur les Pics San Francisco. Les buts et les intérêts supérieurs du public sont mieux servis en n’autorisant pas de dégâts irréversible à l’habitat essentiel de la Packera Franciscana des Pics San Francisco, protégée au niveau fédéral.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président et Messieurs les Ministres, mes respectueuses salutations,

 

Voir aussi:

Article sur la plainte des Hopi
Traduction française de la lettre adressée au Ministre Vilsack le 21 septembre

 

 

http://tarsandsblockade.org/13th-action/

Les personnes barricadées ont été arrêtées et la caution fixée à 65000 dollars par personne pour être libérés! Ce n’est même pas légal!

Des centaines de kilomètres de terres jusque là sauvages du Texas ressemblent maintenant à çà!

 

Notre-Dame-des-Landes, 17 novembre   Photo Christine Prat

Italiano

28 novembre 2012
By Christine Prat

Photo http://lazad.noblogs.org/photos/

During the weekend of 23-25 November, violent clashes have occurred, as the military police attacked activists on an area slated for an airport project in Notre-Dame-des-Landes – a village near Nantes, while the riot police violently dispersed a support demonstration in the center of Nantes. Unfortunately people were wounded, some seriously. However, the events have forced the national and corporate media and their politicians to publicly admit that there is an issue: all day long they broadcast – distorted – news and – prejudiced – debates and interviews.

 

Some forty years ago, the French State and the local authorities devised the project of building a huge, international airport some 20 miles north of Nantes. The incredible sum of money necessary for the project was not available at the time so that the works never started. However, in 1974, the French Government reserved the area, declaring it ‘Differed Development Zone’ which meant that no building permit could be delivered on it. It protected the area from the then quickly developing agro-industrial business and urbanization craze, so that Nature took over the not privately owned areas – birds came back – while small farmers could go on with traditional agriculture on their private plots.

The area is a wetland. The importance of wetlands for the global climate has been discovered in between, so that French Law now demands that corporations and institutions destroying wetlands for their projects create others of the same size in the region or elsewhere in the country.

In the mid 2000 years, the project was dug out of forgiveness, mainly supported by the long time mayor of Nantes, Jean-Marc Ayrault, who became Prime Minister of France a few months ago, in the wake of the national elections. The main contractor of the public-private partnership is the building corporation Vinci, which has also been contracted to build the East End Crossing (Le Figaro, 21-11-2012), a bridge over the Ohio River, from Louisville, Kentucky, to South Indiana, and the Atlantic Bridge in Panama (Le Figaro, 15-11-2012). The ‘Préfet’ – local representative of the Ministry of Interior – who was in charge until 2009 and supported the airport project, immediately got a position at Vinci as soon as his official mandate expired, so that opponents suspect that he was already working for the corporation in his quality of civil servant. Vinci does not provide for the creation of a new wetland area in its project, which makes it illegal. Proponents try to minimize the problem by saying that it is the “only” issue which is not solved, but, as a matter of fact, it is a MAJOR issue that makes the whole project unlawful.

When the project was devised, kerosene was still cheap, and, on the basis of the development of air traffic at the time, they calculated that the existing Nantes airport would be saturated by 1983-84. However, in 2012 Nantes airport is still working at only 75% of its capacity.

 

Resistance

The project sunk into forgiveness, so that the initial resistance of local farmers and inhabitants dwindled away. But when it was dug out of the administration files in 2005, the directly impacted people formed the ACIPA, Inter Communal Association of Impacted Populations, which organized a ‘Week of Resistance’, showing documentaries, organizing debates and music shows. Then opponents decided to occupy the area, to settle in abandoned houses and to build cabins in the woods. As stated in CQFD, a Marseille based monthly, “Local opponents called for an occupation of the zone. Then we started to open the place, to occupy deserted houses, to settle in the woods, to build cabins. And then the acronym ZAD (for “Differed Development Zone”) became ‘Zone A Défendre’ (Zone to be defended)” says Kevin who has been living there for three years “[…] Some people have collective gardens to produce vegetables and onions, for instance. Others are more individualistic. A vegetable farm produces big quantities. A baker makes bread for free price twice a week. A farmer makes goat cheese. Some spent years building housing. Abandoned houses have been rehabilitated. Workshops are devoted to repairing cars and bicycles. A theater was built. There are libraries and a newspaper spreading news about the activities of the 35 sites on the area. We had shows. We use our cars to pick up wasted materials and food from supermarkets. That food is given out and left in a place called La Planchette so that everybody can help themselves.” (CQFD nr 105 – novembre 2012).

The diverse resisting groups were never united. The farmers and inhabitants were suspicious and reluctant to ally with environmentalist activists or anarchist squatters. Even the activist groups were quite different from each other: Caroline, quoted in CQFD, said: “[…] We are all anti-productivist, anti-capitalist, anti-authoritarian, and our common wish is to live differently, but our ways of doing it are different, according to each of us. Some live in cabins in the trees. Others are in houses with a relative comfort where anyone can help himself. […]” (CQFD nr 105 – novembre 2012).

Then, on October 16th, military police attacked the site, destroyed cabins and removed settlers. The diverse groups of resisters began to come closer to each other. In the following days, police harassment went on. Local farmers and inhabitants dropped their suspicion toward activists and declared their solidarity.

On November 17th, a huge demonstration (some 38000 people, from all over France and other countries) took place on the area. Political stars from the so-called ‘green’ and ‘leftist’ parties rushed to the spot to recuperate the struggle. But they were not allowed to make speeches. The demonstration was seen as a victory by the resisters.

Then, on Friday November 23rd, the military police violently attacked the area, fighting through the next day. On Saturday 24th, a demonstration in the center of Nantes was also violently attacked, in front of the Prefecture.

It was quite a shock. Some elected politicians locked themselves to the gates of the Prefecture to protest against the police action. Members of the Green parties in the government got a six months postponement of the project to allow an environmental impact study. The resisters are not convinced and demand that police be kept away from the area before they accept to discuss with the authorities.

 

See:

http://zad.nadir.org/spip.php?article656
http://actualutte.com/livenddl/
http://www.cqfd-journal.org/

Daily infos in English on the activists’ site:
https://zad.nadir.org/?lang=en

 

March 2009, Blackfire, on tour in Germany, expressed their support to German protesters struggling against the extension of Frankfurt airport. Many musicians also support the struggle in Notre-Dame-des-Landes, among others our friends of Haymarket and Trouz An Noz.

Photo Christine Prat

 

Voir photos détaillées des lieus numérotés

 

La Tribu Hopi mentionne la question des espèces menacées dans une nouvelle plainte destinée à mettre un terme à la profanation des Pics Sacrés

See original article in English

Par Brenda Norrell
Censored News
Traduction Christine Prat

Vendredi 16 novembre 2012

La Tribu Hopi a dépose une nouvelle plainte dans le but de stopper l’utilisation d’eau d’égout recyclée pour faire de la neige sur les Pics sacrés San Francisco, mentionnant la présence d’une plante menacée qu’on ne trouve que sur les Pics San Francisco.

