{"id":2296,"date":"2014-04-10T16:07:21","date_gmt":"2014-04-10T17:07:21","guid":{"rendered":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/?p=2296"},"modified":"2020-04-15T23:29:15","modified_gmt":"2020-04-15T21:29:15","slug":"charbon-uranium-et-le-meurtre-des-indiens-big-mountain-1986","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/?p=2296","title":{"rendered":"CHARBON, URANIUM ET LE MEURTRE DES INDIENS: BIG MOUNTAIN 1986"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrije0012.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-250 alignleft\" title=\"deVrije001\" alt=\"\" src=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrije0012.jpg\" width=\"288\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrije0012.jpg 288w, https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrije0012-209x300.jpg 209w\" sizes=\"(max-width: 288px) 100vw, 288px\" \/><\/a><strong>CHARBON, URANIUM ET LE MEURTRE DES INDIENS: BIG MOUNTAIN 1986<\/strong><\/p>\n<p><em>Article paru dans le mensuel &#8216;De Vrije&#8217;, Amsterdam 1986<br \/>\nTraduction Christine Prat<br \/>\nZie <a href=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/?p=245\">artikel in het Nederlands<\/a><br \/>\nSee <a href=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/?p=249\">English translation<\/a><\/em><\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml>\n<w:WordDocument>\n<w:View>Normal<\/w:View>\n<w:Zoom>0<\/w:Zoom>\n<w:PunctuationKerning\/>\n<w:ValidateAgainstSchemas\/>\n<w:SaveIfXMLInvalid>false<\/w:SaveIfXMLInvalid>\n<w:IgnoreMixedContent>false<\/w:IgnoreMixedContent>\n<w:AlwaysShowPlaceholderText>false<\/w:AlwaysShowPlaceholderText>\n<w:Compatibility>\n<w:BreakWrappedTables\/>\n<w:SnapToGridInCell\/>\n<w:WrapTextWithPunct\/>\n<w:UseAsianBreakRules\/>\n<w:DontGrowAutofit\/>\n<\/w:Compatibility>\n<w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel>\n<\/w:WordDocument>\n<\/xml><![endif]--><\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml>\n<w:LatentStyles DefLockedState=\"false\" LatentStyleCount=\"156\">\n<\/w:LatentStyles>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Table Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:10.0pt;\nfont-family:\"Times New Roman\";\nmso-ansi-language:#0400;\nmso-fareast-language:#0400;\nmso-bidi-language:#0400;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><i><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">\u2018La terre est moi sont une seule \u00e2me\u2019. Ce proverbe Indien exprime de fa\u00e7on laconique ce que les Navajos et les Hopis traditionnels essaient de faire comprendre au gouvernement Am\u00e9ricain depuis douze ans. La d\u00e9portation imminente de dix mille Navajos de la r\u00e9gion d\u2019Arizona o\u00f9 leurs anc\u00eatres ont v\u00e9cu depuis des si\u00e8cles \u2013 une d\u00e9portation qui pourrait commencer \u00e0 tout moment, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019ultimatum expire le 7 juillet de cette ann\u00e9e \u2013 menace d\u2019\u00eatre un triste record dans l\u2019histoire des Etats-Unis. Une histoire au cours de laquelle le gouvernement a syst\u00e9matiquement essay\u00e9 de mettre un terme \u00e0 l\u2019existence des cultures Indiennes. Au cours de laquelle les \u2018Anciens Peuples\u2019 devaient perdre devant les compagnies de charbon et d\u2019uranium, le Mormonisme, les politiciens et le \u2018d\u00e9veloppement \u00e9conomique\u2019. Cet article met en lumi\u00e8re le contexte \u00e0 la base du conflit en Arizona et d\u00e9crit la lutte des Navajos et Hopis traditionnels contre l\u2019agression de leur terre et de leur vie.<\/span><\/i><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if gte mso 9]><xml>\n<w:WordDocument>\n<w:View>Normal<\/w:View>\n<w:Zoom>0<\/w:Zoom>\n<w:PunctuationKerning\/>\n<w:ValidateAgainstSchemas\/>\n<w:SaveIfXMLInvalid>false<\/w:SaveIfXMLInvalid>\n<w:IgnoreMixedContent>false<\/w:IgnoreMixedContent>\n<w:AlwaysShowPlaceholderText>false<\/w:AlwaysShowPlaceholderText>\n<w:Compatibility>\n<w:BreakWrappedTables\/>\n<w:SnapToGridInCell\/>\n<w:WrapTextWithPunct\/>\n<w:UseAsianBreakRules\/>\n<w:DontGrowAutofit\/>\n<\/w:Compatibility>\n<w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel>\n<\/w:WordDocument>\n<\/xml><![endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if gte mso 9]><xml>\n<w:LatentStyles DefLockedState=\"false\" LatentStyleCount=\"156\">\n<\/w:LatentStyles>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Table Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:10.0pt;\nfont-family:\"Times New Roman\";\nmso-ansi-language:#0400;\nmso-fareast-language:#0400;\nmso-bidi-language:#0400;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Un jour de l\u2019automne 1977 une \u00e9quipe de construction du gouvernement est arriv\u00e9e sur Black Mesa, au c\u0153ur de la R\u00e9serve Navajo, en Arizona. Leur mission \u00e9tait de poser une cl\u00f4ture de barbel\u00e9s \u00e0 travers le d\u00e9sert rocheux. Peu apr\u00e8s leur arriv\u00e9e, ils se sont soudain retrouv\u00e9s face \u00e0 Pauline Whitesinger, une veuve et m\u00e8re Navajo de 43 ans. Pauline a ordonn\u00e9 aux hommes de dispara\u00eetre de sa terre. Le chef d\u2019\u00e9quipe a r\u00e9pondu par une obsc\u00e9nit\u00e9. Pauline a brandi le poing et tr\u00e8s vite le chef d\u2019\u00e9quipe s\u2019est retrouv\u00e9 par terre tandis qu\u2019elle jetait des b\u00e2tons et de la terre sur l\u2019\u00e9quipe. Intimid\u00e9s par la f\u00e9rocit\u00e9 de son attaque, les hommes ont tourn\u00e9 les talons.