LETTRE DE FERN BENALLY (DE BLACK MESA, ARIZONA) ET DON YELLOWMAN (TUBA CITY, ARIZONA) AU PDG DE PEABODY GREG BOYCE

Publié le 27 janvier 2013 par supportblackmesa.org
See original article in English
Photo supportblackmesa

Traduction Christine Prat

 

ST. LOUIS, Missouri, janvier 2013

Cher M. Greg H. Boyce et autres Officiels de Peabody,

Nous sommes venus de la Nation Navajo, située dans ce qu’on appelle maintenant l’état d’Arizona. Nous sommes à St. Louis au nom d’Anciens de Black Mesa/Big Mountain qui sont touchés par les effets de l’extraction de charbon, là-bas chez nous. Cette lettre est une requête de vous rencontrer face à face, vous ou d’autres responsables de la mine de charbon de Black Mesa, pour parler de nos problèmes et inquiétudes. Nous vivons nous-mêmes à l’intérieur du périmètre et à proximité de Peabody Western Coal Company [La branche de la compagnie pour l’ouest des Etats-Unis].

L’exploitation à ciel ouvert qui dure depuis 46 ans dévaste notre peuple. Nos Diné (Peuple Navajo) sont confrontés à des déportations forcées à mesure que Peabody Western Coal fait de la place pour l’extraction ; ceci en plus des nombreux problèmes environnementaux et de santé auxquels ils font face quotidiennement. La pollution de la mine de Kayenta, sur Black Mesa est visible tous les jours. Les feux de charbon ne sont pas éteints assez efficacement pour prévenir l’émission de gaz toxiques. La pollution due à ces gaz empoisonne et met en danger les voies respiratoires des résidents. Beaucoup de mineurs suspectent qu’ils ont des maladies pulmonaires causées par le charbon, mais Peabody Western a toujours nié énergiquement que le charbon soit la cause directe des maladies pulmonaires. Les résidents ont constaté une augmentation des problèmes pulmonaires depuis que l’exploitation du charbon a commencé à la fin des années 60 et dans les années 70. On n’a pas besoin d’avoir fait des études supérieurs pour faire la corrélation.

Avant l’arrivée de Peabody, il y avait des sources naturelles en abondance. Nos animaux, sauvages et domestiques, pouvaient boire autant qu’ils en avaient besoin sans avoir à chercher de l’eau. Les animaux sauvages étaient abondants, tout comme le bétail. Les sources naturelles sont épuisées, maintenant. Les résidents de Black Mesa doivent tous les jours faire face à de pénibles corvées d’eau. Ils doivent parcourir de 50 à 65 km pour amener de l’eau potable pour leur foyer et leur bétail, et les animaux sauvages doivent lutter pour eux-mêmes. L’eau est essentielle à la vie. Cependant, Peabody a gaspillé des milliers de milliard de mètres cube d’eau irremplaçable. La nappe aquifère Navajo est, d’après le chercheur Daniel Higgins, irréversiblement endommagée.

La seule solution, pour Peabody Energy, est la reconversion à l’énergie solaire. Il est bien connu que les combustibles fossiles sont la plus sale des énergies et que le charbon émet le plus d’oxyde de carbone, contribuant au changement climatique de la planète. Le charbon a des effets nocifs sur les Autochtones de Black Mesa. Peabody doit prendre en main les soins immédiats aux résidents de Black Mesa. Le processus de guérison peut commencer par l’arrêt de l’extraction de charbon à ciel ouvert par Peabody. C’est maintenant le moment de prendre un virage à 180 degrés et de se tourner vers l’énergie renouvelable. Pour prendre l’initiative de la réparation, Peabody Energy et Peabody Western devraient investir des bénéfices dans le solaire et autoriser les résidents de Black Mesa à créer leur propre style de vie comme bon leur semble.

Notre peuple vit avec ces effets néfastes alors que Peabody Western ramasse chaque année les milliards de bénéfice des ressources abondantes extraites du cœur de notre terre ancestrale. Les Diné sont incapables de se concentrer sur leurs prières et cérémonies sacrées à cause des effets nuisibles de l’extraction de charbon. Nous demandons aussi qu’une étude soit faite pour recueillir des données scientifiques sur les maladies respiratoires dues à l’extraction de charbon sur Black Mesa. Nous avons une connaissance personnelle et sommes témoins des dégâts, des pertes et des effets nocifs subis par les gens de Black Mesa, physiquement, émotionnellement et spirituellement. Black Mesa est là où tout commence. Les Diné luttent pour survivre pendant que les grandes villes du sud-ouest profitent de ressources bon marché.

Enfin, nous vous transmettons un message direct de nos Anciens vivant sur leurs terres ancestrales dans l’ex Zone d’Utilisation Conjointe, connue actuellement comme Terre Hopi Divisée : ils vous demandent d’arrêter l’exploitation de mines sur Black Mesa et d’arrêter la déportation forcée de notre peuple immédiatement. Des dizaines de milliers de gens ont été forcés de quitter leur terre pour faire de la place pour votre mine, constituant la plus grande déportation forcée d’Autochtones dans ce pays depuis la Piste des Larmes. Cessez d’agrandir votre mine!

Sincèrement,

 

Fern Benally

Don Yellowman

 

 

 

Photos Christine Prat

 

 

2 Responses to LETTRE DE FERN BENALLY (DE BLACK MESA, ARIZONA) ET DON YELLOWMAN (TUBA CITY, ARIZONA) AU PDG DE PEABODY

  1. […] ST. LOUIS, Missouri – Une centaine de manifestants se sont rassemblés aujourd’hui au centre de St. Louis, devant le siège de la compagnie minière Peabody Coal. Des habitants de St. Louis ont été rejoints par des Navajos de Black Mesa, Arizona, des gens des Appalaches de Virginie Occidentale, région dévastée par le charbon, et des sympathisants de tous les coins des Etats-Unis, pour demander la fin de l’exploitation minière à ciel ouvert la reconnaissance des responsabilités vis-à-vis du sol et des habitants. Des résidents de Black Mesa, Don Yellowman et Fern Benally demandent à parler au PDG de Peabody, Greg H. Boyce et ont une lettre détaillée exprimant leurs inquiétudes. (Voir le texte de la lettre) […]

  2. […] Voir article sur la manifestation contre Peabody Coal à St. Louis Voir lettre des Navajos Fern Benally et Don Yellowman à la direction de Peabody Coal […]