La Tribu Hopi a déposé une demande d’injonction formelle le mercredi 14 novembre 2012. Une radio de Flagstaff avait annoncé que la station Arizona Snowbowl avait commencé a utiliser le matériel pour faire de la neige le mardi 13.

La plante menacée, packera franciscana (groundsel en anglais), compte seulement 550 pieds dans la forêt des San Francisco Peaks [D’après Wikipedia, on ne la trouve que sur les pentes du Pic Humphrey et du Pic Agassiz. Arizona Snowbowl occupe toute une face du Pic Agassiz]. Il y a près de 4 km2 d’habitat menacé sur les Pics, d’après la plainte enregistrée par une cour fédérale du District de Columbia (Washington D.C.).

La chouette tachetée mexicaine, également menacée, réside aussi sur les Pics, d’après la plainte. La plainte a été déposée contre le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis et le Ministre Thomas Vilsack, le Chef du Service des Forêts Thomas Tidwell, et le Superviseur du Service des Forêts de Coconino Earl Stewart.

 

Ci-contre: Le Superviseur du Service des Forêts de Coconino, Flagstaff, Earl Stewart reçoit une lettre adressée au Ministre Vilsack exigeant le retrait du ‘Permis d’Utilisation Spéciale’ accordé à Arizona Snowbowl

Voir texte de la lettre remise le 21 septembre 2012

 

 

 

Texte de la plainte Hopi (en anglais) :

Lawsuit Hopi v Usfs 20121114 Complaint

 

 

 

D’après Wikipedia, la plante menacée ne pousse que dans la zone boisée la plus élevée sur les pentes des Pics Humphrey et Agassiz, on peut voir sur les cartes et la photo que Snowbowl en occupe une bonne partie. A cette altitude, l’exposition est probablement importante, et il n’est pas sûr qu’on puisse trouver les mêmes plantes sur l’autre face du Pic Agassiz.

 

La packera franciscana, Wikipedia

 

 

PROMOTEUR ET DIRECTION POLITIQUE NAVAJO VEULENT UNE TELECABINE SUR LE GRAND CANYON
Original article in English:
http://www.adventure-journal.com/2012/08/developer-navajo-want-grand-canyon-gondola/

Par Brendan Leonard
29 août 2012

Traduction Christine Prat

 

Si les promoteurs et le président de la Nation Navajo obtiennent ce qu’ils veulent, les descentes en radeau sur le Grand Canyon pourraient passer par une nouvelle étape près de la confluence entre le Colorado et le Petit Colorado : un restaurant au bord de l’eau et un amphithéâtre, avec une télécabine pour trimbaler les visiteurs d’une hauteur de 1000 mètres à partir du bord du canyon.

Le Président de la Nation Navajo Ben Shelly et un promoteur de Phoenix (Arizona) se sont mis d’accord pour entamer une étude de faisabilité pour un projet à 120 millions de dollars de construction d’un village touristique sur un site isolé et encore sauvage sur le bord est du Grand Canyon. Le projet s’est heurté à l’opposition de divers groupes, pour des raisons écologiques, historiques, spirituelles et esthétiques.

Nikki Cooley, président de l’Association des Guides du Fleuve du Grand Canyon, et citoyen de la Nation Navajo, dit que le projet est une idée grotesque qui altérerait définitivement l’une des Sept Merveilles du Monde naturelles et que de plus, ce n’a pas été discuté adéquatement avec les membres de la tribu Navajo.

« Cela pose des questions sérieuses sur l’impact de trois millions de touristes par an sur un site isolé et écologiquement sensible, sacré pour de nombreuses tribus » dit Cooley. « Parmi ces problèmes il y a un changement irrévocable du paysage, des questions d’eau, des questions sanitaires, l’impact potentiel pour des espèces menacées et l’écosystème fragile de la région, la pollution par les détritus, la lumière et le bruit, et cette liste n’est pas exhaustive ».

Le projet prévoit un tramway partant du bord est du Grand Canyon, sur le site encore sauvage à environs 55 km de Tuba City, Arizona. Le promoteur, Confluence Partners, dit que les trois millions de passagers escomptés pour le tramway amèneraient des emplois et un boum économique à la région en difficulté de Bodaway Gap, dans la Nation Navajo – il parle de jusqu’à 2000 emplois et de 50 à 95 millions de dollars par an.

En 2009, le Président Obama a signé l’abrogation du Gel de Bennett, une interdiction imposée en 1966 qui empêchait les Navajo de développer une région de plus de 6000 km2 pendant 40 ans, un blocage qui a laissé la région dans un état d’arriération par rapport au reste de la réserve. L’initiative d’Obama permet aux promoteurs de s’engouffrer et de proposer des projets tels que l’Escalade.

L’administration de Bodaway/Gap dans la Nation Navajo, qui a juridiction sur les terres au bord du canyon, s’oppose au développement et a passé plusieurs résolutions pour protester officiellement contre le projet. La Tribu Hopi dit que le tramway dérangerait la Hopi Salt Trail (‘piste du sel’), une voie traditionnelle marquée par des pétroglyphes et des lieus de sacrifice qui se termine à la confluence. Il y a aussi un conflit à propos de la propriété du terrain à la confluence des deux rivières, là où devrait être le terminus du tramway ; le Service des Parcs Nationaux et le Bureau of Land Management disent que c’est un terrain fédéral relevant de leur compétence, alors que les dirigeants de la Nation Navajo et les promoteurs disent en avoir la propriété. Les problèmes environnementaux concernent les effets du traitement de l’eau, de l’évacuation des eaux usées et de l’impact sur le gila cypha (ou humpback chub, poisson rare du fleuve Colorado), une espèce menacée, dans le Petit Colorado, où les embarcations n’ont pas accès.

Confluence Partners fait l’éloge du tramway comme moyen « de fournir au touriste ordinaire une possibilité unique et inégalable de visiter le fond du canyon et le Fleuve Colorado », ce qui serait une première dans une zone sauvage depuis toujours uniquement accessible à pied, à dos de mule ou en barque. (Les hélicoptères qui promènent les touristes au-dessus du Grand Canyon n’ont pas le droit de se poser dans les limites du Parc National).

L’Association des Guides du Grand Canyon n’est pas d’accord. « Le projet implique des installations au fond du Grand Canyon, ce qui signifierait qu’elles se trouveraient sur ou juste à côté d’une zone sauvage dont la protection est proposée au niveau fédéral » dit Cooley. « Et regardons les choses en face : la magnifique vue naturelle sur la Confluence du Petit Colorado serait gâchée pour toujours, par les projets de quelques hommes qui veulent remplir leurs portefeuilles ».