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">L\u2019action de Pauline Whitesinger a marqu\u00e9 le d\u00e9but de la phase actuelle de r\u00e9sistance dans la lutte des Navajos pour conserver le territoire sur lequel ils vivent depuis des si\u00e8cles et auquel ils appartiennent de tout leur c\u0153ur et de toute leur \u00e2me. La cl\u00f4ture \u2013 dont ils ont emp\u00each\u00e9 la pose depuis ce moment \u2013 doit \u00eatre plac\u00e9e sous pr\u00e9texte d\u2019un R\u00e8glement Territorial Navajo-Hopi, plus connu comme Loi 93-531. Cette loi a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par un Congr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment tromp\u00e9. La Loi 93-531 pr\u00e9tend r\u00e9soudre un \u2018conflit\u2019 entre les Navajos et les Hopis sur la propri\u00e9t\u00e9 de la Zone d\u2019Utilisation Conjointe, une zone mise \u00e0 leur disposition commune. Les Navajos sont suppos\u00e9s l\u2019avoir confisqu\u00e9e et les Hopis vouloir en expulser les Navajos. En r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019y a pas de conflit. Entre le Peuple Navajo et le Peuple Hopi, en tous cas. Le vrai conflit est entre les Navajos et Hopis traditionnels d\u2019une part, et leurs conseils tribaux nomm\u00e9s contre leur volont\u00e9 par le gouvernement central, ce gouvernement lui-m\u00eame, et les grandes compagnies d\u2019\u00e9nergie et l\u2019\u00e9glise Mormone, d\u2019autre part. L\u2019int\u00e9r\u00eat qui lie ces quatre entit\u00e9s \u2013 souvent li\u00e9es de pr\u00e8s \u2013 ce sont les milliards de dollars potentiels du charbon, de l\u2019uranium, du p\u00e9trole et du gaz du sous-sol de la Zone d\u2019Utilisation Conjointe. Les Conseils d\u2019Administration \u2013 domin\u00e9s par des Mormons \u2013 des compagnies d\u2019\u00e9nergie \u2013 qui sont en grande partie propri\u00e9t\u00e9s de Mormons \u2013 sont impatients de signer les uns avec les autres des contrats d\u2019exploitation. Cependant, les Indiens qui vivent sur ce territoire n\u2019ont pas l\u2019intention de se sacrifier pour cela. De plus, le fait que la Zone d\u2019Utilisation Conjointe soit depuis longtemps propri\u00e9t\u00e9 commune des Navajos et des Hopis rend la signature de contrats plus compliqu\u00e9e. Les compagnies mini\u00e8res et \u00e9nerg\u00e9tiques ont donc d\u00fb cr\u00e9er le \u2018conflit\u2019 et mettre en sc\u00e8ne une v\u00e9ritable guerre sur le terrain, pour finalement faire adopter par le Congr\u00e8s leur \u2018solution au conflit entre les Hopis et les Navajos\u2019. La Loi 93-531 stipule que la Zone d\u2019Utilisation Conjointe doit \u00eatre divis\u00e9e par une cl\u00f4ture de fils de fer barbel\u00e9s entre une moiti\u00e9 Navajo et une moiti\u00e9 Hopi. Tous les Navajos vivant actuellement dans la zone Hopi \u2013 environs dix mille \u2013 doivent partir. La m\u00eame chose s\u2019applique \u00e0 la centaine de Hopis vivant dans la zone Navajo. La plupart sont cas\u00e9s hors de la R\u00e9serve. Ainsi, la Zone d\u2019Utilisation Conjointe devient, juridiquement et en pratique, beaucoup plus accessible pour l\u2019extraction de mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">LA TERRE EST VIVANTE<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Afin de comprendre ce qui se passe exactement dans et autour des r\u00e9serves, il est important de conna\u00eetre un peu l\u2019histoire et la culture des Hopis et des Navajos. La ru\u00e9e vers l\u2019or de 1848 a amen\u00e9 des Blancs, Mormons et autres, en Arizona et au Nouveau-Mexique (entre autres). Beaucoup d\u2019entre eux se sont install\u00e9s d\u00e9finitivement sur des terres qui avaient appartenu aux Hopis depuis un millier d\u2019ann\u00e9es et dans la zone adjacente o\u00f9 des Navajos vivaient depuis six cents ans. Il y a eu des frictions. La r\u00e9sistance Hopi consiste traditionnellement en un refus non-violent de coop\u00e9rer. Mais les Navajos se sont d\u00e9fendus contre les Blancs et ont \u00e9t\u00e9 vaincus. Un r\u00e9giment de cavalerie conduit par le h\u00e9ros national Am\u00e9ricain Kit Carson a br\u00fbl\u00e9 leurs terres, d\u00e9truit leurs animaux et leurs vergers et kidnapp\u00e9 8500 Navajos conduits dans un camp de concentration pr\u00e8s de Fort Sumner, o\u00f9 beaucoup sont morts de faim. Quelques ann\u00e9es plus tard, le gouvernement est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu\u2019il serait \u00e9conomiquement plus profitable de permettre aux Navajos de se nourrir eux-m\u00eames que de les combattre. Les survivants ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s et largu\u00e9s dans une petite r\u00e9serve d\u00e9sertique. Entretemps, des Blancs avaient confisqu\u00e9 leurs terres, et les Navajos qui avaient pu s\u2019\u00e9chapper s\u2019\u00e9taient install\u00e9s dans le voisinage imm\u00e9diat des Hopis. La pression caus\u00e9e par leur pr\u00e9sence occasionne des disputes mineures de temps en temps, mais ils arrivent toujours \u00e0 les r\u00e9gler entre eux. En g\u00e9n\u00e9rale, la relation entre les deux peuples est bonne. Les Hopis ont beaucoup plus de probl\u00e8mes du fait que les Etats-Unis ont aussi cr\u00e9\u00e9 une r\u00e9serve pour eux en 1882, ce qu\u2019ils n\u2019avaient absolument pas le droit de faire selon les Hopis\u00a0: selon le trait\u00e9 Guadalupe-Hidalgo, ils sont rest\u00e9s une nation ind\u00e9pendante. En 1934, la r\u00e9serve Hopi a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au tiers de sa taille initiale. Les Hopis doivent maintenant faire paitre leurs troupeaux dans le \u2018District 6\u2019, les Navajos \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de ce district, dans le reste de leur ancienne r\u00e9serve. Les droits de propri\u00e9t\u00e9 sur ce nouveau \u2018no-man\u2019s land\u2019 appartiennent aux deux peuples conjointement. C\u2019est ainsi que la Zone d\u2019Utilisation Conjointe a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Au d\u00e9but, le gouvernement am\u00e9ricain a pens\u00e9 que les Hopis et les Navajos avaient \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9s sur des lambeaux de terres sans valeur. Mais il s\u2019est vite av\u00e9r\u00e9 que le sous-sol de leurs r\u00e9serves contenait en abondance du p\u00e9trole et du gaz, et au cours du vingti\u00e8me si\u00e8cle il est devenu \u00e9vident que les Navajos et les Hopis vivaient sur des ressources min\u00e9rales valant des milliards\u00a0: il y a dans le sous-sol d\u2019\u00e9normes veines de charbon et des milliards de tonnes d\u2019uranium. De nombreuses compagnies mini\u00e8res et d\u2019\u00e9nergie ont imm\u00e9diatement manifest\u00e9 un grand int\u00e9r\u00eat. Leurs tentatives de signer des contrats d\u2019exploitation du sol avec les Indiens ont cependant \u00e9chou\u00e9. Ceux-ci se trouvent avoir une autre conception de la terre que les Am\u00e9ricains blancs. Bien que chacun des deux peuples ait son propre mode de vie et sa culture \u2013 les Hopis vivent d\u2019agriculture sur le sommet des plateaux, alors que les Navajos se d\u00e9placent depuis toujours dans le d\u00e9sert avec leurs troupeaux \u2013 leur attitude face \u00e0 la vie est en fait similaire. Ils se sentent ins\u00e9parablement li\u00e9s \u00e0 la terre qui leur a donn\u00e9 naissance, \u00e0 eux et leurs anc\u00eatres. Et le sol, la Terre vit. Tout ce qui pousse ou se d\u00e9place dessus a sa place dans son cycle\u00a0; tout tient le reste en \u00e9quilibre. <i>\u2018Nous devons nous consid\u00e9rer comme faisant partie de la terre, pas comme un ennemi ext\u00e9rieur essayant de lui imposer sa volont\u00e9.\u2019<\/i> C\u2019est la fa\u00e7on dont un Indien l\u2019exprime. <i>\u2018Nous savons que parce que nous en sommes une partie, nous ne pouvons en endommager ne serait-ce qu\u2019une petite partie sans nous blesser nous-m\u00eames.\u2019<\/i> C\u2019est pourquoi les Peuples Anciens ne prennent jamais pour eux-m\u00eames plus que le n\u00e9cessaire. Par exemple, les Hopis ont rarement plus d\u2019animaux que ce qui est n\u00e9cessaire pour leurs besoins quotidiens. La terre elle-m\u00eame n\u2019est la propri\u00e9t\u00e9 de personne. Mais c\u2019est le devoir des gens qui y vivent de la prot\u00e9ger. D\u00e9chirer et mutiler cette M\u00e8re la Terre a longtemps \u00e9t\u00e9 impensable pour les Hopis et les Navajos, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils le voient se produire devant leurs propres yeux.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Les Am\u00e9ricains et les Occidentaux en g\u00e9n\u00e9rale voient la terre diff\u00e9remment\u00a0: comme un objet de consommation essentiellement appr\u00e9ci\u00e9 pour sa valeur d\u2019\u00e9change. Il va de soi de diviser, acheter et vendre de la terre, de l\u2019\u00e9ventrer pour en tirer toutes sortes de choses et de la couvrir de b\u00e9ton. La terre est un mat\u00e9riau mort. C\u2019est la diff\u00e9rence entre la notion occidentale de la terre et l\u2019approche Indienne qui en fin de compte fonde le conflit autour de la Zone d\u2019Utilisation Conjointe.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">L\u2019AIDE DES MORMONS<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">En dehors de partenaires r\u00e9calcitrants \u00e0 la signature de contrats, il y a aussi, au d\u00e9but du si\u00e8cle, un autre obstacle pour les d\u00e9veloppeurs d\u2019\u00e9nergie potentiels. Avec qui peuvent-ils conclure un accord\u00a0? Selon une loi de 1891, ce devrait \u00eatre avec \u2018le conseil gouvernant repr\u00e9sentant les Indiens\u2019. Mais un tel conseil n\u2019existe pas. Les Hopis et Navajos traditionnels n\u2019ont jamais connu d\u2019autorit\u00e9 centralis\u00e9e ou d\u2019organe repr\u00e9sentatif. Le pouvoir politique est d\u00e9centralis\u00e9 depuis des temps imm\u00e9moriaux et repose sur un consensus entre des communaut\u00e9s autonomes. Pour les Navajos, l\u2019unit\u00e9 politique de base est la famille. \u00c7\u00e0 inclut de vingt \u00e0 deux cents membres qui travaillent ensemble sur le plan \u00e9conomique et organisent leurs c\u00e9r\u00e9monies en commun. Il peut y avoir un homme \u00e0 la t\u00eate d\u2019une telle communaut\u00e9, mais c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement une femme. Le b\u00e9tail et les biens sont g\u00e9r\u00e9s par les femmes et la descendance est d\u00e9termin\u00e9e par les femmes. Ce n\u2019est pas une co\u00efncidence si l\u2019essentiel de la r\u00e9sistance \u00e0 la Loi 91-531 vient d\u2019elles. Ce sont souvent des femmes de plus de soixante ans, arm\u00e9es de fusils, qui r\u00e9sistent aux \u00e9quipes de construction.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">L\u2019autorit\u00e9 centralis\u00e9e est \u00e9galement un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tranger aux Hopis. Chaque village Hopi est autonome et totalement autog\u00e9r\u00e9. Ils ont bien un dirigeant traditionnel, le (ou la) Kikmongwi, mais son autorit\u00e9 est uniquement fond\u00e9e sur sa sagesse. S\u2019il y a des probl\u00e8mes, les Kikmongwis de diff\u00e9rents villages se r\u00e9unissent pour \u00e9changer des informations et d\u00e9lib\u00e9rer. Cependant, les d\u00e9cisions finales sont prises exclusivement dans les villages et pas avant que tous les gens concern\u00e9s ne soient parvenus \u00e0 un accord. C\u2019est souvent laborieux et \u00e7\u00e0 demande beaucoup de discussions, mais le consensus est une condition pour les d\u00e9cisions concernant le village.