Les constructions au fond du canyon consisteraient en une promenade de 300 mètres le long de la rivière, un restaurant et un amphithéâtre. Et sur le bord est :
– Une station de tram
– Des boutiques
– Un chalet/restaurant de 250 à 300 chambres
– Un parking de 1200 places
– Un Musée/Office du Tourisme/Centre Culturel
– Des galeries
– Des motels et des restaurants
– Un parc pour camping cars
– Des infrastructure (bureaux, station d’épuration des eaux usées, station d’essence, etc.)

Les appels téléphoniques et les emails adressés au bureau du Président Navajo Ben Shelly sont restés sans réponse.

 

Pour plus d’information (en anglais) :

Grand Canyon Escalade: http://grandcanyonescalade.com/
Save the Confluence: http://savetheconfluence.com/
Office of Navajo Nation President: http://www.president.navajo-nsn.gov/

 

 

Résistance Montante : Solidarité avec les Unist’ot’en
Appel à des actions pour le mardi 27 novembre

Article du site unistotencamp (In English)
Traduction Christine Prat

 

En suscitant la résistance la semaine passée, les Unist’ot’en et des mouvements de base Wet’suwet’en ont de nouveau chassé les pipelines de leurs territoires !

Le 20 novembre, le Chef Héréditaire des Wet’suwet’en Toghestiy a intercepté des géomètres de Can-Am Geomatics travaillant pour la firme américaine Apache au projet de gazoduc Pacific Trails Pipeline (PTP) et leur a remis une plume d’aigle. D’après la loi Wet’suwet’en, une plume d’aigle est utilisée comme premier et unique avis d’effraction. Les géomètres ont reçu l’ordre de quitter le territoire et la route menant dans le territoire a été fermée à toutes activités industrielles jusqu’à nouvel ordre. Les matériaux laissés sur place serons retenus jusqu’à ce que la firme Apache et PTP acceptent de communiquer de façon appropriée avec les Unist’ot’en et les mouvements Wet’suwet’en selon le protocole et la législation sur le Consentement Préalable Libre et suffisamment Informé de leurs territoires jamais cédés. Les Unist’ot’en sont contre tous les pipelines devant traverser leurs territoires, entre autres les projets de Enbridge Northern Gateway, Kinder Morgan, Pembina et Spectra.

Les Unist’ot’en appellent maintenant à des actions de solidarité et de soutien pour réaffirmer leur position et faire passer le message à l’industrie et au Gouvernement, c’est-à-dire qu’aucun des pipelines projetés ne passera par leurs territoires. Le présent appel concerne des actions immédiates le mardi 27 novembre pour s’assurer que les grandes compagnies, les investisseurs et les gouvernements reçoivent un message clair leur signifiant qu’il n’ont ni le droit ni la juridiction pour approuver tout développement sur les terres Unist’ot’en.

[…]

L’appel à l’action de la « Résistance Montante » a été émis par les Unist’ot’en et les mouvements de base Wet’suwet’en et est soutenu par les Algonquins de Barriere Lake, Anishinabek Oshkimaadiziig Unity Camp, les Défenseurs de la Terre Asubpeeschoseewagong (Grassy Narrows), le Réseau de la Forêt Boréale, Action/Recherche pour la Justice Climatique (Science pour la Paix), le Conseil des Canadiens, Deep Green Resistance, le Réseau Environnemental Autochtone, le Réseau Autochtone pour l’Economie et le Commerce, les Voix Juives Indépendante de Toronto, le Mouvement d’Action Autochtone, le Mouvement de Solidarité des Peuples Autochtones d’Ottawa, le Mouvement de Solidarité des Peuples Autochtones de Winnipeg, Réoccupation Autochtone des Terres Ancestrales du Territoire Souverain Ahousaht, le Réseau de Souveraineté et Solidarité Autochtone de Toronto, la Ligue Internationale des Luttes des Peuples pour le Canada, Prenons la Direction Maintenant (Lead Now), l’Alliance pour la Justice Minière, le Mouvement de la Jeunesse Autochtone, Personne n’est Illégal (No One Is Illegal) de Toronto, Personne n’est Illégal des Territoires Salish de la Côte de Vancouver, Marée Montante (Rising Tide) des Territoires Salish de la Côte de Vancouver, Marée Montante de Toronto, ShitHarperDid, Sierra Club de Prairie Chapter, Courants de Justice (Streams of Justice), Submedia.tv, Tadamon, Solidarité Toronto-Bolivie, Truth Fool, la librairie Turning the Tide, le Réseau d’Action de la Communauté pour la Forêt de l’Ile de Vancouver. S.V.P. envoyez-nous des email si vous voulez ajouter votre nom à la liste des supporters.

 

LIENS :

Site web de la communauté Unist’ot’en, avec les dernières nouvelles et des vidéos des évènements :
http://unistotencamp.wordpress.com

Une vidéo expliquant la lutte de la communauté (en anglais) :
http://stoptheflows.tumblr.com/

Envoyez des dons d’équipements pour l’hiver au camp d’action Unist’ot’en :
http://forestaction.wikidot.com/caravan

 

HISTORIQUE

Qu’est ce que le pipeline Pacific Trails ?

Parmi les nombreux projets de pipelines qui devraient traverser le territoire Unist’ot’en, le Pacific Trails (PTP) est le premier dont le démarrage de la construction a été fixé et donc une menace immédiate. PTP est un partenariat d’1 milliard de dollars entre l’entreprise Apache Canada, Encana Corporation et EOG Resources (Enron Pétrole et Gas). Le gazoduc de 463 kilomètres doit relier un terminal de gaz naturel à Kitimat et Summit Lake, près de Prince George dans le nord-est de la Colombie Britannique, dans le but de transporter jusqu’à 29000 mètres cube par jour de gaz naturel, extrait par fracturation hydraulique de gaz de schiste, vers les marchés internationaux, par des supertankers. Le gouvernement de Colombie Britannique a approuvé l’expansion de la capacité du gazodu en avril 2012.

Quel problème pose la fracturation ?

Bien que l’industrie vende la fracturation comme « énergie de transition verte », le spécialiste en écologie Robert Howarth, de la Cornell University, dit clairement : « Le gaz de schiste est pire que le gaz conventionnel, et en fait, pire que le charbon et pire que le pétrole. » Certains médecins, entre autres le médecin chef du Centre National pour la Santé Environnementale des Etats-Unis et les Spécialistes du Collège du New Brunswick, ont appelé à un moratorium sur la fracturation. Un nombre d’autorités, entre autres la France, le Québec et New York, ont actuellement des moratoriums sur la fracturation. L’an dernier trois femmes Kainai de la tribu Blood, dans le sud de l’Alberta, ont été arrêtées pour avoir empêché des camions de quitter le puits de Murphy Oil et avoir juré de ne pas bouger tant que les projets de fracturation ne seraient pas arrêtés.

Que disent les Unist’ot’en ?