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Une telle organisation de la soci\u00e9t\u00e9 Indienne \u00e9tait une \u00e9pine dans le pied des compagnies et du gouvernement. Non seulement les Indiens n\u2019\u00e9taient pas adapt\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, mais il \u00e9tait impossible de faire des affaires avec eux. O\u00f9 \u00e9taient les gens autoris\u00e9s \u00e0 mettre une signature au bas d\u2019un contrat et pr\u00eats \u00e0 le faire sans avoir l\u2019accord de tous les autres\u00a0? Ces gens devaient \u00eatre fabriqu\u00e9s. Et il se trouvait, par hasard, des Mormons qui s\u2019en pr\u00e9occupaient d\u00e9j\u00e0 depuis 1880\u00a0: transformer des Indiens traditionnels en citoyens Am\u00e9ricains assoiff\u00e9s de profits et de pouvoir. La croyance des Mormons enseigne qu\u2019une peau fonc\u00e9e est une punition de Dieu. Les Indiens sont fonc\u00e9s, selon le Livre des Mormons, parce qu\u2019ils sont tomb\u00e9s dans la m\u00e9cr\u00e9ance et la vanit\u00e9. S\u2019ils se convertissent au Mormonisme, ils redeviendront blancs. Guid\u00e9s par le noble souhait de sauver les Indiens, les Mormons ont commenc\u00e9 vers 1880 \u00e0 attirer les enfants Hopis et Navajos les plus dou\u00e9s hors des r\u00e9serves pour les envoyer dans de lointains pensionnats ou orphelinats. Jusqu\u2019en 1915, \u00e7\u00e0 s\u2019est souvent produit avec l\u2019aide de la Cavalerie am\u00e9ricaine, qui a litt\u00e9ralement enlev\u00e9 des enfants et arr\u00eat\u00e9 les parents r\u00e9calcitrants. Apr\u00e8s 1915, ils ont surtout profit\u00e9 de la situation financi\u00e8re d\u00e9sastreuse des parents pour les convaincre. Dans les orphelinats principalement Mormons, il \u00e9tait interdit aux enfants de parler leur langue ou de porter leurs v\u00eatements et coiffures traditionnels. On leur donne des noms anglais et leurs habitudes Indiennes sont d\u00e9clar\u00e9es tabou. Ils sont soumis \u00e0 un endoctrinement religieux intensif. A l\u2019heure actuelle, entre vingt et quarante pour cent des Hopis sont Mormons \u2013 chez les Navajos, le pourcentage est plus bas. Ces gens croient que le Royaume de Dieu peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 sur terre en accumulant le plus de richesses possible. L\u2019\u00e9glise Mormone, qui compte des millions de membres, est donc tr\u00e8s riche et puissante. Les Mormons sont propri\u00e9taires de nombreuses compagnies et multinationales. Dans l\u2019\u00e9tat d\u2019Utah (qui inclut une petite partie de la r\u00e9serve Navajo) ils contr\u00f4lent toute la vie politique. Ils ont fond\u00e9 Salt Lake City. Dans les compagnies dont l\u2019avidit\u00e9 est attir\u00e9e par les richesses du sol Indien, les int\u00e9r\u00eats Mormons sont tr\u00e8s largement repr\u00e9sent\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Les Hopis et Navajos Mormons voient leur propre terre avec les yeux de ces compagnies. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pourquoi le \u2018conflit\u2019 pr\u00e9sent peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme cela.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">\u00ab\u00a0YELLOW CAKE\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0GATEAU JAUNE\u00a0\u00bb)<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Retournons au d\u00e9but du si\u00e8cle. Tandis que les Mormons aident les Indiens \u00e0 devenir des capitalistes blancs, le Bureau des Affaires Indiennes \u2013 une institution gouvernementale dans la m\u00eame ligne d\u2019id\u00e9es que les hommes d\u2019affaires \u2013 n\u2019est pas rest\u00e9 inactif. En 1921, un sous-traitant de Standard Oil a trouv\u00e9 du p\u00e9trole dans la r\u00e9serve Navajo. Le Bureau des Affaires Indiennes a imm\u00e9diatement r\u00e9uni tous les hommes (\u00a0!) Navajos pour approuver un accord sur le p\u00e9trole. Les soixante-quinze personnes pr\u00e9sentes ont unanimement vot\u00e9 contre. Le Bureau des Affaires Indiennes se sent tr\u00e8s concern\u00e9 par le sort de Standard Oil. Apr\u00e8s deux ans d\u2019efforts, ils ont r\u00e9ussi, probablement avec des menaces et de fausses promesses, \u00e0 former un Conseil Navajo permanent dont la premi\u00e8re d\u00e9cision officielle a \u00e9t\u00e9 de transmettre ses pouvoirs de signer des contrats au Bureau des Affaires Indiennes\u00a0!<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">C\u2019\u00e9tait il y a soixante-trois ans. Aujourd\u2019hui il y a quatre mines de charbon \u00e0 ciel ouvert (le charbon est obtenu en faisant sauter la couche sup\u00e9rieure de la terre) et cinq \u00e9normes centrales au charbon sur la r\u00e9serve Navajo. La r\u00e9gion, qui auparavant avait l\u2019air le plus pur des Etats-Unis, est maintenant couverte de fum\u00e9e noire et de suie. La Centrale de Four Corners rejette chaque jour trois cents tonnes de sulfures et deux cents tonnes de nitrates dans l\u2019atmosph\u00e8re. Il y a trente-huit mines d\u2019uranium et six usines de retraitement. En ce moment, elles sont arr\u00eat\u00e9es la plupart du temps parce que le charbon est plus facile \u00e0 extraire et moins controvers\u00e9. Cependant, l\u2019extraction d\u2019uranium reste int\u00e9ressante pour la production d\u2019armes nucl\u00e9aires.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Des cinq mille mineurs Navajos qui ont travaill\u00e9 dans les mines d\u2019uranium de 1952 \u00e0 1969, plus de quatorze cents sont morts du cancer, principalement du cancer du poumon. Un grand nombre de survivants en sont atteints. L\u2019eau du sous-sol est contamin\u00e9e. D\u2019innombrables chevaux et moutons sont morts apr\u00e8s en avoir bu. Les d\u00e9chets radioactifs sont abandonn\u00e9s en tas partout dans la r\u00e9serve. Maris van Kints, de l\u2019association Groupe d\u2019Action Hollandais pour les Indiens d\u2019Am\u00e9rique du Nord (NANAI) l\u2019a vu elle-m\u00eame\u00a0: <i>\u2018\u00c7\u00e0 ressemble \u00e0 de gros tas de sable. Ils appellent \u00e7\u00e0 G\u00e2teau Jaune [Yellow Cake]. Les enfants jouent dedans, les maisons sont construites avec, les moutons mangent l\u2019herbe qui pousse dessus et \u00e7\u00e0 entre dans la cha\u00eene alimentaire. Et \u00e7\u00e0 restera contamin\u00e9 pendant des milliers d\u2019ann\u00e9es\u00a0!\u2019<\/i><span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>Il y a beaucoup d\u2019enfants mort-n\u00e9s ou avec des malformations cong\u00e9nitales.