Le clan Unist’ot’en de la Nation Wet’suwet’en ont fortement exprimé leur opposition au PTP. Des membres du clan ont construit une cabane et un camp de protection sur le trajet. Plus récemment, le 20 novembre 2012, le Chef Wet’suwet’en Toghestiy a intercepté des géomètres et leur a remis une plume d’aigle. Dans la loi Wet’suwet’en, une plume d’aigle est utilisée comme premier et seul avis d’entrée par effraction. Les géomètres et toutes les autres personnes liées au PTP ont reçu l’ordre de quitter le territoire et il leur a été signifié qu’il leur était définitivement interdit de retourner en territoire Unist’ot’en. La route a été fermée à toutes les activités industrielles jusqu’à nouvel ordre. Le 23 août 2012, Toghestiy et Hagwilakw, du clan des Likhts’amisyu, ont remis aux représentants d’Enbridge des avertissements concernant l’entrée par effraction sur le territoire, au cours d’une réunion du Conseil Municipa de Smithers auquel Enbridge assistait pour essayer de minimiser leur récente fuite de pétrole dans la rivière Kalamazoo. En novembre 2011, les Unist’ot’en et les Likhts’amisyu de la Nation Wet’suwet’en ont érigé une barricade avec des pancartes « Route Fermée aux Foreurs de Pacific Trails Pipeline », et escorté les foreurs du PTP et leur équipement vers la sortie.

Freda Huson, porte-parole du Clan Unist’ot’en, déclare : « Pacific Trails Pipeline n’a pas l’autorisation d’être sur notre territoire. C’est un territoire qui n’a jamais été cédé. Nous disons ‘NON !’ dans leurs réunions. Nous leur avons écrit des lettres ; j’ai envoyé des emails disant ‘absolument NON !’ à leurs projets. Le trajet planifié pour le Pacific Trails Pipeline passe par deux frayères de saumons qui nous fournissent une part importante de nos réserves de nourriture. Nous l’avons fait savoir clairement à Enbridge et à Pacific Trails comme à toute l’industrie : Nous n’autoriserons aucun pipeline sur notre territoire ».

Le chef héréditaire Likhts’amisyu Toghestiy s’est exprimé de façon similaire : « Les Unist’ot’en et les mouvements de base Wet’suwet’en ont toujours affimé qu’ils n’autoriseraient pas qu’un tel gazoduc traverse leur territoire ».

Les Wet’suwet’en se divisent en cinq Clans, avec des territoires qu’ils doivent gérer pour leurs générations futures. Ni les Unist’ot’en, ni les autres membres de la base Wet’suwet’en ne sont associés au Bureau des Wet’suwet’en. Le clan des Unist’ot’en  est contre tous les pipelines prévus devant traverser leurs territoires, entre autres Enbridge Northern Gateway, Kinder Morgan, Pacific Trails, Pembina, Spectra et autres. Le pipeline d’Enbridge devrait être construit à côté – et avec les mêmes droits – que Pacific Trails, on peut donc craindre que le PTP « ouvre une voie » au projet d’Enbridge.

Qu’est-ce que le Corridor du Charbon ?

Pacific Trails Pipeline, ainsi qu’Enbridge Pipeline et l’expansion du Trans Mountain pipeline de Kinder Morgan, font partie d’une stratégie énergétique beaucoup plus large. Tout comme celui d’Alberta, le gouvernement de la Colombie Britannique a pour but de devenir un ‘foyer de l’énergie’ en exploitant des gisements de gaz de schistes parmi les plus importants d’Amérique du Nord et en utilisant des gazoducs pour le gaz de schistes obtenu par fracturation hydraulique pour se positionner sur les marchés internationaux les plus lucratifs. D’après le Centre Canadien pour les Politiques Alternatives, une bonne partie du gaz de schistes de Colombie Britannique est destiné à l’Alberta où il est utilisé comme carburant pour les sables bitumineux. Tout ceci arrive alors que l’oléoduc Keystone XL [transportant les sables bitumineux] jusqu’à la Côte américaine du Golfe du Mexique est en train d’être construit et qu’Enbridge projette l’inversement du pipeline 9 pour ouvrir l’Ontario et que les marchés du Québec et des Etats-Unis placent les intérêts à court terme du capitalisme poussé par les multinationales et l’exploitation coloniale des ressources minières avant l’autodétermination des Autochtones et leurs devoir de préserver la Terre, détruisant la terre et les écosystèmes, ignorant la sécurité et la santé des communautés tout comme de ceux qui doivent travailler à des postes qui les exposent aux poisons dans ces industries.

 

 

19 novembre 2012

Article du groupe Tar Sands Blockade, http://tarsandsblockade.org

« Tar Sands Blockade est une coalition de propriétaires ruraux du Texas et de l’Oklahoma et de militants pour la justice climatique utilisant la désobéissance civile pacifique et soutenue pour bloquer la construction de l’oléoduc pour sables bitumineux de TransCanada, le Keystone XL. »

See original article in English

Traduction Christine Prat

 

Au cours d’une journée d’action, des dizaines de personnes marchent sur le site des travaux : la communauté de Nacogdoches se joint aux propriétaires ruraux affectés près du Lac Nacogdoches pour protéger l’approvisionnement en eau des sables bitumineux toxiques

 

NACOGDOCHES, Texas, lundi 19 novembre 2012 – Ce jour, quatre personnes se sont enchaînées aux machines utilisées sur le tracé de l’oléoduc Keystone XL qui doit transporter le pétrole de sables bitumineux. Elles ont été rejointes par plusieurs autres pour former une chaîne humaine bloquant le mouvement des machines sur le site, tandis que 30 autres personnes marchaient sur le site pour interrompre le travail tôt ce matin. Pendant ce temps, trois autres lançaient une nouvelle action, au confluent de la rivière Angelina, se suspendant à des pins avec des câbles reliés aux machines, bloquant entièrement la route du Keystone XL. La Journée d’Action d’aujourd’hui a été organisée en solidarité avec des propriétaires ruraux locaux qui luttent pour protéger leur eau et leur terre des sables bitumineux toxiques de TransCanada.

Le Keystone XL doit traverser 16 cours d’eau majeurs au Texas, entre autres sur le site occupé aujourd’hui, sur la pittoresque rivière Angelina. Logés dans des pins de 15 m de haut, les trois activistes se sont installés pour une résistance prolongée pour protéger l’eau potable et l’eau utilisée dans l’agriculture. Les eaux se jettent en aval dans le très populaire Sam Rayburn Reservoir, le plus grand lac se trouvant en totalité sur le territoire du Texas et qui est réputé pour la pêche à la ligne, amateurs et compétitions.

« Tar Sands Blockade soutient toutes les communautés affectées par les sables bitumineux canadiens. Des Nations Autochtones d’Alberta, au Canada, aux quartiers assiégés des raffineries sur la Côte américaine du Golfe du Mexique où les sables bitumineux doivent être raffinés, il y a une vague de résistance demandant l’interruption de l’exploitation des sables bitumineux toxiques. Les évènements d’aujourd’hui marquent simplement la dernière en date des manifestations de notre campagne de désobéissance civile fondée sur les communautés et bien d’autres communautés sont appelées à se lever pour défendre leur pays d’un danger apporté par la tromperie, la brutalité et l’insouciance par TransCanada à leurs vies et leur eau potable » insiste Ron Seifert, un porte-parole de Tar Sands Blockade.