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">De plus, les accords financiers pour le p\u00e9trole, l\u2019uranium et le charbon conclus par le Bureau des Affaires Indiennes pour les Navajos sont les pires au monde. Exemple typique\u00a0: il y a un contrat par lequel les Navajos touchent 15 cents pour une tonne de charbon, alors que dans des territoires non-Indiens le prix normal est d\u20191,50 dollar \u2013 dix fois plus. Les Navajos eux-m\u00eames n\u2019ont pas l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\"><a href=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb005.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-254\" alt=\"deVrijeb005\" src=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb005.jpg\" width=\"288\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb005.jpg 288w, https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb005-186x300.jpg 186w\" sizes=\"(max-width: 288px) 100vw, 288px\" \/><\/a>BOYCOTT DU REFERENDUM<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Pour les Hopis aussi, un conseil a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9. Pour mettre fin \u00e0 l\u2019autogouvernement des peuples Indiens, le gouvernement am\u00e9ricain a promulgu\u00e9 en 1934 la Loi de R\u00e9organisation Indienne (IRA). Cette loi a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e comme une grande r\u00e9ussite\u00a0: elle donnait aux Indiens la b\u00e9n\u00e9diction du syst\u00e8me politique am\u00e9ricain. La constitution a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite sp\u00e9cialement pour eux. On y trouve entre autres un r\u00e8glement selon lequel toutes les d\u00e9cisions de leurs conseils doivent \u00eatre approuv\u00e9es par le gouvernement central. Les Kikmongwis \u00e9taient contre la loi (impos\u00e9e \u00e0 76% des Indiens) d\u00e8s le d\u00e9but. Ils ont boycott\u00e9 le r\u00e9f\u00e9rendum \u00e0 ce sujet\u00a0: la fa\u00e7on Hopi d\u2019exprimer leur opposition \u00e0 quoique ce soit. L\u2019administration centrale le sait parfaitement, mais a tout de m\u00eame choisi de consid\u00e9rer l\u2019abstention comme un accord. Avec pour cons\u00e9quence que les Hopis se sont soudain retrouv\u00e9s gouvern\u00e9s par un conseil central qui peut promulguer des lois et conclure des accords avec des compagnies au nom de tout le peuple. Le conseil Hopi a une base \u00e9lectorale de moins de dix pourcent de la population. La pr\u00e9sence au conseil, qui a \u00e9t\u00e9 longtemps insuffisante pour constituer un quorum, \u00e9tait, et est toujours, presque enti\u00e8rement compos\u00e9e de Hopis Mormons. Ces soi-disant \u2018progressistes\u2019 trouvent les conseils, l\u2019exploitation du territoire et l\u2019 \u2018American Way\u2019 magnifiques et sont de tr\u00e8s bons amis de l\u2019administration. En 1955, le conseil Hopi a recrut\u00e9 un avocat de Salt Lake City pour conduire leurs n\u00e9gociations avec les compagnies d\u2019\u00e9nergie. Ce John Boyden, qui avait arrang\u00e9 lui-m\u00eame, par l\u2019interm\u00e9diaire du Bureau des Affaires Indiennes, la composition du conseil, est un ex-archev\u00eaque Mormon. Quelques ann\u00e9es plus tard, il a pr\u00e9sent\u00e9 une \u2018revendication territoriale\u2019, au nom des Hopis, \u00e0 la Commission des Revendications Territoriales Indiennes, et a \u2018gagn\u00e9\u2019. Selon une loi r\u00e9cente, \u00e7\u00e0 ne voulait pas dire que les Hopis r\u00e9cup\u00e8reraient leurs terres, comme ils le croyaient au d\u00e9part, mais seulement qu\u2019ils recevraient une somme d\u2019argent relativement modeste, dont Boyden a re\u00e7u un pourcentage cons\u00e9quent. Jusqu\u2019\u00e0 maintenant, m\u00eame les membres du conseil ont refus\u00e9 d\u2019accepter l\u2019argent.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Dans les ann\u00e9es soixante, Boyden a conclu de nombreux accords avec des compagnies mini\u00e8res et \u00e9nerg\u00e9tiques. Les Kikmongwis, en tant que repr\u00e9sentants des Hopis traditionnels, ont protest\u00e9 \u00e0 chaque \u00e9tape et ont m\u00eame port\u00e9 l\u2019affaire devant un juge f\u00e9d\u00e9ral, qui a rejet\u00e9 leur assertion selon laquelle le conseil n\u2019\u00e9tait pas le repr\u00e9sentant l\u00e9gitime de leur peuple, sous pr\u00e9texte qu\u2019ils n\u2019avaient pas le droit de poursuivre leurs propres autorit\u00e9s\u00a0!<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">ZONE DE SACRIFICE NATIONAL<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Entretemps, Boyden continue. Une enqu\u00eate a montr\u00e9 plus tard qu\u2019en dehors du conseil Hopi, il travaillait, en m\u00eame temps, pour une grande compagnie Mormone, Peabody Coal Company. C\u2019est avec Peabody qu\u2019il a sign\u00e9 les principaux accords de 1964 et 1966 (pour un salaire d\u2019un million de dollars). Peabody loue 260 km\u00b2 sur Black Mesa, partiellement situ\u00e9s dans la Zone d\u2019Utilisation Conjointe et contiennent la plus grande r\u00e9serve de charbon d\u2019Arizona. Les mines ont laiss\u00e9 d\u2019\u00e9normes cicatrices sur le territoire. Pire encore, ils utilisent pour transporter le charbon \u2013 par un pipeline de 100 km \u2013 7,5 millions de litres d\u2019eau par jour. C\u2019est une grave menace pour l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage dont les Indiens d\u2019une r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s s\u00e8che d\u00e9pendent. <i>\u2018Le pompage de telles quantit\u00e9s d\u2019eau du sous-sol de Black Mesa va briser l\u2019harmonie et rompre l\u2019\u00e9quilibre partout\u2019<\/i><span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>selon la mise en garde des Kikmongwis en 1971. Leur protestation concerne l\u2019ensemble de la mani\u00e8re occidentale de se comporter avec la Terre et ses cons\u00e9quences. <i>\u2018Les d\u00e9veloppements techniques de l\u2019homme blanc se produisent comme cons\u00e9quence de son manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019aspect spirituel et pour la fa\u00e7on selon laquelle tout vit\u2019<\/i> dit leur porte-parole Thomas Banyacaya. <i>\u2018Si la terre sacr\u00e9e est profan\u00e9e et d\u00e9chir\u00e9e par l\u2019exploitation de mati\u00e8res premi\u00e8res et autres activit\u00e9s destructrices, \u00e7\u00e0 signifie \u00e0 terme la plus grande marche vers la mort pour tous les peuples du monde.