[…]

Pendant que ces actions multiples interrompaient la construction du Keystone XL ce matin, des membres de la communauté locale se réunissaient au Lac Nacogdoches pour détailler les menaces posées aux sources d’eau de la communauté et à la santé publique par le Keystone XL. Ces évènements aux environs de Nacogdoches coïncident avec une semaine de manifestations [week’s worth of events] en solidarité avec Tar Sands Blockade. Ces actions qui doivent avoir lieu dans plus de 40 communautés dans le monde, ont pour but d’attirer l’attention sur le besoin urgent de faire face à la crise climatique.

Certaines actions ont visé des décideurs et des institutions bancaires qui financent des projets d’énergie sale, tandis que d’autres avaient pour but d’organiser la population et de mettre en évidence le lien entre les phénomènes météorologiques extrêmes et l’exploitation minière débridée, face aux dégâts causés par l’ouragan Sandy.

Hier à Washington, DC, plus de 3000 personnes se sont rassemblées [Voir l’article more than 3,000 gathered at the White House] pour appeler le Président Obama à annuler le permis de construire du tronçon nord de l’oléoduc de TransCanada Keystone XL. D’autres actions sont prévues pour aujourd’hui et le reste de la semaine.

Tar Sands Blockade est une coalition de propriétaires ruraux du Texas et de l’Oklahoma et de militants pour la justice climatique utilisant la désobéissance civile pacifique et soutenue pour bloquer la construction de l’oléoduc pour sables bitumineux de TransCanada, le Keystone XL.

« Des rues de New York à ces bois de pins ici dans l’est du Texas, des communautés résistent aux compagnies dangereuses comme TransCanada. Ces actions de solidarité font partie d’un mouvement en expansion de gens ordinaires qui se réunissent dans leurs quartiers, les écoles et les centres communautaires pour mettre en évidence les liens entre l’extraction sans limite de ressources comme les sables bitumineux et les phénomènes météorologiques extrêmes comme la sécheresse catastrophique qui frappe les fermiers et les éleveurs dans tout le Texas et le Middle West. Aujourd’hui nous nous rassemblons pour construire un future où les gens et la planète pourront prospérer et être en bonne santé » dit Kim Huynh, un porte-parole de Tar Sands Blockade

 

Un message des Unis’tot’en (Canada) publié par Tar Sands Blockade sur Facebook le 23 novembre 2012

Hier, le clan Unis’tot’en du peuple Wet’suwet’en a expulsé les géomètres venus marquer le trajet de l’oléoduc Pacific Trails au Canada.

« Le clan des Unis’tot’en sont absolument contre tous les pipelines qui doivent traverser leurs territoires, y compris PTP, Enbridge’s Northern Gateway et beaucoup d’autres. »

Le camp d’action Unis’tot’en a été organisé depuis des années pour bloquer les pipelines sur le territoire souverain de cette Première Nation en Colombie Britannique. Voir http://unistotencamp.wordpress.com/

Lundi nous [Tar Sands Blockade] avons reçu cette photo et ce message du camp Unis’tot’en en solidarité avec le barrage contre le Keystone XL au Texas. Voir message intégral : http://unistotencamp.wordpress.com/2012/11/20/unistoten-statement-of-solidarity-with-tar-sands-blockades-targeting-keystone-xl-in-texas/

« A des milliers de kilomètres au nord-ouest de Tar Sands Blockade, il y a le Camp Unis’tot’en où des membres de la base Wet’suwet’en et leurs alliés ont établi une communauté de résistance située directement sur le tracé des pipelines Northern Gateway et Pacific Trails.

Le Camp Unis’tot’en est solidaire de Tar Sands Blockade. Nous louons le courage et le dévouement des intrépides éco-guerriers du Texas. Puissent nos actions se faire en conjonction avec les vôtres. »

 

Trajet projeté pour le Keystone XL

TarSandsRoute

 

 

 

YAQUI ET NAVAJO : LE VOL DES DROITS SUR L’EAU DES INDIENS EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITE

Par Brenda Norrell
Censored News
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Traduction Christine Prat

Jeudi 22 novembre 2012

VICAM PUEBLO, état de Sonora, Mexique – Des chefs traditionnels Yoeme (Yaqui) ont mis au point le document final du Forum International pour la Défense de l’eau mercredi. Le rassemblement qui a duré deux jours, les 20 et 21 novembre, à l’invitation de l’Autorité Traditionnelle de Vicam Pueblo, a rassemblé des Peuples Autochtones solidaires des Zapatistes pour protéger les droits sur l’eau des Indiens.

Les Yoeme font face au vol de leur eau par le gouvernement mexicain. Les Yoeme combattent l’Aqueduc Indépendance qui doit transporter de l’eau du Rio Yaqui à Hermosillo.

Les villes, états et gouvernements des Etats-Unis et du Mexique ont conçu des plans destinés à voler les droits sur l’eau des Indiens. Actuellement, les Yoeme de l’état de Sonora, au sud de la frontière avec l’Arizona, et les Navajos en Arizona, résistent à aux projets de vol des gouvernements du Mexique et des Etats-Unis.

Dans les villages Yoeme tout comme sur Black Mesa en Arizona, la plupart des Indiens vivent sans eau courante alors que les entreprises et les industries gaspillent et polluent l’eau. Et alors que les Peuples Autochtones vivent sans eau courante, ils vivent avec la pollution et la destruction, entre autres les centrales au charbon en territoire Navajo et les poisons chimiques et agricoles sur les terres Yaqui.

Les Navajos combattent le projet de vol des droits Diné [Navajo] sur les eaux du Petit Colorado. Le complot est conçu pour profiter à la très polluante centrale au charbon dite Centrale Navajo [Navajo Generating Station] qui fournit l’électricité aux villes grandes consommatrices d’Arizona. Récemment la fuite d’un email a révélé le plan du ministre de l’Intérieur Ken Salazar et du Sénateur d’Arizona Jon Kyl, de faire passer subrepticement le projet par le Congrès paralysé par la cohabitation. Les Navajos ont déjà dit « non » au soi-disant règlement des droits sur l’eau.

Les Yoeme et les Navajos combattent contre des plans de vol des droits sur l’eau. Les Yoeme et les Navajos s’en tiennent à la norme selon laquelle le droit à l’eau est un droit de l’homme et le vol de l’eau est un crime contre l’humanité.

Les Autochtones rassemblés ici ont parlé de la défense de l’eau et de son caractère sacré, dont dépend leur futur. Ofelia Rivas, O’odham, a chanté un chant sacré pour l’eau. La communauté cérémonielle O’odham de Quitovac, dans le nord du Sonora, est menacée par l’exploitation de mines d’or qui risque d’empoisonner leur eau.

Durant la session de clôture du rassemblement pour l’eau à Vicam Pueblo mercredi après-midi, les participants ont été honorés par les chefs traditionnels Yaqui et remerciés pour avait fait de longs voyages jusqu’ici. Dans une invitation écrite pour le rassemblement, les Yaqui avaient écrit : « Avant la mise à sac de son territoire et son extermination latente, la Tribu Yaqui écoutera encore les voix venues du cœur de leurs territoires pour poursuivre la défense de l’eau, qui n’est pas une lutte indépendante, mais une lutte pour tous les Peuples Autochtones qui cherchent à défendre et maintenir leur territoire, leur autonomie, la paix, la justice et la dignité. C’est aussi la lutte de la société mexicaine pour la démocratie et la liberté ».

 

Voir aussi la vidéo [en Espagnol]de la conclusion et du résumé du forum
http://bsnorrell.blogspot.com/2012/11/video-yaqui-foro-internacional-del-agua.html
Des photos du forum par Brenda Norrell
http://bsnorrell.blogspot.com/2012/11/yaqui-vicam-pueblo-international.html

 

Brenda Norrell
brendanorrell@gmail.com

 

Voir autres articles sur le problème de l’eau
et sur le projet des sén. Kyl et McCain

1. Ton évaluation du mouvement Occupy était très enthousiaste. Quelle est ta vision actuelle? Que reste-t-il du mouvement?

Il ne reste pas grand-chose du mouvement en tant que tel: presque tous les campements ont été détruits en novembre et décembre 2011 et il n’y en a eu quasiment aucun nouveau créé depuis. En revanche, le mouvement n’a en aucune façon été “battu”. À quelques exceptions près, toutes les personnes arrêtées ont été relâchées et entièrement disculpées. L’élimination des campements a seulement eu pour effet de forcer les participants a trouver d’autres terrains de lutte, plus variés. Un nombre incalculable de gens dans tout le pays continuent à se rencontrer régulièrement, à développer des réseaux et à mener toutes sortes d’actions: piquets devant les banques, troubles de réunions de conseils d’administrations d’entreprises, blocages des expulsions de logements, protestations contre les mesures environnementales (Monsanto, Pipeline de sables bitumineux, fracassement de roches pour l’extraction du gaz de schiste, etc.), outre des actions de types plus spécifiquement axées sur l’occupation de lieux comme les tentatives de s’emparer et de rouvrir des écoles et des bibliothèques fermées et abandonnées, ou les tentatives d’occuper des logements vides pour les SDF répondant au slogan “Des maisons, pas de prisons”. L’une de ces actions les plus intéressantes et les mieux organisées a été “Occupons la ferme”, qui s’est déroulée un kilomètre de chez moi en avril dernier. Des activistes écologistes se sont emparé d’un grand terrain urbain vide et l’ont transformé en jardin communautaire, en y faisant plus de dix mille semis en quelques jours. Les occupants jardiniers ont été chassés au bout de trois semaines, mais l’agitation continue et a débouché sur une victoire temporaire contre un projet de développement commercial.

Le mouvement Occupy avait déjà comme but implicite de “récupérer les terrains communaux”: en occupant les places publiques ou les parcs sur ce thème, étant donné que malgré les chicaneries sur les questions de permis, il était évident que ces espaces appartenaient au public et sont, ou étaient à l’origine, prévus pour un usage public. Mais ces actions plus récentes ont le mérite de s’attaquer au fétiche de la propriété privée d’une manière plus directe. Ce fétiche a toujours été extrêmement puissant aux États-Unis et la réaction de la police à sa transgression a toujours été immédiate et brutale. J’espère donc que ce type d’action finira par affaiblir ce fétiche, comme cela s’est produit au moment du mouvement pour les Droits civiques. Dans les années 1950 et 60, quand les Noirs ont commencé des sit-in dans des restaurants, on entendait souvent cet argument: “Ce restaurant appartient à son propriétaire, il a le droit d’en faire ce qu’il veut, y compris de décider qui il veut servir.” Mais comme de plus en plus de gens continuaient à occuper et à accepter calmement de se faire arrêter, le grand public a peu à peu été amené à réfléchir à l’idée qu’il existe un “droit supérieur” au droit de propriété: que d’autres droits doivent aussi être respectés, tel que le droit d’être traité équitablement en tant qu’être humain. Je crois que cela pourrait finir par se produire lors des invasions de divers types de propriétés, les gens se rendant compte de l’absurdité de millions de bâtiments vides alors que des millions de personnes sont sans logement. Même actuellement, beaucoup de gens sont favorables à l’idée de défendre une famille contre les expulsions, malgré le fait que, officiellement, une banque soit propriétaire du bien, car ils sont de plus en plus conscients de ce que les banques ont agi illégalement. L’idée de rouvrir des écoles abandonnées, etc. est encore plus exemplaire en ce qu’elle évoque la notion d’une société fondée sur la coopération et la générosité et non sur la quantité d’argent qu’on peut tirer de quelque chose.

[…]

Lire la suite: http://www.bopsecrets.org/French/occupy-looking-back.htm

 

Ci-dessous un article de Brenda Norrell sur la visite de Dalit Baum, militante Israélienne qui prône des sanctions économiques contre les entreprises impliquées dans l’occupation. Il se trouve que certaines sont également impliquées dans la construction du Mur à la frontière entre les USA et le Mexique.
Les Etats-Unis construisent un Mur sur la frontière avec le Mexique, officiellement pour empêcher l’immigration illégale. Ce mur traverse les territoires de populations autochtones, tout comme le mur en Palestine. Trente villages ont été évacués pour le construire. Les villageois sont séparés de leurs terres et de leurs familles tout comme en Palestine. Ceux qui se retrouvent du côté mexicain doivent obtenir un visa – qui coûte 100 dollars, somme prohibitive pour des indigènes mexicains – pour aller voir leur famille de l’autre côté du mur.
SURTOUT: la firme israélienne Elbit Systems – sous-contractée par Boeing – participe à la construction du mur et fournit les tours de surveillance, comme elle le fait pour le mur en Palestine, la firme G4S – aussi présente en Palestine – s’occupe des bus et du transport des immigrants refoulés, dans des conditions inacceptables, et VEOLIA a un contrat avec les autorités de la région de Tucson.
Il faut savoir que la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est parfaitement arbitraire, ne tient aucun compte des populations autochtones et traverse des villages et des familles, tout comme le mur Israélien. De plus, les états frontaliers – Californie, Arizona, Nouveau-Mexique, Texas – ont été mexicains pendant près de trois siècles et conquis militairement par les Etats-Unis en 1846. La grande majorité de la population est restée mexicaine (indiens, métis, latinos) jusqu’à un passé récent. Depuis le début des années 1950, des anglophones du nord-ouest des Etats-Unis y déménagent en masse à cause du climat. Ils se comportent en colonisateurs. Il y a beaucoup de racisme et de discrimination. L’an dernier, les autorités de Tucson ont interdit dans l’enseignement les études “ethniques” – sous couvert de lutte contre le ‘communautarisme’ – et ont interdit de nombreux livres, des saisies ont eu lieu dans les classes, au milieu d’étudiants fortement traumatisés. (Parmi les auteurs dont les livres ont été interdits et saisis: Isabel Allende – dont les livres sont vendus dans le monde entier – et Buffy Sainte-Marie – connue comme star des Etats-Unis, mais Indienne).
Evidemment, j’ai quelques réserves quant à l’affirmation de Dalit Baum selon laquelle les entreprises concernées seraient de ‘bonnes entreprises’ contre lesquelles il n’y aurait rien à dire si elles se retiraient de ces projets qui violent les lois internationales de manière aussi flagrante.