\u2019<\/i> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">La veine de charbon sous Black Mesa \u2013 entretemps d\u00e9clar\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie Nationale des Sciences \u2018zone de sacrifice national\u2019 \u2013 s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019\u00e0 Big Mountain, \u00e0 quatre kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Zone d\u2019Utilisation Conjointe. On estime qu\u2019il y a vingt-et-un milliards de tonnes de charbon facilement accessible. Cependant, \u00e0 part Peabody, aucune compagnie charbonni\u00e8re n\u2019arrive \u00e0 en obtenir. Ni le conseil Hopi ni le conseil Navajo (qui, contrairement aux Navajos traditionnels, ne sont pas contre la d\u00e9livrance de permis d\u2019extraction) n\u2019ont le droit de louer le sol s\u00e9par\u00e9ment, mais ensemble ils n\u2019arrivent pas \u00e0 se mettre d\u2019accord. Pendant ce temps, les gens qui vivent \u00e0 Big Mountain sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 laisser les vingt-et-un milliards de tonnes de charbon dans le sol.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">\u00ab\u00a0BONS INDIENS\u00a0\u00bb <\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es soixante, les Hopis \u2018progressistes\u2019 (c&#8217;est-\u00e0-dire le conseil Hopi) a entam\u00e9 une campagne intensive pour diviser la Zone d\u2019Utilisation Conjointe et se d\u00e9barrasser des Navajos. Ils sont personnellement concern\u00e9s par l\u2019exploitation de la terre, \u00e9tant donn\u00e9 que le salaire des fonctionnaires Indiens d\u00e9pend en partie des revenus des permis miniers. Aussi, les \u2018progressistes\u2019 se mettent de plus en plus \u00e0 l\u2019\u00e9levage \u00e0 grande \u00e9chelle et ont besoin de plus de terres. Jerry Kammer, un journaliste qui a enqu\u00eat\u00e9 sur place, conclut en 1980\u00a0: <i>\u2018La famille qui profite le plus de cette fa\u00e7on de faire des affaires est la famille Sekaquaptewa. Les Sekaquaptewa sont les Hopis les plus riches et poss\u00e8dent le plus grand troupeau. Des Mormons. Wayne Sekaquaptewa est aussi propri\u00e9taire du quotidien Hopi et a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9glise Mormone de la r\u00e9serve. Son fr\u00e8re Abbot est l\u2019actuel pr\u00e9sident de conseil Hopi.\u2019<\/i> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Cependant, le leader de la campagne est John Boyden. Avec l\u2019aide de Peabody Coal, d\u2019un groupe de banquiers de l\u2019Utah et de WEST, une association de compagnies d\u2019\u00e9nergie int\u00e9ress\u00e9es, il est constamment \u00e0 Washington D.C. pour tenter de gagner le Congr\u00e8s \u00e0 sa cause. Ils disent au Congr\u00e8s que les Navajos ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de force en territoire Hopi et refusent de partir. Qu\u2019il y aurait une v\u00e9ritable guerre sur place. Pendant ce temps, une firme de Relations Publiques engag\u00e9e par le conseil Hopi, Evans &amp; Associates de Salt Lake City, met ladite guerre en sc\u00e8ne. Ils font circuler des photos de camps br\u00fbl\u00e9s et de granges d\u00e9truites, qui sont avidement reprises par la plupart des journaux. Le Washington Post a \u00e9crit le 21 juillet 1974\u00a0: <i>\u2018Evans &amp; Associates repr\u00e9sente aussi 23 soci\u00e9t\u00e9s de services qui ont install\u00e9 des centrales et des mines \u00e0 ciel ouvert dans la r\u00e9gion de Four Corners\u2026 Ces soci\u00e9t\u00e9s ont dit \u00e0 leurs clients que les Hopis \u00e9taient de \u00ab\u00a0bons Indiens\u00a0\u00bb qui n\u2019arr\u00eateraient pas la chose qui fait fonctionner leur climatisation.\u2019<\/i> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">La campagne est un succ\u00e8s. En 1974, un Congr\u00e8s distrait par l\u2019affaire du Watergate, a adopt\u00e9 la Loi 93-531, soutenue avec z\u00e8le par le s\u00e9nateur d\u2019Arizona Barry Goldwater, entre autres. Selon cette loi, la Zone d\u2019Utilisation Conjointe doit \u00eatre divis\u00e9e par une cl\u00f4ture de fils barbel\u00e9s de six cent kilom\u00e8tres entre deux zones, Navajo et Hopi\u00a0; les dix mille Navajos qui vivent du mauvais c\u00f4t\u00e9 de la cl\u00f4ture doivent abattre ou vendre 90% de leur b\u00e9tail en pr\u00e9paration de leur d\u00e9portation\u00a0; de plus, il y a une interdiction de construire, am\u00e9liorer ou r\u00e9parer les maisons et les granges. Une commission de relocalisation organisera la d\u00e9portation des Navajos. Ils auront une \u2018compensation\u2019 de cinq mille dollars si ils partent \u2018volontairement\u2019 dans les cinq ans. A part cela, la loi promet de \u2018minimiser les effets n\u00e9gatifs\u2019 en leur donnant une terre ailleurs. Le gouvernement fournira des \u2018logements hygi\u00e9niques et d\u00e9cents\u2019 et l\u2019infrastructure de la communaut\u00e9\u00a0: \u00e9coles, h\u00f4pitaux, routes, etc. Parce qu\u2019il n\u2019y a plus de place dans la r\u00e9serve. Le sol est d\u00e9j\u00e0 touch\u00e9 par le broutage excessif et il est difficile d\u2019y survivre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">A peine vingt pourcent des habitants de la Zone d\u2019Utilisation Conjointe ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s, souvent apr\u00e8s avoir subi des pressions. \u00c7\u00e0 a commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler la trag\u00e9die impliqu\u00e9e par la Loi 93-531.