 

FRONTIERES SOUS OCCUPATION : EN PALESTINE ET EN TERRITOIRE TOHONO O’ODHAM, LES MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME PEUVENT AMENER LE CHANGEMENT

« La Nation Tohono O’odham est actuellement occupée par une armée étrangère appelée Patrouille des Frontières des Etats-Unis » Mike Wilson, Tohono O’odham

 

Par Brenda Norrell
Copyright Censored News
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Traduction Christine Prat

 

Vendredi 16 novembre 2012

TUCSON, Arizona – Une Israélienne s’exprimant en faveur des droits des Palestiniens a rendu visite à la zone frontière sur le territoire Tohono O’odham et à partagé ses vues sur les similarités entre la façon dont Israël traite la Palestine et celle dont les colonisateurs US traitent les Indiens d’Amérique.

Le Docteur Dalit Baum, Israélienne et militante pour la Palestine sur le plan économique, s’est adressée à des étudiants de l’Université d’Arizona et à des militants actifs dans les communautés locale vendredi, au cours d’une discussion sur l’activisme économique comme outil de changement.

« C’est horrifiant de voir toujours la même vague de violence monter, descendre puis revenir » dit elle.

Mme Baum s’est exprimée le même jour où des manifestants étaient descendus dans les rues de Tucson pour exiger la fin de la violence mortelle d’Israël et des bombardements de Gaza, qui se sont poursuivis toute la journée et dans la nuit.
Mme Baum a dit que la principale raison de protester contre les tueries était de mettre les gens en contact et de leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls. C’est une façon de traduire le chagrin et la frustration en action et de renouveler l’espoir.
Dalit Baum s’est rendue en territoire Tohono O’odham et sur la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique avec le militant des droits de l’homme Tohono O’odham Mike Wilson, qui place des réservoirs d’eau dans la région frontalière pour les immigrants illégaux, comme aide humanitaire.
A propos de l’histoire des Indiens d’Amérique sur ce continent, D. Baum dit « Je réfléchissais aux similarités et aux différences entre ce qui s’est passé ici et ce qui s’est passé en Palestine ».
Alors que les Autochtones aux Etats-Unis ont été la cible de nettoyage ethnique et de génocide depuis des siècles, ce qui se passe en Israël et en Palestine est de l’histoire relativement récente qui a connu une escalade dans les dix dernières années.
Malheureusement, la manière dont les Indiens d’Amérique ont été traités a servi d’excuse à Israël en ce qui concerne l’occupation, l’apartheid et le nettoyage ethnique.
D. Baum dit que beaucoup d’Israéliens disent que les Etats-Unis ont fait la même chose à leurs Peuples Autochtones et que par conséquent Israël devrait avoir les mêmes droits.
Elle dit aussi que l’histoire coloniale européenne avait résulté dans un sentiment de culpabilité, à cause de l’histoire des Juifs et de l’histoire du Sionisme.
Actuellement, Israël contrôle la totalité d’Israël et de la Palestine et contrôle la Palestine de différentes manières. Par exemple, ce contrôle se traduit par de la violence à Gaza. En Cisjordanie, il y a la confiscation du territoire et des ressources et les violations de la loi internationale.
L’histoire de l’Occupation de la Palestine est relativement récente, comparée à l’histoire des Autochtones d’Amérique, dit-elle.
Aujourd’hui, nous vivons dans une ère de guerre au terrorisme, ce qui est un moteur de croissance économique. Cela produit une incitation économique pour la fourniture de produits tels que les tours d’espionnage et le Mur de frontière ici, en Arizona, sur le territoire Tohono O’odham.
Suite à l’occupation et au nettoyage ethnique, la dispersion des Palestiniens dans le monde signifie aussi une dissipation de la culture Palestinienne.
D. Baum dit qu’il s’agit d’une situation d’apartheid. Les Israéliens contrôlent la région, alors que les Palestiniens n’ont pas de droits sur la terre et la citoyenneté. Même pour ceux qui peuvent voter, l’Autorité Palestinienne ne contrôle qu’une toute petite partie de la Palestine.
Pendant ce temps, l’armée Israélienne fait des raids et peut arrêter n’importe qui.
La situation en Palestine correspond à l’apartheid selon la définition des Nations Unies.
En 1948 il y a eu un nettoyage ethnique et la majorité des Palestiniens ont été déplacés et forcés de vivre dans des camps de réfugiés. A l’époque, 95% des terres étaient leur propriété, maintenant ils ne sont plus propriétaires de leurs propres terres.
Le territoire d’Israël et de la Palestine est très petit comparé aux Etats-Unis et leur économie est de taille modeste. Israël dépend des Etats-Unis.
« Vous avez toujours un sentiment de claustrophobie » dit-elle.
En Europe, Israël est vu comme un poste avancé de l’occident. Israël dépend psychologiquement et économiquement de l’occident.
D. Baum a souligné que le sentiment d’impunité existant actuellement en Israël et l’attitude des gens de simplement se maintenir dans la situation présente, est la plus grande menace à toute possibilité de changement.
« L’action est le meilleur moyen de réagir au chagrin et à la colère ».

 

La solidarité à la base : pour en finir avec l’occupation, et pour le retour des réfugiés

Un mouvement de la base pour la solidarité dans l’action signifie que les gens disent ce qu’ils feront quand ils seront rentrés chez eux. « Nous voulons savoir ce que nous pouvons faire ».
La solidarité à la base est un appel aux gens de conscience. Cela implique des boycotts, des sanctions et un retrait économique, comme par exemple un désinvestissement des fonds de pension.
Le mouvement de base appelle à la fin de l’occupation, à l’application du droit au retour des réfugiés et à l’égalité totale des Palestiniens, y compris ceux qui vivent en Israël.
Le mouvement de base n’a pas de ligne politique, il est fondé sur la loi internationale et les droits de l’homme.
« C’est une chose sur laquelle tout le monde peut être d’accord » dit D. Baum.
Jusqu’à maintenant 170 organisations ont signé l’accord.
Pendant la discussion sur les appels aux boycotts, il a été souligné qu’on ne pouvait pas boycotter les individus. Mais les institutions et les compagnies complaisantes peuvent être boycottées.
A une question sur le boycott d’une troupe de danse Israélienne, il a été répondu qu’elle avait été boycottée parce qu’elle était payée par le Ministère Israélien des Affaires Etrangères pour blanchir l’occupation. La troupe de danse servait d’ambassadeurs culturels d’Israël. Quant une troupe de danse participe à ce genre d’échange, elle devient un bras de l’état pour normaliser l’occupation. Approuver ou promouvoir une telle activité culturelle est de la complicité.
D. Baum a précisé que les militants des droits de l’homme ne boycottaient pas tous les projets artistiques subventionnés par Israël. « Çà arrive seulement quand la subvention implique des obligations ».
Les représentations [boycottées] peuvent aussi servir à informer les gens en dehors du spectacle de la troupe de danse.