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">DEPRESSIONS ET SUICIDES<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Les Navajos d\u00e9plac\u00e9s ont \u00e9chou\u00e9 dans des maisons individuelles, dans des banlieues de petite classe moyenne raciste. Les petites maisons avaient des prises et de la tuyauterie, mais pas d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, ni de gaz, ni de lumi\u00e8re. Pas la peine de parler de la Terre Promise. Quarante pourcent des Navajos d\u00e9plac\u00e9s ne comprennent pas l\u2019anglais et la majorit\u00e9 d\u2019entre eux n\u2019ont jamais eu d\u2019emploi salari\u00e9 ou pay\u00e9 des imp\u00f4ts. Mais c\u2019est difficile, dans leur petit bout de jardin, de rester \u00e9leveurs de moutons ind\u00e9pendants. Ils doivent tenter de survivre dans un syst\u00e8me \u00e9conomique et bureaucratique totalement \u00e9tranger, alors qu\u2019ils ont peu de chance de trouver un emploi, consid\u00e9rant d\u2019o\u00f9 ils viennent. La plupart ont rapidement des probl\u00e8mes quand ils doivent payer des imp\u00f4ts ou re\u00e7oivent soudain des factures de gaz, d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou de frais m\u00e9dicaux. Les soci\u00e9t\u00e9s de cr\u00e9dit se sont pr\u00e9cipit\u00e9es pour exploiter habilement leur manque d\u2019exp\u00e9rience en mati\u00e8re \u00e9conomique. Par exemple, elles les ont convaincus de donner leur maison en garantie pour des pr\u00eats dont les soci\u00e9t\u00e9s de cr\u00e9dit savaient qu\u2019ils ne pourraient pas rembourser. D\u2019autres maisons ont \u00e9t\u00e9 vendues pour le quart de leur valeur. Depuis, cinquante pourcent des Navajos relog\u00e9s \u00e0 Flagstaff ont perdu leur maison. Il est \u00e0 noter que la commission de relocalisation continue \u00e0 racheter les m\u00eames maisons deux ou trois fois, apparemment sans se demander ce que sont devenus les habitants pr\u00e9c\u00e9dents. La plupart des promesses du gouvernement en mati\u00e8re d\u2019\u00e9coles et de services de sant\u00e9 sont rest\u00e9es lettre morte. Mais pour les Din\u00e9 <i>[Navajos]<\/i> ce qui est bien pire que leur situation mat\u00e9rielle c\u2019est la s\u00e9paration d\u2019avec leur terre. Avec leur terre, \u00e0 laquelle leur religion et leur existence sont \u00e9troitement li\u00e9es, c\u2019est aussi m\u00e9taphoriquement que le sol s\u2019est d\u00e9rob\u00e9 sous leurs pieds. Ils voient leur culture d\u00e9truite, leur vie communautaire \u00e9clat\u00e9e\u00a0: <i>\u2018\u00c7\u00e0 semble en \u00eatre fini de nous\u2019<\/i> dit une femme d\u00e9port\u00e9e. <i>\u2018Nos projets pour l\u2019avenir de nos enfants se sont effondr\u00e9s. Nous nous sentons tr\u00e8s seuls depuis la d\u00e9portation. \u00c7\u00e0 ressemble \u00e0 une prison ici. Nous nous demandons pourquoi nous l\u2019avons fait. Si nous n\u2019avions pas accept\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9plac\u00e9s, notre fille ne serait peut-\u00eatre pas morte.\u2019<\/i> C\u2019est un fait que beaucoup, \u00e0 part la d\u00e9pression et l\u2019alcoolisme, souffrent de probl\u00e8mes de sant\u00e9. La mortalit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e. Sous l\u2019effet du stress \u00e9motionnel les familles \u00e9clatent et le nombre de suicide a beaucoup augment\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\"><a href=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb007.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-256\" alt=\"deVrijeb007\" src=\"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/deVrijeb007.jpg\" width=\"288\" height=\"200\" \/><\/a>Certains Navajos d\u00e9plac\u00e9s retournent ill\u00e9galement sur leur ancienne terre. Mais il est de plus en plus difficile d\u2019y survivre. Du fait de l\u2019interdiction de construire et de r\u00e9parer, de plus en plus de familles qui s\u2019agrandissent vivent dans des hogans \u2013 les huttes traditionnelles \u2013 qui se d\u00e9gradent lentement. S\u2019ils essaient d\u2019am\u00e9liorer leur logement, ils voient le r\u00e9sultat de leurs efforts d\u00e9truit sous leurs yeux par des employ\u00e9s du gouvernement. Avec seulement dix pourcent de leur b\u00e9tail, ils peuvent \u00e0 peine se maintenir en vie\u00a0: leur nourriture consiste de pain, de caf\u00e9 et de pommes de terre. Mais ils sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 ne pas se laisser chasser. Il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 au nom de Reagan que l\u2019arm\u00e9e serait envoy\u00e9e. Les vieilles Navajos s\u2019y pr\u00e9parent. <i>\u2018Nous avons d\u00e9j\u00e0 fait face aux soldats. Jusqu\u2019\u00e0 maintenant, nous y avons surv\u00e9cu.\u2019<\/i> La t\u00e2che ne sera pas facile pour les militaires. Des femmes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es pour avoir tir\u00e9 au-dessus des t\u00eates des constructeurs de cl\u00f4ture, mais personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 maintenant. Et la cl\u00f4ture ne restera pas debout.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">GENOCIDE<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">La r\u00e9sistance s\u2019amplifie chez les Navajos traditionnels. Ils attaquent aussi de plus en plus clairement le pr\u00e9sident du conseil, Peterson Zah. Zah se pr\u00e9sente comme le repr\u00e9sentant des gens traditionnels, mais il ne fait rien contre l\u2019administration. Il n\u00e9gocie sur la fa\u00e7on dont les d\u00e9portations doivent \u00eatre effectu\u00e9es, il ne s\u2019y oppose pas. Il a m\u00eame fait le projet, avec General Electric et Bechtel, d\u2019installer une centrale de vingt mille m\u00e9gawatts et une mine \u00e0 ciel ouvert en territoire Navajo. Les \u2018vieux\u2019 Navajos n\u2019attendent rien de lui. Ce sont principalement les Hopis traditionnels qui les soutiennent dans leur r\u00e9sistance aux projets du gouvernement. Les Hopis ordinaires n\u2019ont pas plus \u00e0 gagner que les Din\u00e9 des projets de leur conseil, qui ne laisse