Un exemple d’action présenté à l’université est de demander à se désengager de certaines compagnies.
Il y a actuellement un boycott de la firme Veolia, qui privatise les transports en commun dans le monde entier et s’occupe de la décharge de déchets. En Palestine, Veolia amène des déchets et les déverse sur des terres Palestiniennes, ce qui constitue une violation de la loi internationale. Cela se produit à un endroit où un nettoyage ethnique a eu lieu.
Veolia gère aussi des bus soumis à la ségrégation.
Ici, à Tucson, Veolia a un contrat avec la compagnie de transports publiques, Sun Tran.
Parlant des actions contre Veolia, D. Baum dit « C’est le pouvoir de ce mouvement. C’est vraiment mondial ». Du fait de la décharge de déchets en Palestine et de ses bus soumis à la ségrégation, Veolia a perdu des contrats au Royaume-Uni et en Europe en 2006.

 

Boston, Chicago et le Comté de Sonoma en Californie ont pris la tête du boycott

Aujourd’hui aux Etats-Unis, trois régions ont pris la tête du boycott des compagnies qui violent les droits de l’homme, Boston, Chicago et le Comté de Sonoma en Californie l’ont fait en soutien aux Palestiniens.
Dans le Comté de Sonoma, Californie, la Commission des Droits de l’Homme a d’abord déclaré qu’elle ne pouvait rien faire, n’ayant aucun pouvoir en Palestine. Cependant, trois heures plus tard, suite aux objections et interventions de membres de la base, elle a changé ses conclusions.
Les résidents du Comté de Sonoma ont souligné que les bus de Veolia soumis à la ségrégation en Palestine constituaient une violation des droits de l’homme. Un homme a dit qu’il vivait dans le Comté de Sonoma, mais que sa famille vivait en Palestine et que lorsqu’il était là-bas, il avait vu des Palestiniens forcés de descendre du bus ségrégationniste.
Alors les gens du Comté de Sonoma ont dit « il y a un vrai problème et nous sommes complices ».

 

Au sud de l’Arizona, il y a Veolia, G4S, Elbit et Caterpillar

Vu que Veolia fait des affaires ici, à Tucson, des suggestions ont été faites sur ce qui pourrait être fait. D. Baum a remarqué que « les bus sont en endroit magnifique pour des actions ».
Avec les bus, on peut penser à du théâtre de rue, des parodies de bus ségrégationnistes et à informer les passagers.
Mike Wilson, Tohono O’odham, a souligné que la compagnie G4S a un énorme contrat avec la Sécurité Intérieure à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, pour le transport d’immigrants détenus.
Wilson a déclaré que la Sécurité Intérieure avait créé une occupation du territoire Tohono O’odham. « La Nation Tohono O’odham est actuellement occupée par une armée étrangère appelée Patrouille des Frontières des Etats-Unis ».
Wilson dit que la Patrouille des Frontières US a un pouvoir dominant sur la Nation Tohono O’odham et le Service de Police Tohono O’odham.
Wilson est directeur de la politique du Réseau d’Action à la Frontière. Depuis des années, Wilson met des réservoirs et des cruches d’eau dans la région frontalière [le désert de Sonora] pour les immigrants, en dépit des objections du gouvernement Tohono O’odham. C’est dans cette région du Désert de Sonora que de nombreux immigrants meurent chaque année de chaleur et de déshydratation.
Lors de sa visite à la frontière, en territoire O’odham, D. Baum a remarqué le matériel Caterpillar (Caterpillar a été la cible de protestations depuis que Rachel Corrie a été renversée et tuée par un bulldozer Caterpillar en Palestine).
Des militants de Tucson ont souligné que les bus de G4S, un moment appelés Wackenhut, infligent des traitements inhumains aux immigrants expulsés, les forçant à attendre au soleil ou dans des bus surchauffés pendant des heures. Beaucoup sont déjà déshydratés et agonisants quand ils sont conduits aux bus à la frontière.
Une autre compagnie employée pour travailler à la frontière Etats-Unis/Mexique est la compagnie d’armements Israélienne Elbit Systems, qui fournit aussi des systèmes de sécurité pour le Mur en Palestine. Elbit a un contrat de sous-traitance avec Boeing pour la construction du Mur à la frontière US/Mexique et pour des tours de surveillance.

D. Baum a dit à propos des compagnies qui violent les droits des Palestiniens « Nous demandons à ces compagnies d’arrêter, parce que nous pensons que çà en fera de meilleures compagnies ».
Pendant la discussion, il a été souligné que les individus n’étaient pas visés par le boycott, ni les compagnies dont l’implication est terminée, car ce ne serait pas une incitation au changement.
« Nous avons affaire à la politique des entreprises, et nous essayons de l’améliorer » dit D. Baum.
Elle a aussi rappelé que Polaroid avait été la première entreprise à se retirer de l’Afrique du Sud de l’Apartheid et que le mouvement avait été conduit par des employés de l’entreprise.
« Ce n’est pas contre l’entreprise, c’est pour elle ».
D. Baum a aussi suggéré des campagnes ludiques et créatives pour soutenir les droits de l’homme en Palestine, comme peindre les bulldozers en rose.

 

Le Docteur Dalit Baum est co-fondatrice de Who Profits from the Occupation et militante et chercheur de la Coalition of Women for Peace en Israël. Dans les cinq dernières années, Who Profits est devenue une source vitale pour des dizaines de campagnes à travers le monde, leur  fournissant des informations sur la complicité des entreprises dans l’occupation de la Palestine.
Dalit est une universitaire féministe qui enseigne dans les universités en Israël sur le militarisme et l’économie mondiale d’un point de vue féministe. Militante féministe/pro-homosexuels, elle a été active dans divers groupes du mouvement anti-occupation, entre autres Black Laundry [Laver plus Noir], Boycott de l’Intérieur, Zochrot, Anarchistes Contre le Mur et Femmes en Noir.
Cette année elle travaille de San Francisco avec le Programme d’Echanges Mondiaux Economic Activism for Palestine qui soutient corporate accountability campaigns [campagnes de responsabilisation des enterprises] aux Etats-Unis.