aucun doute sur le fait que le terrain gagn\u00e9 sera utilis\u00e9 pour l\u2019extraction de charbon \u00e0 ciel ouvert, ce qui profitera essentiellement aux membres du conseil. Malgr\u00e9 toutes les tentatives ext\u00e9rieures pour les monter les uns contre les autres, la plupart des Hopis restent sur les m\u00eames positions que les Navajos traditionnels. En 1981, Thomas Banyacaya a publi\u00e9 en leur nom une d\u00e9claration de solidarit\u00e9 avec les Din\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">En1982, le Comit\u00e9 de D\u00e9fense Juridique de Big Mountain <i>[Big Mountain-JUA Legal Defense\/Offense Committee \u2013 BMLDOC]<\/i> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Flagstaff. Sous la direction d\u2019Anciens de Big Mountain, le BMLDOC donne une assistance juridique gratuite aux Indiens frapp\u00e9s par le programme de d\u00e9portation. Il a entrepris des actions en justice contre l\u2019Etat et fait campagne pour l\u2019abrogation de la Loi 93-531.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Il y a aussi eu du soutien inattendu. Le 1<sup>er<\/sup> janvier 1982, le directeur de la commission de relocalisation, Leon Berger, a d\u00e9missionn\u00e9. Il a qualifi\u00e9 le programme de d\u00e9portation de \u2018d\u00e9sastre sans pr\u00e9c\u00e9dent\u2019 et annonc\u00e9 qu\u2019il allait se consacrer \u00e0 l\u2019abrogation de la loi. En mai de la m\u00eame ann\u00e9e, un membre de la commission, Roger Lewis, a d\u00e9missionn\u00e9 pour les m\u00eames motifs.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">La r\u00e9sistance internationale aux cons\u00e9quences de la Loi 93-531 se met aussi en place. Le jury du Quatri\u00e8me Tribunal Russell, qui s\u2019est tenu \u00e0 Rotterdam en 1980, a conclu que selon la Convention des Nations Unies il s\u2019agit d\u2019un cas de g\u00e9nocide. Aux Pays-Bas, l\u2019association NANAI, entre autres, s\u2019est engag\u00e9e contre les d\u00e9portations projet\u00e9es et partout en Europe des groupes d\u2019action et de soutien sont form\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><b><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">AMENDEMENTS<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">M\u00eame au Congr\u00e8s am\u00e9ricain, des inqui\u00e9tudes sont exprim\u00e9es. Elles concernent essentiellement l\u2019aspect financier du programme. Les quarante millions de dollars que la Loi 93-531 devait co\u00fbter sont maintenant mont\u00e9s \u00e0 cinq cent millions et les d\u00e9penses totales pourraient bien atteindre les deux milliards. En des temps de r\u00e9ductions budg\u00e9taires drastiques, le Congr\u00e8s ne peut pas se permettre, vis-\u00e0-vis des contribuables, de d\u00e9penser une telle somme pour \u2018intervenir dans un conflit entre une poign\u00e9e de tribus Indiennes\u2019 (image toujours en cours, gr\u00e2ce aux m\u00e9dias). Et certainement pas si le programme, comme l\u2019a dit un membre du Congr\u00e8s \u2018peut \u00eatre qualifi\u00e9 de fiasco d\u2019envergure.\u2019 Certains membres du Congr\u00e8s commencent \u00e0 se rendre compte que le r\u00e9sultat de leur intervention a \u00e9t\u00e9 de transformer un peuple fier et ind\u00e9pendant \u00e9conomiquement en une bande de mis\u00e9rables sans-abri d\u00e9pendant de l\u2019aide publique pour survivre. Ainsi, quelques amendements ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s dans le but de repousser \u00e0 plus tard les d\u00e9portations forc\u00e9es, qui, depuis le 7 juillet de cette ann\u00e9e, peuvent intervenir \u00e0 tout moment, par exemple jusqu\u2019\u00e0 ce que suffisamment de logements aient \u00e9t\u00e9 construits pour les Navajos d\u00e9port\u00e9s, ce qui a pris beaucoup de retard suite \u00e0 la politique de coupes budg\u00e9taires. Personne ne parle des promesses concernant les services m\u00e9dicaux et scolaires.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\">Bien entendu, un d\u00e9lai ne fait aucune diff\u00e9rence. La d\u00e9portation ne doit pas se produire. Comme le dit la r\u00e9sistante Navajo Roberta Blackgoat, <i>\u2018C\u2019est une autre voie\u00a0: une voie de famine et de g\u00e9nocide\u2019.<\/i> Les Din\u00e9 ont tout autant droit \u00e0 leur terre, leur vie et leur culture que les Hopis traditionnels. Et le monde a besoin d\u2019eux parce que Big Mountain est partout. Les forces \u00e9conomiques, sociales et politiques que ces gens combattent sont aussi \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le reste du monde. A une \u00e9poque o\u00f9 elles sont en train de d\u00e9truire la terre, les Din\u00e9 sont un des derniers peuples qui savent comment vivre sans d\u00e9truire l\u2019\u00e9quilibre de la nature et en ayant conserv\u00e9 leur unit\u00e9 spirituelle avec la terre. Que cela reste ainsi. Tout soutien est n\u00e9cessaire dans la lutte contre la d\u00e9portation.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span lang=\"FR\" style=\"mso-ansi-language: FR;\"><span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CHARBON, URANIUM ET LE MEURTRE DES INDIENS: BIG MOUNTAIN 1986 Article paru dans le mensuel &#8216;De Vrije&#8217;, Amsterdam 1986 Traduction Christine Prat Zie artikel in het Nederlands See English translation \u2018La terre est moi sont une seule \u00e2me\u2019. Ce proverbe Indien exprime de fa\u00e7on laconique ce que les Navajos et les Hopis traditionnels essaient de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[16,13],"tags":[102,75,847,219,849,848],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2296"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2296"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2298,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2296\/revisions\/2298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chrisp.lautre.net\/wpblog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}